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Histoire, la grande braderie : comment les nouveaux programmes scolaires préparent les guerres civiles françaises de demain

Les nouveaux programmes scolaires proposés par le Conseil supérieur des programmes pour le collège, encore à l'état de projet, font l'objet d'un feu nourri : "Apologie de la repentance", "haine de soi", "idéologie mortifère"... Les critiques ne manquent pas et les conséquences pourraient être plus grave qu'on ne le pense.

L’enseignement m’a tuer

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Histoire, la grande braderie : comment les nouveaux programmes scolaires préparent les guerres civiles françaises de demain

Représentation de Vercingetorix.  Crédit Wikipédia commons

Atlantico : Les critiques fusent de toutes parts sur le projet sur les programmes d’histoire au collège présenté récemment par le Conseil supérieur des programmes. « Apologie de la repentance », « haine de soi », « idéologie mortifère »… La ministre de l’éducation nationale a tenu à rappeler vendredi 24 avril que l’élaboration de ces programmes n’en était qu’à sa phase préparatoire. Cela doit-il nous rassurer pour autant ?

Dimitri Casali : J’ai pris ces nouveaux programmes comme un nouveau coup de poignard à ce qui fonde notre identité. Les concepteurs des programmes n’ont pas tiré les leçons des attentats de janvier, ni compris l'attente de tout un peuple pour retrouver ses racines tout en restant ouverts et en intégrant le plus grand nombre par le fondement notre culture française.

La transmission de la culture est le premier facteur d’intégration : pour éviter que des événements comme ceux de janvier ne se reproduisent, il faut réapprendre à nos élèves à aimer la France. Ce n'est pas ce que font ces nouveaux programmes. Que serait la France sans l'humanisme de Montaigne et l'esprit des Lumières, deux thèmes qui, dois-je le rappeler, ont été rendus facultatifs ? En revanche l'accent est mis sur la civilisation musulmane et la traite négrière, qui deviennent des thèmes obligatoires, comme si il y avait une volonté de creuser davantage le fossé qui sépare les Français. Il est loin, le grand récit fédérateur dont la Nation aurait besoin pour rassembler et réconcilier tous les Français, quelle que soit leur origine ou leur religion. Comment la ministre de l'Education ose-t-elle nous parler de laïcité si l'on supprime l’étude des guerres de religion au programme de 5e ? Le concept de laïcité nait dès cette époque, il faut prendre le temps d'en expliquer la genèse, c'est-à-dire de l'Edit de Nantes pris en 1598 par le roi Henri IV après 40 ans de guerres civiles qui ont faillis faire disparaitre la France. Si nos enfants ne sont plus sensibilisés aux guerres de religion, à l'humanisme de Montaigne et à l’esprit des Lumières qui ont théorisé les concepts de laïcité et de tolérance, alors c'est la substance même de la culture et de l’identité française qui disparait.

En donnant la part belle à l’islam et aux référence à l’esclavage et à la colonisation, en rendant optionnel l’enseignement du christianisme à l’époque médiévale, tout en accordant une partie à l’encadrement de la société rurale par l’Eglise, que cherchent à faire les inspirateurs de ces programmes ?

Faire de l’islam un thème obligatoire et de l’Eglise chrétienne une option, c’est du pain béni pour le Front National. Comment la ministre, qui est supposé être une personne intelligente, peut-elle en arriver à de telles inepties ? J’ai le sentiment que les concepteurs des programmes n’ont ni compris la leçon du 11 janvier, ni vu un élève de 11 ans depuis des lustres. Ils pensent avoir affaire à de jeunes universitaires qui savent déjà tout de l'histoire de France, alors qu'en réalité 25 % des élèves qui entrent en 6e ne savent ni lire ni écrire. Cette réforme, qui vient s'ajouter à la suppression du grec et du latin, est révélatrice des partis pris idéologiques des technocrates de la rue de Grenelle.

 
Commentaires

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  • Par tubixray - 28/04/2015 - 11:07 - Signaler un abus Parents reprenez la main

    On ne peut pas laisser ces enseignants majoritairement de gauche transmettre un tel programme scolaire révisionniste. Ce phénomène existe depuis plusieurs décennies et cet article en constate l’aggravation. Présentons à nos enfants une histoire chronologique sans oublis, ils feront par exemple connaissance avec Charles Martel !

  • Par vangog - 28/04/2015 - 11:45 - Signaler un abus Seule conséquence favorable du formatage gauchiste...

    les jeunes prennent le contre-pieds et affirment leur patriotisme, en votant Front national: comme ils ont raison!

