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Menace de taux négatifs imposés par les banques : pourquoi les épargnants n’ont encore rien vu de ce qui pourrait les attendre

A force de baisser ses taux, la Banque Centrale Européenne pourrait donner le mauvais exemple aux banques. Un premier cas de taux négatif en Allemagne devrait pourtant alerter nos dirigeants.

Grrrr

Publié le - Mis à jour le 19 Août 2016
Menace de taux négatifs imposés par les banques : pourquoi les épargnants n’ont encore rien vu de ce qui pourrait les attendre

Atlantico : Une banque allemande, la Raiffeisenbank, vient de mettre en place des taux négatifs pour ses épargnants excédant 100 000 euros. Son but est de compenser les marges que la BCE lui aurait grignotées en pratiquant des taux négatifs depuis deux ans. Cette pratique trouve-t-elle aujourd'hui ses limites ?

Mathieu Mucherie : Elle est gonflée, cette banque : elle doit sa survie à la BCE qui la biberonne matin midi et soir en matière de liquidité, elle reçoit des tonnes d’argent à travers le quantitative easing (qui par exemple selon les études de Wu à la FED sur le shadow policy rate correspond à l’équivalent d’une baisse des taux courts de 5% !), elle bénéficie de stress tests officiels aussi truqués qu’une partie de cartes dans un bar louche à Palerme, et pourtant elle n’est pas contente, à cause d’une taxation… de 0,25% !!

Elle veut 100 balles, et un Milky Way en plus ?

C’est souvent le problème avec les gens de nos jours : ils veulent le beurre, l’argent du beurre, les faveurs de la crémière, mais aussi dans le même temps une absence totale de risque, une garantie contre la faillite, et un parachute doré au cas où. Un peu comme des anarchistes inscrits à la sécurité sociale, ou comme d’autres Allemands qui veulent sortir du nucléaire mais sans polluer tout le continent, ou comme des gens qui voudraient gagner une guerre mais sans la faire. Et plus c’est gros plus ça passe, alors pourquoi ne pas taxer davantage les clients (qui se font déjà facturer, pour le moindre prêt, 2 bons points de pourcentage au-dessus des conditions de financement à -0,4% au guichet de la BCE, dans un monde pourtant sans inflation) ?

Au passage, notons le caractère surréaliste du débat sur les taux directeurs nominaux, en pleine remontée des taux réels depuis quatre ans !

Alors oui, dans ce cadre d’exagération dans l’ingratitude et la duplicité, disons que la politique de taux court négatif rencontre des limites pratiques et politiques. Mais elle n’a jamais eu ma faveur, pour des raisons économiques : elle est destinée à diffracter le blâme, à faire croire (dans un monde d’illusion nominale crasse) que la BCE est accommodante et imaginative, là où elle est restrictive (cf l’inflation et les anticipations d’inflation, cf l’euro). Elle nous distrait, n’est pas du tout au niveau des enjeux de la reflation nécessaire, se heurte au QE pour perturber les (rares) évaluations, nous fait croire que la politique monétaire est une affaire de taux d’intérêt et non de base monétaire et dans une mesure moindre de taux de changes ; alors si en plus les banques allemandes râlent, s’en servent de bouc-émissaire et/ou ne jouent pas le jeu…

 
Commentaires

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  • Par tubixray - 18/08/2016 - 10:43 - Signaler un abus Les dindons de la farce

    Article trop techniques mais qui apporte une information magistrale = Notre (celle des particuliers) épargne peut être rognée par des taux négatifs mais il fait aussi se rappeler qu'en cas de crise financière majeure, les dépôts supérieurs à 100 000 € (montant garanti par l'état français entre autres) peuvent être amputés !..... Pendant ce temps, les hedge funds continuent de faire tourner le casino avec le trading haute fréquence et la spéculation à la baisse ..... B. Obama s'est fait littéralement roulé dans la farine par la finance après la crise de 2008, c'est son pire échec.

  • Par hibernato - 18/08/2016 - 12:02 - Signaler un abus titre aguicheur pour un contenu touffu et abscons

    article écrit avec du sable dans les oreilles et sur la serviette de plage,

  • Par Texas - 18/08/2016 - 12:13 - Signaler un abus Robuste ,

    ...mais il en faut , des articles , qui s' adressent aux " métiers de l' Art " . La question que se pose Mr Dupont , c' est : Combien de temps encore ?

