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2008, le retour ? Cette jolie crise financière qui s’amorce avec le matraquage des banques européennes dans la chute des bourses mondiales

Banques italiennes, allemandes, françaises... Comment et pourquoi les cours des banques européennes sont-ils en train de chuter ? Les valeurs des banques connaissent une chute continue depuis le début de l'année. Analyse des causes.

Bis repetita

Publié le - Mis à jour le 12 Février 2016
2008, le retour ? Cette jolie crise financière qui s’amorce avec le matraquage des banques européennes dans la chute des bourses mondiales

Deutsche Bank aurait plus que doublé ses résultats annuels sur les cinq dernières années si elle n’avait pas été sanctionnée autant. Crédit Reuters

Atlantico : Alors que les bourses mondiales subissent une forte chute depuis plusieurs mois, il apparaît que le secteur financier européen semble souffrir particulièrement. Comment expliquer un tel phénomène ? Faut-il s'inquiéter d'un retour du risque bancaire au sein de l'économie européenne ?

JNSF : Le secteur financier européen, mise à part quelques exceptions, a mis beaucoup plus longtemps à se restructurer que son homologue américain, qui a effectué des changements plus drastiques et rapides. Quatre raisons à cela.

Premièrement, les responsables politiques essaient à tout prix d’éviter que leur système bancaire national soit trop affecté par les réformes voulues par le nouveau régulateur européen, la BCE.

L’union bancaire, officiellement encouragée par les leaders européens, est encore très loin de devenir concrète.

Deuxièmement, les réformes européennes semblent particulièrement pénaliser les banques européennes, au détriment de leurs consœurs américaines, qui ne cessent de gagner des parts de marché. Ceci est dû en partie aux particularités du système américain, qui bénéficie de différentes règles comptables et aux agences gouvernementales comme Fannie Mae et Freddy Mac, qui rachètent les prêts hypothécaires aux banques américaines, et qui n’ont pas d’équivalents en Europe.

Troisièmement, les taux d’intérêts européens restent extrêmement bas (et négatifs dans certains pays), ce qui met la pression sur les revenus et marges des banques, et affaiblit d’autant plus leur rentabilité. Et une faible rentabilité ne permet pas d’accumuler le capital nécessaire pour être en conformité avec les nouvelles exigences des régulateurs.

Enfin, de nombreuses banques ont vu leur rentabilité s’effondrer sous le coup de pénalités légales, qui n’ont pas l’air de cesser. On pense notamment aux 9 milliards de dollars que BNP Paribas a dû payer aux autorités américaines. De même, Deutsche Bank aurait plus que doublé ses résultats annuels sur les cinq dernières années si elle n’avait pas été sanctionnée autant.

Dans ce contexte, un grand nombre de banques européennes étaient déjà fragilisées avant même que les peurs sur une nouvelle récession mondiale ressurgissent. Malgré cela, les marchés semblent sur-réagir car les fondamentaux de beaucoup de grandes banques ne justifient pas cette panique : les banques sont en moyenne plus solides (capitalisation plus élevée, plus liquide, moins exposée aux actifs à risques…) qu’elles ne l’étaient au moment de la crise de 2008. Les expositions des banques au secteur de l’énergie, ou à la Chine, Russie et autres pays émergeants (mise à part les banques autrichiennes), restent limitées. Il est tout à fait possible qu’un nombre de fonds spéculatifs jouent sur ces craintes et amplifient temporairement les prix à la baisse.

Evidemment, certains pays, comme l’Italie et la Grèce, semblent plus fragilisés que d’autres. Les acteurs financiers ont aussi peur des dommages collatéraux de certaines réformes bancaires (décrits ci-dessous), qui pourraient exacerber les effets de certains crashs boursiers ou économiques.

Plus spécifiquement, que penser du secteur financier français ? Quels sont les risques existants ? Existe-t-il un risque particulier sur nos grands acteurs bancaires ?

La France se situe en milieu de tableau. Pas aussi solide que certains de ses voisins, mais en meilleure position que plusieurs pays du sud de l’Europe. Les banques françaises ont mis du temps a améliorer leur capitalisation, mais elles sont maintenant mieux placées pour absorber des chocs externes. Elles ont notamment fait de bon progrès concernant la réduction de leur exposition aux pays européens en crise, alors qu’elles faisaient partie des banques les plus à risque il y a quelques années.

