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80% des Français opposés à l’introduction de la réforme de l’orthographe dans les manuels scolaires

Selon un sondage exclusif IFOP pour Atlantico, 80% des Français se disent opposés à l'application de la réforme de l'orthographe lancée en 1990. Un signe de plus qui montre que les Français ne sont pas prêts à accepter un nivellement par le bas de l'éducation en France.

Info Atlantico

Publié le - Mis à jour le 19 Février 2016
Info Atlantico
80% des Français opposés à l’introduction de la réforme de l’orthographe dans les manuels scolaires

Atlantico : Quel est le principal enseignement de ce sondage ?

Jérôme Fourquet : C'est l'opposition très massive et très forte de l'opinion publique française à l'entrée en vigueur de cette réforme dans les manuels scolaires. Nous avons huit Français sur dix qui se disent "opposés", un chiffre en soi très spectaculaire et massif. Par ailleurs, ce caractère massif et franc de l'opposition est renforcé par un second chiffre : en effet, 55% des Français se disent "tout à fait opposés" à cette réforme. Nous sommes donc ici en présence d'une opposition à la fois très large et très radicale. Nous aurions pu avoir des chiffres de l'ordre de 65% de Français "opposés" et 50% "tout à fait opposés", nous serions alors dans un désaccord un peu mou.

Là, nous sommes en présence de quelque chose de beaucoup plus vaste et beaucoup plus dur, avec plus d'un Français sur deux qui se dit "totalement opposé". On mesure ici objectivement avec des chiffres ce que l'on avait subodoré la semaine dernière avec la levée de boucliers provenant de différents milieux et de différents acteurs de la société française qui s'étaient émus de l'annonce de l'introduction de cette réforme, dont on rappelle qu'elle ne date pas d'aujourd'hui. C'est quelque chose de plus ancien, mais la nouveauté réside dans le fait que d'un commun accord, tous les éditeurs de manuels scolaires ont décidé d'appliquer les consignes de cette réforme dès la rentrée 2016. Cette initiative a suscité énormément de polémiques en France, de la part d'hommes de lettres ou de personnes du milieu de l'éducation et de la culture, mais nous voyons que cette initiative passe très mal également dans la population.

Deuxième niveau d'analyse : nous pouvons voir que l'opposition est un peu moins virulente parmi les générations les plus jeunes. Nous sommes "seulement" à 74% d'opposés chez les moins de 35 ans, et nous montons à 84% chez les plus de 65 ans, soit dix points de plus. Les tranches d'âge qui ont appris à écrire le français selon les règles classiques sont les plus choquées et les plus heurtées. Chez les plus jeunes, dont nous pouvons penser qu'ils ont parfois un rapport plus distendu avec l'orthographe et les canons de la langue française, nous avons certes une opposition qui est un peu moins virulente, mais qui concerne tout de même les trois quarts d'entre eux.

Quand on analyse les résultats de ce sondage selon le niveau d'étude des Français, on observe que le rejet de cette réforme orthographique est le plus fort chez les personnes les moins diplômées, avec 87% de Français "opposés" (et 63% de "tout à fait opposés"). Y a-t-il une explication particulière selon vous ? En schématisant, on a l'impression que plus personne ne sait écrire mais que tout le monde se cramponne à l'orthographe. S'agit-il donc d'une angoisse face à la perte d'un élément identitaire ?

C'est en effet un troisième niveau d'analyse. Si on s'en tient uniquement au constat que les sans-diplômes sont les plus opposés à cette réforme et donc les plus attachés au maintien de l'orthographe traditionnelle, je pense qu'il y a une variable d'âge qui est cachée derrière. Le niveau éducatif a considérablement augmenté depuis 30 ans du fait de la démocratisation de l'enseignement secondaire et supérieur. Du coup, les moins diplômés présentent certes un profil culturel et sociologique bien spécifique, mais ce qui les définit surtout, c'est leur moyenne d'âge. Or, nous voyons que les plus âgés sont les plus opposés à cette réforme.

