Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 26 Juillet 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Le grand schisme ? La droite face à la panne de la synthèse entre conservatisme et libéralisme

La sortie du livre d'Eric Zemmour vient s'ajouter aux voix de plus en plus nombreuses dans la société française s'élevant contre le libéralisme. Ce clivage traverse également la droite française, qui peine à assurer la synthèse entre les courants libéraux et conservateurs qui la composent.

Guerre idéologique

Publié le - Mis à jour le 17 Octobre 2014
Le grand schisme ? La droite face à la panne de la synthèse entre conservatisme et libéralisme

Atlantico : Le polémiste Eric Zemmour vient de publier Le suicide français aux éditions Albin Michel dans lequel il fustige des élites politiques sommant la France de "s'adapter à de nouvelles valeurs". De la même manière que Michel Onfray dénonce une gauche libérale et sociétale, Eric Zemmour dénonce ces travers à droite. Quelles sont aujourd'hui les limites à la lecture du monde que proposent les libéraux ? L'ont-ils fait évoluer avec la société ?

Gaspard Koenig : Chaque camp accuse l’autre d’être libéral, brouillant tellement le mot que, honnêtement, il ne veut plus dire grand-chose pour personne.

Il faut revenir aux bases et retrouver le libéralisme classique que nous ont légué les révolutionnaires de 1789 (largement inspirés par les physiocrates) : une confiance dans l’individu, affranchi des tutelles et autonome dans ses décisions, que ce soit sur le plan économique, politique ou social. Cela suppose un Etat quasi jacobin pour assurer le respect des libertés fondamentales et briser les rentes. De ce point de vue, nous vivons dans une société totalement illibérale : infantilisante et normative du point de vue des comportements individuels, et ultra-interventionniste sur le plan économique. Personne ne peut penser qu’un pays avec un taux record de dépenses publiques et un corpus de 400 000 règlements en vigueur est le moins du monde libéral.

Lire également dans Atlantico l'interview d'Eric Zemmour : “Le but du “Suicide français” est d’appliquer aux déconstructeurs de la société française la même méthode nihiliste que celle qu’ils ont employée avec succès”

Pierre Henri d'Argenson : Les limites du libéralisme sont très concrètes : accroissement des inégalités, dépeçage de notre système productif, abolition des frontières morales, atomisation des individus. Face à ces réalités, l’argument des libéraux est le même que celui des communistes : c’est parce que le système n’est pas suffisamment libéralisé qu’il ne fonctionne pas… Et quand cet argument ne marche plus, ils caricaturent leurs adversaires en planificateurs soviétiques adorateurs d’un Etat nounou omnipotent et stalinien. Bien sûr que la société française est pleine de rentes stériles et d’archaïsmes, que je dénonce d’ailleurs avec force. Qu’il faille un nouveau contrat social est une évidence, compte tenu des nombreux déséquilibres qui se sont installés. Mais l’idéologie libérale va beaucoup plus loin : elle voudrait faire table rase de tout lien, de toute filiation, de tout choix collectif assis sur des préférences sociales, culturelles ou morales, au profit d’une société monde composée d’agents économiques rationnels, matérialistes et globalement interchangeables. Cette utopie, nous en voyons le résultat tous les jours, c’est celui d’un univers brutal, où le mot "liberté" ne pèse plus très lourd face aux multinationales, au "big data" et aux technocraties lointaines.

Plusieurs épisodes, comme le débat sur le Mariage pour tous ou les derniers résultats aux européennes avec notamment le score décevant pour l’UMP, ont montré une progression des idées conservatrices chez les sympathisants de droite et un rejet de plus en plus important du libéralisme économique. Les libéraux pèchent-ils par leur incapacité à voir les limites du système qu'ils défendent ? Que voient les électeurs de droite que les libéraux peinent à discerner ?

Gaspard Koenig L’hystérie de la Manif pour tous me fait honte. Il y a une France qui a peur de tout ; des gens qui réclament toute la journée des protections (morales, culturelles, économiques) sans voir qu’ils en crèvent. Où sont passés nos libres penseurs ? La GPA et la PMA sont des sujets bien mineurs par rapports aux gigantesques questions que vont poser les technologies NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) et le transhumanisme. C’est pourquoi je pense que la division gauche/droite va probablement céder la place au conflit (saignant) entre Anciens et Modernes. Quant aux libéraux - si tant est qu’il existe un tel groupe - ils doivent faire un effort de réflexion et de pédagogie important pour adapter leur pensée au monde de la disruption technologique et de l’économie collaborative (cela fait bien longtemps que le “jeu de l’offre et de la demande” ne veut plus rien dire !) et convaincre leurs concitoyens qu’ils ont tout à gagner à être… libres!

Lire également dans Atlantico l'interview de Dominique Reynié : “La droite UMP/UDI n’a pas d’autre option que le libéralisme pour se démarquer à la fois du PS et du FN”

Pierre Henri d'Argenson : D’abord, les libéraux ne veulent pas comprendre que le bonheur de l’homme ne se réduit pas à celui de la fourmi dans sa fourmilière. L’homme ne vit pas seulement pour consommer et commercer, il est d’abord, comme le dit Aristote, un animal politique, qui aime consacrer du temps à façonner son avenir, à conter ses exploits, à transmettre son passé, la "mémoire vivante" de la Cité chantée par Périclès. Il se méfie, à raison, d’un monde entièrement soumis au diktat soi-disant "bienveillant" du droit et du marché. Ce que les libéraux ne comprennent pas non plus, c’est que la France a une culture et une histoire politique, qui a toujours fait du pouvoir central le garant et le défenseur des intérêts du peuple contre les corporations de toutes sortes, que le libéralisme a toujours tenté de promouvoir pour affaiblir l’Etat. A sa façon, le Français est bien plus libéral que les libéraux, car il a compris que l’on ne peut être un homme libre et indépendant  sans un cadre solide pour protéger cette liberté individuelle contre toutes les tentatives de confiscation du pouvoir économique et politique par les groupements d’intérêts de toutes sortes.

