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Les rangs des militants anti-gaz de schiste largement infiltrés par des agents russes

La protection de l'environnement est sans doute loin d'être la seule préoccupation des opposants à l'exploitation du gaz de schiste. Le risque de fin de dépendance au gaz russe pour plusieurs pays pèse également très lourd dans certains rapports de force.

Agents double

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Atlantico : Selon un article du Financial Times, rapportant les propos d'Anders Fogh Rasmussen le secrétaire général de l'OTAN, la Russie soutiendrait des mouvements dénonçant l'extraction de gaz de schiste pour maintenir la dépendance européenne au gaz russe. Cette perspective vous semble-telle crédible ? Quelles formes pourrait-elle prendre ?

Michael Lambert : Il faut garder à l’esprit que les Etats membres de l’Union européenne ont une perception différente en fonction de leurs impératifs.

L’exploitation du gaz de schiste dépend de la politique nationale et non de la politique européenne. Ce manque d’harmonisation amène chaque pays à pouvoir adopter une politique radicalement différente de ses partenaires en fonction des ressources dont il dispose, de sa situation économique et de ses aspirations à l’échelle régionale et internationale.

La perspective selon laquelle la Fédération de Russie soutient les groupes défavorables à l’exploitation du gaz de schiste en Europe est réaliste mais à nuancer. Premièrement, il y a un intérêt pour les grands groupes qui exportent du gaz à ne pas voir naître de la concurrence, il est donc logique pour eux de militer, par tous les moyens possibles contre une plus large autonomie européenne. Cependant, cette pratique relève de la logique économique et pas nécessairement d’un objectif géopolitique d’affaiblissement ou de contrôle. Ensuite, le gouvernement russe à proprement parler, dont l’économie dépend des exportations de gaz, est naturellement lui aussi opposé à cette extraction. Dans ce dernier cas, il y a un impératif économique évident mais aussi des avantages géopolitiques qui en découlent. Il semble important de rappeler que la Pologne est un pays qui s’oppose fréquemment à la Russie en Europe de l’Est, dispose de ressources importantes et qu’avec son exploitation elle pourrait envisager d’affaiblir l’emprise de Moscou sur des Etats comme l’Ukraine ou simplement en Baltique. Enfin, la Roumanie pourrait elle aussi affaiblir le Kremlin en proposant une alternative au gaz russe en Moldavie, ce projet est déjà en cours et serait renforcé par l’exploitation active du gaz de schiste.

Le soutien russe peut s’organiser de manière assez classique avec un lobbying à l’échelle nationale. Comme par exemple en invitant les députés et dirigeants des Etats membres à assister à des réunions d’information plaisantes avec remise de cadeaux, de prix honorifiques, dîners agréables, qui incitent les députés à avoir une mauvaise image de l’exploitation du gaz de schiste.

Il semble important de noter que les entreprises russes financent aussi des mouvements de réflexion de certains partis politiques (c’est le cas du Front national en France) qui ensuite influencent les partis politiques et la position publique de leurs dirigeants.

Enfin, des entreprises comme GDF Suez ont des relations avec les groupes russes qui militent contre le gaz de schiste. Ces relations peuvent engendrer une position des dirigeants français globalement défavorable à l’exploitation du gaz de schiste avec pour conséquence une plus forte dépendance et ce, même sans avoir objectif d’aller vers les énergies renouvelables, ce qui n’est pas le cas en Allemagne où les dirigeants voient dans le gaz de schiste comme dans le gaz russe un problème, là où en France seul le gaz de schiste semble vraiment inquiéter la population et les pouvoirs publics.

 
Commentaires

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  • Par zouk - 23/06/2014 - 14:51 - Signaler un abus GAZ DE SCHISTE

    La fracturation hydraulique est certes polluante, mais déjà beaucoup moins qu'au début. Le film tellement projeté à travers le monde devient maintenant un mensonge. Et d'autres techniques pourraient être expérimentées, les opposants français veulent l'ignorer. Quant à un soutien russe à ces opposants, le simple bon sens montre que c'est des plus plausibles: les Etats Unis n'importent pratiquement plus de gaz de pétrole, la généralisation de l'exploitation des gaz de schiste à l'Europe est incontestablement une menace pour les exportations russes.

  • Par MONEO98 - 23/06/2014 - 16:10 - Signaler un abus et ça vous étonne?

    comme d'habitude il y a les marionnettes et le tireur de marionnettes.. posez vous des questions d'ou vient l'argent monumental de toutes ces organisations dites écologiques .. et in fine à qui le crime profite... Que" l'orchestre rouge" réorganisé soit mis à contribution est tout à fait plausible

  • Par vangog - 23/06/2014 - 22:53 - Signaler un abus Les cocos jouent aux collabos...

    Ces cocos recyclés en écologistes pastèques, cela fait longtemps que nous dénonçons leur double-jeu, fait de sabotage de l'industrie Européenne, d'espionnage pro-russe et d'incitation à la décroissance économique de k´Europe. Leur entrisme dans les médias français les désignent comme parfait élèves du Trotskysme de combat. La Eoymanie et la Pologne ont su se préserver de leur influence malfaisante, car ils connaissent bien la politique tordue de la Russie, qui a conservé les vieilles méthodes communistes... Mais ces ecolo-espions sont le plus actifs dans les pays les plus faibles de l'Europe, les plus noyautés par l'idéologie marxiste, comme la France. Aidés par les CGTistes et Sud qui ont saboté le ferroviaire et l'erien, après avoir décimé nos industries navales et portuaires, notre sidérurgie, il en faut toujours plus à ces prédateurs ecolo-gauchistes! Ces traîtres à leur patrie seront jugés par le peuple, lorsque celui-ci aura reconquis son pouvoir sur les lâches!...

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Michael Lambert

Michael E. Lambert est doctorant en Relations internationales à Sorbonne Université (France) et à l'Université de Tampere (Finlande). Ses recherches portent sur le soft power de l'Union européenne, les Etats de facto dans la zone d'influence de Moscou et la mise en place du processus de Guerre hybride dans l'espace post-soviétique. Il est actuellement directeur du projet "Caucasus Initiative" qui analyse les mutations géopolitiques, juridiques et migratoires dans le Sud Caucase. 

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