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Christophe Guilluy : "La posture anti-fasciste de supériorité morale de la France d'en haut permet en réalité de disqualifier tout diagnostic social"

La qualification pour le second tour d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen a mis en exergue la défiance de plus en plus forte des Français vis-à-vis de la politique et des partis traditionnels. Pour éviter l’arrivée au pouvoir de partis populistes, les élites politiques, intellectuelles et médiatiques seraient bien inspirées de se reconnecter avec les classes populaires.

Censure

Publié le - Mis à jour le 28 Avril 2017
Christophe Guilluy : "La posture anti-fasciste de supériorité morale de la France d'en haut permet en réalité de disqualifier tout diagnostic social"

Le premier tour de l'élection Présidentielle a permis à Emmanuel Macron et à Marine Le Pen d'être qualifiés pour le second tour. Sur le temps long, comment juger un tel bouleversement politique ? En quoi la qualification promise de Marine Le Pen dans les sondages a-t-elle pu participer à l'émergence du mouvement en Marche ! ?

Ce qui est intéressant, c'est que les deux candidats sont ceux qui se positionnent en dehors du clivage gauche-droite. Ceux qui ont été identifiés à droite et à gauche, issus des primaires, ne sont pas au second tour. La structure n'est plus le clivage gauche / droite. Le clivage qui émerge est lié complètement au temps long, c’est-à-dire à l'adaptation de l'économie française à l'économie monde. Dès 1992, avec Maastricht, ce clivage était apparu, avec la contestation d'un modèle mondialisé. Si on veut remonter plus loin, les causes sont à chercher dans le virage libéral, qui est le basculement des sociétés occidentales dans le néolibéralisme.

C'est une logique ou les sociétés vont se désindustrialiser au profit de la Chine ou de l'Inde par exemple. Cela est aussi vrai avec Donald Trump ou le Brexit, qui nait de la financiarisation de l’économie américaine sous Clinton et du thatchérisme.

Ce sont des dynamiques de temps long qui vont avoir un impact d'abord sur les catégories qui sont concernées par ce grand plan social de l’histoire : celui des classes moyennes. Tout cela se fait au rythme de la sortie de la classe moyenne. Logiquement, ce sont d'abord les ouvriers, qui subissent ce processus de désaffiliation politique et culturelle, qui sont les premiers à grossir le nombre des abstentionnistes et à rejoindre les mouvements populistes. Puis, ce sont les employés, les agriculteurs, qui suivent ce mouvement. La désaffiliation aux appartenances s’accentue. Les ouvriers qui votaient à gauche se retrouvent dans l'abstention ou dans le vote Front national, c'est également le cas aujourd'hui du monde rural qui votait à droite.

Ce que l'on constate, c'est que l'effet majeur de la disparition des classes moyennes est de mettre hors-jeu les partis traditionnels. Parce que le Parti socialiste ou Les Républicains ont été conçus pour et par la classe moyenne. Or, ces partis continuent de s'adresser à une classe moyenne qui n'existe plus, qui est mythique. Il ne reste plus que les retraités, cela a d'ailleurs été le problème de François Fillon, qui a perdu par son incapacité à capter le vote de la France périphérique, ces gens qui sont au front de la mondialisation. Il ne capte que ceux qui sont protégés de la mondialisation ; les retraités. C'est le même constat à gauche, dont le socle électoral reste la fonction publique, qui est aussi plus ou moins protégée de la mondialisation. Nous parlons d'électorats qui se réduisent d'année en année, ce n'est donc pas un hasard que les partis qui s'adressent à eux ne parviennent plus à franchir le premier tour.

C'est aussi ce qui passe en Europe, ou aux États Unis. Les territoires populistes sont toujours les mêmes, l'Amérique périphérique, l'Europe périphérique. Ce sont toujours ces territoires où l'on créé le moins d'emplois qui produisent ces résultats : les petites villes, les villes moyennes désindustrialisées et les zones rurales

La difficulté est intellectuelle pour ce monde d'en haut ; les politiques, les journalistes, les universitaires etc… Il faut penser deux choses à la fois. Objectivement, nous avons une économie qui créée de la richesse, mais ce modèle fonctionne sur un marché de l'emploi très polarisé, et qui intègre de moins en moins et créé toujours plus d’inégalités sociales et territoriales C'est ce qui a fait exploser ce clivage droite gauche qui était parfait, aussi longtemps que 2 Français sur 3 faisaient partie de la classe moyenne. Si on n'intègre pas les gens économiquement, ils se désaffilient politiquement.

