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Les Français sont-ils vraiment capables de répondre aux sondages sur le gaz de schiste ?

Publié le 19 septembre 2012
Selon un sondage Mediaprism, 40% des Français pensent que la France devrait exploiter le gaz de schiste et 80% d'entre eux considèrent que leur facture énergétique va devenir un problème.
Alain Renaudin dirige le cabinet "NewCorp Conseil" qu'il a créé, sur la base d'une double expérience en tant que dirigeant d’institut de sondage, l’Ifop, et d’agence de communication au sein de DDB Groupe.web : www.newcorpconseil.comSuivre ...
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Selon un sondage Mediaprism, 40% des Français pensent que la France devrait exploiter le gaz de schiste et 80% d'entre eux considèrent que leur facture énergétique va devenir un problème.

Atlantico : 40% des Français pensent que la France devrait exploiter le gaz de schiste. Pourtant, 73% d’entre eux se disent mal-informés sur les questions environnementales. Pourquoi poser une telle question à des personnes qui avouent eux-mêmes ne pas comprendre grand-chose au sujet ?

Alain Renaudin : Il y a aujourd’hui en France beaucoup de sujets qui sont débattus avant d’informer le public au préalable. Le principal enseignement de cette étude, et plus particulièrement sur le gaz de schiste, est que la très grande majorité des Français se sent mal informée sur les enjeux environnementaux.

Quand, à brûle-pourpoint, on demande aux sondés s’ils sont pour ou contre le gaz de schiste, on retrouve souvent une « réponse réflexe » qui exprime le contre. Quand on leur laisse la possibilité de répondre « je ne sais pas »,  on retrouve 40 % de sondés qui se disent plutôt favorables, 40% plutôt défavorables et 20% qui avouent ne pas savoir.

Quelle valeur peut-on alors donner à ce type de sondage ?

Tout d’abord, on a tous le droit d’avoir une opinion sans être forcément un expert du sujet dont on parle. Il est toujours intéressant de mesurer ce que pense l’opinion publique.

Ensuite, là où je vous rejoins, c’est que sur ce type de questions qui sont plus complexes qu’on veut bien le croire, il est plus intéressant, dans l’analyse du sondage, de mettre en avant différents enseignements du sondage sur la thématique énergétique en générale et pas uniquement sur un point en particulier qui est la question d’actu, en l’occurrence le gaz de schiste.

Quels sont les principaux enseignements du sondage ?

Au-delà du gaz de schiste, ce sondage nous dit que les Français sont très préoccupés par l’augmentation du coût de l’énergie et sont convaincus que l’énergie va couter de plus en plus chère.

Ensuite, plus de 80% d’entre eux considèrent que leur facture énergétique va devenir un problème.

Enfin, les équipements qui sont économes en énergie coûtent trop cher de leur point de vue.

Globalement, les personnes sondées s’interrogent sur les solutions que le gouvernement pourrait proposer sur la question énergétique. L’opinion publique se retrouve majoritairement sur le fait que les énergies renouvelables en France ne sont pas assez développées.

Cliquer sur le graphique pour agrandir

Pourtant ils sont toujours 52% à considérer le nucléaire comme une filière d’avenir…

Ce que nous disent les Français à travers tout cela, c’est que le nucléaire est encore utile et tant qu’on ne leur explique pas comment on peut réduire concrètement la part du nucléaire, ils resteront attachés à cette énergie.

Nous avons toujours cet objectif de 23% d’énergie renouvelable pour 2020. Si on veut réduire la part du nucléaire et qu’on s’interdit l’exploitation du gaz de schiste, en sachant qu’il n’y a pas de développement massif des énergies renouvelables, les Français ne voient pas comment le coût de l’énergie n’augmentera pas.

Comment expliquer le fait que le public se sente mal informé alors que depuis une dizaine d’années il semble avoir été largement sensibilisé aux enjeux environnementaux ?

