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Lutte contre l’échec scolaire : ces pollutions idéologiques qui nous empêchent de comprendre les racines du mal

Vendredi 21 novembre, Najat Vallaud-Belkacem présente avec le Premier ministre un nouveau plan contre le décrochage scolaire. Énième mesure qui vient s'ajouter à l'existant : évaluation des élèves, recrutements, plan décrocheurs... Une démultiplication d'annonces qui font figure de mesures cosmétiques pour un système scolaire à la dérive.

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Lutte contre l’échec scolaire : ces pollutions idéologiques qui nous empêchent de comprendre les racines du mal

Najat Vallaud-Belkacem présente avec le Premier ministre un nouveau plan contre le décrochage scolaire.  Crédit Pixabay

La ministre de l’Education nationale a promis mercredi "une véritable mobilisation en trois ans" pour la Seine-Saint-Denis, département qui ne parvient pas à attirer assez de professeurs. Le matin, elle s’était félicitée de la mise en place d’une "conférence de consensus" pour réfléchir sur l’évaluation des élèves – des annonces sont attendues pour "courant 2015", dans le cadre notamment du débat sur la suppression des notes. Ce vendredi, elle présente un nouveau plan contre le décrochage scolaire à l'heure où un certain nombre d'idées bien ancrées nous empêchent encore de voir les causes réelles de ce problème.

Les blocages qui relèvent de l'Education nationale...

  • Méthodes d’apprentissage

Jean-Paul Brighelli : Les méthodes d'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul sont aujourd'hui aberrantes, et entraînent dysorthographie, ânonnements et dyscalculie. Or, les bonnes méthodes (alpha-syllabiques) existent, sont reconnues comme plus efficaces, et les manuels (ceux du GRIP par exemple) sont déjà là. Seul un aveuglement idéologique amène le maintien de la méthode idéo-visuelle, la plus fréquente, et des méthodes semi-globales. Par ailleurs, le par-cœur est aujourd'hui réprouvé, alors qu'il a fait largement ses preuves. On apprend les tables de multiplication ou les conjugaisons par cœur — mais justement, on ne les apprend plus. Idem pour la grammaire, qui ne peut être étudiée que de façon systématique, et qui est le plus souvent aujourd'hui examinée de manière impressionniste, au gré des rencontres, au fil des textes.

Richard Etienne : Indéniablement, faire une radiographie du système scolaire peut partir des deux idées d’action d’une revue et d’un mouvement pédagogique (Le CRAP-Cahiers pédagogiques qui existe et publie depuis la Libération) : Changer la société pour changer l’école, changer l’école pour changer la société. Commençons par le diagnostic sur le système éducatif.

C’est peu de dire qu’il est à bout de souffle, rafistolé de toutes parts : depuis 1975, on a créé le "collège unique" mais on l’a aligné sur le lycée et sa logique de sélection pour aboutir aux classes préparatoires et aux grandes écoles. Les méthodes d’apprentissage suscitent bien des débats, à commencer par celle qui porte sur l’apprentissage de la lecture. Un ministre a voulu assurer le triomphe de la méthode syllabique alors que personne n’en contestait l’intérêt mais la voyait comme un élément d’un ensemble plus complexe. Un chercheur, Jean Foucambert, parlait, il y a plus de trente ans, des sept piliers de la lecture pour montrer que le simplisme est l’ennemi des apprentissages dans ce domaine comme dans bien d’autres.

  • Les programmes

Jean-Paul Brighelli : Officiellement, on est en train de les réécrire. Pratiquement, il s'agit de les ajuster aux réductions horaires, comme ces trente dernières années, où les programmes de Français, par exemple, ont subi une érosion spectaculaire. En maths comme en Lettres, l'objectif a été le même : réduire les exigences pour réduire les horaires pour réduire les postes (et les promesses de recrutement sont restées… des promesses). Bien sûr qu'il faut les réécrire, en tenant compte à chaque fois de ce qu'exige le niveau suivant — en fait,il faut avoir en perspective les exigences du niveau post-Bac le plus élevé. On peut en demander beaucoup aux élèves — je crois même qu'ils aiment qu'on leur en demande beaucoup. Quant à l'idée persistante d'intégrer dans les nouveaux programmes la maîtrise de l'outil informatique, ça ne sert jamais qu'à vendre des équipements.

