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Pourquoi les Français ne savent plus compter (et pourquoi c'est grave)

A l'âge de 15 ans, les Français ont déjà suivi près de 1 500 heures de cours de maths depuis leur entrée au CP. Et pourtant, à la fin du collège, seuls 30% d'entre eux sont capables de multiplier ou d'additionner des nombres simples et de calculer des carrés simples.

Et un, et deux, et...

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Pourquoi les Français ne savent plus compter (et pourquoi c'est grave)

A la fin du collège, seuls 30% des Français sont capables de multiplier ou d'additionner des nombres simples. Crédit DR

Atlantico : Les Français savent-ils encore compter ?

Michel Vigier : Non, malheureusement !

Si l’on se réfère à la dernière étude Insee réalisée en 2011 et publiée en décembre 2012, la situation des Français adultes vis-à-vis du calcul se dégrade depuis l’étude comparable de 2004.

L’Insee attribue cela au phénomène "calculette" ou "micro-informatique". Le ton officiel n’est cependant pas alarmant. En effet, un consensus politique et économique semble se dégager. On a ainsi entendu sur LCP en août 2012 un sénateur déclarer que l'"on pourrait se passer de compter, dans la vie de tous les jours", puisque tout existe pour décharger l’individu de cette corvée inutile : écriture automatique des chèques, paiement par cartes, documents administratifs informatisés, etc. Dans le monde économique, l’illettrisme reste une priorité, pas l’innumérisme. Un responsable d’une formation politique nationale se vante même de ne pas connaître ses tables de multiplication. Les deux précédents ministres de l’Éducation nationale ont été mis en échec devant des exercices de proportionnalité de CM2 et ont très bien vécu la situation : on a le droit de ne pas être bon en maths.

La situation présentée par l’INSEE semble "sous contrôle" (cliquez sur le tableau pour l'agrandir) :

Le tableau indique que 16% des adultes ont des performances médiocres en calcul (Ensemble). On est surpris de trouver une catégorie représentant à elle seule, un taux de 54%. Cette présentation n’apporte pas une information complète et nous serons donc loin de la courbe de Gauss (en répartition statistique).

Dans ce même rapport, le tableau comparatif, 2004-2011 :

Ce tableau présente la baisse des résultats des "personnes à l’aise en calcul". De toute évidence la baisse est générale. Mais pourquoi être passé de la catégorie des performances médiocres à celle des personnes à l’aise ? Pourquoi avoir retenu un taux maxi de 40% sur le graphique ?

Les mots ont un sens : Le graphique "complémentaire à 100" de celui ci-dessus, "personnes à l’aise en calcul", reconstruit par nos soins, avec les informations de l’Insee, apporte des informations capitales, qui n’apparaissent pas en clair dans le rapport ; il est logiquement intitulé "Personnes qui ne sont pas à l’aise en calcul" :

68 %, en moyenne, des Français ne sont pas à l’aise en calcul, en 2004; ils sont maintenant, en 2011, 70 %; Les adultes nés après 1987, sont, eux, 74 %.

La situation, en fait, est dramatique, une majorité de Français ne sait pas calculer un pourcentage (à part les 50% des soldes), est incapable d’effectuer un petit calcul mental, a le plus grand mal à résoudre une situation de la vie faisant appel à la proportionnalité. Comment pourrait-il en être autrement lorsque l’on sait que le niveau scolaire en calcul et en maths diminue, régulièrement, depuis les années 1980, ce qui est constaté et mesuré depuis 2000 par les études Pisa ? Pour les élèves en très grande difficulté, avec 9,5% en 2009, la France se situe au 36e rang des pays de l’OCDE et associés (65 pays), au 28e rang des pays de l’OCDE (34 pays) et au 21e rang en Europe (25 pays sans Malte et Chypre), derrière tous nos principaux partenaires.

 
Commentaires

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  • Par ZOEDUBATO - 18/04/2013 - 09:39 - Signaler un abus Et après l'Education Nationale se gargarisera de la compétence

    des enseignants en ressortant immédiatement les bonnes excuses : - le "manque de moyens ": faux il suffit de faire des comparaisons - la faute à Sarkozy le bouc émissaire de tous les problèmes (c'est d'ailleurs à cause de lui que nous avons eu un très mauvais temps cet hiver) Alors si on abandonnait l'idéologie, les théories fumeuses et que l'on revenait aux méthodes d'apprentissage des Hussards noirs qui ont formé des générations d'instruits pour les quels il n'était pas nécessaires de "tripatouiller" les notes pour obtenir de bon résultats au bac ?

