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Penelopegate : l’Odyssée de Fillon ne fait-elle que commencer?

Le Penelopegate est, en vingt-quatre heures, devenu le sujet de conversation qu’on aborde forcément dans un dîner. Pour Fillon, qui avait gagné sa petite guerre de Troie en novembre de façon un peu inattendue, le coup est plus rude qu’on aurait pu le croire au premier abord. Il n’est en effet ni le premier ni le dernier homme politique épinglé sur les petits (ou gros) avantages qu’il a retirés du système. Dans son cas, la situation est toutefois plus compliquée que celle d’un Chirac, rendu populaire par ses multiples exemples de prévarication: Fillon était encore vierge en matière de mise en cause personnelle et il en avait même fait (grave erreur!) un thème de campagne. Il bénéficiera donc moins que Jacques Chirac, ou François Mitterrand, ou Nicolas Sarkozy, d’un contre-effet positif de cette affaire dans l’opinion.

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Penelopegate : l’Odyssée de Fillon ne fait-elle que commencer?

Le Penelopegate, ou le chant des sirènes aristocratiques

 
Sur le fond, le Penelopegate n’est compréhensible que si l’on a à l’esprit la loi des 10.000 euros. En France, il y a ceux qui ont un train de vie mensuel à quatre chiffres, qui font partie (personne ne le leur dira les yeux dans les yeux, mais c’est pourtant un principe de base qui distingue les élites et les petites gens) du Tiers, et ceux qui ont train de vie à cinq chiffres, qui sont plus ou moins pris sérieux et qui ont le droit de la ramener. Pour un élu, il faut faire feu de tous bois pour passer dans le club recherché des cinq chiffres, sans quoi on doit courber l’échine devant les puissants et accepter la condition dégradante de petit baron de province.
 
Fillon connaissait parfaitement cette loi et a fait, comme beaucoup d’autres, ce qu’il fallait pour rester dans les rangs de la noblesse républicaine.
 
Même les plus fillonolatres reconnaîtront qu’il l’a fait avec maladresse. En faire des tartines dans les medias people sur le mode du “ma femme ne travaille pas” alors qu’elle touche un salaire confortable d’attachée parlementaire s’appelle se tirer une balle dans le pied. Il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre que le pire arriverait tôt ou tard en s’offrant ce petit mensonge.
 
Si Fillon s’était contenté de céder aux sirènes aristocratiques en se faisant un train de vie à plus de 10.000 euros par mois grâce au salaire de sa femme, personne n’en aurait parlé.
 

Le timing est parfait

 
Le Penelopegate ne remonte pas à aujourd’hui. L’affaire dure depuis de nombreuses années, mais c’est en octobre 2016 que Fillon a tiré parti de l’oisiveté officielle de sa femme dans la campagne électorale. Mais les révélations n’interviennent que trois mois plus tard… Manifestement, ce n’est pas à une boule puante que nous avons affaire, mais à un missile téléguidé. L’opération est préméditée et programmée de longue date. Elle ressemble à un superbe travail de professionnel.
 
On imagine que Fillon doit bien avoir une idée de l’auteur de ce coup tordu.
 

Première salve d’un barrage d’artillerie ?

 
Assez curieusement, la justice s’est immédiatement emparée du dossier et le parquet financier a ouvert une enquête préliminaire. L’information ne manque pas de faire sourire. La justice se montre d’ordinaire beaucoup moins allante et motivée sur des dossiers plus nets et plus importants. Quelle utilité y avait-il, juste avant le débat entre Valls et Hamon, de procéder à ce genre d’opération?
 
Le Penelopegate a toutes les allures d’une opération de déstabilisation à l’approche de la désignation du candidat socialiste. Bien malin celui qui est capable d’en deviner les effets politiques futurs. Dans tous les cas, on peut affirmer qu’elle est, à un degré ou à un autre, une mauvaise opération pour Fillon.
 
La question est de savoir quels sont les autres missiles téléguidés qui doivent tomber sur son camp.

 

De prochaines révélations sur sa société de conseil ?

