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Le petit enfant mort à la une du journal La Stampa.
Le petit enfant mort à la une du journal La Stampa.
©STR / DOGAN NEWS AGENCY/AFP /

Le choc des photos

#Humanité naufragée : la photo choc qui place l’Europe et la France au pied du mur de leurs contradictions peut-elle vraiment avoir un impact durable ?

Jeudi 3 septembre, la photo du petit Aylan retrouvé mort sur une plage en Turquie a ému l'ensemble des peuples européens. Pourtant, malgré ces drames humains, les Français restent toujours hostiles à l'accueil des migrants.

Yves-Marie Cann

Yves-Marie Cann

Yves-Marie Cann est Directeur en charge des études d'opinion de l'Institut CSA.
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Guylain Chevrier

Guylain Chevrier

Guylain Chevrier est docteur en histoire, enseignant , formateur et consultant.

Il est membre du groupe de réflexion sur la laïcité auprès du Haut conseil à l’intégration.

Dernier ouvrage : LAÏCITÉ, ÉMANCIPATION ET TRAVAIL SOCIAL
 
L’Harmattan, Sous la direction de Guylain Chevrier, Les Ecrits de BUC Ressources SOCIOLOGIE TRAVAIL SOCIAL, juillet 2017, 270 pages.
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Christophe de Voogd

Christophe de Voogd

Christophe de Voogd est normalien et docteur en histoire, spécialiste des idées et de la rhétorique politiques qu’il enseigne à Sciences Po et à Bruxelles. Dernier ouvrage paru : « Réformer : quel discours pour convaincre ? » (Fondapol, 2017).

Spécialiste des Pays-Bas, il est l'auteur de Histoire des Pays-Bas des origines à nos jours, chez Fayard. Il est aussi l'un des auteurs de l'ouvrage collectif, 50 matinales pour réveiller la France.
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Atlantico : Alors que la photo de l'enfant migrant mort sur la plage est d'une puissance émotionnelle irrésistible, est-il vraiment certain que l'opinion des Français sur la question de l'accueil des migrants change radicalement ?

Christophe de Voogd : Revenons sur cette photo, il y a bien des éléments dans cette émotion : évidemment l’enfance, symbole de vulnérabilité, donc pour nous impératif de protection ; D’autant que la figure du policier –on n’en parle pas assez- sur la photo appelle deux sentiments contradictoires mais tout aussi puissants qui se combinent dans l’imaginaire : la paternité protectrice mais aussi la répression injuste face au plus faible ; plus profondément, cela parle à tout être humain : on a été enfant, on a ou peut avoir des enfants : cet enfant est donc à la fois son passé et son avenir. D’où une identification maximale

Je crois que cette photo a déjà eu un grand effet. Cela me rappelle le drame atroce de la petite Vietnamienne brûlée au napalm qui avait bouleversé l’Amérique dans les années 70 et certainement accéléré le désengagement militaire. Mais rien ne remplacera un discours enfin réaliste, généreux et surtout courageux des politiques, mais aussi des « experts » qui sont trop souvent des idéologues au langage savant. Nous en sommes loin. Mais je suis convaincu, sur ce sujet comme sur tant d’autres, que la population est en avance sur ses élites et que les Français ne sont en rien plus égoïstes que leurs voisins. Ils sont simplement –toutes les enquêtes internationales le montrent- beaucoup plus inquiets !

Yves-Marie Cann : Les enquêtes d’opinion réalisées ces derniers mois en France attestent d’une opinion publique campant sur une position dure sur le sujet, à la différence de ce qui est observé dans d’autres pays comme en Allemagne, par exemple. Dernier exemple en date, 56% des Français interrogés les 1er et 2 septembre dans un sondage Elabe pour BFMTV exprimaient leur refus que la France accueille une part de migrants et de réfugiés, notamment en provenance de Syrie.  De tels résultats doivent être resitués dans un contexte où nous avons pu mesurer ces dernières années un durcissement très net des opinions exprimées par les Français sur tout ce qui touche aux flux migratoires. Sous l’effet de la crise économique notamment, les craintes exprimées en matière de concurrence dite victimaire ont gagné en intensité.

