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De l’air ! Et si l'Éducation nationale
s'inspirait enfin
de ce qui fonctionne à l'étranger ?

Alors que François Hollande a ramené sur le devant de la scène la question de l'éducation en proposant plusieurs mesures, une comparaison avec l'étranger montre que ce n'est pas de moyens dont manque le système scolaire français, mais de vraies propositions pour assurer l'égalité des chances entre chaque élève.

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Publié le
De l’air ! Et si l'Éducation nationale 
s'inspirait enfin 
de ce qui fonctionne à l'étranger ?

Injuste, inefficace et coûteux. En trois adjectifs, voici décrites les caractéristiques du système éducatif Français. Bien sûr, celui-ci forme des millions de jeunes à de très bonnes études, mais ce bilan est trompeur et ne peut être satisfaisant au regard des résultats – meilleurs -  atteints par nos partenaires.

Une école trop coûteuse

La dépense d’éducation est un investissement sur l’avenir. Mais cela ne justifie pas qu’on ne puisse en discuter l’efficacité, surtout lorsque les dysfonctionnements et les inefficiences sont patents.  

La France dépense beaucoup en matière éducative : c’est le premier budget de l’Etat, la dépense d’éducation (public + privé) est largement dans la moyenne de l’OCDE (la Finlande et le Canada, qui ont de biens meilleurs résultats, dépensent un peu moins que la France) et si la France a un taux d’encadrement relativement faible, ce n’est pas tant par manque d’enseignants que parce que « la composante enseignante [y est] relativement importante et probablement notoirement supérieure à celle des autres pays de l’OCDE ».

Pourtant, les résultats ne sont absolument pas à la hauteur. Les études comparatives menées par l’OCDE (PISA) le montrent clairement, la France est un élève au mieux moyen, au pire médiocre. Les évaluations menées par ailleurs concluent toutes au même constat : à tous les âges, environ 15% des élèves sont totalement en deçà du niveau. En CM2, 300 000 élèves ont de graves lacunes (chaque année !) ; plus tard ils sont 140 000 à quitter le système scolaire sans diplôme ; et au moment de la journée d’appel (JAPD), ils sont 10% à ne pas savoir lire.

Ces mauvais résultats ont un coût. Si la France avait les mêmes performances que la Finlande (classée en tête de PISA), l’OCDE mesure que son PIB augmenterait de 461% en vingt ans.

Coût très importants, résultats insuffisants. Le bilan semble sans appel : le problème de l’école n’est pas une question de budget, mais de méthode. Au demeurant, la Cour des comptes l’a très explicitement écrit : « la solution aux difficultés du système scolaire ne se trouve pas (…) dans un accroissement des moyens financiers et humains qui lui sont consacrés ».

"Gosses de riches" et "fils de profs" : délit d’initié ! 

Toutes ces dépenses, toutes ces inefficiences seraient peut-être socialement acceptables si l’Ecole donnait sa chance à tous les enfants. Or, et c’est là que le bât blesse le plus sévèrement, ce n’est absolument pas le cas. En France, seuls s’en sortent les enfants qui ont les moyens de contourner le système : soit les « gosses de riches », dont les parents paient des cours du soir ou des écoles privées, soit les « fils de profs », dont les parents connaissent les « trucs et astuces » pour réussir.

Les chiffres abondent : par rapport à un enfant d’enseignant, un enfant d’inactif redouble treize fois plus son CP, arrive deux fois plus en retard en 4ème, abandonne trente fois plus avant la 3ème, a huit fois moins de chances d’obtenir un bac général, a dix fois moins de probabilité d’accéder à l’enseignement supérieur et a 30 fois plus de risque de sortir du système sans le moindre diplôme. Ce seul constat suffit à tirer la sonnette d’alarme. Au final, le milieu socio-économique surdétermine le succès scolaire dont, on le sait, découle par la suite la réussite professionnelle. 

Bref, l’Ecole en France coûte très cher, produit des résultats médiocres et ne donne sa chance qu’aux plus favorisés des élèves. Rien de très reluisant. 

 

 
Commentaires

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  • Par HR - 13/02/2012 - 09:03 - Signaler un abus Mais...

    Ca fait longtemps que l'Education nationale, la plus grande bureaucratie du monde, s'inspire de ce qui s'est fait de mieux en URSS et en Chine...

