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Xavier Bertrand : “J’attends du futur président de l’UMP qu’il s’engage à refuser toute cohabitation avec François Hollande”

Le candidat déclaré à la prochaine primaire UMP en vue des élections présidentielles de 2017 dévoile les grandes orientations de son programme : refaire de l'UMP "une formation politique de masse", intégrer un objectif de croissance dans les statuts de la BCE, ou encore réduire les effectifs de la fonction publique pour pouvoir diminuer les impôts.

Objectif : 2017

Publié le - Mis à jour le 11 Juillet 2014
Xavier Bertrand : “J’attends du futur président de l’UMP qu’il s’engage à refuser toute cohabitation avec François Hollande”

Xavier Bertrand. Crédit Reuters

Atlantico : Vous avez pu être critique à l’égard de Nicolas Sarkozy au cours des dernières semaines et des derniers mois. Comment réagissez-vous à la suite des évènements de cette semaine ?

Xavier Bertrand : Je suis choqué, parce que j’ai le sentiment qu’il n’a pas été normalement traité. La garde à vue n’était certainement pas indispensable et je mesure l’épreuve que cela a dû représenter pour lui. Et quand il dit avoir eu le sentiment d’être humilié, je le comprends.

Concernant les magistrats en charge de cette procédure, que je qualifie d’exceptionnelle et d’anormale alors qu’une audition aurait largement suffi, je me demande s’ils mesurent bien l’image que cela donne de notre pays à l’étranger, vu les réactions de la presse internationale.

Je pense que l’esprit de responsabilité doit animer tout détenteur de l’autorité publique, magistrats compris.

Quant à mes positions, je les assume : si je peux avoir des divergences sur le fond avec l’ancien président, je ne me trompe pas d’adversaire : je suis un opposant à François Hollande, pas à Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy est encore le favori des militants de l’UMP. Comment l’expliquez-vous ?

Au même niveau qu’Alain Juppé. C’est l’incertitude aujourd’hui à droite sur la question du leadership. Et je suis persuadé que dans deux ans, il y aura d’autres personnalités en mesure de remporter l’élection primaire. Je ne suis pas candidat pour compter, mais pour gagner.

Si Nicolas Sarkozy peut incarner une ligne politique "antisystème", François Fillon une ligne plus libérale, et Alain Juppé une ligne plus centriste, quelle ligne souhaitez-vous incarner dans la perspective de votre candidature à l’élection présidentielle de 2017 ?

Je n’ai pas vocation à rentrer dans une case. Je suis un élu d’une ville très populaire, Saint-Quentin, qui a pour habitude de voter à gauche aux élections nationales et où le Front National fait des scores très importants, et cela ne m’a pas empêché de regagner l’élection municipale dès le premier tour. J’ai conscience que je suis difficilement classable : je n’ai pas suivi le parcours type, je suis provincial, je n’ai jamais travaillé dans un cabinet ministériel, je ne suis pas passé par l'ENA, je n’ai jamais fait partie d’une écurie présidentielle, et cela me permet d’avoir une approche différente des problèmes. Je parcours la France depuis plus de 10 ans, ce qui me donne un ancrage très différent mais également la possibilité de proposer des réponses réellement nouvelles. Je pense que les recettes d’hier, de 2012, 2007 ou 2002 ne seront pas la solution pour 2017. Je me sens complètement libre de tout ancrage idéologique.

Il est vrai que ce qui m’a forgé, ce sont les racines gaullistes, je viens du RPR. Mais aussi l’approche de Philippe Séguin qui croyait au volontarisme politique et qui était tout sauf un laxiste. Il en a fait la preuve à la Cour des comptes. Il pensait qu’il fallait aussi savoir réduire les dépenses pour se recréer des marges de manœuvre et incarner une politique.

Quelles sont les leçons politiques des dernières élections européennes ?

Les élections européennes ont été le dernier avertissement avant un nouveau 21 avril qui peut frapper la droite comme la gauche. Je suis effaré de voir que l’ambition ultime de beaucoup de leaders serait d’arriver en deuxième position derrière Marine Le Pen. Le Front National n’a pas vocation à être le premier opposant à François Hollande, ni même à arriver en tête au premier tour de l’élection présidentielle. C’est la vocation de l’UMP et de son candidat, ou de la nouvelle UMP. Parce qu’il faut changer l’UMP.

Et que voulez-vous changer à l’UMP ?

Il nous faut une nouvelle formation politique, la question du nom est secondaire. A l’automne, nous aurons un nouveau président de l’UMP. Mais il nous faut une nouvelle formation politique dès le début de l’année 2015, à partir de ce qu’a été l’UMP. Non pas une dissolution, non pas une modification, mais une transformation totale de l’UMP.

Lorsque j’étais secrétaire général, les radicaux et Jean Louis Borloo étaient avec nous. D’une certaine façon, l’UMP a commencé à mourir le jour ou Jean-Louis Borloo est parti. Ce fut une erreur de les avoir laissés partir. Nous rassemblions de Philippe de Villiers et Christine Boutin, jusqu’à Jean Louis Borloo. Ce que j’ai réussi à faire lorsque j’étais secrétaire général avec le Comité de la majorité, c’est ce qu’il faudra réussir à nouveau si on veut l’emporter en 2017, avec des élections primaires ouvertes à la droite et au centre.

