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Zone franche

Publié le 13 février 2012

Plan d'austérité grec : dire "non", d’accord, mais à qui ?

Les Grecs ont bien raison de se rebeller. Dommage qu’ils n’aient personne contre qui le faire. C’est une tragédie.

 
Dimanche 12 février à Athènes, des policiers protègent les abords du Parlement des cocktails Molotov jetés par des milliers de manifestants : "Hé les gars, nous aussi, nos salaires vont baisser !"

Dimanche 12 février à Athènes, des policiers protègent les abords du Parlement des cocktails Molotov jetés par des milliers de manifestants : "Hé les gars, nous aussi, nos salaires vont baisser !" Crédit Reuters

Difficile de ne pas comprendre la colère des Grecs, qui manifestaient dimanche par dizaines de milliers devant leur Parlement. Si les mesurettes promises par Hollande et Sarkozy passent ici pour "douloureuses", on se demande s’il existe un mot français pour qualifier le nouveau plan d’économie proposé du côté d’Athènes en échange d’une nouvelle injection de cash par Bruxelles et le FMI.

Hum, apparemment, même en ελληνικά, le dictionnaire déclare forfait…

22% de baisse du salaire minimum (et -32% pour les moins de 25 ans), par exemple, ça donne déjà une idée de l’effort exigé d’un pays où le coût de la vie est à peine inférieur au nôtre et où l’on devra pourtant apprendre à se débrouiller avec 586 euros par mois. Et ça, c’est pour ceux qui ont du boulot parce qu’avec 18% de chômage (40% d’augmentation en un an), les smicards athéniens passeront bientôt pour des privilégiés.

Mais ce n’est pas tout : baisse de 10% des traitements des fonctionnaires, fin des hausses de salaires à l’ancienneté pour le public comme pour le privé, réduction drastique des niveaux de remboursement des soins médicaux… Même le budget de la Défense recule ce qui, pour cette petite nation un poil parano, est l’équivalent symbolique d’une réduction de la dotation du ministère de la Culture chez nous !

Difficile de ne pas comprendre leur colère, donc, mais pas plus qu’il n’est difficile de saisir par quel processus ils aimeraient bien remplacer ce traitement de cheval : la Grèce n’a plus un euro vaillant, survit péniblement de la charité internationale depuis deux ans, charité subordonnée à la poursuite de ce suicide au ralenti… Pile tu perds, face aussi. Et ces gens qui hurlent dans les rues, on voit mal ce qu’ils exigent exactement ― au-delà de la fin du jeu de massacre et donc de la mise sous perfusion de leur économie sans aucune contrepartie, bien entendu.

Le pire, c’est que même la martingale mélencho-lepéniste du retour à la drachme et d’un défaut intégral sur la dette ne leur rapporterait pas grand chose. Ah si, peut-être : un peu plus de pauvreté, voire une guerre civile et un retour des colonels.

Ils ne sont même plus dans une impasse, les Grecs, mais à donf sur ce rond-point du sketch de Raymond Devos qui n’ouvre que sur des sens interdits et voit le passager de l’ambulance transféré dans le corbillard qui tournait derrière lui…

Notez que du point de vue français, ce spectacle tient surtout de la bande-annonce. C’est du moins ce que laisse entendre Didier Migaud, premier président de la Cour des Comptes, lorsqu’il observe les programmes de nos deux présidents putatifs. A cette aune, la dette à 100% du PIB, il la pressent pour "2015, 2016" au plus tard, ce Cassandre en complet-veston. Bon, il verrait bien aussi un moyen d’éviter ça, bien sûr, mais Cassandre, c'est historique, on ne l’écoute jamais.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 14/02/2012 - 01:24 - Signaler un abus Je suggère aux grecs une mesure indolore et radicale

    Étant entendu que tous les acteurs de cette tragédie Grecque campent sur leurs position et vont vers l'épilogue ultime de toute tragédie (la mort hors de scène du ou des héros), je suggère aux Popes de vendre une partie des biens de l'église, car je suppose qu'il suffirait de solder une partie des terres inexploitées et non imposées des popes pour combler le déficit de la Grèce. Cela permettrait non seulement de faire un pas vers le futur, mais, accessoire mais non négligeable, de cesser de faire souffrir le peuple Grec en menaçant la stabilité de l'Europe. Mais les popes seront-ils assez courageux pour accepter une mesure qu' ils se sont bien gardés de proposer? Car il est vrai que le grand frère Européen est tellement généreux...

