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François Fillon : "La radicalité de mon projet exige de briser les conservatismes et de contourner les prescripteurs d’opinion traditionnels"

Dans le cadre de la campagne des primaires, François Fillon lançait, mardi, une plate-forme numérique afin de permettre aux citoyens de donner leur avis sur ses propositions et d'étoffer ainsi son programme en vue de 2017.

Fillon 2.0

Publié le - Mis à jour le 15 Janvier 2016
François Fillon : "La radicalité de mon projet exige de briser les conservatismes et de contourner les prescripteurs d’opinion traditionnels"

Atlantico : François Fillon, vous lancez une plateforme numérique dans le cadre des primaires de Les Républicains. Quel est l’objectif de cette démarche ? Et qu’allez-vous faire des propositions/conseils que vous allez recevoir ?

François Fillon : La sortie de mon site de campagne est la continuité d’une démarche initiée il y a plus de deux ans, visant à puiser dans les échanges avec le terrain la matière pour bâtir mon projet politique. Lors de mes nombreux déplacements et dans le cadre des travaux menés dans nos ateliers thématiques, l’écoute, la concertation, l’échange sont au cœur de ma démarche. Le numérique offre la possibilité de démultiplier cette approche sur une plus grande échelle. Cela nécessite une méthode et une organisation structurée pour que ces échanges foisonnants débouchent sur un contenu structuré et cohérent.

Nous y sommes préparés.

Jusqu’à quel point donnez-vous la parole aux citoyens et quelle place leur donnez-vous dans votre campagne ? Est-ce une façon de leur redonner un rôle dans la politique ? Un rôle qu’ils auraient perdu ou qui leur aurait été subtilisé avec le temps ? En quoi peut-elle répondre à une attente des Français et réinventer la démocratie ?

Dans toutes les campagnes présidentielles auxquelles j’ai participé, j’ai vu le programme politique rédigé par une poignée de collaborateurs. La société civile, tout comme les élus locaux, étaient associés en bout de course, souvent davantage pour relayer le projet que pour y contribuer. J’ai voulu partir de la société civile. Plusieurs centaines de personnes (entrepreneurs, médecins, professionnels du logement, spécialistes du numérique, parlementaires, élus locaux…) ont été associées à l’effort programmatique. C’est pourquoi les témoignages ont une place importante sur mon site de campagne : ils sont l’occasion de multiplier les retours d’expérience, à partir desquels on peut établir un diagnostic et construire des propositions.

Ma conviction est qu’on ne peut plus résumer la politique aux partis ! Ils n’ont plus le monopole de la pensée et de l’action. L’instauration des primaires constitue une percée démocratique qui doit se traduire par une participation intellectuelle et militante des citoyens à travers les réseaux sociaux. La radicalité de mon projet exige de briser les conservatismes et de contourner les prescripteurs d’opinion traditionnels. Le pouvoir du numérique me permet d’aller directement vers les Français qui veulent que ca change.

Jusqu’à présent, les tentatives de plateformes numériques mises en place par les partis politiques ont toutes échoué (que ce soit CooPol lancé par le PS en 2010 ou bien Créateurs de possible lancé par l’UMP la même année). Pourquoi pensez-vous que ce sera différent avec votre formule ?

Beaucoup d’initiatives passées relevaient davantage du gadget que d’une démarche de fond, structurée et organisée. Je place au contraire le numérique au cœur de mon approche. Le numérique n’est plus seulement un secteur en particulier, c’est une tendance de fond qui vient tout bouleverser. Par ailleurs, la technologie a progressé : vote en ligne, agrégation des résultats d’un même module participatif sur différents supports numériques, diffusion de  masse… Certaines possibilités qui nous sont offertes aujourd’hui ne l’étaient pas dans un passé récent.

Les échecs passés ont montré la difficulté de mobiliser des participants. Comment motiver les citoyens ?