Dès lors, peut-on parler de système "réflexif" ? Entre un Front national qui a pu émerger dans les années 80, aussi bien sur la base du "surgissement" du chômage de masse que sur les questions migratoires, jusqu'à la présence de Jean Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002, et l'émergence d'un mouvement cherchant à dépasser le clivage droite gauche au travers d'Emmanuel Macron ?

C'est son modèle inversé. Emmanuel Macron comme Marine Le Pen ont fait le constat que cela ne se jouait plus autour du clivage gauche / droite. Ils ont pris en compte la polarisation de l'économie, entre un haut et un bas, et sans classes moyennes. Dans ce sens-là, l'un est la réponse de l'autre.

Géographiquement, et sociologiquement, en quoi le mouvement En Marche ! se définit il en miroir du Front National ?

Géographiquement, c’est l’opposition entre la France des métropoles et la France périphérique qui structure le match Emmanuel Macron/ Marine Le Pen. On a déjà pu voir quelques cartes sur l'opposition est ouest, mais ce clivage est ancien, hérité, il ne dit rien des dynamiques en cours. Lorsque j'étais étudiant ces cartes est ouest existaient déjà, elles expriment l'héritage de l'industrie, et donc de la désindustrialisation. C'est là où il y a le plus de chômage, de pauvreté, d'ouvriers, et le plus de gens qui votent FN. Ce qui est intéressant, c'est de voir les dynamiques. C'est en zoomant à partir des territoires qui créent le plus d'emplois et ceux qui en créent le moins. Par exemple, en Bretagne, ou Marine Le Pen fait 6% à Rennes, et 20% dans les zones rurales. C'est toujours un distinguo entre les dynamiques économiques. Aujourd'hui les classes populaires ne vivent plus aux endroits où se créent les emplois et la richesse.

Le marché de l'immobilier s'est chargé, non pas dans une logique de complot, évidemment, mais dans une simple logique de marché, de chasser les catégories dont le marché de l'emploi n'avait pas besoin. Ces gens se trouvent déportés vers les territoires où il ne se passe rien. Or, les élites n'ont de cesse de parier sur la métropolisation, il est donc nécessaire que s'opère une révolution intellectuelle. Il serait peut-être temps de penser aux gens qui ne bénéficient pas de ces dynamiques, si on ne veut pas finir avec un parti populiste en 2022.

En perdant une partie de leurs bases, la gauche avec les ouvriers, la droite avec les agriculteurs, les partis de gouvernement semblent s'être détournés des classes populaires. Quelles sont les conditions permettant une "normalisation" de la situation, dont l'objectif serait de récréer des partis de masse ? 

Tout le bas ne peut pas être représenté que par le Front national. Il faut que les partis aillent sur ces thématiques. Il y a toujours eu un haut et un bas, et des inégalités, la question est qu'il faut que le haut soit exemplaire pour le bas, et qu'il puisse se connecter avec le bas. Il faut que le "haut" intègre les problématiques du "bas" de façon sincère. C'est exactement ce qui s'était passé avec le parti communiste, qui était composé d'une base ouvrière, mais aussi avec des intellectuels, des gens qui parlaient "au nom de". Aujourd'hui c'est la grande différence, il n'y a pas de haut qui est exemplaire pour le bas. La conséquence se lit dans le processus de désaffiliation et de défiance des milieux populaires dans la France périphérique mais aussi en banlieues.

Plus personne n'y croit et c'est cela l'immense problème de la classe politique, des journalistes etc. et plus généralement de la France d’en haut. Ces gens-là considèrent que le diagnostic des gens d'en bas n'est pas légitime. Ce qui est appelé "populisme". Et cela est hyper fort dans les milieux académiques, et cela pèse énormément. On ne prend pas au sérieux ce que disent les gens. Et là, toute la machinerie se met en place. Parce que l'aveuglement face aux revendications des classes populaires se double d’une volonté de se protéger en ostracisant ces mêmes classes populaires. La posture de supériorité morale de la France d’en haut permet en réalité de disqualifier tout diagnostic social. La nouvelle bourgeoisie protège ainsi efficacement son modèle grâce à la posture antifasciste et antiraciste. L'antifascisme est devenu une arme de classe, car elle permet de dire que ce racontent les gens n'est de toute façon pas légitime puisque fasciste, puisque raciste. La bien-pensance est vraiment devenue une arme de classe. Notons à ce titre que dans les milieux populaires, dans la vie réelle les gens, quels que soient leurs origines ne se parlent pas de fascisme ou d'antifascistes, ça, ce n'est qu'un truc de la bourgeoisie. Dans la vie, les gens savent que tout est compliqué, et les gens sont en réalité d'une hyper subtilité et cherchent depuis des décennies à préserver leur capital social et culturel sans recourir à la violence. Le niveau de violence raciste en France reste très bas par rapport à la situation aux États Unis ou au Royaume Uni.

