Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 14 Décembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Les avocats face à la révolution numérique. S’adapter pour rebondir

Si les avocats ont modernisé leurs pratiques, ils n’ont pas imaginé les nouvelles manières de délivrer les services juridiques. L’innovation est venue d’ailleurs, des start-ups du droit (ou « Legaltech »), qui surgissent à un rythme soutenu, et en premier lieu des Etats-Unis.

Les entrepreneurs parlent aux Français

Publié le
Les avocats face à la révolution numérique. S’adapter pour rebondir

Le monde du droit serait aujourd'hui sous la menace d’une « ubérisation », remettant en cause la manière dont sont organisés les avocats et les autres professions réglementées, voire, pourquoi pas, leur existence même. Il est vrai que si les avocats ont modernisé leurs pratiques, ils n’ont pas imaginé les nouvelles manières de délivrer les services juridiques. L’innovation est venue d’ailleurs, des start-ups du droit (ou « Legaltech »), qui surgissent à un rythme soutenu, et en premier lieu des Etats-Unis. L’essor des technologies de l’information dans le secteur juridique provoque des réactions qui ne sont pas sans rappeler des polémiques comparables à celles d'Uber ou de Airbnb et ce d’autant que les règles qui régissent le « marché du droit » sont parfois mises à mal. Reste à savoir si le conflit frontal est inévitable. Si l’on ne pourrait comme le prône l’Observatoire de l'Ubérisation, « Rassembler pour Réussir » et trouver un nouveau terrain commun pour que tous y prospèrent.

La Legaltech propose des produits bon marché et immédiatement disponibles, sans intermédiaire. Elle s’appuie sur l’accessibilité des plateformes, les possibilités de standardisation offertes par le recours aux algorithmes et sur les progrès de l’intelligence artificielle. Sa priorité est de répondre aux besoins en produisant au meilleur coût. Elle a conçu un nouveau mode de délivrance et elle confronte le consommateur, non pas à un juriste chargé d’apporter une solution individualisée, mais à un système intelligent. 

Les professionnels du droit, qui appartiennent à des professions réglementées, sont, quant à eux, soumis à des règles strictes dont l’objet est d’apporter des garanties de compétence et de sécurité aux « consommateurs de droit ». Ils fournissent généralement des prestations individualisées, dans le cadre d’un tête-à-tête avec leurs clients ; modèle qui permet de garantir expertise élevée, confidentialité et respect des règles sur les conflits d’intérêt. La qualité globale de leur offre n’est pas discutée. Cependant plusieurs facteurs se combinent pour la rendre difficilement accessible. Elle est coûteuse, de sorte qu’une partie importante de la population ou des petites entreprises ne peut plus s’offrir d’assistance juridique. Elle souffre d’un manque de transparence : la convention d’honoraires n’est devenue obligatoire que depuis quelques mois seulement et la publicité, même si elle est autorisée est encore peu pratiquée. Enfin, l’identification du professionnel compétent présente un niveau de difficulté suffisant pour décourager de multiples consommateurs.

Le succès des offres nouvelles permet d’affirmer qu’elles répondent à des besoins réels, que les services offerts par les professionnels du droit ne parvenaient pas à satisfaire. La présence de ce marché « latent » avait été mise en évidence aux Etats Unis, où des acteurs Internet très importants se sont imposés au cours des dix dernières années. Pour la France, son existence a été confirmée par le rapport de l’inspection générale des finances sur les professions réglementées, rédigé à l’occasion de l’élaboration de la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances (Loi Macron), qui révélait qu’un Français sur deux environ n’avait jamais eu affaire à un avocat…

 
Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Thierry Wickers

Thierry Wickers, avocat, ancien Président du Conseil National des Barreaux (CNB)

Voir la bio en entier

Pierre Aïdan

Pierre Aïdan, co-fondateur de Legalstart.fr et membre de l’Observatoire de l’Ubérisation.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€