Au contraire, je crois que l’envie de s’exprimer, de participer, de donner son avis ne fait que s’amplifier. En tant que consommateurs, les Français sont amenés à donner leur avis fréquemment : sur les services qu’ils utilisent, les restaurants, les hôtels dans lesquels ils se rendent... En tant qu’utilisateurs des réseaux sociaux, ils sont habitués à s’exprimer auprès d’une audience de souvent plusieurs centaines de personnes : il est normal que le citoyen aussi soit appelé à jouer un rôle participatif plus grand. A nous de faire évoluer notre démocratie pour intégrer cette tendance de fond et cette aspiration croissante à l’expression des opinions et à leur prise en compte.

L’expression sur Internet est par nature difficilement contrôlable et la toile fourmille d’exemples malheureux d’abus. Par ailleurs, dans les expériences passées, les débats ont souvent pêché par manque de fond (exemple : Sur Periscope, le service de streaming vidéo en direct de l’UMP, Bruno Le Maire a dû répondre le mardi 21 avril 20015 à la question : "- Bruno veux-tu m’épouser ?" Et il a répondu : - Et bien non, je suis déjà marié et je suis très heureux avec ma femme Pauline"). N’avez-vous pas peur que via Internet le débat s’en retrouve appauvri et/ou extrémisé (les opinions extrémistes notamment sont surreprésentées sur le web) ?

C’est le revers de la médaille. Quand le nombre de contributions augmente, il est normal que cela donne lieu à des dérives, même si souvent il s’agit de traits d’humour. Sans rien renier du fond, il faut adapter le contenu aux formats qui sont de plus en plus privilégiés : des formats courts, extrêmement pédagogiques, permettant un rôle actif. C’est précisément le sens de la reformulation de toutes les principales propositions de mon projet sous la forme de questions appelant un vote. En quelques minutes, la personne qui consulte ces questions est amenée à prendre connaissance de mes propositions et à exprimer son accord, ou désaccord, avec la mesure, et le cas échéant à y apporter un commentaire.

35 propositions ont déjà fait l’objet d’une mise sous ce format, qui tout en étant raccourci, respecte précisément le sens. J’invite d’ailleurs tous vos lecteurs à se rendre sur www.fillon2017.fr et à voter sur les principales mesures. C’est l’occasion de mesurer les changements que les Français sont prêts à promouvoir pour redresser notre pays.

 
Commentaires

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  • Par patamoto - 13/01/2016 - 07:58 - Signaler un abus Mr Fillon a un handicap de

    Mr Fillon a un handicap de taille: son parti capitonné de politiciens faisandés et plus ou moins corrompus. Que les jeunes "républicains" fassent du nettoyage et ce parti retrouvera 'l'oreille" des français. Ceux-ci n'ont pas oublié que le désagrégement économique et social de notre pays ne date pas que de 2012 .

  • Par Yves3531 - 13/01/2016 - 08:26 - Signaler un abus Prescripteurs d'opinion ???!!! ....

    ... euphémisme pour désigner une clique de journaleux, pseudos spécialistes subventionnés et achetés par toutes sortes d'avantages fiscaux, statuts spécifiques, avantages divers.... tant que cette nomenklatura de petits propagandistes ne sera pas dénoncée, asséchée, remise à sa place,... rien ne sera possible en France.

  • Par HdH - 13/01/2016 - 10:32 - Signaler un abus Hauts les cœurs !

    "Faire" est le premier mot d'espoir fort pour notre pays. Stop aux promesses rances, oui à la volonté de futur.

  • Par 2bout - 13/01/2016 - 10:39 - Signaler un abus Pas mieux !

    "Ce qui doit être sanctionné, c'est l'acte [ ], pas le lieu de naissance de son auteur ou de ses parents".

  • Par J'accuse - 13/01/2016 - 10:54 - Signaler un abus "Les Républicains" enterrent la Ve République.