Au mois de juin à Londres, François Fillon avait déclaré que les Français étaient devenus libéraux. Erreur de diagnostic ?

Jean Garrigues : Je ne suis pas sûr que son analyse soit fausse sur le fond. Il y a en effet une opinion majoritaire qui s’est convertie à l’idée de l’inéluctabilité de la reprise par l’offre, et par le primat de la libre entreprise pour sortir de la crise. Les solutions dirigistes, la sauvegarde du modèle de l’Etat providence reste ancrée, qui paradoxalement se retrouve dans le vote frontiste, mais elle semble dans l’esprit français liée au pragmatisme de la situation économique actuelle. Il y a une contradiction : à la fois une aspiration à l’Etat protecteur, et en même temps une adhésion au primat de la libre entreprise dans le redressement économique. Au fond, cette évolution remonte au début années 1980, c'est-à-dire à la conversion pragmatique des socialistes au primat de l’économie de marché

Gaspard Koenig : François Fillon avait prononcé cette phrase à l’occasion d’une "conférence Margaret Thatcher" organisée par mon think-tank, GenerationLibre. Il n’a pas eu peur de s’afficher à nos côtés, ni de tenir des propos assez vigoureux. Je pense que son diagnostic est juste, et rejoint ce que j’entends de mon côté. Nous avions fait un sondage qui montrait que 57% des Français “aimaient le libéralisme”, et que la droite devait se définir avant tout comme “libérale”. Je remarque d’ailleurs que le mot est assumé par un nombre croissant de politiques, et que les médias recherchent des libéraux (des vrais !) dans leurs colonnes ou sur leurs plateaux. De plus en plus de jeunes étudiants se disent libéraux ou libertariens (le succès du groupe Student for Liberty est impressionnant !). Croisant la lame de fond protectionniste, apparaît un véritable phénomène de mode libéral, qui correspond au sens de l’histoire, et à l’effondrement des structures de l’Etat-Providence léguées par nos parents et grand-parents. L’avenir est à nous !

Pierre Henri d'Argenson : Il faut d’abord s’entendre sur la définition du libéralisme. Je reprendrais celle de Michéa, qui considère en substance qu’il s’agit d’un système d’organisation de la société qui a renoncé à imposer une quelconque conception morale, au sens de la "bonne" manière de vivre, au profit d’une organisation fondée exclusivement sur le Droit et le Marché, censés garantir le degré maximal de paix civile et de liberté individuelle. Les Français ne sont pas par principe hostiles au Droit et au Marché. Ils ne rêvent ni d’une économie dirigée comme en URSS, ni d’une société soumise à l’arbitraire politique ou à l’idéologie religieuse. Mais, et c’est là où François Fillon se trompe à mon sens, les Français savent d’instinct qu’aucune société ne peut fonctionner sans confiance et sans un minimum de vertus collectives, pratiquées par chacun, et dont le libéralisme imagine pouvoir se passer. Plus prosaïquement, je crois que les Français font le constat que la société libérale telle qu’elle émerge sous nos yeux est une société éclatée, inégalitaire, où la croissance des uns génère le chômage des autres, où la concurrence ne fait pas forcément baisser les prix et où les "perdants" sont irrémédiablement recalés. Pour beaucoup le mot "libéral" est synonyme de loi de la jungle.

Comment expliquer que la synthèse entre conservatisme et libéralisme soit devenue, sinon impossible, en tout cas si difficile ? Est-ce parce que les lignes se sont radicalisées ? Pourquoi ?

Jean Garrigues : Il est incontestable qu’il y ait eu une radicalisation, mais elle est plus complexe que ce qu’on croit. Cette radicalisation est apparue dès la campagne de 2007 avec la nécessité de séduire une partie de l’électorat frontiste, et donc l’apparition du thème identitaire, mais aussi avec l’engagement néo-libéral de Nicolas Sarkozy, assorti d’un rapprochement ostensible avec les Etats-Unis, là où Jacques Chirac  tenait à l’indépendance de la France. Une frange de l’électorat de droite s’est montrée réticente dès le début, comme elle a manifesté son désaccord face au style de gouvernance de Nicolas Sarkozy, notamment dans son rapport à la médiatisation et à l’argent. Il a bousculé les conservatismes, pour le meilleur ou pour le pire. 

Gaspard Koenig : Cette “synthèse” est politiquement perdante et intellectuellement absurde. Hayek avait écrit un article intitulé “Why I am not a conservative” (pourquoi je ne suis pas un conservateur), qui résume tout (lire ici en anglais). On ne peut pas d’un côté défendre la liberté d'entreprendre, et de l’autre empêcher les gens de se marier avec qui ils veulent, de mourir comme ils l’entendent ou de fumer ce qu’ils préfèrent. C’est seulement en maintenant notre cohérence conceptuelle que nous, libéraux, pourrons gagner le combat des idées.