Ce phénomène est particulièrement flagrant en bas de l’échelle sociale où les plus modestes et même les classes moyennes inférieures craignent de subir la concurrence des immigrés sur le marché de l’emploi ou encore en matière d’accès aux prestations sociales. A cet égard, il est frappant de constater dans le sondage Elabe/BFMTV que c’est dans les terres du Nord et de l’Est du Bassin parisien, des territoires très fragilisés économiquement, que le refus d’accueillir des migrants ou des réfugiés en France atteint ses niveaux les plus élevés (respectivement 65% et 70% contre 51% en Ile-de-France par exemple). Au-delà de ces premiers éléments, il convient aussi de tenir compte de l’origine géographique des migrants et des réfugiés, laquelle réactive voire renforce les craintes autour de la défense de l’identité française, de notre héritage judéo-chrétien… et donc la place de la religion musulmane en France.

Guylain ChevrierLe drame qui s’étale aujourd’hui à la Une du journal Le Monde, avec la publication de cette photo terrible, est présenté comme un témoignage accablant pour ceux qui encore résisteraient à la libéralisation totale des frontières, à ouvrir leur bras aux migrants. L’image choc prouvant qu’il n’y aurait rien d’autre à faire pour éviter ce genre de drame, l’humanitaire écrasant toute autre réponse à cette situation. Le journal The Independant outre-manche s'interroge : "Si ces images extraordinairement fortes d'un enfant syrien rejeté sur une plage ne modifient par l'attitude de l'Europe vis-à-vis des réfugiés, qu'est-ce qui le fera ? ". Il y aurait dans ce sens, à en croire les grands médias, à la suite de la publication de cette photo choc sur les réseaux sociaux, une nouvelle prise de conscience de la classe politique…

Mais de quoi s’agit-il ? La surexploitation de cette photo, vise-t-elle à une prise de conscience ou à une prise d’otage des consciences? N’aurait-elle pas pour but d’imposer à la France une réponse politique qui est celle de l’Europe, autrement dit un accueil inconditionnel des migrants qui va avec une mondialisation libérale qui entend subsumer les nations, en finir avec les frontières, des capitaux à la main-d’œuvre immigrée bon marché? Tout ce qu’il y a de bons sentiments où puise l’humanitaire qui ne voit pas plus loin que l’aide immédiate et concrète apportée à ceux qui souffrent, est utilisé pour peser dans ce sens, avec une mise en scène médiatique sans aucune retenue. Tout cela, en lieu et place d’une pensée politique qui semble avoir déserté la raison de ceux qui nous gouvernent, l’absence d’analyse des causes sur lesquelles agir étant totale.

Une ignorance entretenue qui devient suspecte d’ailleurs pour nombre de nos concitoyens, auprès desquels le message poursuivi par cette image choc ne fait plus recette. Elle est comme la signature de toute une campagne idéologique devenue de plus en plus insupportable. On fait d’ailleurs à travers cette photo, identifiée au drame des migrants, un amalgame entre les réfugiés qui cherchent l’asile et une immigration économique qui en représente les deux tiers, selon les autorités européennes, qui ne sauraient être accueillie sans une certaine réserve. La politique migratoire est une grande politique publique qui ne peut céder au chantage à l’affect, à moins de sombrer dans la déraison.

Il ne passe pas inaperçu que l’on joue en permanence de la culpabilisation, en créant encore plus de réactions de rejet envers les migrants, otages eux-aussi d’une politique qui les instrumentalise.

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Quelles sont les autres images "mentales" qui entrent en concurrence avec celle de l'enfant mort sur la plage ? (exemple : celle du concurrent potentiel dans la file de pôle emploi, celle des prières de rue, du djihadisme...)