Richard Etienne : Les programmes s’orientent encore trop lentement vers une approche privilégiant la compétence ("savoir agir en situation") sur les connaissances détachées de toute application concrète. L’actuel Conseil National des Programmes cafouille encore malgré sa bonne volonté.

De fait, il y a au moins deux choses qu’il faudrait consentir à faire pour soigner le patient Éducation nationale de ses nombreuses fractures. La première consisterait à réduire celle qui intervient entre le primaire et le secondaire. On multiplie aujourd’hui les stages de liaison entre l’école et le collège alors que de nombreux pays, à commencer par la Finlande, ont adopté le modèle d’une école unique pendant la période de la scolarité obligatoire (jusqu’à seize ans). Il ne faut pas secondariser trop tôt si l’on veut démocratiser notre enseignement et il faut donc tenir compte des difficultés d’adaptation d’une majorité des élèves à un modèle scolaire pensé et conçu pour dégager une élite (le lycée à la française).

Marie Duru-Bellat : Les programmes dans notre pays se caractérisent par leur approche académique, un peu abstraite. D’autres pays, toujours ceux qui ont des bonnes performances y compris dans les matières générales, les pays anglo-saxons par exemple, se tournent davantage vers la vraie vie : on éduque plus l’élève, tout en l’instruisant. Chez nous, l’opposition entre l’éducation et l’instruction demeure. Cette dichotomie ne peut plus tenir, l’éducation n’est pas que le fait de la famille.

Ce point est associé à un mauvais climat scolaire, notamment dans la relation des élèves aux enseignants. Il découle vraisemblablement de cette approche très académique de l’enseignement.

Les programmes devraient être établis par les représentants de la nation,  débattus au parlement et épousés l’air du temps. Mais non, en France, les programmes réunissent autour de la table des spécialistes de disciplines. Or, les spécialistes d’une discipline pensent que tout ce qui relève de leur domaine est passionnant, intéressant. Résultat, comme il est difficile d’arbitrer, on empile. Et cela nous fend le cœur dès que l’on rogne sur le moindre aspect d’un programme. Par conséquent, l’enseignement global devient de plus en plus lourd, et perd de son sens, car personne ne peut réellement le couvrir. Les programmes doivent être démocratisés, ce qui provoque un tollé général chez les enseignants et les inspecteurs.

Est-ce aux professeurs de décider de ce que nos enfants doivent apprendre, je ne sais pas. Reste que les spécialistes d’une discipline n’ont pas la moindre légitimité de décider dans l’ensemble de la formation des Français. En tant que parents, les exemples d’étonnement ne manquent pas sur le contenu des programmes. Le débat doit se démocratiser, être régulièrement soumis à la représentation nationale, se porter davantage sur les NTIC, etc. 

  • La formation des enseignants

Jean-Paul Brighelli : Le problème est de motiver à nouveau les enseignants. Le principe de ce qu'on appelait autrefois l'IPES (une bourse donnant le SMIC aux étudiants, obtenue sur concours disciplinaire, en échange d'un engagement décennal à servir l'Etat) serait une solution évidente, bien moins onéreuse que les diverses remédiations qui ne sont jamais que de palliatifs. Les bourses au mérite sont en sursis, ce qui en dit long sur la considération pour 'intelligence et la capacité qui règne au sein de ce gouvernement. Enfin, la création des ESPE pour remplacer les IUFM est une ure catastrophe : de prétendus savoirs pédagogiques ou didactiques se substituent aux savoirs disciplinaires, et vont fabriquer une génération d'enseignants peu aptes à répondre aux questions, ou même à s'en poser.

