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PIB, dette, revenu : ce que nous a vraiment coûté la grande crise de 2008 en 9 graphiques

Si d'aucuns essayent de se persuader et de persuader les Français que la crise est derrière nous, voire que la courbe du chômage va s'inverser, ses conséquences sur notre économie sont bien réelles.

On fait le bilan, calmement

Publié le - Mis à jour le 14 Janvier 2014
PIB, dette, revenu : ce que nous a vraiment coûté la grande crise de 2008 en 9 graphiques

Les conséquences du chômage sur le pouvoir d'achat des Français sont dramatiques.  Crédit Reuters

Il est aujourd’hui fréquent d’entendre, ou de lire, que la crise que le pays traverse depuis 2008 est derrière nous. Bien évidemment, tel n’est pas le cas ; la France est aujourd’hui plongée dans une situation économique et sociale sans précédent dans ce qu’il convient d’appeler l’ère moderne, à savoir depuis l’après-guerre. 6 années après Lehman Brothers, il convient de se poser la question du coût de cette crise, et de son impact économique sur le pays, un bilan.

Aborder la question du bilan revient à se poser la question de ce que serait l’état économique du pays sans la survenance de cette crise.

C’est-à-dire d’envisager la situation d’un pays qui aurait continué à suivre son évolution moyenne avant 2008. Une fiction basée sur la tendance de croissance que le pays a connu entre les années 1996 et 2007, c’est-à-dire depuis que la France est soumise aux contraintes issues (et respectées ou non) de l’entrée du pays dans la zone euro. L’intégralité des données utilisées ici sont issues de l’Insee et de la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques).

La croissance

Afin de se rendre compte de l’évolution de la croissance entre 1996 et 2007, l’utilisation des chiffres de la croissance nominale (c’est-à-dire sans en retrancher les chiffres d’inflation) offrent le meilleur résultat. L’aspect « brut » de ces données permet en effet de se rendre compte que la croissance française suivait une tendance parfaitement stable au rythme de 4% par an entre ces deux dates.

Croissance nominale France (bleu) comparée à sa tendance de 1996 à 2007 (noir)

(Cliquer pour agrandir)

Il est ici tout à fait frappant de constater que la France progresse avec une régularité de métronome pendant les 12 premières années ici retenues. Le choc brutal qui survient au cours de l’année 2008 est un tremblement de terre qui vient bouleverser cette tendance. L’écart est majeur et a continué à se creuser année après année pour atteindre un montant de 328 milliards d’euros pour la seule année 2013. En cumulant les écarts constatés chaque année depuis 2008, le gouffre atteint 1176 milliards d’euros, soit 57% du PIB actuel de la France.

Il convient alors de s’intéresser à ce que le pays a perdu en points de croissance cumulés au cours de ces années. Ce qui revient à prendre en compte la perte cumulée de points de croissance au cours des années, par rapport à la tendance de progression que connaissait le pays jusqu’alors :

France. Variation de la croissance nominale par rapport à sa tendance 1997-2007

(Cliquer pour agrandir)

Le graphique ci-dessus retrace encore une fois la stabilité de la croissance entre 1996 et 2007, au rythme de 4%, et l’importance de l’impact de la crise dès 2008. La France perd ainsi près de 16% de croissance nominale, et ces 16 points perdus vont avoir un lourd impact sur le pays. 

L’emploi et le chômage

En France, le nombre d’emplois total est proche de 23 millions au cours de l’année 1996. Et ce nombre progresse d’année en années, sur un rythme plus ou moins stable de 1.25% par an. C’est ainsi qu’à la fin de l’année 2007, le pays compte 26.5 millions d’emplois. La croissance perdue au cours des années suivantes va lourdement impacter ce rythme de progression, et le pays ne va créer aucun emploi au cours de ces 6 années, et va même en détruire 200 000 (2008-2013). Le manque à gagner se comptabilise au total à 2 millions d’emplois.

Évolution du nombre d’emploi en France (bleu) comparé à sa tendance entre 1996 et 2007(noir)

(Cliquer pour agrandir)

La conséquence primaire de cet arrêt de création de postes par l’économie française va être de profondément détériorer le niveau de chômage du pays. En ne prenant en compte que le taux de chômage, l’évolution ne permet pas d’être comparée au nombre d’emplois total en France. Voilà pourquoi il a été choisi de prendre en compte la progression du nombre de chômeurs (catégorie A) entre le mois de juin 2008 (qui est un plus bas) jusqu’au mois de novembre 2013, dernière donnée disponible à ce jour.

Progression en % du nombre de chômeurs en France entre juin 2008 et novembre 2013

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Le résultat est accablant, plus de 82% de progression, soit un total de 1,5 million de chômeurs au total en plus depuis juin 2008. Il est également nécessaire de montrer que le nombre de chômeurs n’a jamais été aussi important qu’au mois de novembre 2013, avec un total de près de 3,4 millions de chômeurs. Ce qui permet encore une fois d’invalider totalement toute idée d’inversion de la courbe du chômage.

 
Commentaires

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  • Par la saucisse intello - 13/01/2014 - 05:57 - Signaler un abus D'habitude, les "courbes".............

    Ne me passionnent pas plus que ça. Mais là, un bon point à notre "père Blaise" : Ces graphes sont parfaitement explicites. On peut les résumer en ces mots : Ce pays est foutu.

