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"La passion d'Augustine" : quand le cinéma tire vers le haut

Que vous soyez croyants ou pas, vous avez de grandes chances d'être éblouis par le film que Léa Pool a consacré à des religieuses québécoises, éprises de musique, dans la fin des années 60. Des moments de grâce.

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"La passion d'Augustine" : quand le cinéma tire vers le haut

La réalisatrice

Née à Genève d’un père polonais ayant dû fuir son pays pendant la Seconde guerre mondiale et d’une mère suisse, Léa Pool, 65 ans, a émigré à Montréal à l’âge de 25 ans. Après avoir travaillé pour Radio-Québec, aujourd’hui Télé-Québec, elle a réalisé en 1984 son premier long-métrage, « La femme de l’hôtel », accueilli avec enthousiasme par la critique et le public au Canada. Ont suivi une vingtaine de films, dont « Anne Trister » (1986), « Mouvements du désir » (1994), « Emporte-moi » (1999), qui ont connu une belle carrière internationale.

Comparée à Marguerite Duras pour son itinéraire singulier, elle suggère dans ses films une approche du personnage féminin dépourvue de tout stéréotype, soucieuse de l’identité féminine et de l’émancipation des femmes. Voilà sans doute pourquoi, elle a choisi de filmer des religieuses dans « La passion d’Augustine », alors qu’elle est très éloignée de ce monde.

Thème

Cela se passe à la fin des années 60 au Québec. Le concile Vatican II provoque des bouleversements qui atteignent un petit couvent de religieuses situé au bord de la rivière Richelieu. Cette institution abrite une école de musique pour jeunes filles dont la réputation a dépassé les frontières de la province francophone. Les pianistes pensionnaires du couvent raflent régulièrement le premier prix du concours annuel organisé à Montréal. 

Parallèlement au séisme de Vatican II, qui va modifier la tenue vestimentaire des religieuses, et pas seulement la tenue, le gouvernement du Canada décide d’intégrer les écoles catholiques à l’enseignement public. Nous sommes en 1968 et c’est une révolution institutionnelle et sociologique. La petite et prestigieuse école de musique, qui, de surcroît, n’a plus l’oreille de la supérieure générale de l’ordre, sourde à la musique, c’est le cas de le dire, est sur la sellette. Sœur Augustine, la mère supérieure, grande pianiste et excellente pédagogue, parviendra-t-elle à sauver ce qui fait sa raison de vivre ?

Points forts

- Tel est le sujet de « La passion d’Augustine », un long métrage magnifique, qui fait songer au film « Les choristes ». Avec, en plus, les puissants paysages de l’hiver et du printemps canadiens. La cinéaste a d’ailleurs dû se battre avec la production pour que l’intrigue s’accorde au passage des saisons et que le spectateur soit ébloui par les images de la nature, ce qui a fait évidemment grimper les coûts du tournage.

- Léa Pool, avec sa scénariste Marie Vien, s’est concentrée sur la vie de ces religieuses qui voyaient la bourrasque arriver. « On tombe trop souvent, affirme-t-elle, dans le cliché de la religieuse rigide et rétrograde. Beaucoup d’entre elles étaient des personnes d’exception, très libres et avant-gardistes. Pour ces femmes, les couvents étaient donc vraiment le lieu où elles pouvaient étudier, faire de la musique, devenir infirmière en chef, voyager… ».

 
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  • Par Deudeuche - 30/03/2016 - 18:27 - Signaler un abus incroyable, de la culture qui ne se passe pas

    à Paris. Vu le sujet c'est clair que cela avait peu de chance d'être parisien.

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François Quenin pour Culture-Tops

François Quenin est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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