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Une démission de François Hollande, seule solution pour éviter une nouvelle révolution ?

Dans cet essai historico-politique, l’auteur compare la situation actuelle à des épisodes de crise graves de son passé et explique pourquoi les Français, à la différence de nombreux autres peuples, ne parviennent pas à résoudre dans le calme les problèmes du pays. Faudra-t-il encore passer par une révolution pour sortir le pays de la crise ? Extrait de "Français, prêts pour votre prochaine révolution ?", de Serge Federbusch, publié chez Ixelles (2/2).

Bonnes feuilles

Publié le - Mis à jour le 17 Juin 2014
 Une démission de François Hollande, seule solution pour éviter une nouvelle révolution ?

Une véritable dynamique insurrectionnelle ne pourrait toutefois apparaître que dans la fédération ou au moins l’action concomitante des différentes oppositions au gouvernement. Pour l’heure, le seul dénominateur commun de cette contestation est la demande de démission de François Hollande. C’est le socle minimum à partir duquel Mélenchoniens, Printemps français, Manif pour tous, cégétistes, Bonnets rouges, petits patrons ulcérés, chauffeurs de taxi, travailleurs licenciés, lycéens en prurit adolescents, etc.

pourraient s’unir.

Telle est la dynamique des révolutions : la coalition de groupes hétérogènes soudés par leur seule envie d’abattre le pouvoir en place ne permet pas, quand ils y parviennent, au système de se stabiliser puisque précisément ces factions n’étaient d’accord sur rien d’autre que le renvoi des anciens chefs.

On a vu récemment, au moment des « printemps arabes », comment un slogan ultra-rudimentaire comme « Dégage ! » est à même de rassembler des opposants.

François Hollande, qui a de l’intuition et de la ruse à défaut d’avoir du courage, le sent bien puisque la police réserve depuis plus d’un an un traitement tout à fait particulier à un agitateur encore assez isolé, David Van Hemelryck, dont le projet politique tient justement en ces seuls deux mots : « Hollande démission ! »

Arrêté sans motif réel des dizaines de fois, il persiste néanmoins à promener ses ballons dirigeables, banderoles et tee-shirts dans toute la France et jusqu’aux États-Unis lors d’une visite présidentielle officielle. Pour l’heure, son action est marginale mais le ferment est présent.

Car, en empêchant le retour à la stabilité politique, même si l’opinion prend peur face à une contestation qui dégénérerait, la crise financière sera le facteur principal d’entretien du désordre. En retour, l’effet « boule de neige » de la crise politique créerait une incertitude qui aurait forcément des conséquences sur les taux d’intérêt, la confiance des agents économiques, la demande des consommateurs et l’épargne des ménages, etc.

Le doute commence d’ailleurs à étreindre de plus en plus clairement François Hollande puisque,dans une déclaration étrange du 18 avril 2014, il est allé jusqu’à avouer qu’il ne se représentera pas si le chômage ne baisse pas avant 2017, formule maladroite qui pourrait presque inciter les chefs d’entreprise qui lui sont hostiles, c’est-à-dire la quasi totalité d’entre eux, à limiter les embauches.

L’exemple de la révolution de 1789 est là pour montrer comment et à quelle surprenante vitesse les dérapages vers l’autoritarisme, l’arbitraire et le chaos se produisent. La valse-hésitation de Louis XVI sur la conduite à tenir : collaboration avec les députés, conflit par le veto ou fuite hors de France, lui a coûté son trône et sa tête. Peu après, les rivalités d’intérêt et d’ambition entre révolutionnaires ont vite cédé la place à la peur panique. C’est pour prendre les devants sur leurs ex-amis devenus adversaires puis ennemis que les Robespierristes firent périr les Dantoniens. C’est pour les mêmes motifs que, quelques mois plus tard, les Thermidoriens envoyèrent vers l’échafaud les partisans de Robespierre et Saint-Just.

Il n’y a plus ni rime ni raison quand la terreur gouverne les esprits. Ces luttes intestines perduraient car la question de la crise financière et les menaces aux frontières entretenaient en permanence les rivalités au sujet de la conduite à tenir. Nous n’en sommes heureusement pas là mais, dans la France de 2014, les éléments d’une crise de régime se mettent peu à peu en place.

