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SNCF : combien nous coûtera le choix de Guilllaume Pepy de miser sur la responsabilité des grévistes ?

L’erreur est à la fois humaine et facile à commettre. Elle le semble d’autant plus lorsqu’elle l’est par des gens haut placés, et que cela aura des répercussions coûteuses pour tous.

Facture salée

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SNCF : combien nous coûtera le choix de Guilllaume Pepy de miser sur la responsabilité des grévistes ?

 Crédit CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Pour illustrer mon propos, il me suffira de reprendre un exemple saillant de l’actualité somme toute très calme de ce mois de mai louchement pépère, avec l’inénarrable SNCF qui nous offre quasiment tous les jours de bonnes raisons de rire et de pleurer.

Ainsi, on apprend avec un degré d’étonnement relativement bas que les choses ne se dérouleront pas tout à fait comme prévu. On se souvient en effet des dernières saillies de Guillaume Pépy qui, il y a moins de deux semaines, nous annonçait crânement avoir une solide confiance dans son personnel : pour lui, aucun doute possible, même si ces joyeux salariés ont le goût de la gréviculture solidement chevillé au corps, il n’était pas question que ce goût peu modéré pour les saucisses grillées sur le temps de travail aboutisse à saboter les projets des Français au-delà du mois de juin.

Selon notre brave Pépy,

« Il n’y aura pas de grève cet été car les cheminots sont des gens responsables. (…) Personne n’admettrait qu’un jeune qui se présente à un examen le rate parce qu’il est arrivé en retard »

Las, comme je le disais en introduction, l’erreur est humaine et Pépy est, bien qu’énarque, résolument humain : comme je le soupçonnais dès le 23 avril dernier, le gang des syndicalistes du rail n’entend pas se laisser ramener aussi facilement à la raison et à la responsabilité : selon ce qui se murmure de plus en plus dans les milieux informés que nos médias fréquentent assidûment, gros micro mou à bout de bras, les cheminots pourraient bien prolonger leur mobilisation jusqu’à la fin du mois de juillet.

Eh oui, la grève va finalement durer plus longtemps que prévu, et enfoncer mollement la société nationale ferroviaire dans un conflit dont tout laisse maintenant à penser qu’il va pourrir jusqu’en août, mois auquel tout ce petit monde festif passera d’une odeur de merguez grillée à une odeur d’huile solaire surchauffée. Avec un peu de bol, les petites revendications des forçats du rail seront plus ou moins oubliées en Septembre et d’ici là, les Français se seront largement habitués à se passer définitivement du train (« ♫ SNCF : à nous de vous faire préférer la voiture ♬ »).

Reste néanmoins la délicate période avant ces vacances méritées : les bravades inconséquentes de Pépy, loin de ramener les syndicalistes à leur mission de service public, semblent leur avoir donné de nouvelles envies de saboter consciencieusement les vacances des uns et la scolarité des autres.

D’ici juillet et compte tenu de ce qu’on peut voir actuellement, on pourra en tout cas assez difficilement miser sur une résolution pacifique du conflit : les négociations entre les syndicats et le gouvernement sont au point mort, le président Macron n’ayant plus aucune marge de manoeuvre après avoir abandonné toute réforme de fond. Reste l’abandon du statut, seulement pour les nouveaux entrants, le passage de la SNCF en Société Anonyme (mais toujours totalement sous direction étatique) et l’ouverture à la concurrence, non négociable puisqu’imposée par les traités européens.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 10/05/2018 - 12:55 - Signaler un abus L’été sera meurtrier...

    pour la stratégie sanscouilliste de Macrouille! Après avoir abandonné tous ses projets de libéralisation des entreprises hybrides, SNCF, RFF, Air-France (hybride signifie qu’elles continuent à être gérées par des technocrates socialistes- et donc qu’elles continuent à s’endetter, avec la garantie, voire les conseils avisés, de l'état PS-maconiste, en faisant croire Bruxelles à une fausse concurrence, illusoire car mortelle pour des entreprises longuement subventionnées, et longuement syndicalisées ...) Macrouille n’a prouvé qu’une seule chose aux grévistes de la fin-justifie-les-moyens: « il suffit de tenir pour obtenir! » et je vous parie qu’ils obtiendront la réintégration des privilèges statutaires- car entre nobles gauchistes, on se comprend!...

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