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Pourquoi le salaire minimum à la française est un redoutable producteur de chômage et de précarité

Le gouvernement a annoncé vendredi une hausse de 1,1 % du SMIC au 1er janvier 2014. Alors que le débat sur le salaire minimum fait rage en Allemagne et aux États-Unis, le gouvernement français, lui, donne tous les signes de celui qui veut s'y soustraire.

Le salaire de la peur

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Pourquoi le salaire minimum à la française est un redoutable producteur de chômage et de précarité

Le smic : un redoutable producteur de précarité ?  Crédit Reuters

Atlantico : Le gouvernement a annoncé vendredi une augmentation de 1,1 % du Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance) à compter du 1er janvier 2014. Au même moment, en Allemagne et aux États-Unis, le débat fait rage quant à l'efficacité du salaire minimum. Depuis l'instauration du Smig (salaire minimum interprofessionnel garanti) en 1950 en France, le bilan du salaire minimum est-il bon d'une manière générale ?

Gérard Thoris : L’existence d’un salaire minimum ne relève pas d’une catégorie morale. Il n’a pas à être dit bon ou mauvais. La question est de savoir à quoi sert un salaire minimum et si c’est un instrument efficace pour atteindre l’objectif que l’on se donne à travers cet instrument de politique économique et sociale.

L’objectif du salaire minimum est de permettre aux salariés dont la productivité n’augmente pas de bénéficier quand même d’une augmentation de salaire. Cela veut dire que l’augmentation de leur niveau de vie ne provient pas seulement de leur contribution à l’activité économique. Elle intègre dès le départ une forme de don de la part des salariés dont la productivité s’est accrue. En d’autres termes, le SMIC comporte dans son principe une opération de redistribution. Bien entendu, la question fondamentale est de savoir quels sont ces autres salariés qui, concrètement, contribuent à l’augmentation du niveau de vie des smicards. On aime à penser que ce sont les salariés les mieux payés. Mais quand on regarde le tassement de la hiérarchie des salaires autour du niveau du Smic, on se dit que, en fait, ce sont les bas salaires qui contribuent le plus à l’augmentation des très bas salaires.

Ce raisonnement permet aussi de comprendre que le Smic ne permet pas d’augmenter la demande. Ce que les très bas salaires gagnent en plus grâce au Smic, les bas salaires le perdent. Comme on l’a dit, il s’agit simplement d’un transfert de pouvoir d’achat. Pour que le Smic augmente la demande, il faut qu’il entraîne une diminution de l’épargne des catégories de population dont le salaire a été contraint par leur contribution au Smic. Il faut avouer que c’est hautement improbable.

Eric Verhaeghe : Tout dépend des époques. Le Smig en tant que tel ne fonctionnait pas parce qu'il était indexé sur l'inflation mais pas sur la croissance. La preuve: les accords de Grenelle en 1968 ont dû fortement corriger la politique salariale, trop paupériste, menée par les grandes entreprises françaises. L'invention du Smic visait à forcer les entreprises à lier les salaires à la croissance économique globale. Ce glissement s'est fait en 70, probablement au pire moment pour l'économie du secteur privé: à la fin des Trente Glorieuses, quand la croissance s'est essoufflée, et quand la compétitivité a baissé. Au fond, le Smic est intervenu à contretemps. Il pose évidemment plusieurs problèmes: un problème sur la notion même de salaire interprofessionnel, un problème sur la notion de salaire minimum non négocié dans l'entreprise ou la branche, un problème sur le principe du coup de pouce.

Quel est son bilan d'un point de vue économique ? A-t-il permis une hausse de la consommation ? A-t-il fortement pesé sur les entreprises ?

Gérard Thoris : Le salaire minimum a effectivement contribué à une diminution des inégalités salariales. Il suffit d’imaginer que le Smig créé en 1950 ait été réévalué seulement au rythme de l’inflation. Il vaudrait aujourd’hui un peu plus de 2 euros. C’est donc une excellente chose qu’il ait permis aux populations les moins productives de bénéficier de l’enrichissement collectif. Mais la question ne se limite pas à son existence. Elle porte évidemment sur son niveau. La France est, à ce sujet, un pays extrêmement intéressant à observer.

En premier lieu, elle a choisi à plusieurs reprises d’augmenter le salaire minimum de manière substantielle. En 1956, en 1968 ou en 1981 pour se limiter à trois exemples. Dans les trois cas, cette opération a été suivie d’une dévaluation : 1957, 1969, 1981-1982-1983. Bref, ce que l’on avait donné d’une main avec force communication politique, on l’avait partiellement repris de l’autre, par le biais de l’augmentation du prix des produits importés.