Pierre Henri d'Argenson : Les choses ne sont pas évidentes à comprendre, parce que les libéraux ont longtemps été conservateurs. Le clivage était plutôt entre un centre libéral au sens économique et europhile, et une droite gaulliste, colbertiste, sociale, et souverainiste. Mais tout le monde était peu ou prou conservateur, au sens de la défense de la famille, des "valeurs", de l’éducation traditionnelle, contre une gauche toujours prompte à vouloir corriger la nature humaine au nom du progrès. Ce qui est arrivé, c’est que l’aile libérale a fini par découvrir qu’elle n’était pas du tout conservatrice, et qu’elle avait en réalité bien plus de points communs avec la gauche de gouvernement, libérale elle aussi, qu’avec la droite gaulliste. On a donc fini par coller l’étiquette "conservatrice" à cette droite gaulliste, et c’est ainsi qu’on continue de la ringardiser aujourd’hui, alors même qu’on pourrait soutenir que c’est la droite et la gauche libérales qui sont aujourd’hui les grandes conservatrice du système libéral global qu’elles ont toutes deux promu et défendu.

Peut-on aller jusqu'à parler d'un schisme au sein de la droite ? Comment se manifeste-t-il concrètement : de qui se composent les deux groupes ? Se retrouve-t-il chez les sympathisants de droite dans les mêmes proportions que chez les dirigeants de droite ?

Jean Garrigues : Il y a effectivement un schisme qui se dessine au sein de l’UMP avec d’un côté ceux qui incarnent une droite conforme à la tradition de la droite républicaine sous la Vème république, post-chiraquienne, libérale mais interventionniste, humaniste et pro-européenne, incarnée aujourd’hui par Alain Juppé, et plus globalement le triumvirat dirigeant. Ce triumvirat, de manière paradoxale peut paraître minoritaire chez les militants de l’UMP car lors des élections à la présidence du parti,  c’est la droite forte, dite "décomplexée", qui est arrivée en tête avec Guillaume Peltier et Geoffroy Didier. Cette conception populiste, identitaire et sécuritaire de l’UMP, apparue notamment lors de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, apparaît donc comme majoritaire chez les militants.

En revanche, parmi les sympathisants de la droite au-delà de l’appareil UMP, la candidature d’Alain Juppé apparaît plus conforme à la continuité idéologique et plus à même de rallier un électorat de centre droit. D’où cette contradiction a priori irréductible entre un triumvirat de transition minoritaire dans le parti mais majoritaire chez les sympathisants, et un homme providentiel, minoritaire parmi les sympathisants, mais majoritaire dans ce même parti. D’où la nécessité pour lui de reconquérir rapidement le parti pour entamer la reconquête d’un électorat réticent. 

Ce paradoxe illustre bien la crise profonde qui existe au sein de tous les partis de gouvernement. C’est comme si les tentatives de rénovation des partis semblaient extérieures à l’essence même de ces partis. C’est aussi un symptôme de la fossilisation des partis politiques français.

Gaspard KoenigPour qu’il y ait un schisme, il faudrait déjà que la droite forme un mouvement uni ! La tripartition orléanistes/légitimistes/bonapartistes s’est effondrée avec Nicolas Sarkozy, qui a gommé tous les repères idéologiques. Aujourd’hui, plus personne ne comprend rien aux prises de position des uns et des autres. Du coup, les militants et sympathisants se raccrochent sur des personnalités et regardent tous les soirs le feuilleton des présidentiables. Si la droite continue ainsi et remporte les élections de 2017, elle se retrouvera comme la gauche en 2012 : non préparée, conduisant le pays au fil de l’eau après avoir passé une ou deux lois symboliques.

Pierre Henri d'Argenson : On peut considérer qu’il y a schisme à partir du moment où une frange de l’électorat de droite se sent politiquement aussi éloignée du triumvirat Juppé-Fillon-Raffarin que de François Hollande. La droite a certes toujours été divisée en courants parfois très hostiles les uns envers les autres, mais il existait tout de même une conscience commune d’appartenir à la droite, qui, au moins depuis 1958, avait permis à cette dernière de s’appuyer sur une solide base électorale. Ce qui est en train de se produire dépasse le cadre d’une simple recomposition des courants de la droite. C’est une fracture qui traverse toute la société française, entre d’un côté une France hyperurbaine, connectée, eurobéate, ne connaissant que le côté folkorique de la "mixité culturelle" et forcément libérale parce qu’elle en a les moyens, et une France périurbaine, aux salaires stagnants, qui subit de plein fouet le déclassement générationnel et la déstructuration de la société organisée par mai 68.

Sur quels thèmes, chers à la droite, en particulier ce schisme est-il le plus visible ?

Jean Garrigues : On a bien vu que l’inflexion identitaire et sécuritaire imposée par Sarkozy et Copé est refusée par les tenants de l’orthodoxie républicaine que sont Alain Juppé et dans une moindre mesure François Fillon. Il y a donc une mise au point nécessaire à établir sur les idées de la droite forte, et nous verrons donc si en matière de dérégulation économique, de renforcement sécuritaire, de remise en cause de l’espace Schengen, il est possible qu’il y ait consensus.  

Gaspard Koenig : Je suis effaré par les crispations sur la famille. En quoi permettre à d’autres de vivre différemment porterait-il préjudice à ceux qui souhaitent fonder une famille mononucléaire classique ? Ce qui est vital, c’est de séparer la loi et la morale : on peut défendre des valeurs, et même les promouvoir, sans vouloir les imposer aux autres ! J'attends toujours que surgisse un leader de droite assumant clairement des positions progressistes sur le plan sociétal.

Pierre Henri d'Argenson : Sur l’Europe, c’est évident, comme l’ont révélé les dernières élections européennes. Il y a désormais un clivage très net entre la droite libérale europhile (pensons à Alain Juppé et à sa déclaration d’amour pour l’Europe) et la droite eurosceptique, qui a cessé de croire au discours en disque rayé de l’Europe qui crée des emplois et qui protège de la crise, de la peste et du choléra. Attention, il ne s’agit pas d’une déception temporaire, fondée sur des considérations matérielles comme le chômage, mais bien d’un rejet de la prétention de l’Union européenne à évacuer les peuples et les nations de la participation aux décisions qui concernent leur avenir.