  • Par pemmore - 18/04/2013 - 10:49 - Signaler un abus C'est pourquoi nous peu aisés sommes devenus pauvres avec l'euro

    ça été la catastrophe, ne sachant pas calculer de tête même approximativement tous les prix ont explosé mais pas les salaires. Alors on critique l'euro, mais c'est pas l'euro qui est à critiquer, mais l'éducation nationale qui n'a pas fait son boulot. C'est une honte . Récemment j'étais à la banque pour un problème, arrive un jeune bardé de diplômes, cet imbécile le voila en train de courir partout chercher une calculette. Il n'a pas volé son engueulade, :«Vous n'avez pas honte, un banquier de ne pas être capable de calculer de tête une addition aussi simple !» Franchement ils font quoi dans leurs universités, ils sucent leur pouce? Je serais patron, avant toute embauche, bep ou bac+8, je m'en fout, je prend un vieil instit et je leur fait passer un certificat d'études blanc. et 8/10 minimum de moyenne.

  • Par Vinas Veritas - 18/04/2013 - 11:30 - Signaler un abus Ecole

    Une grande révolution dans notre enseignement que je propose. L'enseignement devrait se faire par cycle et non par année et former les élèves au principal objet de l'école. Cycle primaire = savoir lire écrire compter donc les écoles, libres d'utiliser les 5 années comme bon leur semble présenteront leurs élèves à l'examen de sortie du primaire pour changer de cycle. fini le redoublement, adaptation de l'enseignement au niveau de chacun, encouragement par les progrès mais formation réelle de celui qui en sort,

  • Par shaï - 18/04/2013 - 11:42 - Signaler un abus Ma mère (Certificat d'étude)

    En Algérie, milieu très modeste, dans les années 30 (1930!), me faisait réciter mes tables de multiplications, 30 ans après. Et relisait mes dictées. Son écriture était élégante, donc lisible, avec très peu de fautes. Aujourd'hui, quand je lis les messages des uns et des autres sur ma @rie pro - ou privée, popopo, dis... Tic la honte! Tenez, faites l'expérience, de demander à un x ou y de vous calculer de tête: 3x3 - 6 + 2. Attention, ne trichez pas! Tout le monde (Tout le monde ?), sait, qu'il n'y a pas si longtemps, quand un prof' nous remontait les bretelles, nous avions intérêt à ne pas moufter, encore moins d'aller chouiner à la maison. (Sinon, c'était la rince assurée) Et puis l'ange 68 est passé. Interdit d'interdire, black is beautiful & so on. Mal avalée, mal digérée, toute une philosophie judéo marxo chrétienne s'est mixée à un Petit Livre Rouge, mâtinée de Che et d'intouchable Dolto. Nous reviendrons un jour aux incontournables de Notre Dame Nature. Ne pas gaspiller, apprendre par l'exemple, écouter, observer (Agir), men sana in corpore sano. La nature a horreur du vide. Et combien d'entre nous en sont plein... De vides ? (Là, je vais me faire plein d' "amis")

  • Par walküre - 18/04/2013 - 11:45 - Signaler un abus On peut

    se passer de compter comme l'aurait dit un sénateur - on aimerait savoir de quel crétin il s'agit - et aussi de penser puisque on pensera également pour nous. Une chose est par contre avérée, les sénateurs sont inutiles à la république et on peut très bien se passer d'eux.

  • Par Deckard - 18/04/2013 - 11:56 - Signaler un abus ni lire, ni écrire, ni

    ni lire, ni écrire, ni compter le mouton du 21eme siècle à tondre à volonté...

  • Par Olivier62 - 18/04/2013 - 12:01 - Signaler un abus Médiocrité bornée de l'enseignement

    Il faut dire que l'enseignement des mathématiques en France est encore plus mauvais que celui des langues (si, c'est possible !) : le refus de principe d'introduire des exemples concrets, la primauté absolue à l'abstraction, à a formule (donnée telle quelle), à la manipulation de techniques pour elles-mêmes sans donner ni demander de compréhension font qu'on bâtit sur du sable. L'exemple type est l'épreuve de maths au bac, où on donne le même genre de problème depuis des lustres que les élèves ont sagement appris à résoudre sans savoir à quoi ça sert (exemple type : calcul du point d'inflexion d'une courbe).

  • Par la saucisse intello - 18/04/2013 - 14:03 - Signaler un abus Il FAUT........

    Des crêtin(e)s, il en faut beaucoup. Sinon comment les gens normalement intelligents pourraient-ils se mettre en valeur ? Donc, merci à l'éducation nationale pour la prodigalité avec laquelle elle nous produit ses déchets sociaux ! Bon, je suis retraité, mais pour mes malheureux collègues encore en activité qui vont devoir se taper ce bétail humain impropre à tout usage, le temps va leur sembler long jusqu'à la retraite !

