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Quand la colère des peuples se réveillera face à l'incroyable préférence des classes dirigeantes françaises pour le chômage

Depuis près de 30 ans, la rentabilité du capital n'a cessé de se dégrader en France en raison de la complexité du code du Travail, empêchant ainsi les entrepreneurs d'embaucher et provoquant la hausse du chômage. Une situation que les dirigeants français ne semblent pas prêts à changer.

Ça va barder !

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Quand la colère des peuples se réveillera face à l'incroyable préférence des classes dirigeantes françaises pour le chômage

De temps en temps le découragement me submerge tant la situation en France est kafkaïenne. Nous venons de connaitre un drame typiquement français, que je vais essayer de résumer de mon mieux. Notre pays, comme chacun le sait, souffre d’un taux de chômage élevé qui engendre des drames humains considérables ainsi que des coûts financiers de plus en plus insupportables.

A l’origine de ce fléau, nous trouvons une cause unique : la rentabilité du capital investi en France est non seulement faible, très faible, mais de plus en baisse constante et régulière depuis des décennies, comme en fait foi le graphique suivant.

 

La ligne rouge représente ce que l’INSEE appelle la marge brute d’autofinancement des entreprises installées en France, en pourcentage du PIB.

Il ne s’agit donc pas des bénéfices du CAC 40 mais de la mesure la plus simple de la rentabilité du capital investi EN FRANCE.

Ce ratio entre deux flux, les profits et le PIB a été avancé d’un an et demi, c’est-à-dire poussé sur la droite d’un an et demi. (ie: projection)

La ligne bleue quant à elle représente le taux de chômage en pourcentage de la population active.

Quelques remarques sur ce graphique s’imposent à ce point de l’analyse.

  1. 1. La rentabilité du capital en France a baissé prodigieusement de 1974 à 1985 qui furent les années d’abord du " libéralisme avancé ", grande idée du désastre Giscardien, suivies par les années où le programme commun fut appliqué.  De 1985 à 2008, nous avons eu une stabilisation aux alentours de 23 % du PIB. Depuis 2009, nous avons perdu encore quatre points de rentabilité.
  2. 2Le taux de chômage SUIT la rentabilité des entreprises avec un délai moyen d’environ 18 mois. La relation est de la baisse de la rentabilité au chômage et non pas comme le croient les Keynésiens du chômage à la rentabilité. (et que personne ne vienne me parler de la poule et de l’œuf…)
  3. 3. Ce que les statisticiens appellent le taux de corrélation entre les deux variables est aux alentours de 90 %. Le carré du taux de corrélation s’intitule le coefficient de détermination et il est donc de 81 %. Cela veut dire que 81 % du taux de chômage est déterminé par la rentabilité du capital investi dix huit mois plus tôt.En termes clairs, cela signifie que si la rentabilité du capital baisse de deux points, le taux de chômage monte de deux points 18 mois plus tard…
  4. 4. Comme la rentabilité du capital investi vient de remonter d’un point en raison de la dévaluation de l’euro, il est probable que le chômage va baisser dans les 18 mois qui viennent, ce qui permettra à monsieur Hollande de nous expliquer qu’il a réussi son pari de " renverser " la courbe du chômage.
 
Commentaires

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  • Par AgentDevlin - 27/03/2016 - 10:10 - Signaler un abus Tout est dit!

    Charles Gave président!

  • Par Deneziere - 27/03/2016 - 10:35 - Signaler un abus Colère ? Pas sûr, en tout cas pour tout de suite

    Le calcul des socialo- étatistes de droite et de gauche, est qu'avec des taux d'intérêrs négatifs, en ne faisant aucun investissement de manière à éviter les gros dérapages de déficits, on peut tenir encore cinq ans à ce rythme là, peut être dix. Et même là, il n'y aura peut être pas d'effondrement brutal, juste un déclassement de type grec, dans lequel les "élites" continueront de se payer sur la bête. Le peuple sera trop occupé à survivre pour se mettre en colère. Ce type de calcul est cohérent avec la politique actuelle.