Je veux que le futur président de l’UMP s’engage sur des primaires ouvertes aux électeurs et aux candidats de la droite et du centre, et qui se tiendront à l’automne 2016 pour créer une dynamique pour l’élection présidentielle.

J’attends aussi du Président de l’UMP qu’il s’engage clairement à refuser par avance tout principe d’une cohabitation si François Hollande rentrait dans une logique politicienne de dissolution pour convenance personnelle. Je veux un président de l’UMP qui s’engage à la transparence totale des finances de l’UMP. Je veux également un principe de primaires partout et pour tous. C’est-à-dire qu’à tous les niveaux de responsabilité, plus aucun responsable ne pourra être nommé par Paris mais que tous devront être élus par nos militants. Pour que les adhérents de l’UMP sachent que leur voix compte, qu’ils puissent peser sur les choix stratégiques, sur le projet, mais aussi choisir leurs responsables. Cela doit être vrai du délégué de canton jusqu’au président de l’UMP et à tous les candidats aux élections, pour que tout parachutage soit banni à jamais. Ce serait un renversement sans pareil dans le fonctionnement de l’UMP. Les solutions ne doivent plus venir d’en haut, mais des électeurs. La carte d’adhérent de l’UMP doit devenir une carte d’électeur en permanence.

 
Commentaires

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  • Par ELLENEUQ - 06/07/2014 - 13:35 - Signaler un abus L'UMP ?

    Ca n'existe plus, c'est une fiction. C'est au mieux annexe bâtarde du PS et du Modem, au pire une organisation mafieuse. A éliminer du paysage politique français !

  • Par Anguerrand - 06/07/2014 - 14:05 - Signaler un abus À Elleneuq

    Ne pourriez vous pas apporter des arguments valables au lieu d'inutiles insultes y compris par égard pour les millions d'électeurs de l'UMP dont plus de 60% sont favorables à une vraie droite quand le FN est en train de virer à gauche toute, ( élection de CGT) et veut faire du " social. En France aucun parti n'est pas impliqué dans des affaires de financement du parti ou d'une campagne, au FN il s'agissait plutôt d´enrichissement personnel, comment un simple homme politique possède un château et pas n'importe ou à St Cloud! SVP merci d'éviter les insultes gratuites qui n'apportent rien sur ce site.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 06/07/2014 - 16:08 - Signaler un abus Les pensées de Bertrand on s'en fout..!....

    Mr Bertrand ne fait que répéter des lieux communs. Pour la droite et la gauche et même pour la France, les cohabitations ont toujours représenté des périodes fastes de reprises économique et de paix sociale. C'est une forme d'union nationale dans laquelle tous les Français se sentent engagés, soit vis à vis de leur président, soit vis à vis de leur gouvernement. Sous réserve qu'au plan international, le président soit leader, et sur le plan intérieur ce soit le premier ministre, le système fonctionne merveilleusement. Alors, les pensées de Bertrand......on s'en fout..!

  • Par Gilly - 06/07/2014 - 18:05 - Signaler un abus @ Paulquiroulenamassepasmousse

    "Sous réserve qu'au plan international, le président soit leader," C'est là qu'est l'os, hélas !

  • Par cloette - 06/07/2014 - 18:25 - Signaler un abus cohabitation

    probable en 2015, mais le souhait de Bertrand bien que justifié sur le plan stratégique ne se fera pas, la place de premier ministre est trop bonne. quoi que...... Imaginons Bayrou premier ministre, ou Juppé, ....

  • Par MEPHISTO - 06/07/2014 - 20:11 - Signaler un abus Temps révolu

    Que celui de la cohabitation . petit rappel :au lieu de suivre les conseils de son épouse BERNADETTE qui lui demandait de changer de premier ministre et de gouvernement en 1995 , le président CHIRAC a préféré s'en référer à l 'un de ses collaborateurs de l 'époque ( DE VILLEPIN ) et a choisi de dissoudre l 'assemblée nationale... avec les conséquences politiques que nous avons connu. quel chef d' état aujourd'hui , demain et après demain , oserait prendre un tel risque ? probablement aucun ! sinon que la nouvelle majorité serait en droit d'exiger la démission du président de la république , qui serait contraint de remettre son mandat à l'électorat populaire

  • Par cloette - 06/07/2014 - 21:14 - Signaler un abus @MEPHISTO, c'est Jacques

    @MEPHISTO, c'est Jacques Attali qui l'a prédit . Sans doute Hollande sera contraint de le faire, ne serait ce que par calcul politique, car si pour Chirac cela a été une bourde, Mitterrand en avait tiré profit !

  • Par assougoudrel - 06/07/2014 - 23:12 - Signaler un abus Je n'aime pas ce Bertrand, mais, à mon avis,

    il n'a pas tord. Il faut laisser cette bande d'incompétents aller jusqu'au bout du mandat du gros nain. 2 ans c'est trop court. Mitterrand et Chirac avaient un septénat à l'époque. Le gouvernement de droite serait obligé de faire rapidement des réformes que les français n'aimeront pas et comme ils ont la mémoire courte, ils seront capables de refaire passer la gauche en 2017. Ca peut faire les affaire du gros Hollande. Mais, ce n'est que mon avis.

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Xavier Bertrand

Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP de 2008 à 2010, a aussi été ministre du Travail des trois gouvernements Fillon, de 2007 à 2012. Il est actuellement Président de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

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