Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Samedi 20 Décembre 2014 | Créer un compte | Connexion
Extra

Les États-Unis sur la voie
de l'indépendance énergétique ?

En mars 2011, Barack Obama déclarait vouloir réduire les importations de pétrole. Si l'État du Dakota est aujourd'hui un grand producteur de pétrole aux États-Unis, le pays est encore loin de l'indépendance énergétique.

Independence day ?

Publié le

Le 30 mars 2011, lorsque Barack Obama a déclaré dans un discours à l'université Georgetown vouloir réduire la dépendance des États-Unis aux importations de pétrole, la promesse sonnait comme une vieille antienne américaine. Car quel président américain n’a pas promis un jour l’indépendance énergétique à son pays ?

En 1973, en pleine crise pétrolière, Richard Nixon promettait déjà l’indépendance énergétique en 7 ans. Ce ne fut pas son plus grand succès. Entre 1973 et 2005, les importations de pétrole sont passées de 35% à 60% de la consommation totale. Et pourtant, depuis 2006, les États-Unis sont réellement en train de réduire leurs importations de pétrole.

Cette prouesse au pays du pétrole roi est due à une seule chose : le pétrole de schiste.

 

Pas de pic pétrolier dans le Dakota du Nord

Le pétrole de schiste reprend les mêmes arguments qui ont permis l'essor du gaz de schiste aux États-Unis. En employant à son tour la technologie du forage horizontal et de la fracturation hydraulique, l’industrie pétrolière est en train de révolutionner le paysage pétrolier américain. Si les États-Unis importent encore 9 millions de barils, ces importations sont néanmoins en baisse depuis 2006.

Et cette révolution est menée par un petit État américain. Il y a eu le Klondike pour l’or, le Texas pour le pétrole, il y a aura le Dakota du nord pour le pétrole de schiste. Car c’est dans le bassin de Bakken, situé dans l’Etat américain du Dakota du nord, que pour la première fois a jailli du pétrole de schiste. Ce graphique de la production pétrolière mensuelle du Dakota du nord, entre 2005 et 2011, parle de lui-même :

Cliquer ici pour agrandir

Plus connu pour ses cultures de blé et d’orge, le Dakota est désormais le quatrième producteur de pétrole des Etats-Unis. L’Utah, le Colorado et le Wyoming pourraient bientôt produire du pétrole à leur tour.  Selon une étude de Bank of America et Merrill Lynch Global Research, la production de pétrole non conventionnel pourrait atteindre 2.5 millions de barils par jour en 2015 aux États-Unis.

 

Une indépendance énergétique encore lointaine

Le potentiel de  production semble considérable, et surtout unique. Selon le Survey of Energy Resources du World Energy Council de 2010, les États-Unis possèdent les ressources potentielles les plus importantes au monde.

Pourtant ces richesses ne permettront pas d'isoler le marché américain du marché international du pétrole. Si la hausse de la production a permis aux États-Unis de devenir un exportateur net de gazoline et de diesel depuis 10 ans, la production de pétrole de schiste ne sera jamais suffisante pour remplacer la totalité des 9 millions de barils importer quotidiennement. Et à supposer que les ressources s'avèrent plus larges que prévues et le permettent, l'effondrement des prix qui en résulterait pousserait un certain nombre de producteurs à arrêter leur activité.

Si Washington restera donc dépendant de la géopolitique des pays du Golfe ou des pays d'Amérique Latine, l'arrivée de ce pétrole de schiste sur les marchés internationaux permettra cependant de modérer quelque peu les prix  sur le marché international, et de rééquilibrer la balance énergétique de Washington.

 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par luc.b - 12/12/2011 - 13:55 - Signaler un abus Le Dakota du Nord, c'est 0.6% de la production mondiale.

    Cette production, très polluante et peut être source de tremblements de terre, n'a aucun effet sur les prix, fixés par l'offre et la demande dans le monde. Même si le Canada, le Brésil et les USA pouvaient augmenter leur production de 3 millions de barils par jour en 2015, l'OPEP devra produire 37 millions de barils, L'OPEP sera alors aussi puissante qu'en 1973.

  • Par Mérovingien - 12/12/2011 - 19:12 - Signaler un abus DESASTRE A VENIT

    Effectivement cette exploitation extrèmement brutale déstabilise les sols. Les états unis et le Canada paieront très cher cette cupidité par la destruction littérale su sol sur lesquels ces états sont battis. Dans 30 ans , des dizaines de millions d'américains blancs recoloniseront l'europe de l'ouest.

  • Par IAmASuperiorEntity - 12/12/2011 - 21:21 - Signaler un abus Devons-nous en rire ?

    ''Plus connu pour ses cultures de blé et d’orge'' ! Ha ha ha ! Plus pour longtemps ! Bientôt nous pourrons dire : ''le Dakota, anciennement connu pour ses cultures de blé et d’orge, est aujourd'hui un désert stérile ou la vie à disparu''. A ce moment là, c'est à dire dans moins de dix ans, les nappes phréatiques de cet Etat seront capables de fournir de zone de test à l'industrie chimique !

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Florent Detroy

Florent Detroy est journaliste économique indépendant, consultant, spécialiste des matières premières et des pays émergents. 

Son blog sur la géopolitique des pays émergents :
Energasie

Voir la bio en entier

En savoir plus
Je m'abonne
à partir de 4,90€