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Du "Yes we can" d'Obama au "Make America Great Again" de Trump : comment le milliardaire a conquis l'Amérique avec le slogan recyclé de Reagan

Les auteurs ont travaillé ensemble à partir de sources premières, exclusivement américaines, et les ont confrontées à leurs regards d’Européens. Selon eux, Donald Trump a puisé son pouvoir dévastateur dans les nouvelles technologies dont l’impact sur les démocraties marque la mutation du populisme classique vers son incontrôlable avatar numérique. Extrait de "#Trump, de la démagogie en Amérique", de Stéphane Bussard et Philippe Mottaz, aux éditions Slatkine & cie 1/2

Bonnes feuilles

Publié le - Mis à jour le 12 Novembre 2016

Le "Yes we can" de Barack Obama, n’avait lui aussi qu’un seul but : offrir un contraste saisissant avec l’atmosphère lourde de la fin du deuxième mandat de George W. Bush. Il y a avait eu les attaques du 11 septembre 2001, la guerre en Irak, la torture à Abu Ghraib, à Bagram, à Guantanamo. "Yes we can", sous-entendu "oui nous pouvons faire mieux", "oui nous pouvons être meilleurs". Emprunté à Dolores Huerta, une militante des droits civiques dans les années 1960 que Barack Obama remercia lorsqu’il lui remit une haute distinction, le slogan avait aussi surgi de ce que révélaient, à l’époque, les sondages.

Pour la première fois l’Amérique allait élire un président noir, jeune, porteur de l’espoir d’un changement radical dans la définition du vivre-ensemble de la société américaine. Un président réconciliateur, lui-même façonné par un héritage mixte. Mais ce n’était au départ pas joué d’avance, loin de là. Pour beaucoup, à commencer par le camp républicain, l’élection d’un Noir était inconcevable, même si elle marquait en réalité l’évolution inéluctable d’une société américaine de moins en moins blanche. Sans une machine électorale hautement sophistiquée, le défi de convaincre et de rassembler la plus large des coalitions pour battre le ticket républicain John McCain-Sarah Palin semblait impossible. La puissance du réseau fut mobilisée.

Après d’innombrables expériences menées une quinzaine d’années auparavant, l’écosystème numérique s’est stabilisé. L’image d’une campagne durant laquelle un candidat, accompagné d’un stratège, utilisant essentiellement des sondages et des focus-groups avec des électeurs pour évaluer sa performance et, le cas échéant, corriger le tir, est désormais obsolète. Si les candidats l’entretiennent encore parfois, c’est pour masquer le degré de sophistication technique qui pourrait en effrayer certains derrière les machines de campagne. Tous les candidats ont évidemment leur garde rapprochée, leurs proches et leurs confi- dents. Qu’à l’instar de David Axelrod, "Axe", le premier gardien de l’image de Barack Obama, ils puissent marteler la ligne du parti et du candidat sur les plateaux de TV est une chose. Mais leur influence sur la stratégie de campagne est, elle, nulle. Comme dans d’innombrables autres domaines, les codeurs ont remplacé les " artistes ", la machine et les algorithmes, le flair.

Extrait de ""#Trump, de la démagogie en Amérique", de Stéphane Bussard et Philippe Mottaz, aux éditions Slatkine & cie. Pour acheter ce livre, cliquez ici

 
Commentaires

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  • Par vangog - 11/11/2016 - 13:26 - Signaler un abus L'anti-démagogie...

    C'est quoi, la démagogie? Ah oui "dire les choses telles que le peuple a envie de les entendre, pour réaliser, ensuite, une politique totalement inverse à ce qui a été dit". Un candidat ne peut donc être taxé de "démagogue" qu'à la fin de son mandat. Il s'avère, par exemple que les politiques LRPS ont été totalement démagogiques. Voilà pourquoi elles ont échoué...Mais pour Donald? Il dit plutôt des choses que les médias, certains jeunes et l'establishment n'ont pas envie d'entendre, ce qui constitue une forme de courage politique et il realisera très probablement 90% des choses qu'il a dites...on verra alors si Trump est populiste, ou pas...

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Philippe Mottaz

Accrédité dix ans à la Maison-Blanche, ancien Directeur de l'information de la Télévision Suisse Romande, Philippe Mottaz a couvert toutes les élections présidentielles américaines, de Jimmy Carter à Barack Obama ; il est spécialiste des nouvelles technologies. 

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Stéphane Bussard

Correspondant du quotidien suisse Le Temps à New York depuis 2011 et du quotidien belge Le Soir de 2011 à 2013, Stéphane Bussard est un spécialiste des Etats-Unis et a vécu en direct la fabrication du trumpisme.

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