Richard Etienne : La formation des professeurs qui vient encore d’être modifiée alors que l’essentiel ne réside pas dans le niveau universitaire auquel on délivre le diplôme mais dans l’aptitude des enseignants à ajuster leur intervention aux élèves qu’ils ont en face d’eux. Ce sont des professionnels et leur formation doit adopter des formes plus longues (un an actuellement car la première année est consacrée à la préparation du concours) et plus en rapport avec les réalités de terrain.

Au Québec, ce sont quatre années qui sont consacrées à la formation progressive des enseignants et les seules institutions qui la gèrent sont l’université et les établissements qui les accueillent comme stagiaires sur des durées de plus en plus longues avec des tâches de plus en plus proches de ce que sera leur métier. En France, le ministère parle d’une "véritable alternance" mais il ne s’en donne pas les moyens et, bien souvent, les enseignants en formation servent de remplaçants ou de "bouche-trou". On peut donc rêver d’un système où des établissements triés sur le volet avec des enseignants-formateurs volontaires et eux-mêmes formés accueilleraient les stagiaires et leur mettraient le métier en main.

Marie Duru-Bellat : Nos enseignants sont peu formés à la pédagogie. Il faudrait en ce sens rétablir la formation des enseignants qui a été supprimée. La France a ensuite un problème presque culturelle : l’idée selon laquelle pour être un bon enseignant, il convient d’être très bons dans sa matière. Rappelons que les agrégés n’ont aucune formation pédagogique : on part simplement du principe qu’étant excellent dans leur matière, ils sauront nécessairement enseigner ! C’est faux.

Pour preuve, dans les pays qui ont les meilleures performances éducatives, il y a des formations très sérieuses pour tous les enseignants sur le plan pédagogique. La France de ce côté souffre d’un lourd passif : il n’est question que du mythe de l’élève brillant qui n’aurait pas besoin de mettre les mains dans le cambouis. D’ailleurs, le niveau académique des enseignants est majoritairement très élevé, les considérations pédagogiques laissées de côté.

La pédagogie est un phénomène laborieux, les instituteurs sont méprisés par rapport aux agrégés ou professeurs de Fac. Rien de sérieux n’a été fait sur la question de la pédagogie en France. Or, savoir comment enseigner n’est pas une sous science.

  • Regroupement et établissements scolaires

Richard Etienne : Ce rêve (qui peut pourtant devenir réalité sans coûts supplémentaires induits) met l’accent sur l’endroit rêvé pour faire changer le système : l’établissement. On peut y inclure l’école même si elle n’est pas encore officiellement un établissement. Mais on lui demande de faire un projet. Et là, tout le monde s’accord pour vouloir faire réussir les élèves, à commencer par les 10 à 15% qui éprouvent de grandes difficultés dans un système prévu pour l’élève moyen d’abord puis pour sélectionner les meilleurs selon une idéologie du "mérite républicain". Pourquoi l’établissement scolaire ? Parce qu’on le sait depuis trente ans au moins, il y a un "effet-établissement" et c’est tellement vrai qu’il existe, selon le sociologue François Dubet, un véritable "marché noir de l’information" dans lequel l’essentiel est de connaître "la bonne école".

En fait, sur le plan des comportements, de la citoyenneté et des apprentissages, on constate une vraie plus-value dans les établissements où l’équipe prend à bras-le-corps les problèmes de la difficulté scolaire, où la direction se met au service des projets et où les parents sont associés et informés sur les progrès de l’ensemble des élèves, mais aussi, et c’est essentiel, sur ceux de leurs enfants. Encore une fois, la formation initiale des uns et des autres n’a pas toujours contribué à développer la compétence nécessaire à cette prise en charge. Dans l’urgence, des formateurs-accompagnateurs sont en mesure de fournir aux établissements qui le souhaitent un ensemble de prestations permettant d’aller dans le sens souhaité.