La dernière fois qu'une telle augmentation a eu lieu, c’est lors de l’opération d’alignement des garanties mensuelle de rémunération (GRM). Comme le Smic est un salaire horaire, le passage aux 35 heures aurait abouti à une diminution de la rémunération mensuelle. Pour l’éviter, Mme Martine Aubry, ministre de l’emploi et de la solidarité, a imaginé que les entreprises qui accélèreraient le passage aux 35 heures bénéficieraient d’allègements de cotisations sociales renforcées. Au total, il y eut cinq GRM qui constituaient, d’une certaine façon, autant de Smics ! En 2002, le ministre du travail François Fillon a essayé de revenir à un seul Smic. Il l’a fait en alignant toutes les GRM vers le haut. Selon les sources, on considère que cela a correspondu à une augmentation du Smic comprise entre 17 % (Ministère de l’économie) et 22 % (MEDEF). Seulement, derrière cet ultime coup de pouce au Smic, il n’y avait plus de possibilité de dévaluer la monnaie puisque nous étions entrés dans la zone euro. Depuis cette date, la désindustrialisation de l’économie française s’est accélérée.

Le second point est que, en France, le Smic est tellement élevé que plus personne ne peut l’atteindre. De fait, comme on l’a vu avec les GRM, depuis 1991, c’est l’État qui prend en charge une partie du coût du Smic. Certes, sa contribution ne concerne que ce que l’on appelle le salaire indirect, c’est-à-dire les cotisations sociales versées par les employeurs. Mais cela ne change rien au fait que, pour les très bas salaires, une partie de leur niveau de vie est payé par l’ensemble de la collectivité puisque l’État, donc l’ensemble des contribuables, se substitue à eux pour leurs contributions à la Sécurité sociale. Le fait qu’il s’agit de la part patronale ne change rigoureusement rien à la nature du phénomène.

Eric Verhaeghe : En fait, le Smic est, à certains égards, une "arnaque". Il place mécaniquement les Français dans le 2è ou 3è décile de revenus, c'est-à-dire entre les exclus et les classes moyennes. C'est une position plutôt peu valorisante pour ceux qui en bénéficient. Comme le salaire minimum en France est assez élevé, il s'est traduit par des baisses de charges pour les entreprises, qui coûtent très cher - entre 25 et 30 milliards perdus pour les caisses de l'Etat. Ces baisses de charges servent à alléger le coût du travail, fortement affecté par les "coups de pouce" successifs donnés au Smic. Concrètement, ce sont donc les classes moyennes qui payent le Smic aujourd'hui. Voilà une mesure qui ne satisfait personne: le Smic n'est pas valorisant pour ceux qui le perçoivent, et il est désespérant pour eux, parce que toute augmentation de revenus fait l'objet d'une taxation déguisée, qui n'encourage pas à la promotion sociale. En ce sens, il constitue bien une trappe...

Le salaire minimum est-il vraiment un frein à l'embauche, comme le font valoir certains de ses détracteurs ? Cette mesure de protection sociale est-elle créatrice de chômage ?

Gérard Thoris : Dès les années 1970, le prix Nobel d’économie Maurice Allais avait montré que le chômage français relevait pour partie d’un salaire minimum supérieur au salaire d’équilibre. Les autorités politiques ont mis une génération pour en accepter le constat. Jacques Chirac n’aura pas beaucoup insisté dans son idée de lancer un Smic-jeune et la solution retenue fut, finalement, de socialiser une partie du salaire minimum via la prise en charge par l’État d’une partie des cotisations sociales employeurs. Aujourd’hui, nous sommes dans la même logique avec le CICE et, plus généralement, avec le serpent de mer d’une TVA sociale. On comprendra peut-être un jour qu’il s’agit seulement d’une opération de prestidigitation. Le smicard finira par payer sa baguette plus cher tandis que les salariés mieux dotés en termes de capital humain négocieront une augmentation de salaire consécutive à la hausse de la TVA.

Si l’on veut comprendre pourquoi le salaire minimum doit être ajusté au pouvoir d’achat des autres salariés, il suffit de s’interroger : jusqu’à quel prix le client moyen est prêt à payer pour une prestation de service. Si le salaire minimum est trop élevé, il choisira de le faire lui-même ou de faire appel au travail non déclaré. L’exemple basique peut être celui du fast food: à partir de quel prix le consommateur de ces enseignes choisira plutôt de manger un plat qu’il aura lui-même préparé.