Comment la synthèse entre direction et base électorale de l’UMP était-elle auparavant assurée ? Pourrait-on revenir à une configuration semblable ou faut-il totalement repenser la façon de faire la synthèse à droite ?

Jean Garrigues : Il est très clair que ce qui assurait la synthèse de l’UMP était la personnalité, le charisme, l’autorité de son leader. L’Union pour la Majorité Présidentielle était conçue à l’origine en 2002 pour fabriquer une majorité de droite et de centre-droit pour Jacques Chirac. En 2004, lorsque Nicolas Sarkozy décide de devenir président de la République, il commence par prendre la direction du parti. 

Aujourd’hui, dans la mesure où le départ de Nicolas Sarkozy avait laissé cette droite orpheline d’un leader charismatique, les clivages politiques qui ont toujours existé sont naturellement, presque mécaniquement revenus sur la table.

Gaspard Koenig : Les adhérents des partis politiques se sont réduits comme peau de chagrin au cours des dernières décennies. Un “parti de gouvernement", aujourd’hui, c’est 100 000 élus qui ont un intérêt direct dans le processus électoral, et 100 000 militants plutôt âgés et peu représentatifs de la population. On ne bâtit rien de bien sur cette base. Les primaires à droite obligent les candidats à se positionner par rapport à cette frange assez marginale, plutôt que de construire un programme pour les Français. Mais le problème est plus profond. La représentativité et le système des partis ont probablement fait leur temps. L’avenir est à la démocratie directe digitale, encadrée bien sûr.

Pierre Henri d'Argenson : La synthèse à droite était assurée par le chantage et une forme de mensonge : "ne vous inquiétez pas, je défendrai vigoureusement les valeurs traditionnelles de la droite, mais si vous ne votez pas pour mon programme libéral, nous perdrons les élections, car elles se jouent au centre." Jusqu’en 2012, les électeurs "conservateurs" ont accepté de jouer ce jeu. Mais pour la première fois, en 2012, une partie de l’électorat a refusé ce chantage, et a préféré voir gagner la gauche. Aujourd’hui je ne crois pas qu’il soit possible de revenir à une synthèse, au contraire, je crois que l’on s’oriente vers une configuration révolutionnaire, opposant un pouvoir de coalition droite-gauche tel qu’il existe au Parlement européen avec l’alliance PPE-PSE, à une opposition rassemblant, à droite et à gauche, les électeurs qui ne se reconnaissent plus dans les valeurs et le système politique actuels. L’histoire et la sociologie des partis rendant cette alliance politiquement improbable, c’est donc dans une explosion révolutionnaire qu’elle pourrait se concrétiser.

Cette synthèse entre conservatisme et libéralisme est-elle la condition sine qua non à la survie de la droite ?

Jean Garrigues : Si l’on entend par conservatisme la fidélité à certaines valeurs héritées de l’histoire de la droite républicaine sous la Ve République, et que Nicolas Sarkozy a bousculées aussi bien sous son quinquennat que dans sa campagne de 2012, il me semble évident qu’une majorité de l’électorat de la droite et du centre droit y reste attachée. Ce serait une erreur de s’engager dans une dérive ultra-libérale, esquissée au début de la présidence Sarkozy, mais à laquelle il a très vite renoncé. Le modèle libéral à la française reste un libéralisme régulé et protecteur, qui d’ailleurs est commun à la droite républicaine et au social-libéralisme actuellement au pouvoir. 

Gaspard Koenig : Encore une fois, ceux qui se pensent “libéral-conservateurs” ne sont que des conservateurs qui reprennent le discours économique du Medef. Il n’y a rien de libéral là-dedans.

Pierre Henri d'Argenson : Justement, je ne pense pas que cette synthèse soit possible, parce que je crois que les valeurs du libéralisme telles qu’elles s’expriment aujourd’hui dans la réalité (et non dans la pensée théorique des auteurs glorieux, qui en avaient une conception autrement plus relevée) ne sont en réalité pas compatibles avec celles du conservatisme moderne. Essayons  de définir ce dernier. Il s’agirait plutôt d’une intuition plutôt que d’un système, et cette intuition dit ceci : l’homme n’est pas un mécanisme. L’homme n’est pas un agent économique. L’homme n’a pas seulement besoin de fonctionner, de s’alimenter et de se divertir en paix. Il a besoin de se sentir lié à ses semblables, il a besoin de se sentir en harmonie avec la nature qui le nourrit, il a besoin de savoir d’où il vient. Ce que le conservateur conserve, c’est une certaine idée de l’homme qui traverse les âges, une idée de l’homme qui doit être protégée contre la tentation cybernétique, le fantasme eugéniste, et l’utopie constructiviste qui voudrait que le progrès ne se fasse que par l’arrachement ou la correction. Par-dessus tout, il aime la liberté, et c’est pour cela qu’il tient aux valeurs et aux racines, car il sait qu’on n’est libre de rien quand on est livré à la jungle économique et au nihilisme publicitaire. D’ailleurs si ce dernier nous rendait heureux, cela fait longtemps que les Français cesseraient de consommer autant de psychotropes !