    Si Fillon croit en lui et veut vraiment aller jusqu'au bout, qu'il quitte le parti, snobe les Primaires, et se présente en 17 ! Les Primaires, loin d'être une avancée démocratique, sont une privatisation des élections. L'objectif est d'éliminer les rivaux les plus proches, empêchant ainsi le peuple d'avoir le choix qu'il devrait avoir. Ce n'est plus lui qui devra choisir entre Juppé, Sarkozy et Fillon, mais une petite minorité d'électeurs censés partager des "valeurs", au contenu et aux contours d'ailleurs très flous; ils sont convoqués par un parti qui se prétend plus républicain que les autres, pour la seule raison qu'il le dit. Au lieu que ses leaders fassent l'effort nécessaire et salutaire de s'entendre pour le bien du pays, ils préfèrent se déchirer sur l'autel de leurs égos et de leurs ambitions, au mépris de la démocratie et au détriment de la France. A titre exceptionnel, je suis d'accord avec Mélenchon, qui dit que les vrais Primaires sont le 1er tour des Présidentielles. Inutile de vouloir aller vers la VIe République: on y est déjà; inutile d'aller sur la tombe de de Gaulle, si c'est en reniant son héritage. Alors, Fillon : chiche ?

  • Par Lafayette 68 - 13/01/2016 - 11:07 - Signaler un abus être précis

    Les propositions c'est bien mais il faut être précis et dire comment il fera quand il aura 500 000 personnes dans la rue , des lycéens manipulés et j'en passe contre tout changement : -39 au lieu de 35 h dans le public !!! Les profs doivent travailler plus : combien , on aimerait le savoir comme on aimerait savoir si le différentiel agrégés-certifiés en terme de salaire et d'horaire sera maintenu (=travaillez moins et gagnez plus ,le scandale agrégé , alors que les responsabilités sont les mêmes) .Une seule proposition mince pour les agrégés, qui organiseraient l'articulation terminale -fac ..comme si un certifié avec master également ne pouvait pas le faire !!! Retraite à 65 ans : quand ? tout de suite après l'élection ? d'un coup ? Idem pour le rapprochement public privé et le fin des régimes spéciaux C'est flou et on imagine les syndicats et la gauche vent debout ! Rien sur le référendum ...alors qu'il loue le contact par internet ...

  • Par mado83@free.fr - 13/01/2016 - 11:29 - Signaler un abus d'accord avec Par J'accuse

    Les primaires sont un frein à l'expression démocratiqueM Mais les réformes en Fra

  • Par mado83@free.fr - 13/01/2016 - 11:39 - Signaler un abus mado83

    les reformes en France sont quasi impossibles, les syndicats, les lobbies, les corporatismes en tous genres, les prébendes, les avantages divers, l'Education nationale (un monument), mettent des freins à tout ce qui peut leur enlever des avantages. Une réforme de nos institutions, de notre Administration plétorique sont indispensables, mais QUI pourra le faire ??? lire ON VA DANS LE MUR de Agnès Verdier-Molinié, c'est stupefiant!!

  • Par Lafayette 68 - 13/01/2016 - 12:22 - Signaler un abus livre de François Fillon "Faire"

    Son livre " Faire" est un succès en librairie. Succès justifié car l'homme est sincère. Mais j'aimerais une suite précise intitulée: " Comment faire" ? Car comme le dit @mado83 , les réformes sont quasi impossibles (l'éduc. nationale symbole absolu) .Chacun veut , dans le système le plus redistributif du monde, sa petite part ,la garder et est jaloux du voisin sans le dire , à le coeur à gauche en fait (bonne conscience). Même De GAULLE se lamentait : puissance d'élaborer des réformes , impossibilité de les mettre vraiment en oeuvre . On a vu Chirac et Sarko ( un peu plus téméraire ) , on voit Hollande et Macron...

