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2 ans de dédiabolisation mais retour discret de militants identitaires : mais que veut donc être le FN ?

Steeve Briois a rendu hommage à Philippe Vardon (indépendantiste Niçois, tête de liste région, skinhead, condamné par la justice pour ses activités au sein du FN), Nicolas Bay a embauché comme assistant parlementaire le frère Benoît Vardon, Damien Rieu (chef de file génération identitaire) salarié au conseil régional de PACA…

Cohérence

Publié le - Mis à jour le 6 Janvier 2017
2 ans de dédiabolisation mais retour discret de militants identitaires : mais que veut donc être le FN ?

Atlantico : Les nominations de personnalités sulfureuses comme Philippe Vardon, identitaire niçois ou  Guillaume Pradoura ancien chef de file des identitaires marseillais, à différents postes à responsabilité au sein du parti semblent paradoxales avec la politique de dédiabolisation engagée par le Front National depuis des années. Est-ce une stratégie du grand écart pour conserver à la fois le noyau d'électeurs historiques du FN tout en séduisant de nouveaux électeurs ? 

Jean-Philippe Moinet : Oui, il s’agit d’une stratégie du très grand écart même, sachant que la "dédiabolisation" recherchée depuis des années par Marine Le Pen, en vitrine médiatique avec Florian Philipot, a toujours été combinée avec des arrangements de famille (qui reste d’extrême droite). Philippe Vardon, condamné par les tribunaux de la République pour ses propos et son activisme d’incitation à la haine raciale, a bien été élu, en 2015 en région PACA, sur une liste FN en place éligible et cela a bien été validé par la présidente du FN.

Les tensions actuelles qui traversent le FN montrent les limites de l’exercice de dédiabolisation et, à mon avis, nous n’en sommes qu’à un début : des explications vont avoir lieu, car l’approche des élections appelle nécessairement des clarifications.

Dans ce contexte, il est actuellement très important pour Marine Le Pen, à l’approche de la campagne de la présidentielle et alors que des signes de faiblesse sont clairement apparues dans la "famille", de donner des gages en interne, de montrer qu’elle reste bien l’héritière politique de Jean-Marie Le Pen et qu’elle ne laissera pas un espace trop large à sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen pour incarner l’orthodoxie lepéniste. Si elle avait d’ailleurs eu le moindre scrupule concernant les "durs" de l’extrême droite française, Marine Le Pen n’aurait jamais été à la direction du FN, elle n’aurait pas passé une si longue partie de sa vie dans le sillon politique de son père. Et si, une fois élue présidente du FN, elle a instrumentalisé avec habileté la rupture avec Jean-Marie Le Pen, c’est bien pour des raisons tactiques, de marketing électoral d’abord : pour ratisser bien plus large que lui mais sans renier des fréquentations et mêmes des amitiés politiques qui caractérisent encore ce parti comme un mouvement d’extrême droite parmi les plus importants mais aussi les plus durs d’Europe.

Où en est ce cœur historique des électeurs du FN ? A quel point cette nouvelle ligne "dédiabolisée" les rebute ? Dans quelle mesure une scission vous semble-t-elle possible aujourd'hui entre les électeurs frontistes ?

Au niveau des électeurs, de grandes différences de sensibilités se sont juxtaposées ces dernières années. A un noyau dur lepéniste de toujours, qui n’a pas totalement disparu sous la présidence de la fille, s’est ajouté des apports électoraux substantiels qui, a priori, n’avaient rien à voir avec une adhésion idéologique d’extrême droite traditionnelle mais qui, a posteriori, n’ont pas grand chose à y redire ! La xénophobie ambiante, alimentée par exemple par les peurs (légitimes) liées au terrorisme ou au djihadisme, constitue un ciment qui semble plus solide que les divergences idéologiques de militants que rebute une dédiabolisation poussée. Dans cette perspective, les militants et cadres "identitaires" durs, qui colportent des thèses racistes et antisémites, paraissent d’importance mineure par rapport aux gros bataillons de cadres et d’élus pour partie "dédiabolisés" qui maîtrisent volontairement leur propos et leurs actes. En cela, le marinisme a été un succès. Mais la candidate du FN, même si elle cherche à gommer le maximum d’aspérités au point d’effacer le sigle FN de ses outils de campagne, sait aussi jusqu’où ne pas aller : elle connaît trop la machine et la culture FN pour ne pas voir le risque, pour elle, de se voir d’un seul coup contestée par une double force : une force de l’intérieur, que constitue le courant Marion Maréchal-Le Pen qui, avec des militants très structurées d’extrême droite traditionnelle, mise sur une radicalité assumée ; et une force de l’extérieur, celle de Jean-Marie Le Pen, qui peut paraître à première vue peu significative et vieillissante mais qui peut constituer à sa manière un autre courant contestataire, très nocif pour Marine Le Pen pendant sa campagne présidentielle mais aussi pendant la campagne des législatives qui suivra rapidement.