Dans un second temps, nous pouvons effectivement penser qu'il y a un arrière-fond politique et idéologique derrière ces résultats. Nous voyons que c'est à droite et au Front national que l'intensité du rejet est la plus forte, parce que cette mise en application de la réforme de l'orthographe s'inscrit sans doute pour eux dans un schéma plus global de perte de repères et de déconstruction d'un certain nombre de règles traditionnelles auxquelles ils sont très fortement attachées. Regardez l'engouement populaire autour de films rappelant avec nostalgie l'univers de l'école de la IIIe République, comme Les Choristes par exemple. Il y a toute une série de productions culturelles (films, livres, missions…) qui vantent cette période un peu glorieuse et bénie et qui rencontrent un très large écho auprès du public. Il y a donc un attachement à des cadres et repères traditionnels, à un patrimoine et un héritage, ainsi qu'un réflexe conservateur et d'attachement à un patrimoine culturel très ancré dans notre population.

Dernier élément idéologique : l'idée que cette réforme est guidée par un certain relativisme culturel, une volonté de permettre à d'autres formes d'expression d'émerger, une volonté de reconnaître des évolutions qui se font jour dans une partie de la population (nouvelles façons d'écrire et d'échanger, communication digitale, etc.). L'opposition à cette réforme pointe donc aussi vers cela. Certains sont amenés à penser que derrière cette réforme, il y a une volonté plus ou moins avouée de virer vers le bas, alors qu'ils souhaiteraient au contraire maintenir un niveau d'exigence. Il y a à droite et chez les personnes les plus âgées un attachement à un patrimoine, à des règles, des normes et des repères – et la langue et l'orthographe en font partie. Il y a aussi le fait de dire que dans un système éducatif qui est déjà très malmené, cette réforme permettant l'utilisation de plusieurs orthographes simplifie les choses, ce qui est alors perçu comme un signe supplémentaire de nivellement vers le bas et d'abaissement des exigences vis-à-vis des élèves. Nous retrouvons donc le même réflexe de rejet que nous avions observé par exemple lorsque Najat Vallaud-Belkacem avait évoqué fin 2014 son projet de suppression des notes.

Sur cette réforme, y a-t-il des différences d'opinion entre les Français selon leurs préférences politiques ?

Il y a un rejet qui est d'autant plus fort à droite, mais il reste fort même à gauche. Nous sommes donc sur un schéma assez classique des modernes contre les conservateurs, mais il y a aussi un autre clivage à l'œuvre : l'attachement au principe de hiérarchie et d'exigence contre l'idée qu'il faut peut-être abandonner un certain nombre de règles désuètes ou élitistes pour venir en aide aux personnes ou aux élèves les plus en difficulté. C'est cela qui se joue derrière cette réforme.

 
Commentaires

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  • Par Anguerrand - 13/02/2016 - 17:58 - Signaler un abus Comme d'habitude en France on nivelle par le bas

    Les lettrés devront s'aligner sur une ortografe " bas de gamme". Merci aux enseignants qui ne connaissent même plus l'orthographe, et le français, le pire c'est que ceux qui ont appris le bon français devront se soumettre au langage de la rue.

  • Par gerint - 13/02/2016 - 18:15 - Signaler un abus Il y aura de la résistance

    Si ma secrétaire appliquait cette réforme elle aurait des ennuis et toute demande de recrutement écrite à la nouvelle mode à reformuler ou à écarter

  • Par Le gorille - 13/02/2016 - 19:07 - Signaler un abus Avez-vous lu la réforme ?

    Je ne le crois pas. 273 mots seulement touchés ! Hors déclinaisons et conjugaisons, bien sûr. Je suis partisan de cette réforme car elle est très modérée et ne touche, pratiquement, que des difficultés où tout le monde s'emmêle les crayons. Un seul "ph" est touché... Non, ce sondage est venu trop tôt, et il faut lancer une contre-offensive d'explications. et désamorcer ce refus qui ne repose que sur, justement, une présentation biaisée, et surtout idéologique.

  • Par Le gorille - 13/02/2016 - 19:20 - Signaler un abus L'orthographe change

    Pendant un an, sur demande, j'ai mis au propre un manuscrit d'environ un millier de pages, finalisé en 1921 et reproduisant des textes du XIXe siècle. Le premier tome est imprimé, le second le sera sous peu. L'écrivain est réputé excellent en français, donc en orthographe. Et pourtant... que de mots orthographiés différemment et de manière constante ! Cette réforme est une continuité, ne touche pas au génie de la langue, entérine l'usure ou l'usage du temps et rationalise à la fois les entrées étrangères et les néologismes.

