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Cartes grises : et hop, un joli raté informatique de l’Etat en plus

Les jours se suivent et se ressemblent parfois au point que j’en sois à me demander si je ne devrais pas proposer une rubrique spécifique, « l’Etat français et son informatique amusante » tant les interventions du premier dans ce domaine sont très régulièrement l’objet d’une belle tranche de rigolade à nos frais.

france.exe

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Cartes grises : et hop, un joli raté informatique de l’Etat en plus

 Crédit JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

En effet, j’ai de nombreuses fois évoqué le sujet, ô combien délicat, de la capacité de l’État, ses politiciens et ses administrations, à consciencieusement saboter de grands projets informatiques et à exécuter de travers ce qui relevait d’une mission au départ pas vraiment impossible.

Entre les interventions du législateur (dans les jeux vidéos, les moteurs de recherche en passant par HADOPI ou tant d’autres exemples flagrants), les décisions unilatérales consternantes des administrations en matière de numérique ou d’informatisation, les projets pharaoniques lancés à budgets illimités pour réformer au bulldozer l’un ou l’autre département, l’une ou l’autre application informatique cruciale, tout, dans les résultats obtenus, montre que, décidément, l’État français n’est vraiment pas doué avec le monde des intertubes, des ordinateurs ou des programmes bien troussés.

Chaque mois nous donne l’occasion de découvrir un nouveau dérapage, une nouvelle gabegie, un nouveau projet informatique foiré dans les grandes largeurs. En attendant le mois de juillet où nous pourrons faire le bilan, certainement croustillant, de Parcoursup (autre belle réalisation informatique de l’État), ce mois-ci nous offre l’opportunité de regarder ce qui s’est passé sur les cartes grises.

Depuis le mois de novembre dernier, les préfectures ont en effet supprimé leurs services « cartes grises » chargés d’assister professionnels et particuliers dans l’obtention de leurs titres d’immatriculation de véhicules, pour les renvoyer vers le site de l’ANTS (l’Agence nationale des titres sécurisés). Las, par un surprenant concours de circonstances (seuls concours que semblent gagner régulièrement les administrations publiques), l’Agence n’a pas été capable de fournir un logiciel fiable et un site en bonne et due forme. C’est la cata : entre 450.000 et 600.000 dossiers ont été bloqués.

Ce dernier chiffre n’est d’ailleurs pas connu avec précision puisqu’il semble que 200.000 dossiers (seulement ! – une paille) soient encore en souffrance actuellement. Mais indépendamment de cette bataille de (gros) chiffres, il n’en reste pas moins que le site de l’ANTS souffre de nombreux problèmes : lenteurs rédhibitoires, plantages intempestifs, dossiers perdus, les particuliers confrontés à la bestiole informatique de l’administration françaises n’en peuvent plus.

Bien évidemment, le tableau ne serait pas tout à fait complet si, à cette déroute informatique somme toute parfaitement prévisible et habituelle de l’État lorsqu’il s’agit de fournir un service public, on n’ajoutait pas une bonne louche de conséquences imprévues qui auront des impacts économiques négatifs. Eh oui, c’est aussi ça, la magie de l’État, celle qui consiste à transformer un problème technique en crise aiguë avec retombées économiques négatives : le contribuable, qui a payé le premier fiasco de la production logicielle, ne s’en sortira pas à bon compte si on ne lui ajoute pas aussi une petite dose de surcharges diverses pour réparer la foire provoquée…

 
Commentaires

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  • Par REVERJOVIAL - 20/06/2018 - 12:27 - Signaler un abus Bureaucratie et incompétence

    Et le logiciel de paiement des armées, Louvois qui n'a jamais bien marché laissant les militaires et leurs familles sans argent . Il a fallu attendre plusieurs années pour prendre au sérieux le problème.

  • Par moneo - 20/06/2018 - 12:35 - Signaler un abus comme je vous comprends

    les prélèvements de 2019 risquent bien d'être douloureux et en cas d erreurs .....

  • Par vangog - 20/06/2018 - 16:43 - Signaler un abus Ah, ces fameuses «  agences «  staliniennes...

    que le monde nous envie! L’URSS n’a pas eu le temps de développer ces organes indispensables à la planification stalinienne de l’économie, et au recasage des copains et syndicalistes gauchistes- mais la France macroniste a su le faire avec brio!...plus nul qu’eux, tu meurs!

  • Par Michel Baubet - 20/06/2018 - 21:42 - Signaler un abus Bizzare !

    Je viens d'acheter un véhicule d'occasion. Pour la carte grise je suis passé par Norauto (30 €). J'ai fait la démarche mardi matin. Jeudi matin la carte grise arrivait dans ma boite aux lettres. Ce n'est donc pas une question de programmes. En ce qui concerne le prélèvement à la source, et pour m'être occupé de paie pendant trente ans, en tant que chef comptable, je certifie absolument que du point de vue des entreprises, il n'y a aucune difficulté. Contrairement à ce que beaucoup croient il ne s'agit pas de calculer l'impôt lui même, mais seulement un acompte, en multipliant un taux fixe, par le revenu imposable du mois, ce qui est enfantin en matière de paie.

  • Par jpd - 20/06/2018 - 22:57 - Signaler un abus Effectivement...

    Pour obtenir une carte grise par le site officiel c'est quasi impossible sauf en faisant l'idiot et en allant à la préfecture en disant que l'on ne sait pas se servir d'un ordinateur (expérience personnelle). Par contre si l'on passe par un site payant c'est sans problème. A se demander si ...?

  • Par tananarive - 21/06/2018 - 08:51 - Signaler un abus A se demander si.

    Faut il employer la méthode des pays de seconde zone ou il faut mettre un billet au milieu des papiers. Suite à un changement d'adresse je suis en cours de changement d'immatriculation depuis mi février, impossible d'aller sur Internet car j'ai une ancienne plaque, je suis passé par un garagiste qui va en préfecture et depuis j'attends. Mon contrôle technique et à faire en juin et je n'ai pas pu le faire avant le changement car plus de carte grise mais une photocopie.

  • Par Prof et Cie - 21/06/2018 - 09:22 - Signaler un abus il n'est aucun probleme...

    qu'une absence de solution ne finisse par résoudre. Telle pourrait être la devise de la France au lieu de ce galvaudé: Liberté, il n'y en a plus! Egalité, dans la médiocrité! Fraternité, avec les bourreaux, les délinquants, les nuisibles...

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H16

H16 tient le blog Hashtable.

Il tient à son anonymat. Tout juste sait-on, qu'à 37 ans, cet informaticien à l'humour acerbe habite en Belgique et travaille pour "une grosse boutique qui produit, gère et manipule beaucoup, beaucoup de documents".

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