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Conseil européen sur la compétivité : cette étrange obsession pour une doctrine qui n’a pas évité à sa championne, la Finlande, d’avoir une croissance pire que la France

Les ministres européens de l’Economie se réunissent ce lundi à Bruxelles afin d’évoquer, au sein du " Conseil compétitivité " de nouvelles mesures permettant de soutenir l’économie européenne. Une logique contestable, alors que la Finlande, championne européenne de la compétitivité, accumule les contre-performances économiques.

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Conseil européen sur la compétivité : cette étrange obsession pour une doctrine qui n’a pas évité à sa championne, la Finlande, d’avoir une croissance pire que la France

La Finlande campe au sommet de la hiérarchie européenne de la compétitivité. Crédit Reuters

En ce 29 février 2016, l’ensemble des ministres européens de l’Economie, Emmanuel Macron pour la France,  se réuniront à Bruxelles afin de participer au " Conseil compétitivité ", ceci dans l’objectif  " d’approfondir le marché intérieur européen".  En tant que doctrine, la notion de compétitivité est devenue centrale dans la poursuite de la stratégie économique européenne d’austérité, avec, pourtant, quelques curiosités.  

Ainsi, et en dehors de l’Allemagne, un pays s’est particulièrement fait remarquer pour son rigorisme et son amour immodéré des politiques d’austérité; la Finlande. Lors du débat relatif à la Grèce, le pays, représenté alors par l’ancien Premier ministre Alexander Stubb, s’était largement opposé à tout plan de sauvetage en faveur du pays gouverné par Alexis Tsipras. Une position largement soutenue par la population finlandaise, qui, selon un sondage Yougov, ne se prononçait qu’à hauteur de 14% en faveur d’une renégociation de la dette grecque.

Un record en Europe. Pourtant, derrière cette intransigeance sans doute basée sur l’expérience, la réalité actuelle de l’économie finlandaise se révèle paradoxe. 

En effet, selon le classement 2014 réalisé par le forum économique mondial, la Finlande détient la médaille d’or de la compétitivité européenne, devant l’Allemagne. De son côté, la France ne se classe qu’au 23e rang.  Mais malgré cette position honorifique, la Finlande n’est pas parvenue à redresser la barre de son économie depuis son entrée en crise :

Croissance réelle. Finlande. Données Banque Mondiale.

Cliquez pour agrandir

Ainsi, le PIB du pays, au 2e trimestre 2015, est toujours inférieur à son niveau de 2008. Et l’écart négatif dépasse même les 6.5%, alors que la France, pourtant réputée "non compétitive" a dépassé ce niveau  de plus de 2% (Soit un écart de 8 points de croissance en faveur de la France depuis 2008).

Pour aller plus loin, et si l’on ne veut regarder que l’aspect "coût du travail" de la compétitivité, le résultat est le même, la Finlande est mieux classée que la France, et même que l’Allemagne, sur ce plan :

Indice du coût du travail. 2012. Eurostat.

 
Commentaires

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  • Par REVERJOVIAL - 29/02/2016 - 11:32 - Signaler un abus Les exemples sont contradictoires

    Pour la Finlande une politique de relance est souhaitable par la consommation, le pays à beaucoup plus de marge que nous au niveau de l'endettement et des excédents commerciaux et du budget, ce n'est pas le cas de la France, quand aux USA si la croissance est plus forte c'est que la récession a été beaucoup plus forte que chez nous, c'est un phénomène normal de rattrapage en sachant que les nouveaux jobs sont peu qualifiés et mal payés et qu'il n'existe pas de protection sociale comparable à la France. Résultat une société très riche mais très inégalitaires avec 10 fois plus de criminalité qu'ici.

  • Par Benvoyons - 29/02/2016 - 11:38 - Signaler un abus Encore une vision fausse du problème de la Finlande .

    En effet sa structure industrielle est petite et pas assez diversifiée dont la cause est le climat en Finlande ne permet pas tout. Donc son problème est conjoncturelle et en aucune manière la relance ne serait la solution. Il y a le Japon qui malgré les relances à milliards (et les articles mirifiques sur les relances du Japon par le Journaliste) ne se relance pas :)::)) Bien évidemment il y aune cause structurelle qui n'a pas été vu et pris en compte pour que cela marche :)::))

  • Par brennec - 29/02/2016 - 17:50 - Signaler un abus Pas du tout convaincu par cet article.

    Si la finlande est un modèle, pourquoi pas la suisse? On nous serine toujours que la suisse, est trop petite et que ses recettes ne peuvent s'appliquer a la france. La finlande a 5 millions d'habitants, la suisse 8. En 1999, les ventes du groupe Nokia représentaient 4% du PIB finlandais et ... 1,5% en 2012, un poids qui a certainement encore diminué depuis. Voila qui peut aussi expliquer pas mal de choses. Je suis un peu étonné que Mr Goetzman soit obligé d'aller creuser aussi profond pour trouver des exemples qui confortent ses opinions. Il y en a de plus proches que cela et qui ne montrent pas forcément la même chose, et, en dehors de la zone euro, il y en a qui montrent exactement le contraire.

  • Par brennec - 29/02/2016 - 17:52 - Signaler un abus Post scriptum

    Ceci dit je suis d'accord que poser le problème en termes de compétitivité c'est tout simplement du mercantilisme pur et dur sous un autre terme.

  • Par cloette - 01/03/2016 - 08:27 - Signaler un abus eh bien!!

    Sur Wikipédia sont énumérées toutes leurs entreprises très connues et diverses. Avec 5 millions d'habitants un mode de vie sain et l'austérité comme dogme, on apprend qu'il n'y a pas de croissance et que le chômage sévit . Il faut m'expliquer ou alors je dirai une fois de plus Vive l'Europe !

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Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.

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