  • Par laurentso - 13/02/2012 - 09:36 - Signaler un abus C'est bien, dix ans après sa mort,

    de redécouvrir Bourdieu ! Si on arrêtait surtout les réformettes imbéciles de chaque ministre qui veut laisser son empreinte. Si on laissait les enseignants travailler, en donnant un coup de pouce aux ZEP, aux boursiers. Un simple coup de pouce, il n'est nul besoin de dépenser des milliards. Et si l'Etat arrêtait de subventionner l'école privé ! Quant aux comparaisons avec d'autres pays, elles sont souvent vaines, quand on parle d'Education nationale. Il n'y a nul part le même système de diplômes, de filières. La même étude citée ici -cela a été dit sur Atlantico- montre qu'un prof français coûte moins cher qu'un prof allemand ! Cela dit, je reconnais qu'il faut arrêter l'angélisme. Les résultats à la fin du primaire et à la fin du collège sont très mauvais.

  • Par laurentso - 13/02/2012 - 09:38 - Signaler un abus Sorry

    légère erreur sur le coût des profs, j'ai confondu avec les salaires.

  • Par le Gône - 13/02/2012 - 09:57 - Signaler un abus @HR...pas meiux!!

    l'EN le dernier bastion du communisme dans ce qu'il a de pire..la bureaucratie..l'aveuglement le séctarisme..et enfin l'immobilisme..tout est dit. Il n'y aura jamais de reforme la derniere date de 1968 et ce fut le big bang de l'Education Nationale..il faudra bien 50 ans pour éffacer les effets destructeurs de cette révolution des faineants socialistes.

  • Par HR - 13/02/2012 - 10:01 - Signaler un abus @ laurentso

    "légère erreur sur le coût des profs, j'ai confondu avec les salaires." Non, légère erreur sur Pierre Bourdieu et la comparaison avec d'autres pays et "ses systèmes de diplome". En effet, rien ne se compare avec le diplôme de l'ENA, où de l'"Agreg", mais les diplômes de l'Education nationale ne valent rien dans un monde mondialisé. " Il n'y a nul part le même système de diplômes, de filières." Avec l'autonomie des Universités, l'Education Nationale entre à reculons dans le système mondial Licence-Master-Doctorate (LMD). Vous personnifiez cette Education Nationale autiste, incapable de regarder, et surtout d'enseigner le monde tel qu'il est aujourd'hui. "légère erreur sur le coût des profs, j'ai confondu avec les salaires." Non, défense d'arrière garde d'une bureaucratie monstrueuse en prélevant sur le salaire des professeurs. Vous n'avez pas "confondu le coût des profs avec les salaires.", vous niez encore le coût monstrueux de la bureaucratie de l'Education Nationale.

  • Par Nanard10 - 13/02/2012 - 17:14 - Signaler un abus elle est trop à gauche pour cela

    ce serait contraire à son idéologie triste pour notre pays ces gauchistes plus crasseux les uns que les autres ont tué la France Dommage pour nos enfants et petis enfants mais allez explique cela à un âne.

  • Par New - 13/02/2012 - 18:29 - Signaler un abus La faillite de l'éducation en France

    est bien le fruit d'une idéologie délétère. Ce n'est pas une question de moyens (le ratio profs/élèves n'a cesse de s'élever) mais bien une question de méthode (pédagogie) et d'organisation. Les enseignants, presque tous à gauche sont non seulement souvent des ratés et des aigris haineux mais aussi des hypocrites : alors qu'ils sont officiellement des acharnés de l'égalitarisme, ils ont trahi leur ancêtres hussards noirs de la République en détruisant un système éducatif qui ne cesse de facto d'offrir de moins en moins de chance aux enfants de milieux défavorisés de s'en sortir par l'éducation. Hypocrites mais pas désintéressés, ils s'arrangent en revanche pour que leur progéniture échappe à cette faillite quasi-généralisée. Enfin, on ajoutera, seul élément à la décharge de ce corps enseignant au si terrible bilan, que le pourcentage croissant d'élèves d'origine non européennes, d'un niveau intellectuel moyen significativement infèrieur, ne fait qu'aggraver la situation. Sujet hautement tabou mais facile à constater.