  • Par DEL - 13/02/2012 - 23:36 - Signaler un abus A qui dire non?

    A cette europe des financiers antidémocratique et dirigée contre les peuples.

  • Par ricazerty - 13/02/2012 - 20:48 - Signaler un abus Mesures et gouvernement illégitimes.

    Ces mesures découlent de la dette et cette dette est illégitime tout comme ce gouvernement fantoche imposé par la troïka. Soyons lucide, la structure de cette dette induit que son remboursement est im-po-ssi-ble, tant pour nous que pour la Grèce. Parler d'autre part des inégalités des réductions de salaires n'a d'intérêt que pour diviser la population, stratégie politicienne bien connue.

  • Par vangog - 13/02/2012 - 19:31 - Signaler un abus Réduction des salaires très inégalitaire et trop tardive!

    Décidément, qu'elles soient décidées à Bruxelles, en Allemagne ou par leur gouvernement, les mesures prises par les Grecs ne peuvent que susciter la colère. La réduction de 10% du salaire des fonctionnaires, comparée à la baisse de 22% de celle du privé est-elle à la mesure de l'inégalité qui existait précédemment? Autre erreur: Ces mesures viennent trop tardivement et auraient du être prises il y a deux ans au moins! elles ne font qu'anticiper d'autres mesures encore plus drastiques qui viendront dans 6 mois, sous la pression de l'Allemagne, car leur propre gouvernement n'a pas le courage d'assumer les erreurs du passé. En y repensant, les Popes ont-ils payé leurs impôts sur l'immense patrimoine foncier qui leur a été donné gratuitement et ne leur coûte strictement rien?...

  • Par ricazerty - 13/02/2012 - 19:30 - Signaler un abus Dire "NON" aux véritables créanciers pardi!

    Selon Fondapol, "une large majorité des créanciers étrangers sont des banques, des sociétés d'assurance ou des fonds de pension". Voila le discours habituel des commentateurs officiels systématiquement rabâché par les médias et donc communément admis. 'Anonymiser' les principaux bénéficiaires de la dette, en l’occurrence les principaux actionnaires de ces banques, sociétés d'assurance et fonds de pension, met ces derniers à l'abri de la curiosité populaire sinon de sa vindicte et, de plus, cherche à diluer leur responsabilité dans un bien relatif intérêt commun. Casser ces "jouets" fort rentables pour certains reviendrait selon eux à ruiner le petit épargnant, l'assuré, le retraité. Évidemment rien n'est fait pour rassurer ces derniers bien au contraire, tout est fait pour leur faire peur.
    Les véritables créanciers ne sont pas des enseignes, des raisons sociales, ce sont des noms que pour la plupart nous connaissons tous, c'est la nouvelle aristocratie qui a élaboré un système tout à son profit au détriment de 99,99% de la population. L'abolition de cette dette illégitime ne suffira pas, seule la nationalisation des outils de la finance est envisageable.

  • Par alankin - 13/02/2012 - 18:44 - Signaler un abus c'est un peu comme un divorce...

    entre Grèce et Zone Euro : on ne sait pas qui a fait le plus de conneries..

  • Par Mimi Defrance - 13/02/2012 - 18:14 - Signaler un abus Montrer sa colère

    Effectivement, ils ne savent pas exactement contre qui, contre quoi ils se battent mais il y a un moment où il faut montrer sa colère. Une colère contre tous ces "experts" du FMI, de l'Europe, de Goldman Sachs qui ne sont que des fossoyeurs des pays et des peuples. Mais aussi une colère contre tous les politiques et média, muselés par le politiquement correct qui empêchent de traiter les vrais problèmes au nom de la bien pensance. Tous ces conseillers économiques qui répètent des phrases creuses pour se persuader de leur pouvoir, de leur intelligence, de leur supériorité...si on fait des plans pareils en France j'irai dans la rue moi qui n'y suis jamais descendue même en 1968 alors que j'avais 18 ans...Ils ont mis les peuples dans le caca, qu'ils trouvent des solutions pour les faire vivre correctement, sinon un jour ce sera une vraie guerre.