Le secteur immobilier français, qui était en surchauffe, ne semble pas poser trop de problèmes pour le moment car la population française a culturellement tendance à privilégier le remboursement des prêts immobiliers par rapport aux autres dépenses (à l’inverse de certains pays comme les Etats-Unis). La structure particulière du système français et de son utilisation quasi-systématique de garanties à plutôt que d’hypothèque lui permet de bien absorber les augmentations de prêts douteux, tant qu’ils restent modérés et temporaires.

Pour autant, les performances économiques de la France restent faibles et la combinaison de chocs internes (forte récession) et externe (crise économique mondiale et crash des marchés financiers) pourrait mettre les banques en danger.

Jusqu’à maintenant, les performances des banques françaises sont restées acceptables. Légèrement moins capitalisées que certaines banques européennes, elles ont, à l’image de BNP Paribas, réussit à bénéficier de la volatilité des marchés financiers pour reporter des bénéfices records lors des premiers trimestres 2015. Ce qui par ailleurs a permis à BNPP, qui est la banque française avec les activités de marché les plus étendues, de reporter de relativement larges bénéfices sur l’année 2015 malgré un dernier trimestre plutôt mauvais.

 
Commentaires

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  • Par jupiteruranus - 09/02/2016 - 09:31 - Signaler un abus Les Banques Françaises ne respectent pas les règles prudentielle

    Les Banques Françaises ne respectent pas les règles prudentielles d'endettement. Pour vous en convaincre lisez les analyses de Jean-Pierre CHEVALLIER sur son blog (sauf la banque Martin Maurel mais il faut pouvoir y entrer) .... Pas assez de fonds propres ...

  • Par jybro - 09/02/2016 - 10:45 - Signaler un abus votre irresponsabilité jnsf

    les accords Bale 3 les banques et les sstrading s'en moquent, Vous parlez de régulation BCE,mais avec des TAUX DIR négatifs,et on open market à 6O puis bientot 12O MDS d'€ que font elles de leurs liquidités ?? DES PRODUITS DERIVES AH..! la belle affaire pour des saupoudrés de coke que vous etes. BNP PB Dégage 8,7 MDS avant EBIDTA ou vont-ils aller hein? Vos poches et celles des actionnaires de reférence. On ne fait pas de croissance Macro, mais vous glorifiez l'enrichissement malhonnete individuel. Alors oui,cassez-vous donc la ...figure.

  • Par jybro - 09/02/2016 - 10:53 - Signaler un abus tu connais jnsf

    l'ordonnance 1024-2015 d'aout 2015 transposition de la directive sur les defauts des banques tout instruments financiers créditeur de 100000€ ( plancher) peuvent etre debiter de sommes necessaires au retablissement de l'equilibre financier du failli ou des faillis si risque systemique. Et tu parles de banques victimes!!

  • Par Labarthe - 09/02/2016 - 13:05 - Signaler un abus Très optimiste

    Votre article me paraît bien optimiste. On est devant le même problème qu’avant 2008 : On cache une situation économique réelle désastreuse en promouvant une économie virtuelle créée par une politique financière basée sur des artifices. Cette politique financière est notamment relayée par les banques. Par ailleurs, leur exposition á la crise dans les pays émergents est, je crois, bien plus forte que vous ne le dites. Par exemple, les banques espagnoles, dont personne ne parle, sont très, très, exposées à la situation économique des pays sud américains et notamment du Brésil qui est en train de s’effondrer.

  • Par Ganesha - 09/02/2016 - 17:51 - Signaler un abus Labarthe, d'accord avec vous !

    Article d'un optimisme totalement délirant ! On voit souvent sur Atlantico des fans un peu ''simplets'', ''bébêtes'', de Sarko venir nous affirmer qu'en 2008, '''Sarko a sauvé les banques''. La vérité, c'est que ni Sarko ni Hollande n'ont eu les ''cojones'' pour imposer la séparation des banques de dépôt des particuliers de celles qui se livrent à la ''spéculation frénétique'' ! Un article récent évaluait les encours toxiques de la BNP à 24 fois le PIB de la France ! Il faudrait plusieurs siècles d'impôts pour les rembourser ! L'éclatement de la bulle sera donc une ''catastrophe nucléaire'' qui réduira notre pays en miette ! Sauf si Marine Le Pen est au pouvoir : elle seule est capable de ''tenir tête à la Finance'', la fameuse promesse de Hollande au Bourget ! Quand on lit les pauvres connards qui viennent ici pleurnicher : ''Marine va nous ruiner'' !

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JNSF

JNSF est analyste financier senior, et travaille dans une banque d'investissement. Il s'exprime ici sous pseudonyme.

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