  • Par Cap2006 - 13/02/2012 - 20:28 - Signaler un abus Expérimentons à grande échelle

    IL me parait facile d'imposer quelques établissements par départements appliquant ce programme enthousiasmant... c'est assez facile de jouer sur la démographie des enseignants, sur le volontarisme d'une partie des enseignants actuels motivés pour relever le defi de la responsabilisation...L'école publique laissera t elle encore longtemps innover le privé ? interdit d'innover comme le privé le souhaiterait par respect dogmatique des normes imposées par l'EN....

  • Par laurentso - 13/02/2012 - 22:00 - Signaler un abus Au-delà des répliques à mes commentaires

    je suis abasourdi du racisme anti français qui règne sur ce blog. il n'y a guère que le Burkina Fasso qui soit moins digne d'éloges, à en croire certains...

  • Par le Gône - 13/02/2012 - 22:12 - Signaler un abus @laurentso

    Nous sommes nombreux et majoritaire même a penser que la gauche n'aime pas la France..ni les Francais...elle nous le prouve chaque jour.Alors votre commentaire pue et pique les yeux!!

  • Par LeditGaga - 13/02/2012 - 22:23 - Signaler un abus assurer l'égalité des chances entre chaque élève !

    Jolie cette phrase ! Est-ce à dire que les chances se situent "à l'intérieur de chaque élève" ? L'égalité des chances entre les élèves est plus approprié ! Ca me rappelle la devinette : quelle est la différence entre les deux pattes d'un merle ? Aucune, elles sont identiques, surtout celle de gauche...

  • Par LeditGaga - 13/02/2012 - 22:27 - Signaler un abus @laurentso

    C'est vrai que chaque ministre veut laisser son empreinte, certains le font même quand ils ne le sont plus ! Un bon exemple avec DSK qui laisse ses empreintes dans tous les Sofitel... sur la moquette, sur les murs, sur les blouses des techniciennes de surface, et j'en passe !

  • Par DEL - 13/02/2012 - 22:53 - Signaler un abus L'égalité des chances

    L'égalité des chances n'existe pas! En revanche on doit pousser chaque élève au bout de ses possibilités, en commençant par exiger de l'école qu'elle enseigne le français, ce qu'elle ne fait pas assez, et mal: la langue n'est pas la priorité en maternelle et en primaire. Il y a une des nombreuses racines de l'échec scolaire, mais une des plus importantes. Contrôler ce qui s'enseigne et se passe en classe doit être une priorité, et les "contrôleurs" ne le savent pas. Enfin les "contrôleurs" devraient avoir en tête la réussite des élèves et non celle de leur carrière... Les dégats, je les vois et je suis payé pour essayer de les réparer.

  • Par lorrain - 13/02/2012 - 23:07 - Signaler un abus réforme de l' éducation

    fin du statut d' emploi à vie, évaluation des élèves tout les ans, orientation des élèves en difficulté après des essais de soutien, responsabilisation des parents et des élèves devant leurs fautes (absentéisme, incivilités...) avancement des profs en fonction des résultats de ses élèves, obligation pour les profs d' allez en ZEP une année tout les 4 ans de tout manière, l' école n' est pas là pour éduquer, c'est le travail des parents, l'école est là pour instruire

  • Par Atlante13 - 13/02/2012 - 23:57 - Signaler un abus Prendre les choses dans l'ordre

    Commencez par supprimer le statut de la fonction publique. On pourra ensuite parler d'améliorer l'enseignement.

  • Par vangog - 14/02/2012 - 00:45 - Signaler un abus Fin des privilèges de l'éducation Nationale, je suis pour!

    Bref pour un retour à l’Égalité, et pour un retour à la liberté aussi: fin de la pensée unique préformatée dans les écoles de journalisme aux ordres de la rue de Solférino, et pour la Fraternité aussi: mais elle n'est pas dans le système social Français, qui privilégie surtout les chasseurs d'allocations contre les autres, les moutons que l'on tond...

  • Par Cap2006 - 14/02/2012 - 08:19 - Signaler un abus @ Le Gône

    "Nous sommes nombreux et majoritaire même a penser que la gauche n'aime pas la France..ni les Francais...elle nous le prouve chaque jour" ecrivez vous... Si la droite est bien majoritaire dans ce pays, faire le tri entre ceux qui aime plus que les autres ce pays n'apporte pas grand chose au débat sur l'école. Je ne partage pas vos idées... c'est pas pour celà que je pense que vous aimez plus ou moins la france que moi... Quand la republique cessera d'être multiple et indivisible... nous serons proche d'une dictature... fussent elle de droite...

