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Et paf dans le pif du modèle allemand : si l’Allemagne avait la démographie de la France, elle serait à 11% de chômage

Il ne fait plus aucun doute, pour personne, que l’économie allemande est supérieure à celle de la France. Il n’y a qu’à regarder les chiffres du chômage pour s’en rendre compte. Alors que l’Allemagne est en situation proche du plein emploi avec 5.1% de sa population active au chômage, la France navigue dans des eaux plus troubles, avec un taux de chômage de 10.2%. C’est-à-dire le double. Tout simplement.

Dent pour dent

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Et paf dans le pif du modèle allemand : si l’Allemagne avait la démographie de la France, elle serait à 11% de chômage

ces chiffres ne suffisent pas à comprendre la dynamique sous-jacente. Il reste à déterminer les raisons du décalage existant entre les deux pays et à chercher les causes ayant permis à l’Allemagne de faire baisser son taux de chômage.

En prenant en compte les données depuis 1991, c’est-à-dire les statistiques post-réunification allemande, la période devient suffisamment longue pour être représentative.

Et le constat est clair, en dehors de la courte éclaircie comprise entre 2002 et 2008, le taux de chômage français, au sens du Bureau International du travail a durablement été plus élevé :

 

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Pourtant, dans la construction du taux de chômage, plusieurs variables sont à l’œuvre pour permettre un mouvement. D’une part, l’évolution de la population active, et d’autre part la dynamique entre création d’emplois et nombre de personnes au chômage. Ce sont ces trois données prises ensemble qui sont susceptibles de faire varier le taux de chômage. Il est alors nécessaire d’aller dans le détail pour connaître les causes du mouvement.

La première variable est la population active. Entre 1991 et 2013, selon l’institut officiel de statistiques allemande, Destatis, la population active allemande est passée de 41.01 millions à 44.496 millions de personnes. Le solde atteint ainsi un total de 3.486 millions de personnes soit une progression de la population active de 8.5% entre 1991 et 2013.

Concernant la France métropolitaine, la population active (données INSEE) est passée de 24.813 millions au 1er trimestre 1991 à 28.701 à ce jour, pour un solde de 3,888 millions de personnes. C’est à dire une progression de 15.67%.

La seconde variable à prendre en compte est la création d’emplois. Entre les deux périodes, l’Allemagne est passé de 38.851 millions d’emplois en 1991 (salariés et non-salariés) à un total de 42.226 millions en 2013. La création nette est ainsi de 3.375 millions d’emplois soit une hausse de 8.68%.

Du côté français, et toujours selon les données INSEE, le total des emplois salariés et non-salariés était de 23.206 millions en 1991 et de 26 366 millions en 2013, pour un solde de 3.160 millions d’emplois. Soit une progression de 13.62%, c’est-à-dire plus de 5 points de plus que le voisin d’outre-Rhin.

Le bilan a de quoi surprendre. Au cours de ces 23 dernières années, la France a créé presque autant d’emplois que l’Allemagne tout en ayant une population bien moins importante. En relatif, l’avantage est clairement en faveur de la France. De la même façon, la population active française a progressé bien plus rapidement que la population active allemande.

Il reste à comparer « effectivement » les chiffres en relatif. En considérant la capacité de créer des emplois comme étant LA variable « clé » de la baisse du chômage, c’est-à-dire celle dépendant des capacités économiques du pays, cette comparaison devient possible. Il suffit d’appliquer la progression de la population active de la France à l’Allemagne tout en lui conservant ses propres chiffres de création d’emplois. Et inversement.

Le résultat est saisissant. Si la population active allemande avait progressé de 15.67% (comme la France) elle serait aujourd’hui de 47,436 millions. En prenant une création d’emplois identique le nombre de personnes employées est donc toujours de 42.226 millions. Le solde représente le nombre de chômeurs, soit 5.210 millions ou 11% de la population active allemande. C’est-à-dire plus que la France d’aujourd’hui puisque le taux est de 10.2%. En faisant le raisonnement inverse, c’est-à-dire en appliquant la croissance de la population active allemande à la France tout en conservant les emplois créés par la France, le taux de chômage français retombe à 2.1%.

Il reste possible d’avancer que ce sont les mini jobs, la flexibilité, l’absence de salaire minimum etc… c’est-à-dire toutes les « techniques » utilisées par le pays pour faire baisser son chômage qui sont à l’origine du succès du modèle allemand. Il n’en reste pas moins que la principale cause de la baisse de chômage en Allemagne, relativement à la France, est sa démographie. Le « modèle » allemand, quel modèle ?

Ces chiffres ne traduisent qu’une seule chose. La France a simplement besoin de plus de croissance que l’Allemagne pour permettre une baisse de son taux de chômage. C’est-à-dire que son potentiel de croissance est plus important. Et plus ce potentiel est ignoré, plus le chômage français continuera d’augmenter.