Dans cette logique, il faut en finir avec la succession d'établissements scolaires définis en fonction de l'âge des élèves. Nous sommes les champions de la multiplication des sorties d’un établissement pour aller dans un autre (maternelle, élémentaire, collège, lycée). Tous ces changements de contexte déboussolent les parents et les élèves. Il faut réapprendre de nouvelles logiques en ménageant des transitions sous forme de cycles de trois ans en moyenne. Cela pourrait éviter la dérive qui fait que les cultures des enseignants divergent de plus en plus entre elles et qu’il n’est pas rare de voir certains d’entre eux accuser ceux du cycle précédent des insuffisances des élèves.

Marie Duru-Bellat : C’est là un thème populaire que la fameuse mixité sociale des établissements, tout le monde en parle. Ce que l’on sait par rapport à d’autres pays, c’est que la France dispose d’établissements scolaires ségrégés socialement. D’abord parce que l’habitat l’est. Et la proximité géographique joue un rôle. Les élèves ne vont pas traverser de part en part une ville pour suivre leur cours.

Ensuite, la suppression de la carte scolaire a été votée il y a quelques années. Les familles sont donc libres de choisir leurs écoles. De fait, on observe que les familles qui ont une plus grande liberté de choix peuvent systématiquement déserter certaines zones au profit d’autres. Derrière cette loi, on retrouve la représentation faussée de la concurrence. Les parents peuvent choisir, donc cela va stimuler la concurrence et donc tirer la qualité de l’enseignement vers le haut. Ce modèle est très théorique, il fonctionne peut être sur le plan économique, mais pour l’école cela ne fonctionne pas : il y a des élèves captifs, la plupart du temps ceux qui ont le moins de moyens et subiront une double peine en emplissant les écoles dévaluées, où personnes ne veut aller en réalité.

 
Commentaires

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  • Par ELLENEUQ - 21/11/2014 - 07:40 - Signaler un abus De toute façon ...

    Sur un terrain stérile, on peut semer quantité de graines et apporter tous les engrais et amendements que l'on veut, rien ne poussera jamais et rien ne viendra à maturité. La Seine St Denis est devenu un désert humain à l'échelle de notre pays et on peut y déverser des milliards (discrimination scandaleuse au détriment des autres habitants du pays) il n'arrivera rien. Peuplée en majorité d'habitants qui n'ont ni nos mœurs, ni notre culture et aucun intérêt ni respect pour l'endroit où ils vivent sauf celui de l'exploiter au maximum et même le détruire la Seine St Denis et une bonne partie de la couronne parisienne ne font déjà plus partie de la nation. On peut construire des logements, ils seront détruits en quelques mois, construire des écoles, centres de loisirs, et équipements publics ils seront au mieux esquintés, au pire brûlés en quelques semaines, importer professeurs, éducateurs, flics, médecins ils seront agressés, découragés, insultés et chassés au mieux, tués éventuellement s'ils résistent ! Pendant ce temps le reste du pays coule et s'épuise à nourrir le serpent qui le dévorera sans état d'âme ! Valaud Belkassem n'est qu'un acteur de notre déchéance.

  • Par thfnews - 21/11/2014 - 08:30 - Signaler un abus Le 9.3 : l'arbre qui cache la foret

    J'y ai habité pendant presque 20 ans et il n'y a pas que des jihadistes dans le 9.3. D'ailleurs ce n'est pas là que les hôtels des impôts ont été brûlés récemment. Ceci étant dit, on ne pourra pas réformer le système d'éducation tant que nos ministres essaieront de laisser leur nom à une loi. Cela fait 40 ans qu'on essaie en vain. Cela fait 40 ans qu'on fustige l'apprentissage. Mais est-ce que notre système supposé tirer les enfants vers le haut, fonctionne? De toutes évidences, faire en sorte que tous les enfants aient le bac, n'a pas de sens. Tous n'ont pas envie de faire des études supérieures. Et je ne crois pas non plus que les études rendent plus intelligent. D'ailleurs si nos celles et ceux qui constituent nos élites étaient si malins, on n'en serait pas là. Il faudrait commencer par cesser de faire de l'Education, un discours politique. Car il en va de l'avenir de nos enfants. Et je ne crois pas non plus que la représentation nationale soit qualifiée pour décider de ce qui est bon pour eux, puisque nos élus ne sont déjà pas capables de se tenir en public, sans parler de leur manque de civisme.