  • Par Le gorille - 13/02/2016 - 19:21 - Signaler un abus Un outil

    Je reconnais que, dans sa partie technique, le texte officiel de 1990 est insipide, mais j'ai pris la peine d'en reprendre la présentation afin d'en faire un outil technique pour mon usage personnel. C'est efficace, et l'on comprend alors bien la démarche, pleine de mesure et de raison.

  • Par clint - 13/02/2016 - 19:30 - Signaler un abus Le français deviendra un patois parmi les langues de France !

    Le français a été "reconstitué", "dépatoïsé" en le rendant cohérent avec l'origine des mots latins, grecs, etc. On peut toujours écrire en phonétique : ex foto pour photo, c'est ce qui a été choisi pour le castillan (espagnol) partiellement et pour l'italien. Une fois que le français n'aura plus aucun lien visible avec la langue d'origine au moins personne ne sera stigmatisé . Ce qui est proposé est bien pire que les quelques aménagements entre anglais britannique : "labour" et américain : "labor". Pour ceux qui ont ouvert une grammaire de français moderne, ne nous étonnons pas non plus que les jeunes ne savent plus écrire en français !

  • Par gerint - 13/02/2016 - 19:46 - Signaler un abus Nous ne sommes plus en 1990 Le Gorille

    A l'époque on pouvait espérer qu'un lettré comme François Mitterand voulait simplifier quelques aberrations et que l'esprit restait bon. Actuellement les gouvernants méprisent et détruisent la culture française sciemment et l'esprit de cette réforme qui concerne quand-même 2400 mots est vicié. L'Académie par Hélène Carrère d'Encausse ne reconnaît pas la réforme. Tout en sachant qu'une langue vit et se transforme (j'ai étudié des langues anciennes et vivantes) je refuserai à mes collaborateurs chez qui je dois corriger assez de fautes d'appliquer volontairement cette réforme qui éloigne de l'étymologie et donc de la compréhension de l'esprit de la langue sous peine de ne pas être lus. Pas la peine de favoriser un peu plus la "fabrique du crétin" coupé de ses sources dans in système éducatif qui part en quenouille

  • Par Le gorille - 13/02/2016 - 20:28 - Signaler un abus @Gerint

    Alors le texte de 1990 ne serait-il plus de mise ? A-t-il été remplacé ? S'il existe un nouveau texte, seriez-vous assez aimable de m'en fournir la référence ? Je peux partager l'émoi, car j'ai aussi fait du grec et du latin, mais pas l'hystérie. Mais vous me dites que Hélène Carrère d'Encausse s'y oppose, une personne de référence, donc je vais aller plus avant dans l'information.

  • Par Le gorille - 13/02/2016 - 21:19 - Signaler un abus @Gerint @ Atlantico

    Bon je vois dans la colonne des brèves d'Atlantico l'entrevue avec Hélène Carrère d'Encausse. Il n'y est fait référence qu'au texte de 1990, qui lui est paru dans le JO, avec la signature de Maurice Druon. Maintenant, je souhaiterais que Atlantico fasse un vrai article de fond pour mettre d'aplomb une information qui touche à l'hystérie.

  • Par gerint - 14/02/2016 - 02:30 - Signaler un abus @le gorille

    J'ai lu en faut l'article du Figaro journal de ce jour sur ce que déclare Mme Carrèrent d'Encausse. Je ne demande pas mieux que de lire un article de fond mais croyez-moi je ne suis pas hystérique même si je suis en colère et je ne suis pas le seul

  • Par Le gorille - 14/02/2016 - 05:40 - Signaler un abus Hystérie

    Je ne pensais pas à vous, Gerint, quand j'ai écrit le mot hystérie. Il est venu de ce sondage, dont le résultat trahit plus une très vive allergie ou encore émotion non informée qu'une réflexion sur un texte maîtrisé. L'hystérie, c'est aussi Olivier Vial, président de l'observatoire de l'enseignement, qui frappe à mon écran avec le mot "orthografe", alors que ce mot n'apparaît pas dans le texte de 1990. Et l'hystérie c'est enfin l'entrevue avec Hélène Carrère d'Encausse, qui ne fait référence qu'au texte de 1990 signé Maurice Druon, avec le titre de secrétaire perpétuel de l'Académie, et de président du groupe de travail.

