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Emmanuel Macron : l'économie française, c'est moi !

Emmanuel Macron, après un moment « libéral » (de courte durée) autour des ordonnances, semble bien décidé à reprendre l’expansion continue de la planète légiférante au détriment de la liberté d’entreprendre. Plusieurs textes s’annoncent qui devraient accroître encore l’épaisseur des couches réglementaires qui étouffent l’initiative individuelle en France.

Ergo sum

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Emmanuel Macron : l'économie française, c'est moi !

Alors que le Président Macron reçoit le gotha du capitalisme international, à Versailles, pour faire la publicité de l’investissement en France, plusieurs textes sont en discussion ou en préparation qui poursuivent un objectif exactement contraire: accroître le couche de réglementations indigestes qui étranglent les entreprises françaises.

En voici une rapide revue.

Réglementations, réglementations: le délirant pacte de Bruno Le Maire

Le bouillonnant énarque ministre de l’Économie avait déjà montré, lors de la primaire de la droite, l’étendue de son talent: un programme de 1.000 pages, qui lui avaient rapporté un score groupusculaire.

Mais Le Maire avait dévoilé un coin de sa personnalité qui fait florès aujourd’hui: en faire des tonnes et des tonnes avec la conviction que, plus on écrit, plus on produit de texte, meilleur on est.

Dans un mouvement d’une extrême générosité, Le Maire a décidé de faire profiter les entreprises de son talent que le monde entier nous envie. Il s’apprête donc à produire un projet de texte (officiellement soumis à concertation préalable) qui devrait déboucher sur un "PLAN D’ACTION POUR LA CROISSANCE ET LA TRANSFORMATION DES ENTREPRISES" .

Comme si la croissance passait par toujours plus de lois et non par l’inverse…

Ce moment de bonheur devrait notamment permettre d’inscrire dans le marbre le fait que le profit n’est pas la seule raison d’être de l’entreprise. Le Maire ne pouvait pas prouver autrement son ignorance de ce qu’est une entreprise. S’il avait un seul instant connu des difficultés de trésorerie et la pression des URSSAF, il comprendrait que, dans ces moments-là, la seule responsabilité sociale de l’entreprise est de vendre assez pour pouvoir payer les salariés.

On ne s’amusera jamais assez de ces hauts fonctionnaires devenus ministres, incapables de faire respecter le droit du travail dans leur propre administration, mais absolument convaincus que leur passage à l’ENA leur donne le droit d’infliger des leçons à la terre entière.

Gare au texte sur le droit à l’erreur

De son côté, le député marcheur de Paris Stanislas Guerini vient de rendre son rapport sur le projet de loi pour « un État au service d’une société de confiance ». Le seul accolement des mots « État » et « confiance » devrait susciter l’inquiétude des entrepreneurs.

Ce texte doit consacrer le droit à l’erreur. Il méritera d’être lu et suivi comme l’épidémie de peste: avec la plus grande des craintes face à ses avancées. On retiendra en particulier que le droit à l’erreur s’appliquera dans tous les cas, sauf lorsqu’une autre disposition s’applique. Autrement dit, les administrations sont à l’oeuvre pour en limiter le champ d’action.

Une mention spéciale sera donnée à l’intention dangereuse de créer des « rescrits généralisés », c’est-à-dire des demandes d’interprétation préalable du droit aux administrations. Si l’idée est bonne, on voit bien le glissement progressif vers une pratique du contrôle préalable à la vie de l’entreprise qui ne peut qu’inquiéter…

 
Commentaires

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  • Par Vincennes - 23/01/2018 - 15:15 - Signaler un abus Bien trop souriant pour être honnête......il serait grand temps

    que ceux qui ont voté pour lui OUVRENT grands leurs yeux et leurs oreilles. Quant à PENICAUD il serait bien que le justice nous tienne informés quant à l'affaire "MACRON/PENICAUD" fiesta de LAS VEGAS et que les médias nous révèlent, eux, le montant des fiestas avec POUTINE et TRUMP ainsi que celle d'hier à VERSAILLES car, avec MACRON, "NOTRE ARGENT" valse au son des flonflons pour son ambition personnelle INERNATIONALE car de NOUS, il en a ien à faire et je suis poli !!!

  • Par A M A - 23/01/2018 - 17:22 - Signaler un abus C'est maintenant qu'on

    C'est maintenant qu'on commence à se rendre compte de.....

  • Par Lazydoc - 23/01/2018 - 18:53 - Signaler un abus Des paroles de Droite

    Des actes de Gauche. Comme Sarkosy! Hollande parlait Gauche et agissait Gauche.

  • Par Atlante13 - 23/01/2018 - 19:46 - Signaler un abus Hourah !!!

    tout avance dans le bon chemin. Vive Macron.

  • Par Anouman - 23/01/2018 - 22:29 - Signaler un abus C'est ben vrai ça!

    Comme le disait justement la mère Denis... Blague à part "Comme si la croissance passait par toujours plus de lois et non par l’inverse…" me semble être une phrase d'une très grande vérité. Hélas que serait un politique s'il ne pouvait se targuer des nombreuses lois qu'il a fait voter? Imaginez que par extraordinaire la situation s'améliore (les gens deviennent moins cons par exemple) il ne pourrait dire que c'est grâce à lui. Voilà pourquoi on est condamné à une règlementation toujours plus dense, à embaucher plus de juges, de policiers, de contrôleurs des impôts et de l'Urssaf, de contractuelles, de fournisseurs de radars... Je laisse ceux que ça intéresse compléter la liste.

  • Par vangog - 23/01/2018 - 23:55 - Signaler un abus 9 taxes nouvelles en un an, et des dizaines de réglementations..

    Pour ceux qui avaient de la merde dans les oreilles, ceci prouve que Macron est bien gauchiste (« je suis socialiste... »). Et, quant à « l’instant libéral« ...on se demande bien où l’a aperçu Verhaegue?...dans ses rêves?...

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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