Propos recueillis par Julien Chabrout et Carole Dieterich

Pour lire le Hors-Série Atlantico, c'est ici : "France, encéphalogramme plat : Chronique d'une débâcle économique et politique"

 

Et n'oubliez pas : le A-book de Nicolas Goetzmann, Sortir l'Europe de la crise : le modèle japonais, est désormais disponible à la vente sur Atlantico éditions :

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Gilly - 12/10/2014 - 09:17 - Signaler un abus Indigeste

    et pénible à lire. Creux... Des mots accolés les uns aux autres et un mépris pour le peuple qui tient à ses valeurs et ses traditions qui ne se cache même pas : "L’hystérie de la Manif pour tous me fait honte". Je me fiche pas mal de votre appréciation, M. Koenig, et plus encore de vos analyses.

  • Par Deudeuche - 12/10/2014 - 10:02 - Signaler un abus L'Hysterie de M Koenig me fait honte

    Si la gauche est la verite societale alors vive le PS et LGBT et les verts, dissolvons la droite. M Koenig fait de la pub pour Marine, sans le savoir.

  • Par vangog - 12/10/2014 - 10:34 - Signaler un abus Le Libéralisme: l'Arlesienne des Français!

    ...ils en parlent beaucoup, soit pour le stigmatiser grâce au préfixe "ultra", soit pour le fantasmer ( "idéologie libérale"...qui? quand? Où?...), mais on ne le voit jamais! Aucun homme politique français ne s'en est jamais réclamé, excepté Madelin, et encore, confusément pendant quelques années. Il existe peu de livres décrivant cette doctrine fantasmée ( non, ce n'est pas une idéologie!), et leurs auteurs sont soigneusement évacués par l'idéologie dominante de tout apprentissage scolaire ou universitaire. Le seul mouvement libéral, au sens strict, que l'on a pu voir s'exprimer ces dernières dizaines d'années est celui de la manif'pour tous, opposé à la contrainte morale de l'état sur les évolutions sociétales qui doivent rester strictement naturelles. Pourtant, si on avait demandé à certains de ses participants, ils auraient dit s'opposer au libéralisme de l'état, alors que "la démarche ascendante et sociétale" de l'état PS s'inscrit dans le matérialisme historique qui souhaite s'affranchir des stéréotypes et de contraintes de toute tradition. Ainsi, tout se mêle confusément! contrairement à ce qu'affirment les intervenants, le Libéralisme a plutôt la côte, car jamais réalisé!

  • Par socratus - 12/10/2014 - 10:46 - Signaler un abus Les stupidités de M. Koenig...

    Ces stupidités sont une honte pour Atlantico !! Je ne me suis pas abonné pour lire des c.. neries pareilles !! Le crachat sur les centaines de milliers de français qui depuis plus d'un an manifestent dans la dignité et avec une inébranlable constance pour sauver ce qui peut l'être encore, est répugnant et sordide.. Les 2 ou trois cent anti-manif pour tous qui ont manifesté le même jour ont certainement fait grand plaisir à M. Koenig, mais moi ces minables nauséabonds m'ont fait rigoler tant ils sont ridicules !!! Seules les analyses de M. d'Argençon sont du niveau intellectuel d'Atlantico.

  • Par Ganesha - 12/10/2014 - 11:00 - Signaler un abus Sortir de la Crise

    Il y a un tout petit éclair de lucidité dans cet article : lorsqu'il est dit : ''Pour beaucoup le mot "libéral" est synonyme de loi de la jungle''. La grande majorité des lecteurs d'Atlantico et des électeurs de l'UMP, sont des petits bourgeois retraités. A priori, le fait que le chômage, la pauvreté, les inégalités sociales augmentent inexorablement, ne les concernent pas directement. Mais la plupart d'entre vous, chers lecteurs, se rend compte que s'ils continuent à voter pour des partis (UMP/PS) qui laissent cette situation s'aggraver, cela va finir très prochainement par leur ''péter à la gueule'' ! Il y en a-t-il beaucoup parmi vous qui soient suffisamment cons pour imaginer ne fut-ce qu'un instant que si Sarkozy, Juppé ou Fillon arrivaient au pouvoir, ils seraient capables de sortir notre pays de la Crise ?

  • Par Vincennes - 12/10/2014 - 11:57 - Signaler un abus Le choix de la photo donne une indication sur le contenu

    de cet article qui n'est que stupidités, méprisant et indigeste à lire

  • Par toupoilu - 12/10/2014 - 12:38 - Signaler un abus Je suis liberal de A jusqu'a Z.

    Pour la lettre i, comme immigration, et pour d'autres, je met toutefois un bémol. Raymond Barre, disait qu'il était libéral, mais qu'il n’était pas un libéral a la con. Il faut en prendre et en jeter. Dans une société vraiment libérale, on a par exemple le droit de porter un voile a l’école. Ça, moi, j'en veux pas. Je ne veux pas non plus de la santé a l’américaine, si tu peux payer, ça va, sinon, tu reste hors de l’hôpital. Etc, en prendre, et en laisser. Mais en ce moment, il faut quand même en prendre une bonne dose, si on veut retrouver un peu d’énergie.

  • Par cloette - 12/10/2014 - 13:50 - Signaler un abus hystérie révolutionnaire

    PMA et GPA sont évidemment liés aux NBCI et au transhumanisme contrairement à ce que dit Koenig Quant à la manif pour tous, elle n'est pas conservatrice mais révolutionnaire en ce sens qu'elle est novatrice en matière de non obéissance aux dictats , cela faisait longtemps en effet depuis les foules étaient devenues moutons bêlants qu'on avait perdu l'habitude de penser par soi même ....Ce constat est réconfortant .

  • Par Benvoyons - 12/10/2014 - 14:24 - Signaler un abus Pierre Henri d'Argenson finalement vous n'avez jamais lu aucun

    livre sur le Libéralisme pour en dire sur lui au tant de conneries. Ce que vous dites est totalement faux et archi-faux. Le Libéralisme n'a jamais dit que l’État ne doit pas exister et que toutes choses sont sans aucun contrôle.