  • Par Le gorille - 14/02/2016 - 05:43 - Signaler un abus Article de fond

    Je souhaiterais lire dans un article de fond l'historique, les développements actuels, et que l'on précise surtout si l'on parle bien de la même chose. Et pas avec Hélène Carrère d'Encausse qui y greffe un autre sujet, tout à fait de situation, mais qu'il ne faut pas, ici, mêler à l'orthographe.

  • Par Outre-Vosges - 14/02/2016 - 07:51 - Signaler un abus Examinons la question avant d’en parler

    Le grand problème c’est que cette réforme a été décidée par un gouvernement discrédité, même si les électeurs s’obstinent à voter en sa faveur (les dernières élections régionales n’ont-elles pas vu le triomphe de l’UMPS qui l’a emporté partout ?), or je me demande si Mme NVB elle-même était au courant de ce qui allait se faire : il est vraisemblable que ses hauts-fonctionnaires, entre deux sommes, se sont avisés qu’il fallait peut-être avoir l’air de faire quelque chose et ils ont sorti des cartons, au hasard peut-être, cette proposition intelligente qu’on était en train d’oublier. C’est donc cette proposition en elle-même que nous devons étudier sans prêter nécessairement à ses auteurs des intentions inavouées. Parler d’« ortografe » comme le fait @Anguerrand relève ainsi de la volonté d’embrouiller les gens. Mais je constate que, si @Le gorille au moins parle de ce qu’il connait, ses contradicteurs ne s’embarrassent pas de tels scrupules et comme don Quixote, que nous appelons don Quichotte et que les Espagnols appellent maintenant don Quijote, ils se battent contre des moulins à vent. Ils auront le même triomphe que lui.

  • Par Lafayette 68 - 14/02/2016 - 09:04 - Signaler un abus Débat et analyse de Fourquet fructueux

    Tous les commentaires ont leur part de vérité et leur pertinence .Pour ma part, je retiendrai que le moment est en effet très mal venu pour "simplifier" l'orthographe : on a besoin de repères donc d'autorité face au déracinement culturel (apprécié par le courant libéral libertaire mondialisé). Roland Barthes (1915-1980) , structuraliste et sémiologue, qui a inspiré nos pédagogistes , nos inspecteurs de l'EN ...faisant pression sur les professeurs(on voit le résultat) écrivait en 1976 dans "le Monde de l'Education", la bible des CDI de nos lycées : "le premier effet de l'orthographe est discriminatoire "ou "dès que l'orthographe est uniformisée,légalisée,sanctionnée par voie d'Etat ...c'est la névrose obsessionnelle qui s'installe: la faute d'orthographe devient la Faute". Vous avez tout compris, je pense. En géographie, on a eu le même souci : éviter les repères en classe (latitudes, longitudes,ne pas connaitre les géographies administrative et physique jugées ringardes .En Histoire on connait le désastre , je ne m'y attarde plus. Une anecdote : dans "c dans l'air", vendredi, le thème affiché était d'abord: "vous avez dit référundum"? . De plus en plus fréquent dans les médias...

  • Par zouk - 14/02/2016 - 10:16 - Signaler un abus Reforme de l'orthographe

    Une folie idéologique une fois de plus, ou plutôt démagogique. Mais, et c'est de plus heureux, l'opinion publique montre comme souvent beaucoup plus de bon sens. L'adopter serait détruire un enseignement de plus, celui du français après ceux de l'histoire, de la géographie et de la simple arithmétique: les 4 opérations, et j'en passe certainement comme la tentative d'imposer la "théorie du genre", victoire théorique des homo- et bisexuels, massivement refusée par le brave peuple qui,dans son bon sens, est "trop bête" pour avaler cette n° ânerie. Je fais partie de ces crétins retardataires et ai bien l'intention de rester dans ce camp. Quant à la débâcle du français... combie, de fois lisons nous que l'Etat Islamiste a "décimé" la totalité d'une population , alors que le mot juste devrait être "exterminé", cette habitude envahissante d'abréger à 2 syllabes tous les mots de 3 syllabes ou plus: actu/actualité par exemple

  • Par lasenorita - 14/02/2016 - 11:17 - Signaler un abus L'orthographe.

