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La dernière trahison d’Alain Juppé ?

Alain Juppé aurait appelé de ses vœux, même si il s’en dédit mollement en public, la formation d’un pôle central réunissant le centre droit et le parti macroniste en vue des élections européennes de 2019. Alain Juppé ne tarit pas d’éloges pour le jeune président que la France s’est donnée. Alain Juppé est macroniste. Il scelle là une ultime trahison.

Peur de rien

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La dernière trahison d’Alain Juppé ?

Ou plutôt Emmanuel Macron est le Juppé que de nombreux Français voyaient déjà à l’Elysée avant la primaire de la droite de 2016. En plus jeune, en plus exalté, en allié assumé de la sociale-démocratie. Mais pour le reste, que différencie vraiment le Juppé version 2016 au Macron d’aujourd’hui ? Pas la même adhésion viscérale à l’Europe fédérale et la dissolution de la nation. Pas la même appartenance à l’élite suprême du pays, l’Inspection générale des finances, cette confrérie d’élus soudée par une conviction partagée de supériorité méritée, par un cynisme à toute épreuve et par une solidarité de caste qui prime sur tout le reste.

D’ailleurs, la nomination d’Edouard Philippe annonçait déjà cette quasi-fusion des projets et des équipes. Plus qu’un débauchage politicien, la nomination du Premier Ministre était la révélation de la vraie nature du macronisme : un juppéisme caché sous les oripeaux d’une gauche moribonde le temps d’une campagne. Six mois après l’élection, la gauche macroniste est déjà morte, vaincue par les baisses massives d’impôts accordées aux hyper-riches et par les ordonnances réformant le marché du travail. Au final, la manœuvre est admirable. Qu’importe l’élu. 

En 2017, il fallait à nos oligarques maisons – les grands intérêts qui n’ont jamais renoncé à ce que la France soit gouvernée selon leurs intérêts - un « vrai » président capable, enfin, de « faire le job », pas un Sarkozy, trop incontrôlable, ou un Hollande, malgré tout bien trop mou. Juppé faisait l’affaire. Vieux, mais populaire. Un héritier du gaullisme, un chiraquien survivant improbable du sarkozysme. Un homme brillant et déterminé, « droit dans ses bottes », capable de redonner de la dignité aux institutions et de réformer avec réalisme et fermeté. Alain Juppé fut, deux ans durant, le candidat du « système », le garant des « réformes » nécessaires pour le faire durer. Un « européen » (sic), un « vivre-ensembliste », un « libéral pragmatique », un vrai partisan du statu-quo qui enchante nos élites post-soixantehuitardes enrichies et avachies. Son seul défaut fût sa vraie nature d’apparatchik : sa fidélité au parti qu’il avait dirigé, qu’il avait créé, ce parti sans lequel rien n’aurait été possible pour lui. Sa candidature aux primaires lui fut fatale. 

Fillon, un temps, a reçu le soutien par défaut de notre oligarchie, mais non … trop conservateur, trop proche d’une droite autoritaire, trop tiède sur l’Europe fédérale, trop enraciné. Ses ennuis judiciaires firent le reste. Macron offrit un substitut idéal. Jeune sans doute, inexpérimenté, mais si séduisant. Le Juppé nouveau était arrivé. Un Juppé « plus jeune ». Un Juppé moins raide. Un Juppé en mieux.

 
Commentaires

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  • Par vauban - 15/11/2017 - 11:18 - Signaler un abus Très bonne description !

    A croire que ses rédacteurs ont fait partie de son fan club!

  • Par kelenborn - 15/11/2017 - 11:40 - Signaler un abus Vauban hihihi bien vu

    Oui bien vu...enfin...Juppé a eu (en tout cas, il l'a confié), un bref moment de lucidité : arpentant les rues de Bordeaux avec quelques rince-pompes à lui il croisa une jeune dame qui clama à son adresse:"Mort aux cons" ! Il dit en avoir été secoué! pas tant que cela puisque, si je ne me trompe, il avait déclaré ne plus vouloir s'occuper que de la mairie de sa ville avant de s'asseoir sur ses engagements! triste sire!!! Le Duc de Bordeaux ressemble à son frère..... et de la j'en conclus que le Duc de Bordeaux ressemble à un faux-cul comme deux gouttes d'eau !

