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41% des jeunes diplômés de master y pensent : mais quels sont ceux pour qui l’expatriation est objectivement une bonne affaire ?

De plus en plus de jeunes Français qualifiés se portent candidats à l'expatriation. Motivés en partie par les difficultés rencontrées en France sur le marché du travail, certains se lancent dans l'aventure sans se demander si leur profil correspond à leurs attentes. Bien qu'il s'agisse d'une expérience profitable à tous, certains jeunes pourraient y avoir un peu plus à gagner que d'autres...

Le grand départ

Publié le

Atlantico : Selon la Maison des Français de l'Etranger (MFE), 41% des jeunesFrançais s'expatriant ont un niveau Master. Est-ce là un niveau d'étude suffisant pour qu'un jeune Français puisse réussir à l'étranger ? Y-a-t-il un niveau d'études minimum requis pour qu'un jeune Français puisse réussir son expatriation?

Hervé Heyraud : On constate qu’il y a beaucoup d’étudiants très diplômés qui partent tenter leur chance à l’étranger parce qu’ils sont mieux armés, mais aussi parce qu’ils ont déjà expérimenté un cursus à l’étranger. C’est particulièrement le cas pour les étudiants des grandes écoles d’ingénieurs ou de commerce, mais aussi d’universités.

Ils sont donc nombreux à avoir gouté à l’aventure de l’expatriation au cours de leur formation, à avoir développé une certaine affection pour un pays en particulier, et exploité certaines opportunités. Ils ont donc pu découvrir tous les avantages et les attraits de l’expatriation. En France nous avons la chance d’avoir des niveaux d’études plutôt bons. Par conséquent, même avec un niveau d’études relativement faible, un jeune Français peut tenter sa chance dans un pays où le niveau d’éducation sera peut-être moins élevé. Il faut aussi prendre en compte tous les métiers français comme la pâtisserie, la coiffure, la restauration…qui sont peu valorisés en France, mais qui le sont plus largement à l’étranger. Par ailleurs, je connais de belles histoires de jeunes Français avec peu de qualifications qui ont très bien réussi à l’étranger.

Bien évidemment, plus vous êtes diplômé, plus vous pouvez potentiellement accroitre vos chances de réussir votre expatriation. Néanmoins, vous pourrez avoir plus de difficultés à décrocher un emploi pour un poste qualifié dans le marketing aux Etats-Unis par exemple, parce que les jeunes Américains sont déjà très bien formés dans ce domaine. Alors que de bons boulangers outre-Atlantique, cela se trouve moins facilement. La logique du marché y est différente de celle en France, fondée essentiellement sur le diplôme. Ce n’est pas pour rien que l’on parle de la " culture du diplôme " dans notre pays, où la recherche d’un métier se fait en fonction du diplôme. Or, on se rend compte que beaucoup de pays, comme les pays anglo-saxons, ne fonctionnent pas ainsi. Au Mexique et en Thaïlande notamment, on vous demande davantage ce que vous savez faire, ce à quoi vous êtes bon, ce que vous savez faire…On n’est donc pas prisonnier de son cursus. Quand on s’expatrie, on développe de grandes facultés d’adaptation, on s’ouvre davantage aux différentes possibilités qui s’offrent à nous. De plus, les motivations de l’expatriation ne sont pas uniquement carriéristes : on peut partir à l’étranger pour des raisons familiales, sentimentales…

Précisons que notre système éducatif nous confère relativement une bonne réputation en matière de qualification : les Français passent ainsi pour être des gens plutôt travailleurs, créatifs, dotés d’une base éducative solide et en qui on peut avoir confiance.

 

Selon un récent sondage Harris Interactive, 79% des étudiants des neufs établissements français d'enseignement supérieur les plus prestigieux (Centrale, Polytechnique, Sciences Po, Essec...) envisagent de partir à l'étranger une fois leur diplôme obtenu. Ont-ils plus de chance de réussir à l'étranger que les autres jeunes Français n'étant passés par ces grandes écoles ?

Il est difficile de répondre à cette question. J’aurais tendance néanmoins à répondre que oui dans la mesure où les diplômes de ces écoles sont reconnus internationalement. Ces étudiants bénéficient déjà de réseaux importants, à l’instar de celui des anciens élèves qu’ils peuvent donc mettre à profit. Notons que près d’un étudiant sur quatre de ces écoles travaille déjà à l’étranger. Par leur parcours dans ces grandes écoles, ils ont déjà  passé une partie de leur scolarité à l’étranger, y ont également fait des stages…Familiers donc avec les langues, ils présentent un profil favorisé. Ce profil d’étudiant saura également mieux préparer leur départ par rapport aux autres. Ils sauront aussi très bien s’intégrer dans les grandes entreprises françaises qui créent majoritairement des emplois à l’étranger. Celles-ci recrutent des cadres en vue d’accompagner leur développement dans des pays en forte croissance.

Il convient également d’insister sur le fait que les grandes écoles se sont ouvertes à l’international, tout comme leurs étudiants, au regard notamment des difficultés qu’ils rencontrent également sur le marché du travail français qui est très difficile.

 

 
Commentaires

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  • Par Eric ADAM CVD - 16/11/2013 - 14:42 - Signaler un abus Vous, je ne sais pas, mais moi, je sais compter et lire!