    Notre ministre favorise l'apprentissage de la langue arabe à celle du ''français''...c'est une personne incompétente qui a été choisie par les gauchistes parce qu'elle fait partie de ''la diversité''.... on favorise les étrangers au détriment des ''vrais'' Français!....Dans les ''pays musulmans'' les bi-nationaux et les musulmans n'ont aucun droit!......Puisque les musulmans sont si heureux dans ''leur'' pays depuis qu'ils en ont chassé TOUS les non-musulmans il faut qu'ils RESTENT chez eux!...

  • Par Septentrionale - 14/02/2016 - 11:52 - Signaler un abus L'américain est de l'anglais d'immigrés

    Le français devient une langue pour un désidentitarisme.

  • Par Babaswami - 14/02/2016 - 12:22 - Signaler un abus 80 % d'opposants

    Il y a 80% d'opposants à la réforme de l'orthographe ? Mais il y a 80% d'opposants à tout ce que fait ce gouvernement de charlots Elle est pas belle la V ème ripou blique ?

  • Par langue de pivert - 14/02/2016 - 12:43 - Signaler un abus ??? C koi ce bordel ?

    Je ne vois pas où est la contradiction ? Les Français faibles en orthographe deviendront-ils bons par ce miracle ? Ou cette modification ajoutera-t-elle encore un peu plus de confusion dans leur esprit ? C'est aussi compliqué de retenir les 2 orthographes de nénuphars ! En plus de ce que l'on a pu oublier - ou ne jamais avoir su - il faut se rappeler ce qui a changé...et ce qui n'a pas changé ! Bocou de brui pour rien ! ☺

  • Par clint - 14/02/2016 - 13:14 - Signaler un abus Envoyez un CV avec des fautes : vous verrez le résultat !

    Et on nous parle de CV anonymes ! Mais un CV rempli de fautes d'orthographe, et plus grave de fautes de grammaire pénalisera toujours les moins favorisés qui n'ont pas reçu, volontairement pour ne pas les stigmatiser, une éducation scolaire sérieuse dès le primaire qui permetrait de gommer justement leur handicap social.

  • Par jurgio - 14/02/2016 - 14:57 - Signaler un abus Une langue est un outil de précision, donc, un effort

    Tous ont vite compris qu'une réforme de gôche est a priori suspecte, voire nuisible car à force de vouloir démolir la culture traditionnelle, les gouvernements socialistes se sont mis à dos une grande partie de la population. On y sent le grossier remodelage idéologique. Une réforme, oui, mais a minima, évitant la perte des signes qui permettent de reconnaître au premier coup d'œil « la langue ». Rine de plus rpesonta qeu de n'aviro psa à dichéffrre un txet. Le cerveau y travaillerait en pure perte et se prive d'une facile compréhension. Je suis opposé à ceux qui pensent que l'usage façonne favorablement la langue. C'est une vieille idée du XIXe siècle. Elle est fausse, et nocive. Surtout de nos jours où tout va trop vite, sans recul. Dans une évolution, il y a temps, donc érosion. Plus que jamais, il convient d'enrichir la langue sans la dénaturer par des mots étrangers qui écrasent les anciennes acceptions. Que d'expressions toutes faites aussi, et on parle de favoriser l'imagination ! En revanche, on pourrait avantageusement changer, par exemple, les ph pour f (nénufar...) et les ch pour un k, pour traduire la lettre grecque, des typographies savantes artificielles.

  • Par vangog - 14/02/2016 - 15:42 - Signaler un abus Déjà, en 2006, au concours de professeur des écoles...

    les erreurs d'orthographe étaient plafonnées à trois points! Chirac était, alors, Président de la France et chargé par le peuple de l'embourber dans le marigot gauchiste...