  • Par vangog - 13/01/2014 - 09:14 - Signaler un abus Pourquoi la soi-disant "crise mondiale" qui a bon-dos

    n'impacte-t-elle pas d'autres pays comme les Nordistes Européens, certains BRICS ou, à l'opposé, les dernières dictatures socialistes? Cela aurait été plus intéressant que ces courbes sans avenir et sans solution, et un auteur qui tente encore de nous faire croire que la dette n'est pour rien dans le déclenchement de la crise, alors qu'elle semble en être le principal carburant... Des courbes comparées avec d'autres pays permettraient de le prouver, et invalideraient la thèse gauchiste selon laquelle, seule la dérégulation de la finance mondiale est responsable de la crise!

  • Par Gerald18 - 13/01/2014 - 10:32 - Signaler un abus Croissance en berne

    Certains pays s'en sortent mieux, avec de l'énergie à revendre (Gaz, pétrole, matières premières), d’autres moins bien demande intérieure faible, si les conditions ne sont pas réunies pour relancer l'économie.

  • Par ZOEDUBATO - 13/01/2014 - 11:58 - Signaler un abus Très bon article, très clair, argumenté sur du factuel

    Il tue dans l'oeuf les critiques économiques verbeuses et non argumentées du PS et du FN qui ne prennent pas en compte l'impact réel de la crise durant le quinquennat de NS NS en est sorti avec les honneurs car il a réussi à maintenir la France au-dessus ou dans la moyenne Européenne Et tant pis pour les critiqueurs professionnels qui n'ont rien fait et ceux dont la politique donnent des résultats catastrophiques Nous avions une vrai France Forte

  • Par Benvoyons - 13/01/2014 - 12:07 - Signaler un abus Le pourquoi ne réside que dans les 35H et donc de l'augmenation

    massive en nombre des Fonctionnaires donc du coût de l’État Aussi du renchérissement du coût du travail et donc des délocalisations(par les industriels étrangers et Français dans les domaines avec de la main d’œuvre. La France décroche que pour cela et surement pas à cause de l'€ .

  • Par Daniel carton - 13/01/2014 - 13:13 - Signaler un abus Vivre à crédit .... C'est "la finance" c'est pas nous

    Quand un ménage gagne moins , il réduit ses dépenses . L'état ,lui, fait le contraire . Et bien allons y .... continuons à gaspiller , à ponctionner les entreprises et par conséquent ceux qui y travaillent , préservons notre modèle suradministré . Ne venez pas vous plaindre et vous lamenter sur les méfaits de " la finance" quand vous serez le bec dans l'eau

  • Par un_lecteur - 13/01/2014 - 13:55 - Signaler un abus Très clair

    Mais tout va changer, si j'en crois le sire boursier.com : http://www.boursier.com/actualites/economie/l-economie-au-coeur-de-la-conference-de-presse-de-francois-hollande-mardi-22627.html "La France prévoit cette année un effort de 18 milliards d'euros pour réduire le déficit, concentré sur la maîtrise des dépenses plutôt que sur la hausse des prélèvements. Quinze milliards d'économies sont ainsi prévus par rapport à la croissance tendancielle des dépenses, dont 9 milliards d'euros pour l'Etat et 6 milliards sur la sécurité sociale." . Des économies par rapport à la croissance tendancielle des dépenses: Qu'est aco? Encore un enfumage.

  • Par pemmore - 13/01/2014 - 14:18 - Signaler un abus La France n'a perdu que 200000 emplois,

    ce qui est beaucoup mais n'explique pas les 2 millions de chômeurs en plus, sauf à correspondre à l'immigration non maitrisée. Reste aux entreprises à inventer 200000 emplois par an ce qui n'est pas gagné avec la capacité de nuisance de l'administration.

  • Par librexp - 13/01/2014 - 15:07 - Signaler un abus C'est l'immigration non maîtrisé bien sûr

    La politique économique des gouvernants successifs était parfaite, les autres pays notamment l'Allemagne devaient ou devraient suivre l'exemple de la France, mais ils ont eu le tort d'avoir inversé la courbe du chômage même avec de l'immigration !

  • Par Grwfsywash - 13/01/2014 - 19:52 - Signaler un abus A l'auteur

    Merci de ne pas omettre de comptabiliser la part de croissance d'avant 2008 que l'économie française devait aux outils et méthodes mêmes qui ont mené à la crise. Cela compense pour une partie à définir les pertes subséquentes.

  • Par aviseur - 14/01/2014 - 10:00 - Signaler un abus la crise de 2009....

    ... a amené le seul changement.palpable, le changement de guguss. C'est le système qu'il aurait fallut et qu'il faut changer. Le prochain guguss ne fera qu'accentuer (quel qu'il soit) la décadence. Il faudra dons réagir après l'impact de choc et pas avant. Dommage! http://aviseurinternational.wordpress.com/2014/01/14/la-une-de-keg-du-14012014-une-promesse-presidentielle-nest-jamais-vaine-il-ny-a-que-la-cible-qui-change-en-taxe-75-demandez-neofiscal14-p-par-mail-lui-est-gratuit/

  • Par Deres - 14/01/2014 - 11:40 - Signaler un abus Extarpolations à faire avec la période précédente

    Il serait aussi très intéressant de faire le travail avec la période avant l'introduction de la zone euro. On verrait alors que la croissance était plus faible. La croissance de la période étudié pourrait alors être vu comme une bulle éclatant lors de la crise. la période actuel ne serait donc qu'un retour à la richesse qui aurait été la notre sans bulle de l'euro et un retour à une croissance plus faible mais fondé sur la vrai création de richesse.

  • Par ignace - 14/01/2014 - 21:31 - Signaler un abus ZOEDUBATO

    selon la méthode coué dire 12 fois de rang et 3 fois par jour Sous Sarkozy nous avions une France forte nous n'avons creusé la dette que de 550 milliards Sarkozy reviendra avant 2017 cela fait du bien, et ne peut pas faire de mal

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Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.

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