  • Par Equilibre - 13/02/2012 - 16:21 - Signaler un abus La démocratie est né en Grèce...

    Et elle est en train de mourir en Grèce, sous la coupe de l'UE. Une démocratie dictée par une entité étrangère, je n'appelle pas vraiment ça une démocratie. Sacré boucle. Entre temps, beaucoup d'eau se sont écoulés sous les ponts.
    L'UE est une idéologie et le neuro, son exécuteur de basses œuvres. Ses "inventeurs", maudits soient-ils, nous ont bassiné avec ce "machin" jusqu'à ce que, malheureusement, tout le monde dise oui. Depuis, ce "machin" s'est progressivement transformé en monstre , niant les valeurs fondatrices de la "civilisation européenne". Niant aussi, comme ses créateurs le reconnaissent dans un moment de lucidité, les règles élémentaires économiques (faire le neuro avant la convergence, monnaie surévaluée par rapport au besoin des pays membres...). Les suivants: le Portugal, apparemment.
    La Grèce: bêta testeur ou comment faire sortir un pays puisqu'il n'existe aucun texte pour les virer. Un retour au drachme: après analyse de ce qui s'est passé, peut-être un peu d'espoir à TRES TRES long terme.
    Par contre, un retour des colonels, vous y allez un peu fort. En même temps, plus grand chose ne m'étonne ces derniers temps.

  • Par Orel35 - 13/02/2012 - 16:19 - Signaler un abus Contre qui ?

    Bien évidemment contre l'Europe, contre qui d'autre ? Plus les plans d'austérité se succèdent et plus la situation s'aggrave pour les Grecs. L'économie parallèle va prendre le dessus sur l'économie réelle. Regardez les derniers bilans de la fiscalité, en baisse malgré les augmentations de taux !
    La seule "alternative" pour la Grèce est le retour au drachme, et une forte dévaluation pour relancer les exportations. Aujourd'hui elle importe absolument tout à cause de l'euro, et ce sont ces voisins qui en profitent (pas forcèment les pays de l'UE d'ailleurs). Il n'y a pas de bonnes solutions, seulement des mauvaises, mais la fin de l'euro est "la moins catastrophique". Quand la Grèce fera faillite, l'Allemagne verra ses réserves d'excédents s'effondrées et les banques françaises seront sur la sellette. Il est temps d'agir.

  • Par yoda - 13/02/2012 - 14:09 - Signaler un abus cela va continuer combien de temps tout ça ?

    ou va cette Europe qui met tout les pays petit à petit dans la merde ?
    combien de temps va t'on renflouer les pays comme un tonneau des danaïdes .
    mais bon sang !!! arrêtons quand cela ne marche pas cela ne marche pas c'est tout faut arrêter les dégâts !

  • Par brennec - 13/02/2012 - 13:48 - Signaler un abus Un siècle de servitude pour les grecs.

    Tant qu'a souffrir autant le faire dans la dignité. Les grecs peuvent récuser leurs laches parlementaires opter pour un défaut désordonné et envoyer UE, FMI et autres charognards se faire voir ailleurs. Ils en baveront mais est-ce que ce sera pire que ce que leur concocte l'UE? En tout cas ce serait bon pour leur fierté. Avec ce qu'on leur prète, ils sont bons pour un siècle de servitude.

  • Par blablator - 13/02/2012 - 12:15 - Signaler un abus Grèves ou guerre civile ?

    Je crois que tout ça va mal finir, et que sera le tour de l'Italie et de la France ensuite...

  • Par jpeter55 - 13/02/2012 - 11:50 - Signaler un abus Ben oui...