Cette posture antifasciste, à la fin, c'est un assèchement complet de la pensée. Plus personne ne pense la question sociale, la question des flux migratoires, la question de l'insécurité culturelle, celle du modèle économique et territorial. Mais le haut ne pourra se régénérer et survivre que s'il parvient à parler et à se connecter avec le bas. Ce que j'espère, c'est que ce clivage Macron Le Pen, plutôt que de se régler par la violence, se règle par la politique. Cela implique que les partis intègrent toutes ces questions ; mondialisation, protectionnisme, identité, migrations etc… On ne peut pas traiter ces questions derrière le masque du fascisme ou de l'antifascisme.

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 27/04/2017 - 08:27 - Signaler un abus Bon article

    D'où l'intérêt que MLP aie le meilleur score possible pour que les bourgeois désormais tous...bohèmes et sociaux libéraux comprennent le monde au delà de leurs cités fortifiées intellectuellement et connectées.

  • Par Deneziere - 27/04/2017 - 08:47 - Signaler un abus Il reste des questions sans réponse.

    Disparition des classes moyennes: en France elle est plus lente qu'ailleurs parce que plus fonctionnarisée qu'ailleurs, et que les effectifs de la fonction publique ne cessent d'augmenter. Donc le raisonnement est ici trop grossier. Et on ne parle que de Le Pen. Comment le populisme de gauche rentre-t-il dans le raisonnement de Guiluy ? En cumulé, le bolcho-bolivarisme dépasse les 20%. Cela revient-il à dire que ce sont les fonctionnaires qui ont voté Méchancon ? C'est plausible, mais il faudrait le démontrer.

  • Par Stargate53 - 27/04/2017 - 09:11 - Signaler un abus Plus tard mais le plus tôt possible !

    Ce qui compte aujourd'hui, c'est d'éviter un choix extrême pour la présidence de la république. Les questions des sacrifiés de la mondialisation, du traitement des victimes du changement de paradigme de l'économie mondiale (AI) et ses conséquences humaines ne peuvent avoir lieu que dans une France ouverte et pas dans une France où la politique serait de jouer, de surfer cyniquement sur les peurs et les hantises de ceux qui souffrent. Pour redonner l'espoir, il faut une vision positive et humaniste dénuée de rancoeur et haine. Savoir choisir la priorité est primordial pour l'échéance du 7 mai 2017 !

  • Par lemillanh - 27/04/2017 - 09:43 - Signaler un abus EXCELLENTE ANALYSE

    Je vais de ce pas convaincre Mr Fillon de refaire sa copie après avoir été disculpé lui et sa femme un programme un peu moins tatchérien un peu plus Mélonchiste pour 2022 ...

  • Par cloette - 27/04/2017 - 09:57 - Signaler un abus Le mot

    Le mot " Posture" est le bon ! ( pas Le bon mot mais Le juste mot )

  • Par Olivier62 - 27/04/2017 - 10:12 - Signaler un abus Les classes populaires ont-elles encore droit à l'existence ?

    Très bonne analyse, mais il faut aller au fond des choses. Vous dites :"l'aveuglement face aux revendications des classes populaires se double d’une volonté de se protéger en ostracisant ces mêmes classes populaires." C'est vrai mais ce n'est qu'une interprétation sociale. Le véritable problème est que l'élite ne s'intéresse pas aux revendications des classes populaires pour la simple est bonne raison qu'elle les a condamnées à la disparition ethnique pure et simple, par le jeu du "grand remplacement". Quand Valls parle de "politique de peuplement" s'agissant de l'immigration de masse, favorisée et encouragée par tous les moyens, il faut bien discerner la logique profonde de ce phénomène.

  • Par ZeArno - 27/04/2017 - 10:26 - Signaler un abus @Stargate53

    Je pense qu'il est vital de sortir des clichés et du prêt à penser que nous servent les politiques et médias traditionnels. Lorsque je regarde le programme de MLP, lorsque je l'ai vu l'autre soir, je n'ai pas vu la vision d'une France fermée à double tour avec des échanges bloqués ad vitam. J'y ai vu une France qui continue de commercer avec ses partenaires mais qui remet SES intérêts au centre de ses décisions, assurant son rôle premier de protection de ses citoyens et de ses entreprises, comme le font de nombreux pays, les US en tête (et ce bien avant Trump). Je souhaiterais juste que, ce 7 Mai, les gens choisissent suivant un raisonnement personnel, une appétence ne serait-ce que partiel a un programme et non suivant des consignes idiotes, symboles d'une politique obsolète dont on ne veut plus, ou des manipulations médiatiques véhicule de fausses vérités et de raisonnements pré-mâchés.

