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Élevage : une crise plus grave que celle de la vache folle

La crise agricole actuelle frappe particulièrement les éleveurs, mais pas seulement. Elle est certainement plus grave que toutes celles qui ont frappé ce secteur depuis 1987, crise de la vache folle inclue. Voici tout ce qu’il faut savoir pour comprendre le mouvement de désespoir qui risque de paralyser Paris ce jeudi 3 septembre.

Désolation

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Élevage : une crise plus grave que celle de la vache folle

Les éleveurs traversent une crise sans précédent.  Crédit Reuters

Plus de 1000 tracteurs vont bloquer toutes les entrées routières vers Paris jeudi prochain, avant de converger vers la place de la Nation. Une mobilisation sans précédent. Certains auront parcouru plus de 1200 kilomètres avec leur tracteur pour venir, par exemple, de l’extrême pointe du Finistère (jamais ce département ne sera autant mobilisé sur Paris). Ainsi, un important convoi Bretagne-Normandie va mener la contestation du grand quart ouest/nord-ouest de la France, retrouvant autour de Paris les tracteurs du nord du bassin parisien, ceux du Rhône, et même ceux des céréaliers de l’Ile-de-France (dont on connaît déjà l’efficacité en termes de blocage de la Capitale).

Et bien sûr, tous les autres.

La Normandie à l’origine de la contestation

Qui eût cru qu’un tel mouvement de contestation agricole pouvait naître en Normandie, région a priori riche de son agriculture et de son élevage ? Mais c’est justement cette « richesse » qui d’un seul coup vient à manquer. Cette contestation a commencé quand les choix ministériels sur la redistribution des aides Pac ont été suivis d’effets. Ainsi, l’élevage laitier herbager a été lourdement sanctionné. Plus aucune aide. Et des normes à gogo. Il faut savoir ainsi que les élevages de plein air, favorisant donc les vaches au pré (ce que l’on appelle le système herbager, qui semble pourtant être le plus « naturel »), sont considérés comme étant les plus polluants en azote, et il leur est donc désormais demandé des normes drastiques, pour diminuer cette empreinte azotée, comme par exemple l’agrandissement des fosses à lisier. Lorsque le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a omis de dire que l’enveloppe globale de la Pac pour la France était amputée de 10 milliards d’euros, et qu’il a prononcé des arbitrages sur les redistribution des aides restantes, il a indirectement favorisé certaines régions (tant mieux pour le Massif Central…), mais surtout au détriment d’autres.

Pour la Normandie, c’est dramatique, d’autant que derrière l’administration en rajoute une couche : si l’on prend l’exemple précis du département de la Manche, sur les 270 jeunes installés en lait ces deux dernières années, 40 se voient réclamer le remboursement des aides à l’installation au prétexte qu’ils n’ont pas pu assurer leurs mises aux normes en temps et heure. Autant dire que, en faisant cela, elle les condamne à stopper net leur installation… Et la Normandie n’est pas la seule touchée, d’autres départements, peut-être moins symboliques pour leur investissement laitier, ont jusqu’à 50 % de demandes de remboursement d’aides pour les jeunes laitiers par l’administration. Il faut savoir que c’est en lait qu’il y a le plus grand nombre de jeunes installés chaque année en agriculture. Or, une installation en panne, cela pose évidemment la question du devenir du secteur entier…

 
Commentaires

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  • Par Texas - 02/09/2015 - 07:19 - Signaler un abus Soutien aux agriculteurs

    Et je signe des deux mains pour que ce mouvement fédère avec lui , artisans , commerçants et professions libérales .....La France , ce moteur à deux pistons , dont l' un serré et bureaucratique , empêche l' autre de fonctionner !. P.S : Et il est illusoire de croire que l' économie numérique changera quoi que ce soit à la vie des Indépendants face aux comportements coercitifs d' une Administration sourde et aveugle .

  • Par Texas - 02/09/2015 - 07:22 - Signaler un abus Soutien aux agriculteurs

    Et je signe des deux mains pour que ce mouvement fédère avec lui , artisans , commerçants et professions libérales .....La France , ce moteur à deux pistons , dont l' un serré et bureaucratique , empêche l' autre de fonctionner !. P.S : Et il est illusoire de croire que l' économie numérique changera quoi que ce soit à la vie des Indépendants face aux comportements coercitifs d' une Administration sourde et aveugle .

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Antoine Jeandey

Antoine Jeandey est rédacteur en chef de WikiAgri, pôle multimédia agricole composé d’un magazine trimestriel et d’un site internet avec sa newsletter d’information. Lancé en début d’année 2012, WikiAgri a pour philosophie de partager, avec les agriculteurs, les informations et les réflexions sur l’agriculture.

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