L’information correspondait à une sensibilisation, une bonne pratique en termes de comportement domestique. Par exemple, on insistait sur le fait qu’il fallait fermer l’eau du robinet quand on se lave les dents… De plus, au fur et à mesure que l’information était répétée, elle était mal perçue car un peu moralisatrice et donneuse de leçons.

On voit aujourd’hui qu’il n’y a pas de solution miracle. A partir du moment où il n’y a pas de solution miracle, l’information en termes de qualité de contenu doit se densifier et ne doit pas être dogmatique. Le gaz de schiste a certainement beaucoup d’inconvénients environnementaux. Mais quand vous regardez les enjeux de pouvoir d’achat, le gaz de schiste est aussi un moyen de réduire le coût de l’énergie et d’améliorer l’indépendance énergétique des pays. C’est pour cela que les Etats-Unis et le Canada sont passés en phase d’exploitation. Ces arguments sont relativement peu développés et peu connus du grand public. Peut-être que l’opinion serait différente si on expliquait qu’aux Etats-Unis le gaz naturel est quatre fois moins cher qu’en Europe et que depuis trois ans le coût a été divisé par deux.  

L’idée serait d’avoir tout simplement un équilibrage de l’argumentation pour avoir une opinion publique mieux informée et capable de raisonner davantage en allant au-delà du point de vue dogmatique ou philosophique.

La conférence environnementale organisée par le gouvernement va-t-elle dans ce sens ?

L’attente environnementale aujourd’hui est une attente de solutions et de réponses concrètes et pas de philosophie et de points de vue partisans. Depuis dix ans, le travail a été globalement bien fait pour dire pourquoi il fallait se soucier des enjeux environnementaux, maintenant le public se concentre plus sur le « comment » que sur le « pourquoi ». Parler du gaz de schiste à travers les solutions, les avantages et les inconvénients, est un débat intéressant en valeur absolue.


Méthodologie : L’enquête réalisée auprès d’un échantillon de 981 individus, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Questionnaire auto-administré en ligne. Méthode de quotas : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, catégorie d'agglomération et région.

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CFAN17
- 20/09/2012 - 08:19
ou est la verite en France ou au Québec
trop d experts qui parlent pour vendre leurs livres ...les verts toujours contre
Le prélèvement d’un important volume d’eau douce dans le milieu naturel sur une
courte période de temps pourrait avoir des effets sur les écosystèmes aquatiques et
humides, les puits d’eau potable, les systèmes d’irrigation agricole ou tout autre usage
de l’eau. Toutefois, les prélèvements d’eau de surface requis pour l’injection ou la
fracturation ne devraient pas être problématiques dans les secteurs envisagés s’ils sont
faits dans les rivières principales, ou dans les cours d’eau comportant un débit
important. La quantité d’eau prélevée doit être fonction du débit d’étiage d’une
récurrence de deux ans, calculé sur sept jours consécutifs (maximum de 20 % du
débit).

Les
méthodes de forage utilisées prévoient, pour protéger les réserves d’eau potable,
l’utilisation systématique, dans chacun des puits, de plusieurs caissons d’acier
solidement installés à l’aide de ciment. Le premier caisson de surface est installé
jusqu’à plus de 100 mètres de profondeur afin de protéger la nappe phréatique.
yoda
- 19/09/2012 - 22:48
le probleme c'est que...
il y a tellement de soit disant expert de ci ou de cela.... qui en réalité ne le sont pas plus que moi ou si peu... que l'on passe son temps à entendre des inepties alors comment se faire vraiment une réelle opinion !
prochain
- 19/09/2012 - 16:43
Rejeté sans débat
Les méthodes d'exploration des gaz non-conventionnels sont différentes de celles des gisements de pétrole, il faut prendre les échantillons de schiste pour évaluer la teneur en matière organique et ça ne demande qu'un forage NORMAL sans frack.
MoiJe l'a "rejeté" sans débat pour que le dogme de l'Eglise bobo-écologique reste intact. Pensez' y à chaque augmentation!!!