  • Par vangog - 13/01/2016 - 12:42 - Signaler un abus François Fillon pourra prendre sa carte du FN rapidement

    sur son blog...inscription dans la constitution que l'immigration dépend des capacités d'accueil et d'intégration de la France, fin du regroupement familial, fin de l'AME aux étrangers...C'est intéressant, François, que tu adhère enfin au programme du Front National, mais pourquoi ne l'as tu pas réalisé lorsque tu étais premier ministre et que l'assemblée nationale t'étais acquise? C'est quand même le meilleur moment pour changer les lois, non?

  • Par Pourquoi-pas31 - 13/01/2016 - 12:44 - Signaler un abus Faire

    Pour faire, il serait nécessaire que les modes opératoires soient connus dans les moindres détails pour être effectivement appliqués. Cela demande des préparations en profondeur et exhaustives dans chaque domaine à réformer. L’exemple du voile intégral est typique : pas de circulaire d'application = échec de la loi. C'était pourtant simple de prévoir pour chaque contrôle pour ce motif, la mise en place préalable des moyens pour interpellation immédiate, sans délai et sur le champ de la ou des personnes soumises au contrôle. Un fourgon et la BAC pré positionnés dès le constat de la nécessité du contrôle étaient pourtant simples à prévoir. Un refus du contrôle et c'est l'embarquement pour le commissariat dans la minute qui suit. Pas de palabres pour rameuter la population des souteneurs. Simple et efficace = meilleure conditions de la réussite.

  • Par vangog - 13/01/2016 - 13:09 - Signaler un abus Ramener le nombre d'échelons territoriaux de 4 à 2...

    recentrer l'éducation sur les savoirs fondamentaux, lire, écrire, compter...mais c'est...le programme du Front National, ça, M. Fillon! Alors, pourquoi ne pas l'avoir réalisé, lorsque vous étiez Premier Ministre? Une grosse impasse sur le "comment faire?" Le Front National sait comment faire, et il réalisera ce que vous n'avez pas réalisé, lui!

  • Par clau - 13/01/2016 - 13:33 - Signaler un abus primaires

    D'accord avec Par J'accuse ! Les primaires sont une manipulation antidémocratique !!! Malheureusement, ce n'est pas la seule...

  • Par Liberdom - 14/01/2016 - 00:01 - Signaler un abus Faut arrêter...

    Oui arrêter avec cette constitution pourrie ou le peuple élit son roi absolu, fainéant, incompétent, magouilleur ou complètement nul... La seule légitimité du Chedf de l'Et

  • Par Liberdom - 14/01/2016 - 00:15 - Signaler un abus Faut arrêter...

    Oui arrêter avec cette constitution pourrie ou le peuple élit son roi absolu, fainéant, incompétent, magouilleur ou complètement nul... La légitimité du Chef de l’État fait qu'il devient en fait le chef d'un système sclérosé, d'une court servile faite de journaleux subventionnés, d'énarques, de syndicalistes qui tous se bâfrent de l'argent confisqué à ceux qui travaillent, tels des rats dans un fromage. Une démocratie normale, un état de droit, ne peut pas vivre dans un tel système. C'est pourquoi tout candidat à la candidature, ou tout candidat devient hautement suspect de ne rien faire, une fois élu, même s'il prétend le contraire... Excusez un clic intempestif dû à mes gros doigts...

  • Par essentimo - 14/01/2016 - 08:36 - Signaler un abus S'il compte

    s'exprimer devant les Français de la manière qui compose le titre de cet article, je lui souhaite bien du plaisir.

  • Par jurgio - 14/01/2016 - 14:41 - Signaler un abus À l'encontre de la majorité des Français

    qui veulent gagner plus sans rien changer. La déchéance n'est plus très loin mais il faut attendre...

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François Fillon

François Fillon est député de la 2ème circonscription de Paris. Il a été pendant cinq ans le Premier ministre de Nicolas Sarkozy.

Il est actuellement candidat à la primaire de la droite qui se déroulera en novembre 2016.

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