Eric Verhaeghe : Comme je viens de le dire, elle est d'abord coûteuse pour le contribuable, qui finance les baisses de cotisations sociales dont bénéficient les emplois payés au Smic. Cette mécanique est redoutable, car elle crée un avantage fiscal au bas salaire. Aujourd'hui, une entreprise a tout intérêt à ne jamais recruter au-dessus de 1,6 Smic, montant plafond des baisses de cotisations. Sous couvert de mener une politique sociale, en réalité, on enferme les salariés dans une logique de bas salaire. En même temps, compte tenu du niveau élevé du Smic et de l'environnement réglementaire, une entreprise réfléchit forcément avant de procéder à un recrutement sur des emplois peu qualifiés: ceux-ci coûtent cher, et sont peu flexibles. Voici comment, au total, on encourage les entreprises à tirer les salaires vers le bas et comment on décourage de recruter.

 
Commentaires

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  • Par groumpf - 16/12/2013 - 08:33 - Signaler un abus ben non

    Ce sont les charges sociales qui sont trop élevées, pas les salaires. A chaque augmentation de salaire, vous en donnez une part plus ou moins importante pour la redistribution nationale. Baissez les charges sensiblement et dans 95% des cas on pourra conserver le salaire courant, voir l'augmenter. Sans même parler des embauches qui deviendront possibles à un taux raisonnable. Pour cela il faut sortir de la logique socialiste courante, mais les français ne sont pas encore prêts. La société française est droguée à l'aide d'Etat et on se dirige à grand pas vers l'overdose.

  • Par nok - 16/12/2013 - 09:08 - Signaler un abus CELA FAIT 40 ANS QUE NOUS AVONS SUCCESSIVEMENT

    Des gouvernements de droite et de gauche qui nous ont mené dans cette décrépitude sociale et économique. Tous ces politiques n'ont fait que les mauvais choix socio-économiques, de nombreux gaspillages de l'Etat, une très mauvaise gestion de l'argent public, une immigration incontrôlée, non sélectionnée et très couteuse à notre pays, une sur-fiscalité néfaste, un sur-nombre d'élus qui sont trop rémunérés et qui vivent comme des monarques et 5 % voire plus de chômeurs vivant de maigres expédients : voilà le modèle de société qu'ont fabriqué ces deux partis politiques, une population percevant de maigres salaires ou soumise à des indemnités de misère, sous la coupe d'un ETAT LIBERTICIDE, rempli d'aberrations. Nous devons impérativement changer de modèle de société, cela suffit ! A NOUS DE BIEN VOTER PROCHAINEMENT !

  • Par fms - 16/12/2013 - 10:11 - Signaler un abus toute la palette des critiques du SMIC...

    beau résumé, belle synthèse, mais aucune réelle nouveauté, hormis ce petit coup de Jarnac : les salaires des pauvres sont payés avec l'argent du travail des classes moyennes. Autrement dit, les hyper-riches qui thésaurisent les gains de productivité et dont la richesse s'envole ne sont pas responsables du tassement des salaires des classes moyennes... mais non, c'est le SMIC ! Les pauvres sont encore trop riches et les classes moyennes doivent les combattre pour rétablir leur pouvoir d'achat. Perso, j'ai ri.

  • Par Fan2Bastiat - 16/12/2013 - 12:09 - Signaler un abus Le smic est fait pour

    Le smic est fait pour protéger les salariés contre les chômeurs, qui pourraient être prêts à offrir le même service, la même force de travail pour un salaire plus faible. C'est donc tout simplement une barrière à l'entrée.

  • Par carioca - 16/12/2013 - 12:12 - Signaler un abus @groumpf

    on ne peut pas dissocier charges sociales et salaires: les charges font partie du salaire!! c'est ce que doit budgéter une entreprise, ou un particulier, quand il veut embaucher quelqu'un.. plus le coût de l'éventuelle fin de contrat... qui est le plus élevé en France des pays de l'OCDE

  • Par totor101 - 16/12/2013 - 12:57 - Signaler un abus Vive le passé ! ? ! ?

    L’objectif du salaire minimum est de permettre aux salariés dont la productivité n’augmente pas de bénéficier quand même d’une augmentation de salaire. AAAAAAHHH ! ! ! parce que celui qui augmente sa productivité a une rallonge ? c'était bon pendant les 30 glorieuses quand on était payé aux pièces ! mais la gôche et les syndicats étaient contre ......