 

 

A lire également, le nouveau livre de Nicolas Goetzmann : Sortir l'Europe de la crise : le modèle japonais, (Atlantico éditions), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 

 

 

 
Commentaires

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  • Par Deneziere - 27/11/2014 - 10:14 - Signaler un abus Où est l'oeuf, où est la poule ?

    M. Mucherie nous explique deux pages d'Atlantico plus loin, qu'il n'y a pas de croissance sans démographie. Or aujourd'hui, on a la croissance démographique ET la décroissance économique, la double peine, en gros. Conclusion: les observations de MM Mucherie et Goetzmann sont sans valeur pratique tant que le marché du travail est tel qu'il est..

  • Par olz76 - 27/11/2014 - 10:24 - Signaler un abus Plus loin

    Bonjour Nicolas, Bien vu! Et si nous comparons la croissance par tete entre l’Allemagne et la France: nous aurons aussi un constat de ce type, démographique: Allemagne, accroissement naturel de la population : -0.2% donc est en croissance de pib par tete meme avec -0.1% de croissance. France, accroissement : +0.4% donc est en récession meme avec du +0.3% de croissance. Comme nous avons la meme monnaie et les memes taux, le seul moyen de les rattraper est de faire comme eux donc d'avoir démographie déprimée, entre autres.

  • Par Hervé MARTIN - 27/11/2014 - 10:59 - Signaler un abus Mystère statistique

    Si je comprends bien, entre 1991 et 2013 la France a crée 3,2 millions d'emplois alors que le nombre des actifs n'augmentait que de 3,1 millions. Il devrait donc y avoir en 2013 100.000 chomeurs de moins qu'en 1991. Or il y en a 1 million de plus (3,5 millions contre 2,5 millions). Des explications SVP. Merci.

  • Par Deudeuche - 27/11/2014 - 12:19 - Signaler un abus @Ganesha, réveil Goetzman vient de faire un peu

    de German bashing. Allez Merkel est pas belle et Marine va tout régler.

  • Par MarcBloch - 27/11/2014 - 12:32 - Signaler un abus Du vent !

    Encore un article de Mr Goetzmann qui est biaisé par son keynesianisme Une petite question pour notre grand analyste : quelle est la part des emplois publics crées par la France et par l'Allemagne sur la même période ?

  • Par john mac lane - 27/11/2014 - 13:41 - Signaler un abus Terrifiant raisonnement keynésio-rigolo

    Donc si elle avait moins encore moins d'enfant elle aurait du travail négatif?... Il n'est pas venu à l'auteur la dynamique de l'offre s'adapte au nombre? On est pas sorti de l'auberge avec ces Keynésiens.... Que c'est beau ces courbes auxquelles on dit à quelles conclusion on doit arriver avant de las faire...On y croit.

  • Par valencia77 - 27/11/2014 - 14:57 - Signaler un abus valencia77

    ergo les allemands sont moins cons que les francais? Vous devriez arreter l'immigration africaine pour augmenter l'immigration chinoise. Ils acceptent de ne pas recevoir d'aide sociale et travaillent, horrible system oui, non?

  • Par jmpbea - 27/11/2014 - 16:58 - Signaler un abus Les allemands acceptent sur leur territoire

    Les personnes " à valeur ajoutée"....et font fabriquer ailleurs que chez eux les produits à valeur faible...la France depenses ses valeurs pour des immigrants sans capacité et sans volonté de creer de la valeur et, çe faisant, n'assure pas la promotion des individus soucieux de progresser, de creer, de développer le pays....nos dirigeants sont des nazes...obsédés par l'idéologie de la redistribution et de la dépendance de l'état...on n'en sortira pas sans clash....

  • Par jmpbea - 27/11/2014 - 17:01 - Signaler un abus Et Monsieur Goetzmann

    peut bien continuer de nous débiter des fadaises keynésiennes...

  • Par toupoilu - 27/11/2014 - 18:41 - Signaler un abus La demographie génère naturellement de la croissance.

    Si l’Allemagne avait eu une meilleure démographie, elle aurait créé plus d'emplois. Ce qu'il faut regarder, c'est le nombre d'emplois crées par rapport a la démographie, 8,68% par rapport a 8,5% pour l’Allemagne, contre 13,62% par rapport a 15,67% pour la France, l'Allemagne fait mieux. Seule madame irma pourrait dire ce qui se passerait pour l’Allemagne avec une meilleure démographie, mais on a vu cette année qu'elle a autorisée 800 000 titres de séjour, ce qui reviens a peu près au même, et qu'elle a vu son chômage baisser. L'Allemagne va mieux que nous, un aveugle le verrait.

  • Par jmpbea - 28/11/2014 - 15:44 - Signaler un abus Là démographie, en France...

    crée des chômeurs car les enfants qui naissent depuis 10 ans sont en majorité enfants d'immigrés dont l'insertion n'est pas assurée ni d'ailleurs assurable dans les conditions économiques actuelles....on en fera des centaines de milliers d'emplois d'avenir....suivez le guide.....

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Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr.

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