  • Par zouk - 12/10/2014 - 14:42 - Signaler un abus Libéralisme, droite, gauche, GPA.....etc

    La première intervention de G. Koenig est excellente, les autres sont beaucoup moins convaincantes ou franchement inadmisssibles. Nous avons eu en France de grands penseurs libéraux, Montesquieu pour qui la multiplication des lois ne conduit qu'à la recherche de toutes les fraudes, A. de Tocqueville dans l'ordre constitutionnel surtout, Frédéric Bastiat dans l'ordre économique, et le néglige J.B. Say et les physiocrates. Par expérience personnelle, pour avoir vécu la "libéralisation" des télécommunications en Grande Bretagne, en résumé, elle a été l'élaboration d'une AUTRE réglementation dont l'esprit et le but étaient d'assurer une concurrence efficace tout en évitant l'élimination des plus petits opérateurs ( pour caricaturer: très loin du "renard libre dans le poulailler libre"). Et c'est ce que devrait se fixer un gouvernement vraiment libéral: favoriser l'épanouissement de chacun dans le plein exercice de sa liberté qui ne consiste pas à avaler l'autre, mais à le respecter. Mais cela est du domaine de lois réfléchies hors de l'idéologie. Evitons de nous laisser aller aux hystéries du genre "santé à l'américaine", qui en plus sont fausses.

  • Par zouk - 12/10/2014 - 14:57 - Signaler un abus Libéralisme, encore

    Remarquable article de Hayek, nous avons en France oublié ce qu'est le libéralisme, déformée qu'est son image par pratiquement tous les partis, concentrés sur les moyens que l'on lui prête et résumés par le parfait contresens "le renard libre dans le poulailler libre", et non sur le but que le libéralisme devrait définir et diffuser.

  • Par Christophe de Voogd - 12/10/2014 - 15:09 - Signaler un abus lire avant de parler

    En termes plus courtois que Benvoyons je suis aussi estomaqué par l'ignorance totale de M. d'Argenson de la pensée libérale dont il n'a pas lu une ligne à l'évidence. Plus grave cela en dit long sur les lacunes béantes de la formation de nos hauts fonctionnaires et le social étatisme hégémonique qui règne en France (cf itv. de D. Reynie ce jour).

  • Par brennec - 12/10/2014 - 15:24 - Signaler un abus Liberalisme: ni de gauche ni de droite.

    Libéralisme et conservatisme n'ont pas toujours été de mèche. Un libéral pur jus comme Bastiat par exemple siégeait a gauche a l'assemblée. De plus si on y réflechit un peu et si on sait ce qu'est le libéralisme on voit bien qu'il ne devrait pas y avoir aucune convergence et que les libéraux qui trainent dans divers partis ne sont que des prisonniers. A partir de la il est normal que les libéraux soient honnis par les étatistes qu'ils soient de droite ou de gauche, il ne faut pas s'en plaindre car ce sont eux qui représentent la véritable alternative a l'UMPS, pas Marine. @toupoilu le libéralisme américain concernant la santé n'a pas grand chose a voir avec le libéralisme puisqu'il institue quelques compagnies en quasi monopole. Monopole d'état ou monopole privé protégé par l'état la différence a l'épaisseur du papier a cigarette.

  • Par Leucate - 12/10/2014 - 16:39 - Signaler un abus le libéralisme, keksekça

    Il n'y a qu'un seul libéralisme, c'est le politique. Le libéralisme mercantile n'en est qu'un sous-produit qui doit être surveillé et régulé. Dans l'histoire moderne, le libéralisme s'est imposé à la fin du XVIII° siècle, se scindant d'ailleurs en deux branches antagonistes, le libéralisme théiste (l'Etre Suprême) ou athée - bref la franc-maçonnerie - et le libéralisme chrétien, catholique ou protestant, à l'origine des partis chrétiens-démocrates européens. Ce libéralisme chrétien est à l'origine d'une doctrine sociale qui lui est propre. En France, il fut incarné au XIX° siècle par Lacordaire et Lamennais et il inspira la doctrine sociale de l'Eglise représentée par Frederic Ozanam et beaucoup d'autres qui sont à l'origine de la plupart de nos lois sociales. Deux syndicats représentent ce courant, la CFTC et la CFDT. Le libéralisme prône l'Egalité devant la loi, la Liberté de penser, de prier, d'informer et de contester, et le droit à la propriété. D'où la problématique de la mission de l'Etat. Lacordaire disait "Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit"

  • Par Leucate - 12/10/2014 - 16:55 - Signaler un abus Benjamin Franklin et ses deux loups

    Antérieurement à Lacordaire, B. Franklin avait développé cette idée, opposant la démocratie à la liberté: la démocratie, ce sont deux loups et un agneau qui votent sur ce qu'il y aura au déjeuner. La liberté, disait-il, c'est l'agneau bien armé qui conteste le résultat du vote. La véritable démocratie est la dictature de la majorité brimant la minorité. Nos démocraties sont d'abord libérales et elles confient à l'Etat, l'instrument du peuple souverain, le soin de réguler et de réglementer les rapports entre membres de la société, y compris sur le plan économique sinon c'est la liberté du renard dans le poulailler. On est au coeur de la problématique de la place de l'Etat dans une société libérale, du plus ou moins d'Etat prôné par chaque parti. C'est d'ailleurs une manière de classer les partis entre ceux qui veulent le plus ou le moins d'Etat. Du + au - d'Etat: On part des socialistes, puis les socio-démocrates, sociaux-libéraux, libéraux-sociaux, chrétiens démocrates, conservateurs, libéraux, libertaires et enfin les anarcho-capitalistes.