  • Par Yves3531 - 21/11/2014 - 09:42 - Signaler un abus Bizarre, bizarre que l

    Bizarre, bizarre que l'article ne mentionne pas le rôle des syndicats de l'EN. Et pourtant ce sont eux qui de facto initient, contrôlent programmes et methodes et rejetent tout ce qui ne vient pas d'eux. Ceci est d'autant plus grave que ces syndicats sont composés de fieffés ideologues enfermés toutes leur vie hors de toute réalité sociale et économique dans la forteresse EN. Le problème n'est que là et les auteurs de cet article par crainte, aveuglement ou idéologie passent à côté des racines du mal !

  • Par chrisbord - 21/11/2014 - 13:00 - Signaler un abus A quelques exceptions

    Je ne vais pas pleurer sur leur sort. Si le système scolaire laïc ne leur convient pas , la porte est largement ouverte. Dommage pour ceux qui souhaiteraient s’accrocher, le reste n'est que volonté politique ! Et là nous sommes un peu courts !

  • Par LouisArmandCremet - 21/11/2014 - 13:11 - Signaler un abus Incroyable !

    C'est incroyable comment M Richard Etienne continue à répendre ses idées qui sont pourtant responsables de la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui ! Je lui conceillerai vivement de lire le livre de M François Xavier Bellamy "Les deshériters" qui raconte, en l'ayant vécu de l'intérieur du corps professoral, comment on est arrové à créer des générations d'ignorants, ne maitrîsant aucun des savoirs de base permettant ensuite de comparer et d'exercer son sujgement critique. M Bellamy explique in fine que l'Edcation Nationale a réussi dans la mission qu'elle s'était confié : créer des enfant à l'image de l'Emile de Jean Jacques Rousseau, pour lequel ce dernier recommandait par exemple, de ne pas lui faire lire un livre avant l'âge de ses 16 ans.. Dans cet article, seul M Jean-Paul Brighelli semble avoir les pieds sur terre !

  • Par Leucate - 21/11/2014 - 14:06 - Signaler un abus Le savoir faire des anciens

    Né en 1945, j'ai fait mon école primaire et le collège dans les "colonies". Dans les classes, européens et indigènes étaient mélangés et suivaient les mêmes cours. Les indigènes avaient tous appris à parler le français à la petite école de la même façon que le faisaient, encore à l'époque, les petits métropolitains ayant une autre langue que le français à la maison (bretons, basques, alsaciens etc ...) J'ai une parente bretonne léonarde qui alla à l'école en sabots sans connaître un mot de français dans les années 40 et qui est retraitée de l'université après avoir fait, dans sa jeunesse, normale sup. Il y a donc incontestablement des savoir faire qui se sont perdus quand les "maîtres" sont devenus des enseignants et les écoliers des "apprenants". Pourquoi n'arrive-t'on pas aujourd'hui à faire en France ce que les anciens faisaient en Afrique, au levant ou en extrême orient ou encore dans nos campagnes non francophones. Et je ne parle pas de l'époque de Jules Ferry et de Ferdinand Buisson mais d'après la seconde guerre mondiale. DE LA PEDAGOGIE : il y en a deux, celle pratiquée par les formateurs de la Formation initiale et continue et celle de l'Educnat. Laquelle est efficace ?