 
Les révélations du Canard sont tellement bien orchestrées, et le travail est tellement propre, que tout laisse à penser à une mise en bouche. Le plus probable est que d’autres “révélations” suivent, notamment sur les activités de conseil menées par François Fillon depuis 2012. Rien n’est sûr, bien entendu, mais on sent les loups tapis dans l’ombre, et prêts à bondir pour disqualifier celui qui reste le favori des élections présidentielles.
 
On fait confiance à Fillon pour renvoyer la pareille à ses adversaires, et les premières démonstrations sur les frais de bouche de Macron promettent de belles séances d’amusement.
 
Reste que le candidat Fillon peut s’apprêter à rentrer dans une séquence désagréable qui risque de lui porter préjudice et qui pourrira le débat politique pendant un certain temps.
 

Petit manuel de déstabilisation

 
Tout ceci nous ramène aux pratiques de déstabilisation courantes durant les campagnes électorales, mais probablement particulièrement exacerbées en 2017 compte tenu des enjeux exceptionnels de cette année.
 
Fillon est un favori relativement gênant et la vigueur de la polémique qui prend le prouve. Sur le plan intérieur, son ambition de supprimer 500.000 emplois de fonctionnaires lèse l’appareil d’Etat qui n’a pas dit son dernier mot. Sur le plan européen, il plaide pour un rééquilibrage (salutaire) des relations franco-allemandes. Sur le plan international, sa position plutôt russophile déplaît forcément aux Etats-Unis. L’homme dispose donc d’ennemis puissants, qui s’accommoderaient mieux d’un Valls.
 
Pour ceux qui se complaisent à voir une France affaiblie, abattre Fillon peut donc être une opération utile.
 
On ne voit donc pas pourquoi la campagne de dénigrement s’arrêterait maintenant.
 
Commentaires

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  • Par Benvoyons - 26/01/2017 - 12:00 - Signaler un abus En fait le fait est: Qu'il est impossible de se passer

    d'un attaché parlementaire pour un parlementaire Député,Sénateur et tout le monde le sait mais fait semblant de croire le Canard ! En effet si un député peut se passer de son attaché parlementaire il faut de suite interdire cette fonction et enlever le poste financier pour les 965 parlementaires Députés & Sénateurs. En effet cela veut dire que tous les députés & Sénateurs peuvent le faire et donc font semblant d'utiliser une personne juste pour leur gloire et faire croire. Si un député est capable de travailler seul il n'y a aucune raison pour que les 965 autres parlementaires ne puissent le faire. Ainsi 965 x9000€x12= 104 Millions d'€ en moins sur le budget de l’État Ils peuvent tous se remuer le cul pour éviter les frais de 104 Millions aux contribuables

  • Par vangog - 26/01/2017 - 12:06 - Signaler un abus Une France affaiblie????

    Vous oubliez Marine Le Pen, Verhaegue! Elle n'a pas construit ce système pervers dont est victime Francois Fillon, et dont tous assurent que "c'était une pratique courante"...avec Marine Présidente, Le Sénat sera fermé, l'assemblée nationale sera réduite de moitié, assistants parlementaires inclus, soit une économie de deux milliards d'euros...et gageons qu'elle suive les préconisations des juristes, et fasse rémunérer directement les assistants parlementaires par l'AN, ce que n'ont accepté de faire ni Fillon, ni Valls, ni Macron, lorsqu'ils ont exercé le pouvoir...car la tentation était trop belle de rémunérer leurs épouses restées au foyer, et de s'élever au revenu à cinq chiffres que vous évoquez (exception faite pour Macron, qui est, lui, rémunéré directement par Rothschild et les dictatures Wahabites)...

  • Par Legrandcerf - 26/01/2017 - 13:39 - Signaler un abus Les chiraquiens et l'appareil d'Etat

    De toute évidence, c'est, effectivement ceux qui sont et qui profitent de l'appareil d'Etat qui ont monté l'opération. En clair, et ce n'est qu'une étape supplémentaire du sabotage de la campagne Fillon mené méthodiquement depuis le 27 novembre par les chiraquiens qui, de concert avec le PS, tiennent l'appareil d'Etat depuis 35 ans. Les chiraquiens misaient sur Juppé ou, à défaut Sarkozy, ils sont ulcérés et ont, surtout, peur de tout perdre. Ils ne perdent pas une seconde depuis deux mois pour saboter la campagne. Si plusieurs des porte-parole de Fillon sont si mauvais, ce n'est pas un hasard, c'est une stratégie.