  • Par evans94 - 18/04/2013 - 16:13 - Signaler un abus c'est bien simple...

    La mondialisation a un but ultime : faire des citoyens dociles et des consommateurs compulsifs...c'est très bien parti !!!! Pour cela, nul besoin de savoir lire, écrire ou compter...il suffit de regarder la télé...et de s'abstenir d'aller voter. Il faut bien comprendre que la démocratie et les règles sociales sont un frein à l'hypercapitalisme modial... Réfléchissez....

  • Par fentreti - 18/04/2013 - 17:16 - Signaler un abus Quand nous voyons les têtes d'abruttis

    qui votent socialistes , je ne suis pas surpris .

  • Par musaraigne - 18/04/2013 - 19:43 - Signaler un abus evans94

    Bien sûr, l'abrutissement par les médias aggrave les choses, mais je ne crois pas que cela explique la baisse de niveau dramatique (et pas qu'en maths). Les ''pédagogies alternatives'' et tous les changements introduits à l'école sont responsables du désastre scolaire. Une conférence à écouter absolument: http://www.dailymotion.com/video/x5g4ao_peut-on-sauver-l-ecole_news?search_algo=2#.UXAwtbWS6qg

  • Par ricouti - 18/04/2013 - 23:01 - Signaler un abus Exemple de l'utilité du calcul : calmer les robots

    @zoedubato : la mémoire est utile dans les mathématiques . Comme vous n'en avez pas beaucoup , voici quelques rappels. Cette baisse du niveau décrite dans cet article est imputable aux gouvernements de gauche comme de droite. Voyons dans quelle proportion sur une période 1960-2012, soit 43 ans en considérant 2012 révolue. La gauche a été au pouvoir : 10 ans (14 ans Mitterrand moins deux ans de cohabitation Chirac - 2 ans cohabitation Balladur) + 5 ans (cohabitation Jospin) + 7 mois (Hollande). Total : 15,58 années. La gauche est donc responsable à 36,2% et la droite à 63,8% de ce qui est deploré dans cet article. Pire, les décisions aberrantes à la suite de mai 68 sur la lecture et le calcul mental ont été prises sous des gouvernements de .... droite. On peut toujours imaginer d'autres résultats si la gauche avait exercé le pouvoir plus longtemps, mais je m'en suis tenu aux faits qui sont ce qu'ils sont.

  • Par Vinas Veritas - 19/04/2013 - 00:19 - Signaler un abus calcul pour calcul

    on peut aussi reprendre les données de Ricouti à partir de 1936 pour étayer non ?

  • Par Le Lampiste - 19/04/2013 - 01:34 - Signaler un abus Après la chianlit de 68 : la culture abandonnée aux gauchistes.

    Il y a autant d'inflation zeurolandaise que dans les mots et les diplômes. On parlait de calcul mais on savait enseigner et effecteur les opérations dès l'école primaire, ce qui permettait un usage pratique pour tous, formait la mémoire et préparait pour certains l'étape suivante, où l'on abordait les algorithmes, et où les démonstrations décryptaient les mécanismes où Euler a vu la preuve de la présence divine. Le mot "mathématiques" signifiait réflexion, analyse, abstraction, bref un summum de la pensée. On l'a prostitué, comme tout le reste, pour flatter la médiocrité, l'imbécilité crasse, comme dans les arts ou la littérature, dégoulinante de guimauve bien-pensante ou de foutre, ou des deux, selon les gouts. Licence plutôt que Liberté. La dégradation véritable est arrivée après 68, en fait dès Giscard, avec le collège unique, concrétisation du programme des communistes à la libération (Plan Langevin-Wallon). Mais faut-il rappeler aux gens à mémoire courte que les responsables des programmes sont en grande majorité des apparentés trotskystes issus de la pseudo-révolution de 68, comme le copain de barricades du rouquin fou, devenu Inspecteur Général de l'éducation "nationale ?

  • Par jlbaty - 19/04/2013 - 21:18 - Signaler un abus tout ceci est faux

    Il ne savent plus compter par ceque leur argent est dans la poche des politicomafiomaçons et plus dans la leur

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Michel Vigier

Michel Vigier est ingénieur et président-fondateur de l'Association pour la prévention de l'innumérisme. Ses travaux ouvrent de nouvelles voies pour une réelle " refondation " des apprentissages mathématiques à l’école. 

Michel Vigier est le concepteur du "boulier didactique" et le co-auteur de la Méthode des Abaques, ouvrage publié par l’association. Il est également l'auteur d'un A-book paru en 2014 sur Atlantico éditions : La France handicapée du calcul - Vaincre l'innumérisme pour sortir du chômage

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