  • Par hmrmon - 21/11/2014 - 21:13 - Signaler un abus Pédagogie

    Comme dans le show biz, l'art d'enseigner, ça ne s'apprend pas, c'est, selon moi, un don qu'on a ou qu'on a pas et ce n'est pas la prétentieuse dite science de la psycho-pédagogie qui peut y changer grand chose, La preuve en est, ces enseignants(es), notamment religieux(ses), du siècle passé, qui sans avoir jamais mis les pieds dans une faculté de psycho pédagogie, arrivaient en 6 années de primaire à rendre leurs élèves plus performants en lecture, maîtrise de l'orthographe, arithmétique que bien des finissants actuel du secondaire. L'art d'enseigner, si le don est là, se développe par l'expérience et aussi l'inspiration et les conseils que peuvent donner des anciens ayant fait leurs preuves.

  • Par Geolion - 21/11/2014 - 22:18 - Signaler un abus A bas l'idéologie mortifère de gauche !

    Son idéologiemania poussée à l'extrême l'empêchera toujours de voir la vérité en face et de prendre les vraies mesures à savoir : - punir financièrement les parents pour absentéisme répété de leurs enfants, - punir financièrement les parents, qui touchant des allocations de rentrée scolaire (majorées cette année), se permettent d'envoyer leurs enfants à l'école sans fourniture scolaire, sachant qu'à l'école on les leur fournira aux frais des contribuables.. - punir financièrement les parents qui envoient leurs enfants à l'école, le matin, sans avoir pris de petit déjeuner, par manque de temps pour avoir commencé la journée à regarder la télé (voir reportage télévisé). - maintenir le redoublement qui permet, en particulier, une meilleure maturité. Ne pas le dénigrer comme le fait la ministre, - exclure les parents du droit de s'opposer à une orientation professionnelle de leurs enfants, où ils s'épanouiront comme en témoigne de nombreux élèves en formation professionnelle ; on manque de plombiers, d'électriciens, de chaudronniers, etc,... - ne plus considérer (ça c'est bien la gauche!) qu'une formation professionnelle est stigmatisant,

  • Par Geolion - 21/11/2014 - 22:20 - Signaler un abus A bas l'idéologie mortifère de gauche (suite)

    - limiter l'interventionnisme abusif actuellement de parents incompétents dans les choix et orientation de l'enseignement. - rétablir la discipline et le respect dans les établissements où, trop souvent c'est la chienlit qui règne en permanence - soutien des professeurs par leur hiérarchie, actuellement trop molle, et souvent très lâche : carrière oblige et donc pas de vague !

  • Par Leucate - 21/11/2014 - 23:37 - Signaler un abus @hmmon - pédagogie moderne

    J'ai été formateur (formations initiale et continue) une partie de ma carrière et j'ai fait également de la également de la Formation de Formateur. Si, la pédagogie s'apprend, tout comme n'importe quelle discipline, elle apprend à ceux qui ont le don d'être bavards de se maîtriser pour ne pas faire du n'importe quoi incompréhensible et à ceux qui ne l'ont pas de l'acquérir en contrôlant les inhibitions qui les empêche d'être à l'aise face à un public et de maîtriser leurs expressions orales et corporelles. Face à un public, le formateur est l'émetteur, le public le récepteur. Il s'agit de faire en sorte que le maximum de ce qui sort de l'émetteur soit reçu par le récepteur et assimilé. La formule clé mainte fois répétée est une vieille maxime antique: " ce qu'il a entendu, ce qu'il a écouté, ce qu'il a compris". Confucius précisait: "J'entends et j'oublie. Je vois et je me souviens. Je fais et je comprends" Ce sont les fondamentaux de la pédagogie moderne. Quelle est la différence entre le formateur et l'enseignant ? c'est leur public. Le formateur prend des jeunes adultes sortis de l'Educnat à un certain niveau, l'enseignant a des enfants, des pré-ados, des ados et des jeunes.

  • Par Leucate - 21/11/2014 - 23:51 - Signaler un abus @hmmon - pédagogie moderne - suite.