  • Par vingttroisavril - 27/04/2017 - 10:46 - Signaler un abus suite et fin

    Fillon out ,abstention le 7 mai.Mais si Macron continue son cirque hystérique je vais hésiter .Les tenants de la doxa mondialiste sont insupportables .Avec Fillon je souhaitais que le pays ne s'appauvrisse plus .Avec tous les autres il s'appauvrira mais certains seront gagnants ,pas les mêmes avec Macron ou avec Marine ,ceux de Marine deviennent plus sympathiques,ceux de Macron froids et calculateurs.

  • Par cloette - 27/04/2017 - 11:20 - Signaler un abus Il faut reconstruire

    la mondialisation . ça ne va plus .

  • Par lasenorita - 27/04/2017 - 11:31 - Signaler un abus Les ''élites'' politiques..

    Les ''intellectuels'' et les ''élites'' politiques... au lieu de vomir sur le F.N. en traitant ce parti de ''raciste'', de xénophobe''.. feraient mieux d'essayer de comprendre (eux qui sont intelligents) pourquoi Marine le Pen est si populaire! Ces ''élites'' insultent les 7,7 millions de Français qui ont voté F.N. en les traitant de ''racistes ...Théo qui a giflé un policier et les musulmans (que ces ''intellectuels'' aiment tellement),eux, ne sont pas ''racistes''??...les gauchistes qui favorisent les musulmans au détriment des non-musulmans, eux, ne sont pas ''racistes''??. Beaucoup de Français ont voté F.N. parce qu'ils en ont RAS-LE-BOL des islamos-racailles, des racailles ''rouges'', des juges ''rouges'', de la C.G.T. ''rouge'',etc..etc..et ils n'ont pas envie que notre France soit gouvernée par des ''rouges'' staliniens et par des assassins musulmans!.. les enfants et petits-enfants des fellouzes, responsables de la mort et de la torture de milliers de non-musulmans ''innocents'' sont députés, sénateurs, ministres dans notre pays...ces assassins de fellouzes sont très bien reçus,chez nous,où ils achètent des propriétés (eux qui ont ''nationalisé'' les biens des non-musulmans

  • Par J'accuse - 27/04/2017 - 11:33 - Signaler un abus Qu'ils oublient les classes et parlent au peuple indivisible

    Pour un parti ou un politicien, se "connecter avec une classe" veut dire réussir à la duper en se faisant élire grâce à elle. Ce qu'il faut, c'est qu'ils se connectent avec le peuple en entier, pas avec des fragments clientélistes roulés dans la farine.

  • Par Ganesha - 27/04/2017 - 11:47 - Signaler un abus Macron face à la RÉALITÉ !

    Marine Le Pen met le doigt ''là où cela fait mal'' ! Elle confronte, ENFIN!, Emmanuel Macron, et la caste des ''experts'' et des journaleux, à la RÉALITÉ ! Whirpool est un exemple parfait, caricatural, des dérives insupportables de la Mondialisation Libérale. Alors, on nous ressert ''piteusement'', les réponses habituelles : la théorie de la ''destruction créatrice'' et la ''Formation'' ! Problème : cela fait au moins dix ans que cela dure, et le constat est évident : la désindustrialisation continue et le chomage monte ! On nous ressort même la ''Flexi-Sécurité'' : Sarko en avait parlé, mais cela avait été oublié au bout de quelques semaines : le ''modèle danois'' demanderait un effort gigantesque pour être transposé ailleurs dans le monde. Ce que Macron ne dit pas, c'est que le ''Protectionnisme Intelligent'' a été utilisé avec succès par les USA pour lutter contre le ''dumping'' de l'acier chinois, et que c'est un èlément essentiel du programme de Donald Trump . Si elle continue sur cette lancée, mettre son adversaire ''le nez dans le caca'', avec les pêcheurs, les agriculteurs, les délais d'attente pour voir les médecins et les suppléments d'honoraires... elle va gagner !

  • Par adroitetoutemaintenant - 27/04/2017 - 11:53 - Signaler un abus Une lecture de l’Amérique

    Bill Clinton se fait sucer par son interne Monica Lewinsky et Hillary se tape son interne femelle Huma Habedin a la maison Blanche. D’ailleurs, Bill reconnait que Hillary a couché avec plus de femmes que lui. Obama est gay, marié à un transgender Michael (Michelle). Cela leur rapporte les voix LGBT et de la gauche c’est-à-dire celles des grandes villes pendant que les oubliés de la périphérie votent Trump. D’ailleurs, la carte des électeurs de la mère Clinton est superposable à la carte de distribution du Sida. Maintenant regardez la carte de la France et on retrouve la même distribution entre Macron, le faux mec, et Marine Le Pen une vraie nana qui en a plus dans le froc que le gringalet. La vraie question est de savoir si les 10 millions de faux électeurs pour la mère Clinton se retrouvent dans la même proportion pour le Macron.