  • Par lasenorita - 27/03/2016 - 13:40 - Signaler un abus Les ''classes dirigeantes françaises''...

    Nos ''politiques'',qui dirigent notre pays, s'en foutent pas mal du bien-être et de la ''sécurité'' des Français...ce qui compte pour eux c'est d'être ''élu'' et ''réélu''. .. si possible..et de s'en mettre ''plein les poches'' ainsi que celles de leurs copains.....ils savent que,même s'ils ont eu des ''démêlés'' avec la ''Justice''...les ''veaux'' voteront encore pour eux....L'ancien maire de Montpellier, Georges Frèche,disait:''80% des Français sont des c...je suis sûr d'être réélu''...il était socialiste!...

  • Par Deudeuche - 27/03/2016 - 16:26 - Signaler un abus Le concours administratif ou l'Emigration

    le choix des jeunes Français.

  • Par Ganesha - 27/03/2016 - 20:46 - Signaler un abus Cash Investigation

    Article complètement surréaliste et parfaitement répugnant ! Ce mr. Gave nous prend vraiment pour des débiles, qui ne sont vraiment pas au courant de ce qui se passe dans le monde ? Si vous avez accès en différé à TV5 Monde, regardez le ''Cash Investigation'' d'hier samedi à 21h. Mille milliards de dollars de dividendes distribués dans le monde ! La France, troisième pays le plus généreux avec les actionnaires, après les USA et l'Angleterre : 56 milliards. Plus la désindustrialisation progresse, plus on délocalise, et plus le salaire des dirigeants augmente (24.000 euros par jour pour le grand patron de Sanofi), et les dividendes s'envolent. En France, en 1980, les dividendes s'élevaient à la moitié des investissements. En 2014, les dividendes, c'est 2,5 fois plus que les investissements !

  • Par Ganesha - 27/03/2016 - 20:48 - Signaler un abus Sanofi

    Pour le laboratoire de médicaments Sanofi, le bénéfice net consolidé est passé de 5.693 millions d'euros en 2011 à 3.317 m€ en 2013. Mais les dividendes sont passés de 2.082 millions euros à 4.022 m€ sur la même période ! Et 4.000 salariés ont été licenciés. Quatre usines en France sont menacées de fermeture. Et Sanofi perçoit du CICE et du Crédit Impôt Recherche… Atlantico ne s'honore pas en ouvrant ses colonnes à ce genre d'individus, mais il faut bien vivre !

  • Par Anguerrand - 27/03/2016 - 21:39 - Signaler un abus A Ganesha avant d'avoir un avis economique il faut connaitre....

    l'économie. Il semble que vous ne sachiez pas ce qu'est le " benefice net consolidé". Il s'agit du résultat de la societe mère et de ses filiales étrangères. C'est ainsi que dès société comme Total gagnent de l'argent uniquement dans le forage, et que son activité en France ( distribution et raffinage ) est largement déficitaire. Il est logique que les societes filiales qui font le resultat consolidés distribuent des dividendes à ses actionnaires étrangers. Pour Sanofi il en est de meme 3 de ses médicaments les plus vendus sont tombés dans le domaine publique, les plus rentables, c'est un gros manque à gagner et la direction se doit d'adapter en permanence à son activité, c'est meme son devoir. Ses bénéfices proviennent en grande partie de ses filiales. Quand aux dividendes du CAC 40 ils représentent entre 3 et 4% de l'investissement, en gros comme une assurance vie toute bête avec en plus le risque de dévaluation de leur capital si la société perd de l'argent ( cas Peugeot) il y a peu. N'oubliez pas que les salariés possèdent souvent des actions de l'entreprise ainsi de des petits porteurs. Àlors évitez de répéter ce que disent les partis de gauche PS, PC, FN.