  • Par pemmore - 16/12/2013 - 13:01 - Signaler un abus Le problème reste que le smic effectif est à 6 euro en europe,

    donc ce qui correspond à un travail non qualifié ne se vend plus, ne s'exporte plus, la boîte ferme c'est logique. Le smic a été inventé à cause de patrons escrocs qui refusaient de rémunérer leurs salariés normalement, mais il a détruit l'échelle des salaires d'ou l'impossibilité de trouver du personnel qualifié, pourquoi se fatiguer pour un euro de plus. Un technicien de maintenance, 10 ans d'expérience est payé 2x plus cher en Allemagne, 5 fois plus au Japon et en suisse, et même 7x en Ecosse sur les plates formes pétrolières. Le nombre de pannes en France mettant en fragilité une entreprise est considérable. La compétivité c'est d'abord l'efficacité et le faible taux de rebuts, donc la maintenance.

  • Par jerem - 16/12/2013 - 17:36 - Signaler un abus Tes titres ATLANTICO , on les adore !

    "Alors que le débat sur le salaire minimum fait rage en Allemagne et aux États-Unis, le gouvernement français, lui, donne tous les signes de celui qui veut s'y soustraire." eh oui pauv pom" on n'a pas la "chance" d'avoir des salaires legaux a 3 euros de l'heure pour afficher des taux de chomage soi disant glorieux ..... c'est sur le débat peut faire rage chez eux en effet .... ca donnera notamment du sens au "salaire minimal decent" du comique troupier Barosso

  • Par groumpf - 16/12/2013 - 20:30 - Signaler un abus et

    @carioca Charges et salaires sont indissociables en effet, mais la différence est que l'une des parties est fixée par l'Etat proportionnellement au salaire versé et l'autre par l'employeur. Si l'Etat baisse les charges, l'employeur a la possibilité de monter le salaire net tout en obtenant un charge globale (salaire + charge) plus basse ou au moins identique. Je n'ai pas dit autre chose. Ou alors quelque chose m'échappe.

  • Par arbat - 16/12/2013 - 21:52 - Signaler un abus immonde crapule!!!!!

    on voit bien que celui qui a écrit ce torchon n a pas la moindre idée de ce que représente le smic !!!cette ORDURE !!!! ne comprend pas que au vu de la mentalité des employeurs en france c est la seule barrière contre l esclavage!!et a compter du moment que l on dispose de la liberté d une personne pendant 8heures et de sa force de travail ,la moindre des choses c est de lui donner un salaire qui lui permette de subvenir a ses besoins !!!!ce qui est de moins en moins le cas !!!!a cause la BAISSE !!!! continue du pouvoir d achat depuis plus de 10ans !!!!!!!

  • Par arbat - 16/12/2013 - 22:05 - Signaler un abus MENSONGE!!!!!

    c est un mensonge de prétendre que le smic a gagné en pouvoir d achat !!!!!!!!!! a cause de l inflation réelle subie par les smicards en raison des produits auquels les smicards peuvent acceder dont le prix augmente beaucoup plus que l inflation avouée !!!cette inflation est d environ de 8% par an alors que son salaire n ogmentait que de 2% par an, ce qui explique que q un smicard ne peut plus louer un appart !!!!!

  • Par titine - 16/12/2013 - 22:24 - Signaler un abus Et en plus

    "ils" (leurs auteurs de l'article) seraient diplômés !!! Ce sont les charges sociales, messieurs, qui sont trop élevées. Dieu merci qu'il y ait un smic ! Pour survivre. Car il s'agit bien de cela. J'imagine que vous êtes propriétaire tous les deux et ne vous privez ni de restaurants ni de plaisirs inutiles. Essayez de vivre avec un smic ne serait ce que quelques mois... et ensuite, on en reparlera. Quelle indécence !