  • Par Rosalain 44 - 27/04/2017 - 12:26 - Signaler un abus Une oligarchie devenue "raciste"

    Christophe Guilluy, fait une analyse remarquable. Ceux qu'il range sous le vocable "la France d'en haut" , ceux que moi je qualifie "d'oligarchie régnante", sont devenu au fil du temps, des intolérants en puissance. Toute personne ou toute idée qui risque de venir troubler le bel ordonnancement de de leur bulle dorée et caviarisée est immédiatement perçue comme un ennemi à abattre. C'est ainsi qu'en période de vaches maigres, ils ont peur de devoir partager avec les "sans dents", alors ils parlent et ils sollicitent et obliges leurs faire valoir, dans les médias, dans les écoles de journalisme, dans les écoles de la magistrature, à dénoncer l'immoralité et le nationalisme des Français qui se rebiffent. Il les traitent de racistes sans se rendent compte, que c'est eux qui rejettent et qui sont intolérants. Cette intolérance est une vraie forme de racisme anti peuple, anti ouvriers, anti pauvres. Voilà la chienlit de la pensée d'en haut !

  • Par GP13 - 27/04/2017 - 12:27 - Signaler un abus Honneur au populisme ?

    Cet excellent article permet de comprendre que le populisme n'est qu'un retour furieux du politique. C'est, au fond, une réponse à une élite qui a oublié que les dirigeants d'un pays n'ont de légitimité que s'ils s'engagent pleinement à défendre et protéger le peuple.

  • Par cloette - 27/04/2017 - 12:31 - Signaler un abus Le peuple

    c'est l'âme d'un pays, il doit être protégé .

  • Par ikaris - 27/04/2017 - 13:16 - Signaler un abus Bravo à Christophe Guilluy

    très bon article comme déjà relevé. Sur le fond je ne pense pas que les politiciens soient sourds à ce qui est écrit ... mais je pense que dans les calculs de communicants des partis comme LR et le PS il est plus facile (accusation de populisme, influence des grands argentiers) et plus payant (vote immigré) de jouer la carte de la mondialisation heureuse et du communautarisme.

  • Par Deneziere - 27/04/2017 - 13:31 - Signaler un abus @stargate

    "France ouverte" ? Oui certes, c'est aussi mon avis, mais pas à tout et n'importe quoi. Il ne vous a pas échappé que Macron, en ce domaine comme dans d'autres, est d'un flou angoissant.

  • Par del1968 - 27/04/2017 - 14:10 - Signaler un abus Merci

    Merci pour votre article remarquable. Sur le fond, la forme et par sa clarté. J'espère que nous serons nombreux à vous lire et, forts de cette compréhension, à changer notre regard et nos façons de penser et faire notre société. Chacun de nous est responsable et acteur de la société dans laquelle nous vivons. Nous pouvons agir en votant, mais pas seulement.

  • Par adroitetoutemaintenant - 27/04/2017 - 15:12 - Signaler un abus Au fait il y a bien des juifs éduqués et dangereux !

    Attali le maitre à penser du toutou Macron veut une France à 187 millions d'habitants par l'immigration de masse. http://islamisation.fr/

  • Par Tropico - 27/04/2017 - 15:15 - Signaler un abus Stargate appartient au wǔmáo dǎng macroniste

    Faut pas leur parler, cela les instruit ! https://en.wikipedia.org/wiki/50_Cent_Party

  • Par lafronde - 27/04/2017 - 16:36 - Signaler un abus @Tropico

    Excellent ! votre dazibao !

  • Par lafronde - 27/04/2017 - 16:57 - Signaler un abus France périphérique et France girondine.

    Très pertinente interview de C. Guilluy. Nos terroirs ne tirent pas le même bénéfice du commerce international que les metropoles. Autrement dit les termes de l'échange ne sont pas bon. Il faut les modifier. D'où viendra la volonté politique ? Michel Onfray dans sa "Contribution aux présidentielles" nous indique le blocage : le jacobinisme. En juin, choisissez la Liberté. Candidatez comme député fédéraliste. Vivre et décider au pays ! Faites la grève de l'impôt et de la TVA. Contre le coup d'Etat mediatique parisien, organiser un coup d'Etat local. Avec vos voisins concitoyens, proclamez la République autonome dans votre canton, votre ville. Organiser localement Ecole, Solidarité, et Police. Incorporez les fonctionnaires nationaux dans la collectivité où ils travaillent. Par la subsidiarité vous n'avez pas besoin d'un Etat taxant 45% de la richesse et en consommant 57 % ! Dès que la Province française se sera débarassé de la tutelle parisienne, elle pourra selon le tlent et le courage de ses élites locales, retrouver une compétitivité mondiale et une prospérité locale. En juin faites un coup d'Etat local aux Législatives avec vos candidats autonomistes et fédéralistes.