  • Par Leucate - 12/10/2014 - 17:08 - Signaler un abus libertariens

    Il faut se méfier de son correcteur orthographique ! Les libertariens, qui ne sont pas des libertaires anarcho-marxisants, ont pris ce nom tout simplement parce que le mouvement est d'origine américaine et qu'ils ne pouvaient s'appeler "liberals", l'adjectif signifiant en anglo-américain "gauchiste"

  • Par cloette - 12/10/2014 - 18:38 - Signaler un abus libertarien

    je ne savais pas que c'était l'équivalent de libéral comme le dit Leucate, je pensais que c'était plus fort que "libéral" avec moins d'Etat par exemple. Libertaire ,c'est plutôt liberté individuelle absolue dans tous les domaines... mais ces mots viennent du mot "liberté" qui est un concept abstrait ,la "liberté" n'existe pas, dans aucun domaine, sauf peut-être dans la pensée, dans sa tête, (il est libre Max.)....

  • Par vangog - 12/10/2014 - 19:48 - Signaler un abus @cloette La Liberté est un des moteurs (ou idéaux)

    de toute existence (même les animaux ont besoin de Liberté pour s'épanouir). Difficile de dire qu'´elle n'existe pas. Peut-être vouliez vous dire que la Liberté n'existe pas...concrètement. certaines peuplades primitives du Pacifique ou d'Amerique du Sud ont certainement approché de très près la vraie Liberté, ne s'en écartant que très peu par la pratique du rite et un embryon d'organisation politique. Les Hippies aussi ont pu approcher cette Liberté, mais la pratique des drogues est vite devenue pour eux un esclavage. La Liberté est un moteur qui marche à l'émotion...ou à la colère. La liberté économique est organisationnelle: elle ne peut-être qu'une demi-Liberté, reposant sur le minimum de lois contraignantes, le minimum d'aide de l'état, une structure étatique minimaliste sans rien ôter à son efficacité. les pays à proprement parler Libéraux n'existent pas: les USA ne font que s'en éloigner. La Suisse s'en approche vaguement. Le Libéralisme sera l'étape succédant à la social-démagogie, car il faut avoir goûté l'enfermement pour apprécier la Liberté...

  • Par cloette - 12/10/2014 - 21:17 - Signaler un abus Déterminisme

    Je pensais au déterminisme qui la freine, Mais en effet c'est un idéal , la Suisse en effet s'en approche mais comme par hasard elle en a les moyens

  • Par sheldon - 12/10/2014 - 21:21 - Signaler un abus @Leucate : merci pour vos précisions très enrichissantes

    L'article de D. Reynié est aussi très intéressant. Je n'ai pas toujours apprécié les articles de G. Koenig, mais je suis effaré des sentiments de "haine" qu'il suscite. La France jacobine est génétiquement anti libérale. Il y a aussi dans notre culture le catholicisme qui a pu nous écarter du libéralisme, cette théorie sans foi ni loi qui pourrait même conduire au mariage pour tous ! Quant à la PMA et la GPA, je trouve la GPA plus "normale" car au moins l'enfant connaitra son père et ses mères alors que pour la PMA, qu'elle soit pour hétéros ou homos, on aura des enfants qui ne connaitront jamais leur père !

  • Par JG - 12/10/2014 - 21:35 - Signaler un abus A tout ceux qui sont béats devant le libéralisme

    Lisez un des livres de Jean Claude Michéa , que connaît visiblement Mr Argenson, mais que ne connaît visiblement pas (ou qui n'y a rien compris, ce qui serait encore pire...) Mr Koenig : "impasse Adam Smith" et vous comprendrez beaucoup de choses sur ce que les "libéraux" nous réservent pour l'avenir. Il y a une grande différence entre le "libéralisme" au sens anglo-saxon économique du terme (Adam Smith, Hayek, etc...) et la vraie liberté économique qui se doit d'être un minimum contrôlée...par l'Etat, mais pas par un Etat soviétoïde comme l'Etat français.

  • Par sheldon - 13/10/2014 - 00:18 - Signaler un abus La France ne sait qu'engendrer des idéologues !

    Le modèle français archi protecteur pour ceux qui sont dans le jeu incite pour les "nantis" du système à aborder non le "monde tel qu'il est" mais le "monde tel qu'il devrait être". Cette tendance qui était déjà présente dans la France des 18ème et 19ème siècle alors que notre pays était plus un pays du "nord" s'est considérablement aggravée depuis que nous sommes devenus un pays de plus en plus du sud. Qui aurait osé avant mettre dans un même panier la France avec l' Italie, l' Espagne, le Portugal, voire la Grèce et autres pays méditerranéens certes très respectables mais assez éloignés de la culture française.

  • Par Charles Portis - 13/10/2014 - 02:09 - Signaler un abus Libéralisme ?

    J'ai du mal à comprendre pourquoi le mot libéralisme est autant cité dans un article qui a trait à la France. Je ne classerais pas un pays où la dépense publique s'élève à 57% du PIB comme libéral. Des socialistes engoncés dans des dogmes éculés, à la droite gaulliste qui vénère l'intervention étatique, en passant par le FN qui a piqué le programme économique du Front de Gauche, notre paysage politique est très dépourvu de ce qu'on appelle communément libéralisme.