Christophe de Voogd : Nous payons là la formidable sous-information (désinformation ?) qui règne dans notre pays sur ce sujet. La confusion la plus totale, les contre-vérités les plus massives dominent. Le politiquement correct interdit de faire un bilan coûts/avantages, à commencer par la base indispensable : des statistiques non pas ethniques mais géographiques ; et de l’autre côté l’extrémisme se nourrit de tous les fantasmes et de toutes les peurs. On confond de tous côtés « immigrés » et « étrangers », types de migration, origines des migrants etc. Bref l’approche pragmatique de l’Allemagne et des pays du Nord est tout simplement exclue du débat. Nous disposons pourtant de sources internationales très sérieuses comme la grande étude de l’OCDE sur « l’impact fiscal des migrations » de 2013. On y voit que la France, à la différence de la majorité de ces partenaires, est dans une situation plus défavorable : immigration moins diplômée, plus pauvre, plus familiale, à la fois plus âgée et avec plus d’enfants. La très faible immigration de travail (choix que nous avons fait il y a 40 ans !) est une caractéristique française. L’OCDE montre que la participation au marché du travail est le facteur le plus déterminant quant aux effets de l’immigration sur le pays d’accueil ; or cette participation est bien plus faible chez nous. On le voit bien avec les migrants de Calais : des hommes jeunes qui rêvent de travailler… en Angleterre. D’où chez nous une sollicitation plus grande par les immigrés du système social et public et une moindre contribution productive et fiscale par rapport au reste de la population et aux autres pays. Phénomène aggravé par la crise économique. Mais cela ne veut en rien dire que « les immigrés viennent profiter de notre système » : il y là tout simplement un effet logique de la structure de l’immigration, de nos choix politiques, de notre modèle de protection sociale qui décourage l’activité et de notre durable crise économique. Cela veut encore moins dire que « l’immigration est le problème français ». Le coût net total de l’immigration en France est estimé par l’OCDE entre 10 et 15 milliards d’euros par an. C’est loin donc d’expliquer nos déficits publics ! Je dirai donc plutôt, en renversant le raisonnement habituel, que l’immigration est un reflet des autres problèmes français. Et qu’il n’y a pas une mais des immigrations qui sont radicalement différentes. Mais cette position est inaudible actuellement et me vaudra d’être traité de xénophobe par les uns et d’ « immigrationniste » par les autres…

Guylain Chevrier : Pour ce qu’il en est de la concurrence entre les images, effectivement, si on prend celle du djihadisme, qu’en général heureusement on censure par refus de montrer l’horreur par crainte que l’émotion l’emporte sur la raison, avec le risque que l’on s’en prennent de façon aveugle aux musulmans, là au contraire on zoome sur elle, selon un discours à géométrie variable. On a aussi, sur un autre plan, l’image du jour des tracteurs dans Paris par exemple, qui rappellent aux Français que les problèmes ne concernent pas que ceux qui viennent d’ailleurs. Le taux de suicide chez les agriculteurs est l’un des plus forts des catégories socioprofessionnels. Ils ont reçu un soutien massif du peuple parisien, ce qui ne tient pas du hasard, une des personnes allant à la rencontre des paysans expliquait sur France 2, considérer que leur manifestation montre que l’on a bien des choses à s’occuper chez nous avant de s’occuper de ce qui se passe ailleurs… Il y a, c’est certain, à travers une façon de désigner les européens comme des riches face aux migrants qui seraient les pauvres auxquels on devrait faire de la place, la remontée d’images qui sont relatives à un désespoir et une tragédie bien française, nationale, qui touche un nombre croissant de nos concitoyens, qui peuvent se sentir maltraités, bafoués, oubliés. Il y a le risque que soit ressenti de leur côté, dans ce contexte, le problème des migrants comme de l’enfumage.