    La sortie de crise n'ira pas sans un remède de cheval... Ça va être dur. Il ne faut pas se voiler la face et ne pas voir que ne rien faire aujourd'hui ne fera que rendre les choses encore plus dure demain...

  • Par cubrad - 13/02/2012 - 11:13 - Signaler un abus Non à la faim

    monsieur, lisez (vous ne l'avez certainement pas lu, je ne comprendrais pas votre position dans le cas contraire) "l'empire de la honte" de J. Ziegler

  • Par decheval - 13/02/2012 - 11:10 - Signaler un abus pffff

    Euh... Vous êtes au courant que la Grèce a déjà subi plusieurs plans d'austérité qui ont aggravé son déficit, vu que austérité=pas de rentrée d'argent ? Alors contre qui ? Mais contre cette Europe qui fait n'importe quoi ! Le résultat c'est : suicides, prostitutions, violences ; et maintenant les parents abandonnent leurs enfants. Mais bordel de merde ! il faudrait ouvrir les yeux un peu au lieu de se toucher la nouille avec des analyses à la con ! On assassine un peuple sous nos yeux ! et rien ne dit que nous sommes pas les prochains...

  • Par Hugues Serraf - 13/02/2012 - 11:07 - Signaler un abus @ThomBilabong

    Je ne vois pas vraiment de lien direct entre les 175 milliards d'excédents commerciaux allemands et la situation grecque. Les Grecs sont dans une situation terrible, mais elle n'est pas le fruit d'une intervention extérieure même si l'Union européenne aurait peut-être pu lui servir de garde-fou.
    Pour autant, les mêmes qui critiquent le laxisme passé de Bruxelles hurlent aujourd'hui contre la mise sous tutelle des finances publique grecques.
    Et d'ailleurs, que suggère-t-on par rapport à la dérive budgétaire française et les risques signalés par notre propre Cour des comptes ? Que l'Europe intervienne pour nous éviter une crise à la grecque ? Qu'elle attende plutôt que la crise soit là pour intervenir sur fond de Parlement en feu ?

  • Par ThomBilabong - 13/02/2012 - 10:56 - Signaler un abus Et la relance intelligente, vous en faîtes quoi ?

    Dieu sait pourtant que je vous lis avec assiduité, M Serraf !
    Eh bien là, vos oeillères vous aveuglent ! Le sort de la Grèce n'est hélas plus décidé chez lui et, tant qu'à faire, un NON grec aurait clairement affiché un refus de complicité de d'euthanasie / suicide et aurait mis l'Allemagne et la France face à leurs co-responsabilités. Non, cela n'aurait pas été pire. Cela aurait exprimé l'urgente nécessité de corriger l'immense impasse dans laquelle l'Allemagne et nous précipitons l'Europe à coups de maintien de LA RENTE qui n'a aucune raison d'exister puisqu'elle repose sur de la dette imposée aux autres. Eh oui, la dette grecque, c'est aussi la balance commerciale positive de l'Allemagne et la bonne santé des banques françaises. Cessez de vous focaliser sur tel ou tel point des problèmes et élargissez votre champs d'analyse.

  • Par Gégé Foufou - 13/02/2012 - 09:02 - Signaler un abus La solution dont l'Europe a peur

    Comme l'Argentine
    Dette ramenée à 0, on ne paye plus rien
    Retour à la monnaie nationale
    Fermeture des frontières aux produits à bas colût et à toute immigration
    Retour dans leurs pays d'origine des étrangers sans travail
    On sait ça sera très dur on deviendra plus pauvre, ce sera la fin de tout, etc ...mais au moins ce ne seront pas les banquiers qui en profiterons et tous les suceurs de sang, politiciens à la botte des "marchés" et autres vampires multimilliardaires iront faire leur cirque à Davos, aux Césars, aux Golden Globe, et autres festivités pour gogos qui leur sont réservées.

  • Par SteakKnife - 13/02/2012 - 06:51 - Signaler un abus Le même message en boucle martelé par tous les éditorialistes

    1. Le Pen = Melenchon
    2. On doit se serrer la ceinture (surtout si on est pauvre), parce que de toute façon on a pas d'autre choix.

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