  • Par brennec - 27/04/2017 - 17:10 - Signaler un abus quel marché?

    Le marché de l'immobilier n'a rien d'un marché, complètement manipulé par la 'politique du logement'. Aussi il serait plus juste de dire que c'est l'état qui est responsable de l'éviction des catégories que cite Guilluy.

  • Par DANIEL74000 - 27/04/2017 - 17:31 - Signaler un abus ILLETRISME, INCONSCIENCE OU COMAS ?

    Hitler, Mussolini, Franco étaient des fascistes mais à l'origine des nationales socialistes détenant seul le Pouvoir. En France l'oligarchie de l'ENA est la démocratie républicaine et Le Front National le fascisme et pourtant est-ce un parti de gouvernement ? N'y a t'il pas d'autres fascistes près de nous encensés par le parti au pouvoir ?

  • Par Totor Furibard - 27/04/2017 - 18:06 - Signaler un abus Tres bon analyse dans cet article.

    Effectivement, le dénigrement de tout ce qui s'éloigne de la pensée unique (ou "mainstream") est à l’œuvre. C'est aussi vrai pour la sortie de l'Euro. On ne peux traiter ses partisans de racistes, alors on les traite de xénophobes, de nuls en économies, ou même de crétins, quand bien même le danger de cette union monétaire précoce était déjà dénoncé par de brillants économistes avant même d'être mise en place, alors que tous les économistes reconnaissent aujourd'hui la gestion catastrophique de cette monnaie jusqu'à Mario, et que tout le monde peut voir que les pays Européens en dehors de l'Euro font beaucoup mieux que dans la zone, à part l'Allemagne pour qui cette monnaie est taillée sur mesure et quelques pays de l'Est qui profitent à la foi des subventions structurelles, du libre marché, et de l'avantage concurrentiel énorme de leur main d’œuvre bon marché.

  • Par Citoyen Ordinaire - 27/04/2017 - 20:18 - Signaler un abus Ras le bol de ce mot "populisme"

    Heureusement qu'on s'intéresse à la vie des gens....sinon à quoi sert la politique ?

  • Par Deudeuche - 27/04/2017 - 20:26 - Signaler un abus @Lafronde

    Oui l'aristocratie de cette merde de capitale est digne de celle de feux l'ancien régime.

  • Par Anouman - 27/04/2017 - 21:20 - Signaler un abus Populaire

    C'est bien de parler de classes populaires mais je suis persuadé que ça ne constitue pas la totalité de l'électorat FN. IL y a des gens qui préfèrent Le Pen à Macron et qui ne sont pas vraiment dans les déclassés. Car, certes, certains aspects du programme FN laissent à désirer mais chez Macron tout laisse à désirer, voire à provoquer la nausée. On pourra regretter que LesR n'aient pas fait un programme plus motivant sur l'UE, l'immigration, la sécurité, l'éducation, les libertés, la politique étrangère..et même la fiscalité, mais c'est un parti tout aussi hétérogène que le PS: autant de lignes que de membres ou presque. Mais aucune raison de reconduire Hollande "revisited" à l'Elysée (même si c'est ce qui nous pend au nez et dans 6 mois ceux qui ont voté Macron s'en mordront les doigts).

  • Par draxxyn - 27/04/2017 - 21:21 - Signaler un abus Démocratie

    40% ds allemands avaient voté pour Hitler en 1933...

  • Par amaguiz - 27/04/2017 - 22:57 - Signaler un abus Excellent article, vraiment.

    Excellent article, vraiment.

  • Par lepaysan - 27/04/2017 - 23:04 - Signaler un abus Très bonne analyse mais...

    La mondialisation est incontournable donc adaptons nous tout en gardant notre modèle social en protégeant les victimes mais en libéralisant les petites entreprises qui peuvent créer des millions d'emplois de proximité et notamment dans les territoires oubliés. Pour ca, on peut s'inspirer des modèles Anglais, espagnols ou italiens pleins de TPE et de PME.