  • Par pguillermo - 28/04/2015 - 12:24 - Signaler un abus Haineux tout simplement

    C'est très bien ainsi. Les socs aboutissent à l'inverse de tout ce qu'ils veulent mettre en place. C'est comme les camps de rééducation viets après la guerre d'Indochine. Ceux qui y sont passés sont devenus des adversaires acharnés du communisme. Au moins les choses sont claires. Avant l'entreprise de sape était dissimulée. Maintenant les socs français apparaissent pour ce qu'ils sont : des gens haineux et totalement incompétents qui n'ont que l'obsession de couler le pays avec eux. Ils apparaissent complètement à contre courant du pays. Tout ça va dans le bon sens. Espérons qu'ils recueilleront en premier les fruits de la haine et de leur destruction.

  • Par attila - 28/04/2015 - 15:29 - Signaler un abus il va bien falloir

    qu'un jour la France et les français réagissent à cette démolition de notre culture !!!

  • Par Fredja - 28/04/2015 - 17:24 - Signaler un abus Je ne décolère pas...

    Quand vos enfants se trouvent confrontés à ces programmes, il y a tout un travail à faire pour remettre l'histoire dans le bon sens. Mais en plus, ils suppriment les classes bilangues, le nivellement se fait systématiquement par le bas... C'est vraiment lamentable !

  • Par Gré - 28/04/2015 - 20:37 - Signaler un abus Si ces matières" Islam,

    Si ces matières" Islam, colonisation, esclavage" sont enseignées de manière objective, les dégâts ne seront pas si graves. Car il sera possible de comprendre que l'Islam est guerrier de naissance, que la colonisation du Maghreb a eu entre autres origines la volonté de mettre fin à l'esclavage des Européens, et que l'esclavage est la chose la mieux partagée au monde. --------------------- Evidemment, si les professeurs sont obligés de répéter ce qu"on leur dit de dire, ce sera plus problématique.

  • Par clint - 28/04/2015 - 22:03 - Signaler un abus Ce gouvernement veut-il institutionnaliser la collaboration ?

    Car il n'y a que dans les périodes de colonisation, d'occupation que les gouvernements tordent leur histoire pour plaire. Pourquoi avoir honte de la France, cette "France qui vient du fond des âges" (Ch. De Gaulle), cette France qui n'a pas commencé avec la Révolution et la Terreur, mais qui a été construite et unifiée par ses différents souverains. Jules Ferry n'avait pas la haine des valeurs et de la culture de la France; pourquoi la gauche, du moins celle au pouvoir dans l' EN, l'a telle tellement qu'elle se sert des programmes pour revisionner notre histoire et l'adapter à ses fantasmes et à ses dogmes ?

  • Par Outre-Vosges - 09/05/2015 - 12:08 - Signaler un abus La vraie menace

    Je suis un peu inquiet en voyant Dimitri Casali (un historien, nous dit-on) nous parler de décisions sur l’Éducation nationale signées par Maurice Thorez en 1950. Faut-il lui rappeler que les communistes ont été chassés du gouvernement par Ramadier en 1947 et n’y sont revenus, par la grâce de Mitterrand, qu’en 1981 ? Quant au Plan Langevin-Wallon qui a commencé à appliquer réellement les stupidités de la Gauche dans ce domaine, il est pratiquement resté à l’état de projet, de piste de réflexion comme on dit, jusqu’en 1959 où le général de Gaulle, revenu au pouvoir mais voulant rester en bon termes avec la gauche, a signé avec elle une sorte de Yalta, lui laissant l’Éducation nationale pour qu’elle se contentât de jouer à l’opposition de Sa Majesté. Mais aujourd’hui la situation s’est encore aggravée : on essayait jusqu’à présent d’officialiser le point de vue marxiste dans nos programmes, ce qu’on veut aujourd’hui c’est imposer l’islam comme religion officielle et nos hommes politiques, terrorisés à l’idée d’être accusés d’islamophobie, n’émettent que quelques borborygmes contre cette menace. Voilà le danger dont il faudrait qu’on parlât davantage.

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Dimitri Casali

Dimitri Casali, historien et directeur de collection, est l’auteur de plus d’une trentaine d’ouvrages historiques, notamment : Qui a gagné Waterloo ? Napoléon 2015 (6 mai 2015, Flammarion), L’Histoire de France de l’Ombre à la Lumière (Flammarion 2014), le manuel Lavisse-Casali (Armand Colin, 2013), L’Histoire interdite (JC. Lattès, 2012), L’Altermanuel d’Histoire de France (Perrin) - prix du Guesclin du livre d’histoire 2011. Il est le co-auteur de l'ouvrage L'Empire colonial français (éditions Gründ, 2015).

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