  • Par brennec - 26/01/2017 - 14:39 - Signaler un abus Qu'est ce que ça change

    ça ne change rien a la donne: marine au second tour, macron ou fillon selon l'impact du 'missile'. Ceux qui avaient déjà choisi ne changeront pas d'avis, ils voteront avec moins d'enthousiasme. Quelques un basculeront vers marine et d'autres vers macron? J'en doute. Donc pour l'élection ça ne change pas grand chose, pour la suite s'il est élu c'est un coin enfoncé dans son image qui peut devenir important si elle commence a se dégrader.

  • Par Septentrionale - 26/01/2017 - 15:29 - Signaler un abus Je suis d'accord avec Legrandcerf

    "Les chiraquiens et l'appareil d'Etat" ... déterminés étatiK ... Ils avaient fait élire Mitterrand.~~~~ Voyons ce que va dire François Fillon à 20 h sur TF1.

  • Par Beredan - 26/01/2017 - 20:23 - Signaler un abus Les intéressés à l'affaire

    En tête de gondole , l'ami de trente ans Juppé .... puis le 1er sinistre Razmoket , Macron , et accessoirement Sapin et le "Docteur" cambalaglisse....

  • Par Septentrionale - 27/01/2017 - 09:45 - Signaler un abus Il ne faut pas oublier non plus

    Les chiraquiens ont fait élire cet invraisemblable Ventre-à-pattes et le renvoi d'ascenseur pro-Juppé pour préserver le système a échoué.

  • Par MGPresse - 27/01/2017 - 12:01 - Signaler un abus Les esclaves du peuple répupblicain

    Carla Bruni, Valérie Triewaller, Julier Gaillet, etc. ont coûté combien à la république ? Leur présence était requise aux côtés du Président. Le peuple veut élire le roi mais ne pas payer le salaire de la reine. Le peuple est un patron sexiste qui ne paie pas. Un esclavagiste. Quand une épouse assiste à un dîner officiel, qui paie la tenue? qui paie le temps? qui paie la préparation qu'elle a du faire pour ne pas paraître gourde? où sont les droits à l'image? etc. etc. Il en est de même pour tous les élus et fonctionnaires dont les époux sont mis gratuitement à la tâche et à la peine par la pratique républicaine. Le problème est que certaines acceptent ce travail comme allant de soi et le font au foyer car plus efficace, + en représentation. Et que d'autres le font au bureau (question de relations personnelle, de méthode de travail, de moindre disponilité/effort - plus facile et moins coûteux de recevoir la presse au bureau que chez soi, et qui fait le ménage avant et après ?). Ce PeneGate devrait être utile pour que l'on prenne conscience de la nécessité d'une loi sur le financement de l'aide sponsorale aux personnes publique dont le peuple attend que l'époux le soit aussi.

  • Par lafronde - 27/01/2017 - 12:43 - Signaler un abus Démocratie émotionnelle.

    Le scandale dans cette affaire c'est que le Parquet instruise en pleine période électorale. Ingérance judiciaire dans l'élection présidentielle. Dans 3 mois. Une Magistature impartiale n'interviendrait pas dans les quelques mois qui précèdent le scrutin, surtout après des primaires. Si le Parquetr intervient, c'est qui est de parti-pris. C'est l'Etat-PS, la Magistrature PS : celle du mur des cons. @ vangog Dieu nous garde de vos solutions à l'emporte-pièce. Supprimer le Sénat, c'est la Chambre unique, lieu de tous les abus de pouvoir de la Révolution ! Quant à MLP quid de Riwal et de la procédure au Parlement européen ? Voulez-vous réduire les emplois fictifs ? Tous les parlementaires ont le pouvoir, et eux seuls, d'examiner les comptes de l'Administration. Ils ne le font pas puisque le budget est en déficit sévère et permanent depuis 1981 (sans oublier la relance keynesienne 1974-76). Ces parlementaires ne font pas davantage de travail législatif sérieux au vu de l'inflation réglementaire. Prendre de mauvaises décisions est pire pour le Peuple, que ne rien faire d'autre que profiter.

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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