Yves-Marie Cann : A elle seule et compte-tenu de l’émoi observé ces dernières heures, la photo d’Aylan Kurdi me semble, à elle seule, de nature à influer sur les perceptions des Français. Elle crée une nouvelle donne qui oblige les dirigeants européens à jouer la carte du collectif et donc à s’entendre puis à agir en mobilisant les moyens nécessaires pour résoudre une crise qui est avant tout humanitaire. Je pense toutefois que le rapport qu’entretiennent les Français à l’immigration en général ne s’en trouvera pas bouleversé pour autant car les freins économiques et identitaires ou culturels que j’évoquais précédemment restent une donnée structurante aujourd’hui. Ce n’est donc pas le regard des Français sur l’immigration qui devrait changer

Que révèle le fait que l'opinion des Français ne change pas nécessairement en voyant cette image (mentionner le sondage du Figaro tout en le mettant en perspective), qu'est-ce que cela dit de la force des autres images en concurrence ?

Guylain ChevrierSelon un sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi, l'opinion publique française reste majoritairement (à 56 %) opposée à l'accueil de migrants et de réfugiés sur le territoire français. La poursuite des drames tout le long de l'été n'a pas changé la nature de l'opinion, un sondage Ifop pour Le Figaro donnait des chiffres similaires, avec 64 % d’avis défavorables.

Le clivage droite-gauche est évidement très marqué sur cette question avec des sympathisants Europe Ecologie/Les Verts qui sont les plus favorables à un accueil (73 %), suivis des électeurs socialistes (68 %) et du Front de Gauche (56 %). L'opposition la plus marquée se trouve chez les électeurs Front national (91 %), suivis par les sympathisants UMP/Les Républicains (67 %).

Il faut aussi bien voir l’impact du contexte économique national. Si l'opinion publique française reste très hostile à l'accueil des réfugiés, des migrants, « c’est que la France est perçu par les Français comme un pays affaibli économiquement, au chômage élevé, aux ressources publiques rares, et à la population immigrée déjà relativement importante », comme l’explique Jérôme Fourquet, directeur du Département Opinion et Stratégies d'Entreprise de l'Ifop. Si l’opinion allemande y est très favorable (69 % selon le sondage Ifop de juillet 2015), c’est que l’Allemagne connait une économie de croissance mais a aussi une démographie qui est en chute libre, avec une perte de population qui ne va cesser de s’accentuer sans un apport extérieur d’importance. Ainsi, selon Jérôme Fouquet,  « les Allemands ont conscience qu'ils ont les moyens et besoin de ces immigrés.» Précisément, l’Allemagne sur la question des migrants entraîne ses partenaires dans une logique d’accueil massif qui lui permet de justifier sa politique en l’imposant aux autres pays européens, car ce pays ne peut accueillir non plus tous les migrants mais peut surfer sur la vague migratoire pour répondre à ses besoins.

Un critère de ce sondage dévoile un autre problème. L’'accueil réservé aux chrétiens d'Orient à l'été 2014 a été très bien ressenti par les Français qui étaient 54% à y être favorables, selon un sondage Ifop. L'appartenance supposée ou réelle des migrants à la religion musulmane tient pour une partie de l’explication dans la moindre bienveillance des Français à leur égard. Les images diffusées des migrants, montrant beaucoup de femmes voilées n’y étant sans doute pas pour rien, ainsi que les pays d’origine de ceux-ci.

Enfin, les pauvres sont plus opposés que les couches intermédiaires à l’accueil des migrants je dirai, sans surprise. Les images d’une France qui souffre sont partagées par les français de condition modeste qui sont plus préoccupés par leurs problèmes que ceux des migrants, qui semblent capter toute l’attention. Ceci expliquant les chiffres élevés du rejet des migrants dans cette catégorie : les ouvriers (71 %), les employés (65 %) et les autres inactifs (62 %). Les cadres et professions intellectuelles supérieures, tout comme les retraités, sont à 57 % en faveur de l'accueil des migrants. Ceux qui vivent sans difficulté ou mieux encore, sont sensibles à l’influence d’un discours de victimisation du migrant présenté comme la nouvelle figure de l’opprimé, du pauvre, opposée à celle du riche européen. Ces catégories qui réussissent en ces temps de crise se sentent déjà coupables, il y a peu à faire pour nourrir chez beaucoup la recherche d’une bonne conscience à travers le thème des migrants.