  • Par Cehel - 14/02/2012 - 08:40 - Signaler un abus Oh la la !

    Comment se fait-il qu'une telle discussion s'alimente d'autant de racisme, voire de haire ? "Racisme anti-français" ? Depuis quand critiquer et vouloir changer ce qui est fait dans son propre pays est du racisme ? L'EN, c'est un "projet" et n'a rien d'essentiellement ou viscéralement français, c'est une création humaine, toujours améliorable. L'autocritique et la recherche du mieux n'ont jamais été la haine de soi. De l'autre côté, on met en doute le niveau intellectuel des "non européens". Des non occidentaux ? Des non-blancs ? C'est phénoménal comment est mise en doute et honnie, d'un côté comme de l'autre, la possibilité de critiquer et donc de changer les choses. Un débat, c'est l'exercice et l'échange des idées, pas un forum de cracheurs. "L'EN maoiste, voire stalinienne" ? A gauche, c'est certain, pour le meilleur et pour le pire. "Les profs, des aigris et des ratés" ? C'est pas par l'aigreur, la haine viscérale, le simplisme, qu'on résoud les problèmes complexes. Comment peut-on invoquer des penseurs, des intellectuels pour cacher la simplicité de sa propre pensée ? C'est de la religion, pas de la réflexion. Se choisir un dieu pour abriter et valider son affectivité.

  • Par Ludo1963 - 14/02/2012 - 10:18 - Signaler un abus Ecole française publique : honte française

    J ai 3 enfants je connais bien la public et le privé. 1- le fonctionnement actuel de l'éducation nationale, comme la sécu ou d autres joyaux nationaux, a été créée après la 2 eme guerre, par les communistes, sur le modèle soviétique. Ce modèle a fait ses preuves : il n est pas adapté à la nature humaine. Pas de chef, pas d'encouragements, pas de sanctions (oh que de vilains mots) Un prof évalué tous les 7 ans par une personne extérieure, de qui se moque t on ? Si c est un bon prof, ok. S il est mauvais ? Av mais c est vrai de toutes façons on pourra pas le virer. 2- la culture de l excuse de la gauche a enlevé toute autorité aux profs, le mal s'est produit en 30 ans 3- cours d éco dans le public en France ? Le chômage, les syndicats, les méchants patrons, macroéconomie, idéologie socialiste Cours d éco en Allemagne ; comment créer son entreprise, comment mettre une idée en oeuvre , pragmatisme Heureusement que le privé reste abordable en France Mais quand on ne peut pas le payer. ???

  • Par DEL - 14/02/2012 - 22:47 - Signaler un abus Supprimer la fonction publique?

    @atlante13 Chiche! et vous organisez quoi? Qui paie le fonctionnement des écoles? Le privé? il n'est déjà pas fichu de se passer de l'argent d'état pour fonctionner. Qui décide des programmes? Le petit patron local? Qui paie les enseignants? La finance internationale? Il ne suffit pas de faire des grandes déclarations; il faut avancer des solutions.

  • Par vangog - 14/02/2012 - 23:21 - Signaler un abus @DEL je suis Chiche pour virer tous les enseignants

    gangrenés par l'idéologie et redonner du sang neuf à l'école, et même à l'enseignement supérieur. La France pourrait recruter des professeurs qui se consacreraient à l'enseignement des bases du savoir plutôt qu'à la transmission de leur fièvre idéologique. L'enseignement supérieur pourrait se faire, à moindre coût, et pour plus de résultats, sur le modèle Suédois. Le prélèvement de 56% du PIB par l'état pourrait même diminuer et suffirait à mieux payer un prof en activité, là où les Français paient pour deux profs dont un seul est en activité (l'autre étant en arrêt ou en formation inutile); Car "supprimer la fonction publique", cela n'est pas "supprimer les impôts", n'est-ce pas?

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Erwan Le Noan

Erwan Le Noan est consultant en stratégie et président d’une association qui prépare les lycéens de ZEP aux concours des grandes écoles et à l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Avocat de formation, spécialisé en droit de la concurrence, il a été rapporteur de groupes de travail économiques et collabore à plusieurs think tanks. Il enseigne le droit et la macro-économie à Sciences Po (IEP Paris).

Il écrit sur www.toujourspluslibre.com

Twitter : @erwanlenoan

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