Tous convergent vers l’efficacité ou l’inefficacité de la politique menée à Francfort et Bruxelles. Or, on l’a vu, le vice de construction de l’Euroland rend peu probable le retour de la croissance dans les pays d’Europe qui ont accumulé un handicap de compétitivité trop important ces dix dernières années.

Il suffirait que l’activité internationale replonge pour une raison quelconque : crise entre la Chine et Taïwan, guerre en Ukraine, lassitude des milieux financiers devant l’incontrôlable déficit budgétaire américain, troubles liés au ralentissement économique en Chine, résurgence du conflit entre l’Inde et le Pakistan, expansionnisme russe en Asie centrale, etc. et la stagnation dans laquelle se débat l’Europe redeviendrait récession.

Pourtant, le pire n’est jamais sûr.

À ceux qui voudraient éviter une révolution et ses conséquences imprévisibles, la voie de la réforme profonde, que nous nommerons l’« Antichose », est étroite mais elle n’est pas encore fermée. Les deux mâchoires qui se referment sur la France pourraient être écartées en même temps à l’occasion par exemple d’élections présidentielle et législative anticipées. Il faudrait desserrer l’étau européen en même temps que réduire puis éliminer la « Chose » et ses excroissances et démembrements.

Personne n’imagine que ce sera aisé. Puisque le mal est lové au coeur de la République et du système politique, l’entreprise peut même sembler impossible : comment demander aux politiciens profession-nels, par exemple, de se faire hara-kiri en diminuant drastiquement leur nombre et leurs privilèges ? Cette réforme radicale de la France est de celles qu’une société n’accomplit qu’une ou deux fois par siècle. Elle impliquerait de donner à la France un élan et d’assumer une prise de risque au moins analogues à ceux de 1958. Elle passerait par le rétablissement du lien direct entre le pouvoir central et le peuple, seul antidote au mal qui ronge la France depuis deux siècles, isolant les dirigeants du reste de la population et les circonscrivant à une relation stérile avec des corporations réactionnaires.

Extrait de "Français, prêts pour votre prochaine révolution ?", de Serge Federbusch, publié chez Ixelles, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 15/06/2014 - 12:40 - Signaler un abus Oui, et alors?

    Après "cass-toi pov'con de Flamby!" Qu'est-ce qu'on fait? On élit qui, dans ce pays pourri par ses institutions gauchistes, ses syndicats, ses associations et ses médias gauchistes, sa corruption électoraliste et gauchiste? Alain Juppé? qui ne pourra rien faire excepté raccommoder ce "grand corps malade", ou un autre quidam présidentiable, peu importe si ce n'est pas Marine... Car ils ne pourront rien faire, tant la structure de la France a été pourrie de l'intérieur par l'infection gauchiste qu'ils ont déjà laissé faire, et tant que les Français n'éliront pas une vraie réformatrice...cinq ans après une nouvelle expérience catastrophique!

  • Par zouk - 15/06/2014 - 12:47 - Signaler un abus Démission?

    C'est malheureusement la dernière solution devant l'échec de plus en plus éclatant de Fr. Hollande et ses thuriféraires.

  • Par Anguerrand - 15/06/2014 - 16:27 - Signaler un abus Il faut un technicien competent

    Pas un politique uniquement obsédé par sa réélection et qui réalise toutes les réformes nécessaires à la France, y compris et surtout des économies, la suppression de tous les privilèges entre autre du secteur public- régimes sociaux, division par 10 des élus, révision des allocations de toutes sortes et de la fraude par recoupement automatique de tous les fichiers, suppression du régime actuel des fonctionnaires, arrêt de l'immigration, et obliger les maghrébins à choisir entre leur 2 nationalités après un examen de leurs connaissance en français, coutumes, langue, etc. Aucun politique ne peut faire ça. Bien sur il y aura des grèves dures mais comme Tatcher ne rien lâcher, un jour ou l'autre chacun a besoin de son salaire.

  • Par céleste - 15/06/2014 - 16:56 - Signaler un abus Il l'avait d'ailleurs prévu

    Si l'on croit ce qu'on peut lire sur Twiter, il aurait suggéré que, s'il était devenu vraiment impopulaire à mi-mandat, (lors d'élections par exemple), il démissionnerait. Qu'attend-t-il ? Nous (ou moi) nous n'attendons que cela, et de nouvelles élections. Il y aurait des candidats autrement sérieux.........

