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Facebook peut-il sauver les adolescents de leur mal-être ?

Les jeunes ont une relation complexe avec ce réseau social à la fois espace de dialogue, recours en cas de crise, et lieu de harcèlement.

Univers virtuel

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Facebook peut-il sauver les adolescents de leur mal-être ?

Les messages tristes postés sur le réseau social peuvent servir d'alerte précoce pour repérer un début de dépression. Crédit Reuters

Pour les adolescents, Facebook et les autres réseaux sociaux sont devenus un espace où l'on partage tout, quelques fois trop même, au point qu'une page Facebook recommande dans son titre "FACE your problems, don't FACE-book them" ("Faites face à vos problèmes, ne les Facebookez pas").

Mais, à en croire le New York Times, les spécialistes en santé mentale et en médecine des adolescents ne sont pas aussi catégoriques.

Selon eux, les messages tristes ne doivent pas être ignorés ou écartés, parce qu'ils peuvent servir d'alerte précoce pour déclencher une intervention face à un début de dépression. Aux parents de trouver la clé de l'énigme : comment faire la part entre des déclarations mélodramatiques sans conséquence et le début d'une véritable crise ?

Une vraie question au vu des résultats d'une étude menée dans les universités de Washington et du Wisconsin-Madison. Des chercheurs ont étudié les profils Facebook de 200 étudiants et constaté que 30% de leurs mises à jour pouvaient être considérées, selon les critères de l'American Psychiatric Association, comme symptômes de dépression, de dévalorisation ou de désespoir, accompagnés d'insomnie ou d'excès de sommeil et de difficulté à se concentrer.

Ce pourcentage important (près d'un tiers des utilisateurs révéleraient des soucis personnels à travers leurs messages) est à mettre en perspective avec un  rapport de l'American Academy of  Pediatrics, publié en avril 2011, qui souligne que le nombre de préadolescents et d'adolescents  utilisant Facebook et autres a augmenté de façon spectaculaire : "selon un récent sondage, 22% des adolescents se connectent à leur site préféré des médias sociaux de plus de 10 fois par jour".

Le rapport fait allusion au sondage de Common Sense Media "Is Technology Networking Changing Childhood? A National Poll", paru en 2009. On y apprenait entre autres que 28% des adolescents avaient partagé sur un réseau social des informations personnelles qu'ils n'auraient pas évoqué en public, et que 39% avaient écrit des choses qu'il regrettaient d'avoir publié.

Non content d'exprimer leurs angoisses sur un réseau social, les adolescents peuvent aussi être les victimes de personnes mal intentionnées qui les harcèlent en ligne. Le phénomène n'est pas nouveau. Dès 2007, un sondage PewInternet montrait qu'environ 32% des "teenagers" utilisateurs d'Internet avaient été la cible d'activités malveillantes en ligne, qu'il s'agisse de messages menaçants, de messages privés rendus publics, de photos compromettantes diffusées ou de rumeurs négatives répandues à leur propos.

Les messages de désespoir sur Facebook suivis de suicide existent en France, comme ailleurs : "Un adolescent a été retrouvé pendu mardi matin dans la chambre de son internat à Avignon. Il avait annoncé la veille son geste désespéré sur le réseau social", signalait France Soir le 9 décembre 2010. "'This is my last day', 'C'est mon dernier jour'. Par ces cinq mots en anglais écrits sur son profil Facebook, mardi vers minuit, les amis de Paul auraient pu penser à un jeu, une provocation, voire à un simple appel au secours d'un gamin en mal de vivre. Il n'en était rien".

 
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Gilles Klein

Gilles Klein, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs blogueur, Le Phare depuis 2005, et utilisateur quotidien de Twitter depuis 2007.

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