    Il faut donc que leur pédagogie soit adaptée au niveau de leur public et donc qu'ils aient une bonne connaissance des capacités cognitives de leurs élèves à différents âges. Souci que n'a pas le formateur qui reçoit (dans mon cas) des élèves sélectionnés par concours sélectif (niveau Bac, licence ou mastère selon les concours) et les forme en un an ou deux ans à un métier. Je connais les enseignants pour les avoir fréquenté lors de stages interministériels, vous savez ce genre de coupures dans la vie professionnelle ou un groupe composé de gens au vécu différent se découvre, sympathise et discute beaucoup en dehors des séances de formation. Entre formateurs, on se comprend, qu'on soit français ou étrangers, on a les mêmes méthodes avec des effets de mode qui varient d'une structure à une autre, d'un pays à l'autre, on s'échange des trucs et des ficelles, parce que la pédagogie, c'est du concret et du bon sens. La pédagogie Educnat, c'est un monde à part, fonctionnant en vase clos, intellectualisé à l'extrême alors que cela devrait être tout le contraire. Même si parfois on emploie les mêmes mots, ce sont de faux amis, parce qu'entre les deux pédagogies, il y a un monde.

  • Par Marie Harel - 22/11/2014 - 00:20 - Signaler un abus Brighelli 1, Dubru-Bellat/Etienne 0 (ou -2)

    Deux monologues, dont l’un est à deux voix ne font pas un débat, et il pouvait dès lors paraître inégal mais les lecteurs d’Atlantico ne sont pas dupes: Bayard-Brighelli écrase l’Infâme; le preux défenseur de l'école des savoirs écrase les fossoyeurs notoires d’icelle. Il en va autrement rue de Grenelle où les sycophantes de notre duo de pompiers pyromanes condamnent à l’illettrisme 20% de chaque classe d’âge depuis des lustres. Curieuse façon de remplir la mission annoncée dans la profession de foi du site: “trouver les interlocuteurs les plus légitimes ou les plus pertinents» Considérer comme « interlocuteurs légitimes et pertinents » deux militants de l’idéologie pédagauchiste qui a détruit les apprentissages, vidé les contenus et ratiboisé les exigences disciplinaires, « c'est faire appel aux Khmers rouges pour constituer un groupe d'experts pour la promotion des Droits Humains. » (Laurent Lafforgue au président du HCE, 16 novembre 2005)

  • Par winnie - 22/11/2014 - 06:23 - Signaler un abus Il est certain

    Que le département 93 n 'est plus en France et donc soumit aux affres du communautarisme musulman qui nie l'a autorité des profs ,qui pour la plus part sont des femmes, l'autorité de l'état en général ,apporte ses trafics et sa violence. Sans une fermette affirmée moins de féminité et de militantisme et une reconnaissance de l expérience des profs ainsi qu'un soutient de l'état et moins d' ingerance de certaines asso de parents d'eleves ,les chose devraient aller mieux.Mais tout cela aussi passe par des salaires revus a la hausse et sortir de l'angelisme socialiste qui consiste a nier les notes et l' autorite ,quand tout ces gamins se présenterons devant un employeur il devrons se plier a l'a autorité et seront noter autant si confronter le plus tôt possible.

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Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli est professeur agrégé de lettres, enseignant et essayiste français.

 Il est l'auteur ou le co-auteur d'un grand nombre d'ouvrages parus chez différents éditeurs, notamment  La Fabrique du crétin (Jean-Claude Gawsewitch, 2005) et La société pornographique (Bourin, 2012)

Il possède également un blog : bonnet d'âne

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Richard Etienne

Richard Etienne est professeur en sciences de l'éducation. Il travaille notamment sur le changement en éducation, sur l'éducation du citoyen, ainsi que sur la pédagogie du voyage scolaire.

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Marie Duru-Bellat

Marie Duru-Bellat est sociologue spécialiste des questions d’éducation, professeur à l’IEP de Paris et chercheur à l’Observatoire Sociologique du Changement et à l’Institut de Recherche en Education (IREDU). Elle travaille sur les politiques éducatives et les inégalités sociales et sexuées dans le système scolaire.

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