  • Par Anguerrand - 27/03/2016 - 21:44 - Signaler un abus A Ganesha

    Encore un mot, il n'y a pas dans tout ces partis de gauche pas un seul politique a travaillé en entreprise encore moins dirigé une societe, ils parlent donc comme vous sans connaitre leur sujet. Marchais parlait comme vous. Avec des états d'esprit comme ça on n'est pas sorti d'affaire, la critique est facile, l'art est difficile.

  • Par Liberte5 - 27/03/2016 - 22:05 - Signaler un abus Charles Gave maîtrise son sujet.

    Merci à Atlantico de pouvoir lire un article aussi structuré et documenté. Charles Gave est me semble-t-il un des meilleurs analyste économique Français. D'autant qu'il est un professionnel qui sait gérer ses propres affaires , contrairement à d'autres économistes qui sont des fonctionnaires n'ayant jamais eu à mettre leurs idées au contact des réalités. Et ça fait toute la différence.

  • Par Ganesha - 28/03/2016 - 01:09 - Signaler un abus Lire Attentivement

    Lire attentivement : ''En France, en 1980, les dividendes s'élevaient à la moitié des investissements (de l'entreprise, dans sa recherche et sa production). En 2014, les dividendes, c'est 2,5 fois plus que les investissements !'' C'est donc si difficile à comprendre ? J'ajoute : désormais, les entreprises s'endettent pour verser des dividendes qui répondent aux exigences des Fonds de Pension : 15% par an de retour sur leur apport.

  • Par vangog - 28/03/2016 - 19:41 - Signaler un abus @Deneziere vous avez parfaitement raison

    et c'est la troisième option que n'a pas proposé Charles Gave: la culture de la dette et du chômage par les socialo-étatistes de droite et de gauche est le fruit d'un calcul réfléchi, qui n'engage pas que ces politiciens des partis archaïques. Ma théorie est que ces politiciens n'ont qu'une influence très faible sur ce qui se joue, et que tout est décidé à un échelon au dessus...le groupe Bilderberg contrôle indirectement les multinationales et les médias, et influence considérablement ( 80%) la politique des pays soi-disant démocratiques. La culture de la dette et du chômage agit favorablement pour le pouvoir du Bilderberg, par deux leviers essentiels: la maîtrise budgétaires ( rôle de Macron) des intérêts des dettes phénoménales de ces pays, l'assujettissement des PME et artisans à des monopoles d'état, ou assimilés, et la soumission des salariés à une mécanique implacable qui n'offre aucune autre alternative que CDI protégé ou chômage prolongé...ceci n'a de machiavélique que les réunions secrètes et maçonniques des orgueilleux qui croient diriger le monde, mais seront les victimes, au final, de cette vanité destructrice...suite au prochain épisode!

  • Par cloette - 29/03/2016 - 11:04 - Signaler un abus Commentaire du titre

    oui , il y a visiblement préférence des classes dirigeantes pour le chômage et en effet la colère des peuples est inéluctable .

  • Par jurgio - 29/03/2016 - 17:38 - Signaler un abus On surveille mieux les moutons dans les alpages pauvres

    La dégénérescence a bien démarré au début des années 80. On peut toujours critiquer Giscard mais ce pauvre homme n'a pas eu de chance avec son changement de société stoppé net par les chocs pétroliers. Les amorces ont été reprises par les idées de la Gauche triomphante. Un insignifiant Mitterrand (deux fois élu ! deux fois donc le fer dans la plaie !) a éloigné le pays des efforts nécessaires par un bagout d'avocat marron. On occulte sciemment à chaque fois la volonté de Raymond Barre... La Droite a forcément ses torts. Mais qui voudrait se jeter sous les roues d'un véhicule emballé en pleine descente ?

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Charles Gave

Charles Gave est président de l'Institut des Libertés, un think tank libéral. Il est économiste et financier. Son ouvrage L’Etat est mort, vive l’état  (éditions François Bourin, 2009) prévoyait la chute de la Grèce et de l’Espagne. Il est le fondateur et président de Gavekal Research et de Gavekal Securities, et membre du conseil d’administration de Scor.

 

 

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