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 04/01/2017 - 07:31 - Signaler un abus Quand les papys perdent les pédales...

    Il y a une part importante de l'électorat à séduire… et ces gens là se déplacent pour voter ! Il suffit de lire les commentaires pour les articles d'Atlantico sur l'immigration : ''On n'a qu'à ouvrir un camp d'extermination en Guyane'', il faudrait créer des ''Escadrons de la Mort''. Quand les papys perdent les pédales...

  • Par Anguerrand - 04/01/2017 - 08:32 - Signaler un abus A Ganesha

    Votre vocabulaire est répétitif et pauvre. Les papys que vous insultez régulièrement ont fait de la France un pays moderne. Personne ne touchait de " revenu universel" et doivent être respectés. Quand à votre solution pour les islamistes actuellement en prison avez vous une autre solution, quand on sait que ces islamistes sont incurables et même dangereux car doté de téléphones et embrigadent des modérés. Oui un " Cayenne" ou l'on les mettraient tous ensembles, sans risque de prosélytisme et à peu de frais. J'attend votre propositions vous qui êtes toujours negatifs, prouvez nous que vous avez LA solution idéale.

  • Par Deneziere - 04/01/2017 - 09:27 - Signaler un abus Il y a aussi le clivage européen

    La plus grosse ligne de rupture idéologique entre le FN version mariniste, et les identitaires ("les zids") est probablement la question européenne. Les identitaires sont ouvertement pro Europe (pas pro EU) et ont même théorisé cette "triple appartenance" régionale-nationale-européenne dans leur doctrine. Le FN ne voit que le maillon du milieu. Historiquement, il a toujours considéré le régionalisme d'un mauvais œil, et il a aujourd'hui une rhétorique anti-européenne. L'extrême droite est - comme l'extrême gauche, d'ailleurs - traversée d'inimités idéologiques profondes. Je brocarde souvent Marine Le Pen dans mes commentaires, mais il faut reconnaître que sur le plan de la synthèse politique, jusque là, elle a eu un parcours vraiment impeccable, surtout considérant le marigot de crocodiles caractériels qu'elle doit gérer.

  • Par MIMINE 95 - 04/01/2017 - 10:28 - Signaler un abus Cet article m'a donné envie de me "cultiver"

    Sur les "identitaires", groupuscule de 2000 personnes environ, après lecture de la page Wikipédia qui leur est consacré, un petit détour par Nissa Rebela et quelques autres infos, même si je n'approuve pas les envolées d'excès idéologiques de la jeunesse, et ça vaut pour la droite comme pour la gauche, je trouve qu'on en fait quand même des tonnes qui ne me semblent pas vraiment justifié dès qu'il s'agit de ce groupuscule. Exemple: "Philippe Vardon, le président du Bloc identitaire Guillaume Luyt, et deux autres militants des JI sont poursuivis par la justice pour avoir distribué un tract intitulé « Ni voilée ! Ni violée ! » aux abords du lycée niçois Thierry Maulnier. Philippe Vardon est condamné pour discrimination raciale à trois mois de prison avec sursis et 3 000 euros d'amende ; Guillaume Luyt, à quatre mois de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende ; et les deux autres militants à 3 000 euros d'amende chacun", un peu cher payé non!