  • Par Leucate - 13/10/2014 - 03:32 - Signaler un abus @ Charles Portis - erreur

    Le FN n'a pas piqué le programme capitaliste du FdG mais celui du PCF, retour donc à la Gosplanification, à la fin de la propriété privée et du grrrrrand Kapital. La Marseillaise sera remplacée par l'internationaaaale et le rouge du drapeau français sera marqué de la faucille et du marteau. J'ai bon là ? Au fait, pourquoi ne pas faire un coup de google pour vous en assurer en tapant Bernard Monot ou encore Jean Richard Sulzer, les concepteurs du programme économique avec également Bruno Lemaire (homonymie) d'HEC, tous diplômés en économie soviétique.

  • Par myc11 - 13/10/2014 - 06:33 - Signaler un abus Le terme libéral s'applique à l'attitude laxiste vis-à-vis des

    Questions de moeurs. Il se résume au fait de " vivre et laisser vivre". On peut ne pas être homosexuel mais ne pas réagir devant le fait que d'autres le sont. Ainsi on est libéral et démocrate. Pour l'économie on parle "plus" ou "moins" d'intervention d'Etat. La philosophie qui sous-tend la moindre intervention d'Etat c'est la théorie de l'auto-régulation. Ainsi les démocrates qui croient qu'il faut donner un coup de pouce à la situation du manque de soins des moins nantis promeuvent l'Obamacare, à l'origine voulu par Hillary Clinton, parlent de "progressisme". Ainsi promouvoir la GPA c'est du progressisme. En France on utilise le terme " libéral" pour théoriser l'opposition à "la moindre intervention de l'Etat". Les américains qui sont beaucoup plus pragmatiques, promeuvent la liberté individuelle, symbolisée par le carré de pelouse qui est la propriété individuelle (Gran Torino de Clint Eastwood). Le fait de s'en occuper c'est la responsabilité induite par cette liberté. Donc le travail en est la condition siné qua non. Les américains trouvent leur dignité et leur dans le travail, d'où l'espace laissé à l'initiative individuelle d'entreprendre.

  • Par myc11 - 13/10/2014 - 06:48 - Signaler un abus En France, on souffre de corporatisme. Or le corporatisme

    Implique l'étatisme qui en garantit la bonne marche. Pour avoir la plaque de taxi, il faut payer très cher, donc on ne veut pas de concurrence de ceux qui ne paient de plasue. Pourquoi faut-il payer si cher une plaque? Parce que la philosophie du corporatisme c'est l'efficacité par le professionnalisme, on est "chauffeur de taxi" toute sa vie, puisqu'on y a investi tant. Puisqu'on a investi tant on veut en jouir les droits. Aller libéraliser cette profession, vous allez vous heurter à toutes les oppositions possibles. Le "libéralisme" économique est mal vu en France, parce qu'on raisonne en terme de droit donc l'intervention de l'Etat pour garantir ce droit. Aux USA, on porte l'accent sur la liberté, de conscience, de l'individu, donc sur sa propre responsabilté. En France l'Etat porte la responsabilité de vos droits, il vous dicte votre carré de liberté.

  • Par 2bout - 13/10/2014 - 10:59 - Signaler un abus Mr Koenig,

    "La représentativité et le système des partis ont probablement fait leur temps. L’avenir est à la démocratie directe digitale, encadrée bien sûr." C'est ce "bien sur" qu'un jour j'aimerais vous voir préciser. Pour le reste, un gaulliste n'est qu'un soviétique en soutane.

  • Par LouisArmandCremet - 13/10/2014 - 13:01 - Signaler un abus Intéressant

    Cet article est très intéressant car il met en exergue les différenets mouvances de la droite française. Si la droite voulue par M Koenig ne représente pas beaucoup de monde en terme de militants politiques, elle pourrait avir le soutien d'une certaine classe médiatiqe et d'une certaine élite en place actuellement. En terme de positionnement, on est dans la droite ligne d'un Juppé ou d'une NKM. Et bien vendu par les média, cette candidature pourrait ramasser le ventre mou de l'électorat : un mix entre l'aile droite (électoralement du PS), l'UDI et l'aile libérale de l'UMP. Je ne soutiens pas cette tendance mais bien mise en scène médiatiquement, elle pourrait rallier les indécis de l'électorat. Sinon, je suis assez d'accord avec sa remarque sur le fait que si la droite ne se restructure pas idéologiquement d'ici 2017, elle pouraait remporter une victoire à la Pyrrhus. La droite a de vrais choix idéologiques à faire d'ici 2017 t elle ne pourra s'en dispenser si elle veut qu'une victoire a priori facile lui serve.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Pierre-Henri d'Argenson

Pierre-Henri d'Argenson est haut-fonctionnaire. Il a enseigné les questions internationales à Sciences Po Paris. Il est l’auteur de "Eduquer autrement : le regard d'un père sur l'éducation des enfants" (éd. de l'Oeuvre, 2012) et Réformer l’ENA, réformer l’élite, pour une véritable école des meilleurs (L’Harmattan, 2008). Son dernier livre est Guide pratique et psychologique de la préparation aux concours, (éditions Ellipses, 2013).

 

 

 

Voir la bio en entier

Jean Garrigues

Jean Garrigues est professeur d'histoire contemporaine à l'université d'Orléans et président du Comité d'histoire parlementaire et politique. Il a notamment publié l'Histoire secrète de la corruption sous la Vème République (Nouveau Monde éditions, 2014), La République des hommes d'affaires 1870-1900 (Aubier, 1997), Le Général Boulanger (Perrin, 1999), Les Patrons et la politique. De Schneider à Seillière (Perrin, 2002) et La France de la Vème République (Armand Colin, 2009). Son dernier ouvrage " Chaban. L'ardent" (La Documentation française).  

 

Voir la bio en entier

Gaspard Koenig

Gaspard Koenig dirige le think-tank GenerationLibre. Dernier ouvrage paru : Le révolutionnaire, l’expert et le geek (Plon).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€