  • Par langue de pivert - 14/02/2016 - 17:41 - Signaler un abus STOP "glissé" !

    §§§ L'Académie française, institution créée en 1635, est chargée de définir la langue française par l'élaboration de son dictionnaire qui fixe l'usage du français. §§§ Fermons l'Académie Française alors ! De quel droit des éditeurs de livres scolaires (cornaqués par les instances de l'E.N. de l'environnement ministériel ?) - exhumant une proposition de modification de 1990 jamais appliquée ni reconnue par l'académie Française - s’octroient le droit de modifier notre langue ? De biaiser l'enseignement qui en sera fait à nos enfants dès l'année prochaine ? Mon problème ce n'est pas oignon ou ognon mais échalote (que j'écris avec 2 t trop souvent) je me fais MA règle ? Peut-on imaginer de telles libertés avec les maths ? La physique ? La chimie ? La géométrie ? La géographie ? Pour l'histoire c'est déjà fait. Je dois pouvoir faire facilement un paquet de fautes avec les mots "simplifiés" sans dictionnaire ou correcteur et on ajoute (impose ?) une autre possibilité (pas 2 une !) ou est la simplification ? Si j'écris nénufare au lieu de nénufar ou nénuphar ça va ? et si "on" simplifie le code rousseau pour simplifier la vie de ceux qui "s'arrangent" avec la façon de marquer un stop ?

  • Par Le gorille - 14/02/2016 - 18:30 - Signaler un abus @ tous

    Il apparaît, d'après la virulence des commentaires, que l'orthographe est devenue un sujet très sensible, non pas vraiment en raison de sa forme qui évolue et doit évoluer, mais de la situation "culturelle" actuelle et d'un terrain délétère pour ne pas dire létal dans l'esprit d'une partie de l'Education nationale et de politiques, dont la pensée est de gauche. ... .... En raison de ce dernier point et tant qu'il ne sera pas redressé, je me range avec l'opposition, sans accepter ce que dit Mme Hélène Carrère d'Encausse qui, en l'état de l'article diffusé, nierait que la parution au JO ait été faite sous l'égide de l'Académie française. Or Maurice Druon était son secrétaire pepétuel.

  • Par Texas - 14/02/2016 - 21:43 - Signaler un abus Ce que je retiens

    C' est qu' entre Démocrates Américains et Socialistes Français , nous aurons vécus 4 ans avec des fouteurs de merde ...sans distinction de domaines .

  • Par gerint - 14/02/2016 - 22:14 - Signaler un abus @ le gorille

    Merci

  • Par Le gorille - 15/02/2016 - 01:39 - Signaler un abus Derrière la phraséologie : la menace sur l'identité

    Peut-être vais-je enfoncer des portes ouvertes. J'estime que ce qui n'est pas clairement dit, c'est le ressenti profond d'une vraie menace sur notre identité française... ..... .... ..... .... ... "Un arrière-fond politique et idéologique derrière ces résultats. Nous voyons que c'est à droite et au Front national que l'intensité du rejet est la plus forte, parce que cette mise en application de la réforme de l'orthographe s'inscrit sans doute pour eux dans un schéma plus global de perte de repères et de déconstruction". Du charabia, mais pour masquer quoi ? La Faute inexpiable d'être de Droite, avec, sous-jacent, le mot "National" ? ... .... .... "Cette réforme est guidée par un certain relativisme culturel, une volonté de permettre à d'autres formes d'expression d'émerger,..." Boileau ! Viens à notre secours ! Là, bien masquée, parce que faute inexpiable, surgit la crainte que notre identité nous soit retirée. Finalement, merci à cette polémique qui aura permis à cette crainte latente d'éclater au grand jour.

  • Par langue de pivert - 15/02/2016 - 10:33 - Signaler un abus Maudite soit la gauche !