  • Par jmpbea - 15/06/2014 - 17:20 - Signaler un abus Il faudra détruire la puissance destructrice des corporations...

    Qui pourra diriger et mener à bien cela a part une junte militaire? Les corporatismes sont devenus bien trop forts de par le laxisme des gouvernements depuis 50 ans....

  • Par assougoudrel - 15/06/2014 - 18:19 - Signaler un abus Il ne faut surtout pas

    qu'il démissionne, le gros nain-gros naze. Il faut le laisser finir son mandat, car les français ont la mémoire trop courte. A la fin de son mandat, le pays sera dans un tel état de délabrement, que le peuple ne voudra plus de partis, mais un homme ou une femme déja riche. Qui n'aura même pas besoin de salaire (sa paie lui permettra de s'acheter une bière). Quelqu'un qui a déja diriger une entreprise et qui prendra comme ministres et conseillers des gens qui ne sont pas issus de l'ENA, mais des entrepreneurs, des gens riches qui ne pensent pas à se péter le ventre sur le dos du contribuable (bien que le riche veut devenir plus riche). Enfin des dirigeants qui pensent d'abord au pays. Même le FN attend son tour pour une place convoitée depuis longtemps. Les copains d'abord. Pas de parti. Je crois que je suis parti dans des rèveries.

  • Par sheldon - 15/06/2014 - 20:53 - Signaler un abus Ce n'est pas Hollande mais c'est sa majorité à renvoyer !

    Si il continue d' être trahi par la gauche il devra dissoudre la chambre. C'est la meilleure solution car, de plus, on est sûr de ne pas avoir Sarkozy comme 1er ministre ! Donc que du bonheur, même si il y aura quelques députés populistes incompétents comme en Italie avec Bepe Grillo, mais au moins on pourra voir le ridicule de leur programme !

  • Par 2bout - 15/06/2014 - 21:01 - Signaler un abus Puisque la République "fonctionne"

    et n'investit plus depuis longtemps, il est nécessaire de réformer la République. Hollande a fait preuve de suffisamment de stratégie pour être conduit à la Présidence, comment alors, peut-il être réduit à régionaliser la France avec ses crayons de couleurs, seul dans son grand bureau ? Mes parents ont 6 petits-enfants. Dès Septembre 3 d'entre eux seront partis à l'étranger. Combien reviendront ? Un cas particulier ? Mes voisins sont dans les mêmes situations et pour certains contraints d'apprendre l'anglais pour dialoguer avec leurs petits-enfants. Skype surveillé par la NSA. Voilà notre devenir. Comment ne pas se révolter ?

  • Par Texas - 16/06/2014 - 11:03 - Signaler un abus Texas

    Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale , le génie du Socialisme aura été de rendre le plus grand nombre , dépendant de l' Etat-Providence . Comment dans ces conditions , évoquer sans hypocrisie , cette fibre insurrectionnelle ( constituée de tant de motivations contraires ) dont nous nous vantons tant ?. La décomposition reste le plus probable .

  • Par Mandataire - 16/06/2014 - 17:56 - Signaler un abus Ni démission, ni dissolution…

    … La France doit boire le calice jusqu'à la lie! Nous ne comprendrons ce que nous devrons faire qu’une fois au fond du trou… à défaut d’avoir une Sainte Maggie qui a été la seule à en avoir pour sortir son Pays de l'ornière. Autant aller à cette étape le plus rapidement possible et non pas en implorant… Grâce monsieur le bourreau, encore une minute, monsieur le bourreau...—Alexandre DUMAS Père in La femme au collier de velours Chapitre VIII—1851 La FRANCE—Pays de l’escargot lancé au galop contre le mur politique et économique…—est en 2014 presque au stade de la GRANDE-BRETAGNE en… 1975! Allez encore un effort… avant la chute! Nous les Citoyens limitons le nombre de Mandats afin que la Politique ne soit plus un Métier… PS: radions les Poly-Tocards® condamnés de tous leur/s Mandat/s avec remboursement des sommes perçues à ce/s titre/s.

  • Par C1iD - 23/06/2014 - 21:48 - Signaler un abus Mince

    Je crois qu'il reste plus qu'à faire ses valises

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Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.

Il est l'auteur du livre L'Enfumeur, (Ixelles Editions, 2013) et de Français, prêts pour votre prochaine révolution ?, (Ixelles Editions, 2014).

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