  • Par lafronde - 28/04/2017 - 01:20 - Signaler un abus @deudeuche

    La néo-aristocratie parisienne est progressiste. Elle vomit le patriotisme à l'image de BHL. Elle rançonne et parasite les parisiens avec son clientélisme migratoire - Mme Hidalgo. Comme disait le camarade Mao Zedong, le poisson pourrit par la tête.

  • Par mahesa - 28/04/2017 - 01:21 - Signaler un abus Remarquable, comme toutes vos publications.

    Mais, pour en avoir discuté avec mes amis de '' l'élite '', soutiens fanatiques de Macron, les analyses de Guilluy sortent du champ des acceptables. C'est à la fois du déni et de l'égoïsme violent, genre '' on ne va pas s'arrêter de bosser avec Shanghai et New-York, tant pis pour eux ''. C'est extrêmement choquant.

  • Par mahesa - 28/04/2017 - 01:21 - Signaler un abus Remarquable, comme toutes vos publications.

    Mais, pour en avoir discuté avec mes amis de '' l'élite '', soutiens fanatiques de Macron, les analyses de Guilluy sortent du champ des acceptables. C'est à la fois du déni et de l'égoïsme violent, genre '' on ne va pas s'arrêter de bosser avec Shanghai et New-York, tant pis pour eux ''. C'est extrêmement choquant.

  • Par Sandch - 28/04/2017 - 09:16 - Signaler un abus Excellent article

    .. qui nous rappelle que l'enjeu de la démocratie ne se réduit pas à voir "son" candidat élu sur un programme monolithique mais au contraire à envisager des points de vue différents. Cette présidentielle ne se joue que sur la disqualification des candidats les uns après les autres. Et même aujourd'hui, où la mondialisation est devenue le pivot de la campagne, on est au mieux dans un débat référendaire (Oui/non) alors qu'il est possible, comme l'ont prouvé de nombreux pays, de réfléchir à ses modalités pour qu'elle profite à tous. Merci monsieur Guilluy pour cet article.

  • Par 2bout - 28/04/2017 - 10:08 - Signaler un abus Quand la France d'en haut, la France éduquée,

    s'adresse à celle d'en bas, elle ne raisonne plus, elle déraille. Encore une fois, je suis atterré par ce que j'ai entendu sur France Inter. Ce matin, un philosophe prétendait que pour sauver la démocratie, il fallait voter Macron, le pire eût été que Macron fut absent du second tour. Soit ! Mais si la démocratie c'est avoir le choix entre Macron et Macron, qu'elle ne s'étonne pas que certains électeurs préfèrent voter Le Pen.

  • Par evinrude - 28/04/2017 - 11:06 - Signaler un abus Superbe article

    Vraiment chapeau Monsieur, car effectivement c’est ce qui se pose comme problème à tout le monde, chacun du côté de ce clivage entre les zélites et les méprisés. Une remarque au journaliste qui pose les questions de cet article, quand il demande : « les conditions d’une normalisation » et de « l’objectif de recréer des partis de masse », il faut qu’il sache qu’il ne s’agit pas de traiter les êtres humains comme des objets (numériques, économiques, ressources physiques, etc) ou des instruments, mais comme des êtres vivants qui ont des enjeux de vie, c’est-à-dire humains, psychologiques, affectifs, de vie, de famille, bref toutes choses méprisées au nom du rendement, de l’argent, de la compétition, du pouvoir, de la place, et last but not least de l’image. Oui les « petites gens » ont une intelligence du réel, branché sur la vie réelle et pas sur des fantasmes idéologiques.

  • Par evinrude - 28/04/2017 - 11:15 - Signaler un abus Le nouveau visage de la déshumanisation

    Quand comprendront-ils que ce que les gens d’en bas veulent c’est vivre et pas de ces machines monstrueuses où on appelle « emploi » ce qui n’est qu’un gagne-misère, où les travailleurs sont coupés de la possibilité de faire une activité qu’ils aiment. Être vendeur dans une grande surface n’a rien de comparable avec la vente dans son propre commerce, mais on a fait mourir toute diversité et activité à taille humaine ? Un nouveau délire idéologique consiste semble-t-il à vanter les « Hyper-lieux » et les « mégalopoles » : décidément le démon de la déshumanisation change de visage mais ne diminue pas.