    Le problème n'est pas d'extrapoler sur les diplômés qui s'expatrient, car nombre de ceux-ci ne sont pas de NOTRE PATRIE! Le vrai problème, les vrais problèmes sont d'une part de savoir ce qu'on veux en matière de formation, et ce qu'on fait d'autre part pour rendre ATTRAYANT l'emploi et l'initiative entrepreneuriale EN FRANCE! Si les gens qui suivent une formation très LARGEMENT AIDÉE et SUBVENTIONNÉE en France avaient l'obligation de SERVIR la FRANCE pendant un nombre d'années équivalentes à celles qui leur ont permit d'accéder à un DIPLOME FRANÇAIS, au sein d'un SERVICE CIVIL, par exemple, cela permettrait de les garder en FRANCE et d'avoir un RETOUR SUR INVESTISSEMENT acceptable! Si, de plus et ENFIN, les charges sociales étaient retirées du financement par les entreprises et transférées sur une TVA SOCIALE (car c'est bien la TVA l'impôt le plus juste puisqu'il s'applique à la consommation proportionnelle! quoi qu'on en dise!) alors, l'initiative de PRODUCTION FRANÇAISE serait encouragée! Mais ça, c'est pas pour demain, avec le DOGMATISME SECTAIRE de nos ÉLUS et VOTRE IMMOBILISME CONSERVATEUR !!! Eric ADAM, NANCY Citoyen FRANÇAIS LIBRE et Responsable de ses choix de vie!

  • Par Satan - 16/11/2013 - 15:39 - Signaler un abus Principales destinations: La Chine et La Russie

    Quand je vois tous ces jeunes diplômés qui ne parlent que de La Chine et de La Russie je me dis que nous avons un réel problème.

  • Par Teo1492 - 16/11/2013 - 16:06 - Signaler un abus Le problème : ils ne parlent pas l'Anglais...

    ni l'Allemand. (5 % de chômage en Allemagne et en Autriche)

  • Par Sophile - 16/11/2013 - 16:53 - Signaler un abus C'est cela ...

    Partez après que nous ayons payé vos études, et laissez-nous avec tous les pauvres de la planète qui comptent sur la France pour vivre sans rien faire et en bonne santé . Bravo.

  • Par pandahuri - 16/11/2013 - 18:42 - Signaler un abus TVA impôts proportionel ?

    Théorème ce que vous dites est faux, la TVA n'est pas proportionnelle. Un foyer gagnant au delà d'une certaine somme épargne. L'épargne n'est pas soumise à la TVA. C'est un basique ... Alors si l'épargne est dédié à l'achat d'une voiture neuve, la TVA sera appliqué plus tard mais pour un logement ou une voiture d'occasion... pas de TVA. C'est bien un impôt injuste. Et de plus en plus injuste avec la richesse. Pour la formation, peux être préférez vous un principe de formation à l'américaine ? Avec le prix qui va avec ? et certain qui s'endettent pour très longtemps, et d'autres qui ne peuvent étudier car "trop pauvre". Et croyez vous que ce soit un "service civil" qui permettrait d'aider la france ? de réduire la pauvreté ? ca ne ferait qu'augmenter les dépenses de l'état pour payer ces gens en service civil. Si vous voulez vraiment augmenter la production française alors il faut faire comme les américains : forcer à des normes qui obligent à prendre du français... =protectionnisme Après effectivement, il faut rendre notre pays attrayant. Pour comprendre le problème regardez ici : http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=73730

  • Par ignace - 16/11/2013 - 21:03 - Signaler un abus Merci pour cet eclairage ..objectif

    @Théoreme , M Heyraud , ne fait pas l'apologie du départ des diplômés, il expose les raisons et les conséquences , de ce type d'acte. Si un diplômé ne trouve pas de travail en France , il n'y a rien d'anormal, qu'il(elle)de tenter sa chance ailleurs , ou une solution est proposée (si l’expérience échoue, ce n'est qu'une expérience qui peut servir malgré tout (principe assez courant chez less anglos saxons), si elle réussie, tant mieux, de plus rien n'empeche de revenir en France) Il ne faut pas confondre avec l'exil fiscal, qui s'il est autorisé , est moralement déplorable)

  • Par charlesingalls64 - 17/11/2013 - 09:58 - Signaler un abus @Théorème

    Il va falloir accorder tes violons car tu es le parfait exemple de la schizophrénie française. Tu dis qu'il faut rendre attrayante l'initiative entrepreneuriale et tu veux, en même temps, que les diplômés soient obligés de servir la patrie. . Mais si tu atteins le premier objectif tu n'auras pas besoin du deuxième. Ton libéralisme sous contrôle étatique on en veut pas. C'est exactement cela qui a mené ma patrie là où elle en est aujourd'hui. Cela fait 50 ans que l'argent de l'éducation nationale et de la formation professionnelle est détourné au profit de castes de hauts fonctionnaires et de syndicalistes complices. 50 ans que nous avons 30% de profs en trop par rapport à nos voisins qui ont, en plus, de meilleurs résultats dans tous les domaines. 50 ans que le pognon de l'emploi et de la formation se perd dans les méandres des cabinets d'audit, de conseil et de recrutement. Un ami a fait 2 bilans de compétences sur un an et demi et son pôle emploi a engraissé 2 psychologues du travail et toute leur intendance pour s'entendre dire qu'il pouvait s'inscrire à pôle emploi ! (SIC) . Les vraies études diplômantes en France sont de moins en moins gratuites. Et je sais de quoi je parle !

  • Par LILLBee - 19/11/2013 - 09:30 - Signaler un abus Français or not, that's the question!

    Si on veut rentrer en France, il vaut mieux en effet ne pas perdre de vue les gens et sa carrière surtout en matière de formation continue et de missions vers l'étranger (dont la France bien sûr !) sinon autant rester là bas, où la vie est souvent moins chère et la retraite peut-être plus assurée...

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Hervé Heyraud

Hervé Heyraud est Président Fondateur du Petitjournal.com, média leader des Français et francophones à l'étranger.

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