Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 21 Septembre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Aides sociales, Aquarius et cie… Pourquoi Emmanuel Macron n’a pas peur de sa majorité

Pour le parti LREM, Emmanuel Macron est non seulement le "père fondateur", mais aussi le "père la Victoire".

Sans peur...et sans reproches ?

Publié le
Aides sociales, Aquarius et cie… Pourquoi Emmanuel Macron n’a pas peur de sa majorité

 Crédit ludovic MARIN / POOL / AFP

Atlantico : De la question migratoire avec l'Aquarius à celle des aides sociales, Emmanuel Macron se trouve confronté à certaines tensions internes au parti, mais a pu assumer sa position de refus d'un virage social, notamment au travers son discours au congrès annuel de la Mutualité. En quoi l'absence de corpus idéologique réel de LREM - reposant presque exclusivement sur la personne d'Emmanuel Macron- empêche toute réelle fronde interne, au contraire de ce qui a pu arriver à François Hollande entre 2012 et 2017 ?

En quoi Emmanuel Macron peut-il échapper à toute accusation de "trahison" de la part des LREM ? Comment expliquer cette affirmation qui semble marquer la fin du "en même temps" ?

Jean Petaux : Le propre d’un parti de type « césariste » reposant sur une personnalité plus ou moins charismatique qui a fondé cette formation politique ou qui a conduit ce parti à la victoire c’est son fonctionnement entièrement asservi aux décisions du leader. Pour LREM, Emmanuel Macron est non seulement le « père fondateur » (dans l’absolu cela vaudrait déjà un fort degré de soumission et d’obéissance) mais aussi le « père la Victoire » (puisqu’il était sur la tombe de Clémenceau, le bien nommé, mercredi). Et cette victoire, totale, dans des proportions inespérées a été à la fois double (présidentielle et surtout législative puisqu’elle s’est manifestée par un « tsunami » LREM) et obtenue en un temps record après la fondation (un peu plus d’un an). Cet enchainement des faits explique à lui seul l’absence totale d’opposition à Emmanuel Macron dans ses propres rangs. Bien évidemment on entend des individualités qui s’expriment, qui rechignent, qui grognent, mais ces personnalités ne parlent qu’en leur nom propre. Elles n’ont, pour l’heure, aucun effet d’entrainement. Les adhérents (si tant est qu’il y en ait d’ailleurs) de La République En Marche gardent une confiance absolue en leur chef et il ne faut pas imaginer que ce « peuple » macroniste va exprimer une quelconque réserve à l’égard des choix opérés par le « leader ». Pourquoi le ferait-il d’ailleurs ? Contrairement à ses prédécesseurs Emmanuel Macron n’a pas promis de « grand soir ». Souvenons-nous : pendant toute la campagne les commentateurs, les journalistes, ses propres adversaires directs sur le ring politique, ont cherché à l’obliger au dévoilement, ont tenté de lui faire préciser des éléments précis (et donc forcément clivants) dans son programme. Emmanuel Macron s’en est toujours sorti soit par sa formule magique du « en même temps », érigée en exemple de la « pensée complexe » soit par des phrases totalement alambiquées, dignes de Proust pour leur longueur et de Bourdieu pour leur limpidité, énonçant tout et le contraire de tout en passant par le tout contraire tant et si bien que plus personne ne comprenait ce qu’il voulait dire. A ce petit jeu du « Bonneteau  rhétorique » bien malin (ou très attentif ou très chanceux) celui qui parvenait, tel le joueur du célèbre jeu d’arnaque réussissant à ne pas perdre de vue la carte et à dire où elle se situait, à comprendre le fil de la pensée (et du programme) du futur chef de l’Etat.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par vangog - 15/06/2018 - 09:26 - Signaler un abus « Habilité a diriger des recherches en science pipologie »...

    rien que le titre de J.Petaux prouve à quel point la France est engluée dans un marxisme suranné et destructeur, et à quel point elle a besoin d’un sérieux coup de balai salvateur sur tous ces analystes, science-pipologues, pedagogistes, chercheurs habilités en sciences sociales, que la gauche nous impose depuis quarante ans...seule Marine Le Pen aurait pu donner ce coup de balai (ne vous inquiétez pas, Petaux, on vous aurait trouvé du boulot à la bibliothèque...) dommage! Encore raté pour la France...

  • Par venise - 15/06/2018 - 15:11 - Signaler un abus en filigrane

    et non en même temps qui est un leurre derrière le modèle social éculé il y a le duel départements/ régions les premiers assis sur le trésor de l'aide sociale, vaste chantier.... derrière l'Aquarius et tous les évènements migratoires il y a la politique étrangère et les deal engagés avec les pays d'Afrique son atout est le fameux concept: "on ne nous dit pas tout" je complote à peine! vers une Europe fédérale? je ne sais pas, ce jour là je voterai avec les pieds

  • Par Anouman - 15/06/2018 - 21:03 - Signaler un abus Majorité

    Il n'a aucune raison d'avoir peur de sa majorité. D'abord parce qu'elle est bien au chaud et ne va pas jouer son confort. Ensuite parce qu'il a beaucoup ramé pour ratisser large parmi les décérébrés, mais est arrivé à ses fins.

  • Par raslacoiffe - 16/06/2018 - 09:32 - Signaler un abus Après Juppé

    Pétaux a trouvé son nouveau champion Macron. Article inintéressant car trop en même temps.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean Petaux

Jean Petaux est docteur habilité à diriger des recherches en science politique, ingénieur de recherche, politologue à Sciences Po Bordeaux, grande école dont il est depuis 27 ans le directeur de la Communication et des Relations extérieures. Auteur d’une dizaine d’ouvrages,  il dirige aux éditions « Le Bord de l’Eau » la collection « Territoires du politique » et y a publié en avril 2017 un livre d’entretiens avec Michel Sainte-Marie, ancien député-maire de Mérignac  intitulé « Paroles politiques ».  Parmi ses publications antérieures il a  codirigé aux Editions Biotop, en 2010,  Figures et institutions de la vie politique française.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€