    La question n'est pas de la pertinence de cette modification mais de sa légitimité. (et de sa soudaineté aussi brutale que suspecte ?) @Le gorille Vous avez très bien résumé et synthétisé la nature du ressentiment défavorable à cette modification. Il y a les sciences molles (sociologie, théologie, philosophie...) - avec lesquelles ont peut toujours "s'arranger" - et les sciences dures (physique, chimie, mathématique...) - qui ne sont pas figées définitivement mais le résultat "final"...et provisoire d'un long cheminement d’hypothèses > certitudes lentement peaufiné. La langue, notre langue, n'est ni une science molle ni une science dure : elle est l'essence même de ce que nous sommes ! De nos passés, de notre histoire. Je n'ai pas une formation littéraire (ni scientifique !) mais lire un poème de François Villon me bouleverse alors même que je ne comprends pas l'exact vérité de ce qu'il voulait exprimer (trop de modification de la langue, sous-entendus, non-dit dont tout le monde a oublié la signification) C'est ce long cheminement du Français qui nous rattache à notre histoire, à notre passé, à notre culture que la gauche sournoise veut détruire ! Pour détruire notre avenir.

  • Par langue de pivert - 15/02/2016 - 10:49 - Signaler un abus oups ! ☺

    on(t) peut ; exact(e) vérité ; non-dit(s ? :-) désolé. Je vous laisse les autres ! ☺

  • Par Outre-Vosges - 16/02/2016 - 11:23 - Signaler un abus À @langue de pivert

    « Oups ! » avez-vous écrit en corrigeant une partie de vos fautes et en nous laissant négligemment le soin de rectifier les autres. Mais outre votre attitude ce sont vos affirmations qui me surprennent : la langue serait donc pour vous l’essence même de ce que vous êtes, c’est possible mais parlez en votre nom. Même si le français m’est beaucoup plus familier, je préfèrerais être obligé de parler allemand avec le droit de dire ce que je pense qu’être autorisé à parler français pour répéter une leçon obligatoire. René Schickelé l’avait bien compris : cet écrivain alsacien de langue allemande s’était établi en Allemagne après la Grande Guerre ; quand il a vu que les nazis étaient sur le point de prendre le pouvoir dans son pays, il s’est réfugié en Provence où il est mort après avoir écrit en français son dernier livre. Quant à votre affirmation que « lire un poème de François Villon [vous] bouleverse alors même que [vous] ne [comprenez] pas l'exact (sic) vérité de ce qu'il voulait exprimer », elle me laisse pantois ; mais si beaucoup de gens pensent comme vous c’est peut-être ce qui explique le succès de Mallarmé en littérature et de Picasso dans la peinture.

  • Par jurgio - 16/02/2016 - 14:59 - Signaler un abus L'orthographe est un repère

    Contrairement à ce pensent certains, l'orthographe d'aujourd'hui est la fixation de celles qui émaillaient les écritures anciennes qui ont été trop longtemps auditives, instinctives, et, disons-le, personnelles. C'était un progrès indéniable. L'académie se contente de donner un avis, une sorte de « bon usage » et on veut souvent, pour s'exonérer, la faire passer comme une mythique mère fouettarde. Une nation comme l'Islande fixe d'autorité le vocabulaire des néologismes, en respectant rigoureusement le génie de sa langue. Ainsi un Islandais peut lire aujourd'hui les vieilles sagas de son pays aussi facilement que son journal. Rien n'a changé et la population n'est pas devenue pour autant idiote et analphabète. Les « coupeurs de tête » ont bien compris qu'à terme en laissant filer à vau-l'eau la langue, ils pourraient facilement imposer leurs idées. Notre langue a, certes, souffert jadis d'une sorte d'élitisme : les salons où l'on cause nous ont peu à peu éloignés de Rabelais et de Montaigne dans le texte et ces auteurs ne sont plus des références, puisque nos potaches ne les connaissent qu'après traduction. Une traduction.

  • Par Le gorille - 16/02/2016 - 19:46 - Signaler un abus Repasser : traduction ?

    J'apprécie votre conclusion. Car quelque part, j'ai eu un peu la même impression avec mes manuscrits du XIXe siècle. Bien moindre cependant que s'il s'était agi de Rabelais ou Montaigne. J'ai du laisser certains mots en l'état, pour ne pas trahir l'auteur ni m'attirer les foudres d'érudits, mais avec une "traduction" ! Tel le mot "repasser" : je vous laisse chercher. Une indication : prenez un dictionnaire de 1935...

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Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’IFOP.

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