  • Par ignace - 17/12/2013 - 00:13 - Signaler un abus @ fms - je partage

    ce sont des baratineurs(a plusieurs fois le SMIC) qui viennent nourrir une bande d’écervelés extremistes qui ne ruminent que contre l'immigration, les personnes au SMIC, la securité sociale.... les musulmans ainsi que tout ce qui est différent du Front Nauséabond

  • Par ignace - 17/12/2013 - 00:29 - Signaler un abus faites attention ils vont vous endormir..ils sont a la solde....

    ils sont payés par la societé a plusieurs fois le SMIC, pour nous abreuver de théories nauséabondes néolibérales ce sont les chiens-chiens du système, les pauvres sont leur fond de commerce je comprends titine... En ce qui concerne le dernier interview de M Allais avant sa mort http://www.fakirpresse.info/Maurice-Allais-Contre-le.html questions. Pour conserver des emplois peu qualifiés, il faudrait, alors, diminuer le coût du travail ? R : Maurice .Allais : On nous le répète. On nous dit par exemple que tout est très simple : si l’on veut supprimer le chômage, il suffit d’abaisser les salaires. Mais personne ne nous dit quelle devrait être l’ampleur de cette baisse, ni si elle serait effectivement réalisable sans mettre en cause la paix sociale. Que depuis tant d’années de grandes organisations internationales comme l’OCDE, l’OMC, le FMI, ou la Banque Mondiale puissent préconiser une telle solution est tout simplement atterrant. On aperçoit alors l’impasse. La mondialisation des échanges mène soit à un chômage accru s’il y a rigidité des salaires, soit à une inégalité accrue s’il y a flexibilité des salaires

  • Par Mani - 17/12/2013 - 01:16 - Signaler un abus @groumpf

    "Baissez les charges sensiblement et dans 95% des cas on pourra conserver le salaire courant, voir l'augmenter. Sans même parler des embauches qui deviendront possibles à un taux raisonnable." . Ben non. Dans un système où il est difficile et coûteux de licencier, la baisse des charges sociales ne conduit pas à plus d'embauche, c'est faux. Elle conduit à une augmentation des profits de l'entreprise, et éventuellement, selon les cas, à une hausse des salaires (même si c'est assez peu probable), mais l'entreprise n'a pas plus d'intérêt à embaucher qu'en cas de charges sociales élevées. . Contrairement à une croyance répandue, la vocation première d'une entreprise n'est pas d'embaucher : c'est de gagner de l'argent ! Elle n'embauchera donc que si ça lui permet de gagner plus d'argent. Si elle ne peut pas licencier les gens qu'elle embauche, en cas de baisse d'activité ultérieure, elle va perdre de l'argent et risque même de se mettre en danger. Le fait de payer moins de charges sociales lui permet donc avant tout de gagner plus d'argent. . C'est ce qui explique notamment le recours massif (et si décrié) à l'intérim en France.

  • Par Brondillant - 17/12/2013 - 07:22 - Signaler un abus le SMIC

    est une horreur. Malheureusement son existence est dans cette logique absurde de "redistribution". Que l'on m'explique ? Il y a de plus en plus de SMICARDS en France, est ce parce que nous avons de moins en moins de travailleurs qualifiés? Ou avons nous une échelle des salaires qui stagne ce qui fait que de plus en plus de travailleurs "smicards". Faut il prendre en pitié la multitude de travailleurs non qualifiés et pénalisés les travailleurs qualifiés en comparant le différentiel des salaires extrêmement bas. Les fonctionnaires ont mis en place la solution de l'ancienneté, les fameux échelons. Dans le privé rien de tout cela. La référence salariale est le SMIC. Pas la qualification du travail. En fait dans une entreprise les travailleurs qualifiés payent les smicards, car bien souvent en comptant le salaire plus les charges, toutes les charges, ils ne sont pas rentables.

  • Par Anguerrand - 17/12/2013 - 07:52 - Signaler un abus Juste un chiffre

    En Roumanie le smic est de 139 euros pour 48 heures de travail. Alors il ne faut pas s'étonner que dans un monde ouvert nos entreprises " rament" avec tous les boulets ( charges, impôts ) qu'elles traînent. Seule des produits haut de gamme et innovant peuvent nous permettre d'égaler les meilleurs ( Allemagne,Suisse,,Autriche....)

  • Par ignace - 17/12/2013 - 10:13 - Signaler un abus Brondillant ...que l'on m'explique

    difficile d'expliquer quoi que ce soit a quelqu’un qui pratique soit la mauvaise foi volontaire (pour s'adapter au ton du site) soit , est limité par un QI de crevette et là, il n'y a rien a faire

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Gérard Thoris et Éric Verhaeghe

Gérard Thoris est maître de conférence à Sciences Po. il a notamment rédigé une Analyse économique des systèmes (Paris, Armand Colin, 1997), contribue au Rapport Antheios et publie régulièrement des articles en matière de politique économique et sociale (SociétalRevue française des finances publiques…).

Éric Verhaeghe est l'ancien Président de l'APEC (l'Association pour l'emploi des cadres) et auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Diplômé de l'ENA (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un DEA d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

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