  • Par vangog - 04/01/2017 - 10:55 - Signaler un abus @Denezieres et @MIMINE95 plus instructifs

    sur les identitaires que cet "observateur" Moinet, manifestement payé à ne rien faire, sinon éplucher les dépêches de l'AFP trorskyste, et broder sur ce qu'il croit être "l'air du temps"...si cet observateur de son nombril s'était déplacé un tant soit peu à Nice, fief des identitaires, il aurait pu parler de réalités concrètes...mais depuis que la gauche a remplacé le journalisme d'investigation par du journalisme d'opinion, ce type d'observateur ne se sert plus de ses frais professionnels défalqués par une niche fiscale que pour ses congres et ses frais de bouche...Nissa rebella est favorable à une certaine autonomie, non pas régionale (ils ne veulent pas de la mainmise de Marseille), mais locale! Ils ont été les premiers lanceurs d'alerte à s'opposer aux rappeurs haineux, à l'immigration extra-européenne sauvage, aux constructions de mosquées, aux lois de décentralisation ratées...ils représentent une notion communément admise que les locaux connaissent mieux et, donc, peuvent mieux gérer les affaires locales que des énarques ou des politiciens étranges à leur région...le FN dur? Oui! si tendre des banderolles sur un pont est dur. Pour Philippe Vardon, patriote placide..

  • Par vangog - 04/01/2017 - 11:09 - Signaler un abus Pour Philippe Vardon, être "dur", c'est s'être défendu

    contre trois agresseurs en mars 2014 devant sa femme et ses fils – 7 mois et 3 ans à l’époque. Trois multirécidivistes armés (manivelle, démonte-pneu), qui avaient prémédité d'attaquer une famille, et qui lui reprochaient son engagement politique (les "ligues de l'enseignement", du Gauleiter Bruno Le Roux, et autres anti-fas, si vous me lisez, rougissez de honte!). Philippe a été condamné à six mois de prison, au même titre qu’eux, pour avoir défendu lui-même et sa famille...la Justice gauchiste n'est plus à une erreur judiciaire près, me direz-vous! Et le but de cette injustice gauchiste n'est pas de défendre les innocents, mais d'éradiquer toute notion de légitime défense, car, comme dans les dictatures gauchistes d'avant-mur, seule la société incarnée dans ses juges roses et rouges a droit de défendre légitimement l'opprimé...on a vu le résultat! Sinon, pour Philippe, jamais condamné excepté pour s'être légitimement défendu, être "dur", c'est déployer quelques banderolles sur des voies d'autoroute ou au sommet d'une Préfecture...de la "dureté" à l'état pur pour tout observateur peu partial...Philippe, si tu me lis, excellente année à toi et à toute ta famille!

  • Par Frangipanier123Paris - 04/01/2017 - 11:19 - Signaler un abus A ceux qui attaquent les positions stupides de "Ganesha" ...

    ... et de ses semblables: ne vous donnez pas cette peine, les bobos-gauchos idiots utiles de l'islamisme ne sont plus qu'une poignée et les récents évènements (Charlie, Bataclan, Nice et tant d'autres chez nos voisins européens) font que les "Ganesha" crient - éructent ? - désormais dans le désert; ils nous critiquent, nous les patriotes, car ils comprennent bien, même confusément, qu'ils ont perdu la bataille culturelle et idéologique. Alors ne perdons pas de temps à les critiquer car ils sont de toute façon "indécrottables" ... Passons plutôt notre "temps de cerveau disponible" à essayer de convaincre nos compatriotes des classes moyennes, un peu désemparés, qu'il convient désormais de SE RASSEMBLER autour de femmes et d'hommes qui aiment la France (comme Poutine aime la Russie et comme Trump aime l'Amérique): F Fillon, M Le Pen, Marion M Le Pen, Ph de Villiers, R Ménard, E Zemmour, A Finkielkraut, M Onfray, J P Brighelli, P Cassen, Cl Polin,et des milliers d'autres, aiment tous immensément la France, même si c'est avec des nuances différentes. Alors n'espérons qu'une chose: qu'avec les patriotes des autres nations européennes, nous boutions la vermine islamiste hors d'Europe ..