  • Par Jasmin84 - 28/04/2017 - 12:10 - Signaler un abus Ce matin sur Rmc Laurent

    Ce matin sur Rmc Laurent Neuman parlait avec mépris du parti de Marine en disant que ce parti n'est pas républicain. Mais personne ne dit en quoi Marine Lepen défend des valeurs qui ne sont pas celles de la Republique. Elle ne s'oppose pas à la liberté sauf celle des délinquants Elle ne s'oppose pas à l'égalité surtout l'égalité homme femme qui est aujourd'hui foulée aux pieds par les défenseurs des accommodements raisonnables Elle ne s'oppose pas à la fraternité qui n'a jamais consisté à accueillir l le monde entier sans restriction ni condition. Mr MACRON est il satisfait du visage qu'offre Calais, Paris, Porte de La Chapelle, les alentours de la Gare du Nord? Et qu en pense Mr Neuman ? La fraternité à bon dos. Accueillir trop de monde dans un prétendu élan de fraternité, les parquer dans des conditions indignes qui créent inévitablement de la violence et du désordre, c'est faire de la générosité sur le dos des plus pauvres, ce n'est pas de la fraternité c'est de la moraline

  • Par Texas - 28/04/2017 - 13:13 - Signaler un abus Bel article..

    ...mais parler de Libéralisme ( ou pire encore de " Néo-Libéralisme ) concernant l' U.E est une blague .

  • Par jurgio - 28/04/2017 - 15:09 - Signaler un abus Oui mais...

    Macron ne représente pas forcément le clivage gauche-droite. Peu croient à ses déclarations électoralistes du ni-ni et beaucoup pensent à un clone hollandien. D'ailleurs la Droite n'a sans doute été évincée que parce qu'elle a eu son DSK. En réalité, la Droite, contrairement à la Gauche endurcie dans ses principes hypocrites (ça fonctionne jusqu'à maintenant), n'a pas de visage véritable. Elle apparaît, par exemple, aussi bien sous l'effronterie perfide d'un Bayrou et la versatilité couarde d'un Le Maire.

  • Par joke ka - 28/04/2017 - 15:56 - Signaler un abus "L'antifascisme est devenu

    "L'antifascisme est devenu une arme de classe, car elle permet de dire que ce racontent les gens n'est de toute façon pas légitime puisque fasciste, puisque raciste. La bien-pensance est vraiment devenue une arme de classe. " tout est dit Mr Guilly vous avez tout compris ..

  • Par Michèle Plahiers - 28/04/2017 - 18:18 - Signaler un abus ...

    Quand il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème;

  • Par Michèle Plahiers - 28/04/2017 - 18:24 - Signaler un abus lemillanh Le rêve...mais d'ici là, ne pas glisser dans la boue.

    "Je vais de ce pas convaincre Mr Fillon de refaire sa copie après avoir été disculpé lui et sa femme un programme un peu moins tatchérien un peu plus Mélonchiste pour 2022" Je ne crois pas à un changement de Fillon. A son âge on ne se refait pas. Il est têtu et hait la gauche.

  • Par Michèle Plahiers - 28/04/2017 - 18:26 - Signaler un abus EON

    Macron est un peu comme le chevalier d'EON. Il peut encore nous réserver bien des surprise. Mieux vaut quelqu'un qui est en haut de l'échelle du pouvoir économique, qu'un Hamon, idéaliste sans le sous.

  • Par Michèle Plahiers - 28/04/2017 - 18:29 - Signaler un abus Le haut et le bas

    Les nouveaux riches qui ont gravi rapidement les échelons du pouvoir sont souvent des personnes qui viennent du bas sans passer par la case éthique. Tout au plus des arrivistes.

  • Par Michèle Plahiers - 28/04/2017 - 18:52 - Signaler un abus Populiste

    Mot valise. Il y a bien deux sortes d'individus. Ceux qui sont attirés par le bien et les autres,... Mais voter Le Pen en pensant qu'elle n'est pas la fille de son père, c'est comme cacher un serpent sous le tapis et dire: pas de danger.

  • Par Liberte5 - 28/04/2017 - 18:59 - Signaler un abus Le saut dans le vide ou la fuite en avant.

    La France va mal. Elle ira de plus en plus mal. Tous ceux qui se tâtaient encore, commencent à y réfléchir sérieusement: quitter la France.Pour ne pas vivre dans une France musulmane d'ici 20 ans.

  • Par Atlantica75000 - 28/04/2017 - 20:07 - Signaler un abus Etouffant

    En ce moment, émission de d"débats" de France Info : que des invités de gauche Je pense au poison instillé par Hervé Le Bras, invité partout pour son dernier livre, à la différence de l'auteur des "Yeux grand fermés" : il se permet de juger le caractère "scientifique" de la méthodologie du courageux Guily

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Christophe Guilluy

Christophe Guilluy est géographe. Il est l'auteur, avec Christophe Noyé, de "L'Atlas des nouvelles fractures sociales en France" (Autrement, 2004) et d'un essai remarqué, "Fractures françaises" (Champs-Flammarion, 2013). Il a publié en 2014 "La France périphérique" aux éditions Flammarion.

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