  • Par Ganesha - 18/08/2016 - 14:19 - Signaler un abus Vérité

    Il est rafraîchissant de lire de temps en temps un article qui ose dire la vérité ! Lecteurs d'Atlantico, ne placez pas plus de 100.000 euros d'épargne dans la même banque !

  • Par Marie-E - 18/08/2016 - 14:26 - Signaler un abus merci Ganesha du conseil

    mais cela fait plusieurs années que je compris ce qui allait se passer mais j'ignore la date pas dans les mêmes établissements, pas dans les mêmes pays, pas dans la même monnaie et pas dans le même système bancaire...si possible mais en toute légalité bien entendu.

  • Par vangog - 18/08/2016 - 14:43 - Signaler un abus Excellentes solutions de Mucherie!

    Les QE pour renforcer les capitaux propres des banques et alimenter la spéculation boursière ont assez duré! Le forward guidance ne fonctionne pas...pourquoi? À cause de Bale III que j'eliminerais aussi totalement... Du passé faisons table-rase! Quant à la remise partielle des dettes, elle aurait dû être partielle et bien plus précoce. Il faudra, de toutes les façons, y parvenir pour les pays sudistes qui ont la tête sous l'eau, après les politiques gauchistes pratiquées...mais avec une contrainte: ne pas se servir de cette remise de dettes pour en contracter une nouvelle, car on les connaît les cocos grecs! Si vous leur accordez les 500 milliards de remise de dette dont a besoin le peuple grec, ces nullards s'empresseront d'embaucher quelques milliers de fonctionnaires, afin d'alimenter la propagande d'état-providence...pour bien faire, il faudrait que ces remises de dettes soient contrôlées par les patriotes, pour ne pas tomber dans l'excès gauchiste...

  • Par michoulacolere - 18/08/2016 - 17:28 - Signaler un abus Quel scandale !

    Tout ceci va encourager des dépôts au noir dans les lessiveuses. On comprend mieux maintenant pourquoi l' émission des billets rouges de 500 Euros va être supprimée.

  • Par Philippine - 19/08/2016 - 08:32 - Signaler un abus Réponse à Vangog

    D'accord pour effacer d'une façon partielle les dettes des pays européens du sud (cela a déjà été fait pendant la crise ), entièrement d'accord avec vous,une fois n'est pas coutume parce que, à l'époque,on leur a consenti des prêts à des taux prohibitifs et ce fût honteux, parce qu'on les a ainsi complètement asphyxiés et ce fût honteux mais comme vous le dites également, il faut tout de même un peu de contrôle pour qu'il n'y ait pas, dans la mesure du possible et selon le contexte, une récidive renouvelée régulièrement parce que ce sont toujours les autres qui payent à leur place . Quant à la situation que nous connaissons actuellement, je crois que les dirigeants, eux même, ne maîtrisent plus rien ou alors, ils sont complètement incompétents et il faut alors les remplacer par des plus valables et ainsi de suite, sinon, gare, comme c'est toujours le cas, au bout du bout, c'est toujours le peuple qui a le dernier mot !

  • Par J'accuse - 19/08/2016 - 17:48 - Signaler un abus Les Cupides contre les Prodigues

    Si on annule des dettes, les débiteurs sont encore plus endettés peu de temps après: pourquoi voulez-vous qu'il fassent des économies si on leur donne autant d'argent qu'ils en dépensent ? Il ne faut jamais les annuler, mais les recalculer à partir de taux plus équitables si les débiteurs se sont fait exploiter par leurs créanciers, ce qui est fréquent. Ne pas oublier aussi de conditionner ces réévaluations à des mesures d'économies drastiques pour qu'à l'avenir, ils arrivent à ne pas dépenser plus qu'ils ne gagnent. Ce serait dans l'intérêt général, mais personne ne veut ça, car seuls les intérêts particuliers prévalent.

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Mathieu Mucherie

Mathieu Mucherie est économiste de marché à Paris, et s'exprime ici à titre personnel.

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