  • Par J'accuse - 04/01/2017 - 11:58 - Signaler un abus Le FN veut être ... au pouvoir, pardi !

    Vous n'avez pas encore compris que l'unique but de tout politicien et de tout parti est de parvenir au pouvoir et d'y rester, coûte que coûte? Rien d'autres ne compte: s'il faut se renier, mentir à chaque phrase, unir les contraires, tuer ses amis, aimer ses ennemis, promettre la lune et assurer qu'on marche sur l'eau, pas de problème du moment que ça ouvre la voie. Le FN est comme les autres: inutile de faire des analyses pointues. La seule question censée est: qu'arriverait-il à faire s'il gagne ?

  • Par ikaris - 04/01/2017 - 14:20 - Signaler un abus Article d'un opposant politique à oublier

    Je ne vois pas pourquoi on tend le micro à ce militant "anti raciste" (qui ferme les yeux sur certains racisme et les ouvre très grands sur d'autres) pour parler du FN vu qu'il ne sait manier que le faux et le préjugé. C'est un lieu commun de constater que tous les partis "classiques" ont en leur sein beaucoup d'ultras "assagis". Au PS le passé trostkyste est par exemple très bien vu (Filoche, Cambadelis, Dray ... pour les plus voyants), à l'UMP il fallait la jouer un peu plus discret à cause de la diabolisation (Madelin, Longuet et d'autres). Il y a une raison simple : ces anciens ultras sont de très bons militants de terrain avec du charisme qui n'ont pas peur de l'adversité, de la pluie et de l'heure matinale pour aller coller des affiches, tracter, aller au contact des gens, parler. C'est ainsi que VGE s'était attaché tout un tas "d'ultras" pour sa campagne de 1974 ... alors qu'il est devenu le président du regroupement familial et de l'IVG. Les nominations des anciens "identitaires" sont donc à voir ainsi et non selon les délires complotistes de l'auteur.

  • Par vangog - 04/01/2017 - 14:33 - Signaler un abus @ikaris Vous avez raison! mais ne pas confondre les identitaires

    patriotes, qui ont toujours respecté la loi républicaine, et n'ont jamais fait le coup de poing, avec les fascistes trotskystes, lanceurs d'acide, de pavés, decocktails molotovs et autres joyeusetés gauchistes, sur les forces de l'ordre (encore récemment à Nantes) et provocateurs de troubles graves, amenant souvent des blessés voire des morts chez les forces de l'ordre...vous avez dit violences policières"? oui, les gauchistes en sont familiers de ces violences faites aux policiers. Car ils sont issus d'une tradition de combats de rues gauchiste, tolérée, voire encouragée (via les associations subventionnées) par les gouvernements alternatifs de droite comme de gauche archaïque...Ce mauvais auteur tente un amalgame puéril, mais il semble difficile de comparer quelques banderoles déployées par les identitaires niçois à des jets d'acide par les gauchistes...

  • Par Karg se - 04/01/2017 - 18:22 - Signaler un abus Incompétant ou dénigrement par association?.

    Les ZID ne sont pas des skins heads (enfin le vrai terme c'est bones head si on parle de skin d’extrême droite et pas juste les mecs qui écoutent du ska).

  • Par toupoilu - 04/01/2017 - 20:06 - Signaler un abus La rediabolisation est en marche.

    Parce qu'ils considèrent que le danger pour eux c'est le FN. Ils n'y croit pas vraiment, ils pensent qu'ils bénéficieront encore du "front républicain", mais un doute s'est insinué en eux. Et si le programme de casse et d'injustice sociale de leur candidat agglomérait contre lui une bonne part des électorats éliminés au premier tour, malgré les fameuses consignes républicaines, malgré les peurs, et malgré le tabou. Et si c’était gagnable ? Alors on ressort les vielles ficelles, malgré le discours et les actes absolument irréprochable des dirigeants du front . Ça ne marchera pas, ça se jouera sur le réalisme économique, et il n'est pas forcement la ou on le croit.

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Jean-Philippe Moinet

Jean-Philippe Moinet, ancien Président de l’Observatoire de l’extrémisme, est chroniqueur, directeur de la Revue Civique et partenaire de l’institut Viavoice.

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