Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 22 Juin 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Entre une gauche qui surfe sur une mondialisation heureuse et un FN qui surfe sur l’inverse, la droite en quête de bastions sociologiques

Le grand perdant de ce premier tour des élections régionales est le PS. Pas de doute. Pourtant derrière la déroute socialiste, une autre partie piégée s'entame et elle pourrait clairement jouer des tours aux Républicains.

Spin Off

Publié le
Entre une gauche qui surfe sur une mondialisation heureuse et un FN qui surfe sur l’inverse, la droite en quête de bastions sociologiques

Qu’est ce que ce premier tour des élections régionales a confirmé sur les assises sociologiques de chaque parti et notamment sur les faiblesses de celles des Républicains ?

Yves Marie Cann : Il faut avant tout noter de façon générale que le rapport de force qui est ressorti des urnes avant-hier confirme la tripartition de l’espace politique français. Il y a désormais trois grands blocs qui se font face. La gauche dominée par le Parti Socialiste, la droite et le centre avec Les Républicains et l’UDI, et le Front National d’autre part. En terme de dynamique, au delà de ces trois blocs qui se dessinent, on enregistre également une nouvelle progression du Front National à l’occasion de ces élections, par rapport à ce que l’on avait vu lors des départementales en début d’année ou encore lors des élections européennes en mai 2014, tant en suffrages exprimés qu’en voix.

Ceci dit, il est intéressant de s’interroger ou en tout cas d’analyser le profil des électorats sur chacun de ces blocs, qui présentent des caractéristiques assez distinctes les uns des autres.

A lire aussi - Régionales : comment la droite en est arrivée à partager la défaite de la gauche

Quelles sont les bases sociologiques du PS et du FN ? En quoi Les Républicains peuvent avoir une faiblesse au niveau de leur assise sociologique au sein de ce système tripartite ?

Lorsque l’on regarde quelle a été la sociologie des votes à l’occasion du premier tour des élections régionales et notamment pour ce qui est du Parti Socialiste, on s’aperçoit que les plus fortes différences par rapport au Front National, se font en fonction de deux variables. La première est celle de la catégorie socioprofessionnelle des votants et la deuxième, dans une moindre mesure, est le niveau d’éducation et de diplôme qui est lui-ême lié à la catégorie socioprofessionnelle. Ce dont on s’aperçoit en analysant les sondages qui ont été faits en détails, c’est que le parti socialiste réalise ses meilleurs résultats auprès des catégories socioprofessionnelles dites supérieures, c’est à dire les cadres et les professions intellectuelles supérieures, ainsi qu'auprès des professions intermédiaires, qui sont aujourd’hui au cœur des classes moyennes. Les sondages réalisés par l’Ifop et Fiducial montrent notamment que 28% des cadres et 26% des professions intermédiaires auraient voté socialiste, soit dans des proportions supérieures à la moyenne national. Dans le même temps on s’aperçoit qu’auprès des catégories plus « populaires », c’est à dire les ouvriers et les employés, on retrouve des votes en faveur du Parti Socialiste qui sont en dessous de la moyenne nationale. 19% seulement chez les ouvriers. Lorsque l’on compare ces chiffres là avec ceux obtenus par le Front National, on se rend compte que le contraste est saisissant. Les 19% du vote ouvrier pour les listes du Parti Socialiste correspondent à 51% du vote pour les listes du FN. On voit que les catégories populaires, souvent les plus exposées aux aléas économiques et sociaux, et qui ressentent plus intensément l’absence de résultat du gouvernement sur ce plan, expriment leur mécontentement à travers un vote Front National. C’est auprès de cette catégorie que le FN enregistre ses meilleurs scores. A l’inverse, c’est auprès des catégories dites supérieures que le Front National enregistre ses plus mauvais scores. A titre d’exemple, seul 16% des cadres auraient voté pour une liste Front National.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Gordion - 08/12/2015 - 15:28 - Signaler un abus LR

    Bonne dissection des causes du tassement de LR. Il serait intéressant de se demander si lune partie des électeurs du FN qui ont voté Sarkozy en 2007 n'ont pas éprouvé un sentiment de trahison d'engagements non tenus entre 2007 et 2012, et donc aient préféré voter FN. Le positionnement - si l'on peut dire - confus de LR sur la politique étrangère, sur le fédéralisme ou sur la souveraineté dans l'UE, les flux migratoires, l'islam, les 35 heures, conjugué avec la guerre des chefs et le scandale de l'UMP contribuent à l'illisibilité de cette formation, dont les dirigeants sont sur la scène depuis longtemps. Les jeunes travailleurs de la population active ne se reconnaissent pas dans cet "espace" qui peine à porter un vrai projet de société, en rupture avec le bilan catastrophique de la France depuis la crise de 2008 - et la comparaison avec nos concurrents européens. Le slogan populiste "UMPS" proféré par MLP finit par convaincre les électeurs que le FN, étant vierge de tout bilan, peut apparaître comme le chevalier blanc qui va sauver la France...il n'est pas difficile de prédire que le programme économique du FN suffira à lui seul à enterrer ce pays. Triste bilan depuis 1974!!!

  • Par ERVEFEL - 08/12/2015 - 19:59 - Signaler un abus @Gordion - 08/12/2015 - 15:28 : Programme économique

    "il n'est pas difficile de prédire que le programme économique du FN suffira à lui seul à enterrer ce pays". Et le programme économique de la droite/gauche qu'a t-il fait? Sans parler de la politique étrangère guerrière qui plombe les comptes publiques sans parler des ses répercutions sur la sécurité intérieure qui a complètement été abandonné en négligeant la police, la justice, les renseignements, l'armée. De toutes façons ne vous faites pas de bile ce n'est pas le programme économique du FN qui enterrera le pays, mais Sarko qui achèvera son oeuvre à partir de 2017 avec l'aide des parlementaires de gauche qui pourront aussi mettre la touche finale à ce qu'ils ont entrepris.

  • Par vangog - 08/12/2015 - 22:55 - Signaler un abus Le choc d'inversion sémantique!

    Après avoir tenté et réussi la rééducation politique des Francais, les gauchistes ont inversé les valeurs, les sexes, la sémantique, les races et la politique! Tête tournée vers leur pouvoir usurpé, le boomerang qu'ils ont lancé leur revient en pleine face. A force de crier "la haine", les gauchistes en deviennent dépositaires, à force de menacer les électeurs d'un extrême, ils se radicalisent, à force d'ostraciser le tiers des Francais, ils galvaudent la République... Nous les patriotes regardons les médias et buvons du petit lait, car la classe mediatico-politique archaïque est proche de succomber du choc de peur qu'elle a provoqué, elle-même. Nous avons explosé le PS en quelques jours...restent encore quelques jours pour exploser les RipoublicainS que la peur taraude.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Yves-Marie Cann

Yves-Marie Cann est Directeur en charge des études d'opinion de l'Institut CSA.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€