Les données de ces sondages montrent une fracture très française entre les classes sociales concernant les migrants, qui relève d’une réalité intérieure que l’on sous-estime et n’a pas fini de se creuser avec des risques de rupture désastreux pour notre cohésion sociale et nationale. C’est sans aucun doute le FN qui tire le plus de bénéfices de cette situation, ce dont on ne semble pas le moins du monde se préoccuper lorsqu’on développe un discours d’accueil à tout prix dans le contexte de la surexploitation émotionnelle de cette photo.

Yves Marie-Cann : L’intensification de la crise humanitaire et la multiplication des drames dont rendent compte les médias depuis plusieurs mois changent progressivement la donne. Mais il faut reconnaître que les gouvernants européens ont jusqu’à présent fait preuve d’une extrême prudence sur le sujet, beaucoup jouant d’ailleurs la carte du chacun pour soi. La multiplication des drames contraint désormais chaque partie prenante à agir et à assumer ses responsabilités. D’ailleurs, pour 70% des Français interrogés par Elabe pour Atlantico, c’est à l’échelle européenne, de manière collective, qu’une solution doit être trouvée une solution, et pas à l’échelle des Etats au cas par cas. En France, on peut aussi regretter le manque de pédagogie dont font preuve les responsables politique, de part et d’autre de l’échiquier politique, contrairement à ce que l’on a pu observer en Allemagne par exemple. Le discours de Manuel Valls prononcé aux universités d’été du PS à La Rochelle ce weekend semblent toutefois marquer une inflexion sur le sujet, de même que la réunion convoquée jeudi après-midi à l’Elysée par François Hollande.

Dans ce genre de circonstances, la surexposition de l'image de l'enfant mort ne peut-elle pas avoir des effets pervers dans la mesure où elle génère tellement d'inconfort que la seule solution pour qu'elle devienne supportable serait de rationnaliser notre indifférence (un peu comme ce qu'on fait avec les clochards en sur-investissant leur responsabilité personnelle dans leur sujet)? Sommes nous devenus incapables de gérer l'inconfort ?

Guylain Chevrier Précisément, l’inconfort est l’un des buts de ce genre d’image, recherchant une culpabilisation maximum et générale. On crée une dissonance entre le point de vue dominant et l’individu, qui va chercher naturellement à la réduire, créant ainsi les conditions d’une soumission à certaines idées. En les rejoignant il va se sentir apaisé, tout en gagnant en bonne conscience. On induit effectivement ici une responsabilité complètement déplacée de l’individu de la rue qui n’en a pas la moindre dans cette situation, pour lui faire adopter un point de vue qui facilite l’acceptation de choix politiques pris sans lui. Il n’y a là pourtant aucune cause à effet. S’il y a rationalisation, c’est dans le fait de faire passer une idée fausse pour un fait vrai, en donnant à croire que le citoyen est à l’origine de ce genre de drame qui incombe à des gouvernants dont il subit les décisions.

L’usage de cette photo pour dire que nous serions responsables de ce drame par notre indifférence, souligne la difficulté dans laquelle nous sommes de pouvoir dire non lorsqu’on fait face à une souffrance, combien il devient difficile de convoquer la raison qui seule est à même de répondre à cette situation. Mais cela implique de dire que tous les migrants ne serons ni accueillis ni sauvés, car il y a encore des millions de candidats à l’émigration qui attendent leur tour un peu partout et nous arrivons déjà aujourd’hui à un seuil. La désertion du politique a créé toutes les conditions pour laisser la place à la tyrannie de l’émotion.  

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