  • Par bruno alomar - 15/11/2017 - 11:58 - Signaler un abus Excellent

    Excellent article comme d'habitude

  • Par moneo - 15/11/2017 - 16:49 - Signaler un abus @Vauban

    Bravo , Vauban, ce texte est le fruit d'un amour déçu. Moi je n'ai jamais pensé que c'était le meilleur d'entre nous ou alors entrer énarques.. Les arvernes semblent penser que le pays a besoin d'une impulsion pilotée d'en haut ( donc par eux ) alors que selon moi le pays n'a besoin que de liberté individuelles , de moins de contraintes, et donc de moins de dépenses publiques ni de certitudes descendant du sommet de l'Etat.Le comble étant les dépenses écologiques à venir qui vont faire la fortune du capitalisme de connivence et la ruine de français et donc du pays

  • Par Liberte5 - 15/11/2017 - 18:19 - Signaler un abus Beaucoup de lucidité dans cet article par ailleurs excellent.

    Enfin les choses se clarifient après 30 ans d’enfumage idéologique. Comme son mentor J. Chirac qui a toujours trahi les siens, A. Juppé a toujours trahi "la droite", car il n'a jamais été ni Gaulliste, ni de droite. Prétendre le contraire est une escroquerie. Cette clarification est essentielle pour l'avenir de la droite. Débarassé des ces boulets , L. Wauquiez va enfin pouvoir bâtir un parti de droite avec un programme Conservateur libéral.

  • Par Orchidee31 - 15/11/2017 - 18:32 - Signaler un abus Juppé le traître

    Dans toute sa splendeur jumeau du Bayrou - Macron Juppe Bayrou ..... sans commentaires.....

  • Par Anouman - 15/11/2017 - 20:11 - Signaler un abus "Juppé fût un homme brillant."

    A ce point un développement aurait été nécessaire, parce qu'il est difficile de voir à quoi ça se rapporte.

  • Par vangog - 15/11/2017 - 20:11 - Signaler un abus On peut être intelligent et traître à la France...

    Juppé-Judas le prouve!

  • Par Deudeuche - 15/11/2017 - 22:12 - Signaler un abus Tout simplement Juppé

    Traître ou girouette...que des pléonasmes.

  • Par Vincennes - 15/11/2017 - 22:47 - Signaler un abus Quand je pense que Sarko lui a "tendu la main" pour le

    "remettre en selle en lui offrant un Ministère !!!! et que, LUI, par contre n'a cessé de le "faire ch.." avec FILLON/COPE qui voulaient absolument une Primaire !!!Il savaient TOUS ce qu'ils faisaient aidé par SOLERE. Que ce "NUISIBLE" aux "LR" prenne sa retraite, comme il l'avait dit car RAS le bol de voir sa tronche de faux cul

  • Par cloette - 16/11/2017 - 08:28 - Signaler un abus Toute la clique

    est répulsive

  • Par cholt - 16/11/2017 - 08:53 - Signaler un abus Qu'il se taise a jamais.

    La défaite à la primaire de Juppé n'est toujours pas digérée et pourtant c'est son camp qui a oeuvré pour éliminer Sarko en ouvrant la primaire aux voix de gauche. Il donne une image tellement différente de celui qu'il a été quand il etait premier ministre. Il a mal vieilli, il va bientot réunir autour de lui que des déçus de la gauche.

  • Par lexxis - 16/11/2017 - 09:50 - Signaler un abus L'AIR DE LA TRAHISON...

    Il y a comme un paradoxe dans la trahison, où le traître dans ses multiples revirements finit part laisser apparaître bien malgré lui une sorte de fidélité à lui-même, qui le rend vulnérable parce que prévisible.

  • Par lexxis - 16/11/2017 - 09:54 - Signaler un abus DES CHOIX CLAIRS....

    Si on ajoute à la dissolution de l'Assemblée Nationale sous Chirac, les peaux de banane glissés sous les pas de Fillon (oui n'en avait d'ailleurs pas besoin) lors de la dernière campagne présidentielle, on trouve une grande carrière toute entière et brillamment vouée à la victoire de la Gauche.

  • Par Mamounette - 16/11/2017 - 22:24 - Signaler un abus "Un fantasme nommé Juppé"

    Lisez l'ouvrage d'Anna Cabana et vous verrez ce que vaut le personnage. Ainsi que le dit une personne interrogé sur Juppé : "Alain a envie, si on a envie pour lui [...] il faut qu'on lui mâche le travail." La description du personnage est dans cette phrase.

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Les Arvernes sont un groupe de hauts fonctionnaires, de professeurs, d’essayistes et d’entrepreneurs. Ils ont vocation à intervenir régulièrement, désormais, dans le débat public.

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