En direct
Best of
Best of du 8 au 14 février
En direct
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Elles lynchent Macron en chantant (mal) et en dansant (très mal)…

02.

Les gros salaires de plus en plus gros... Mais qu'est ce qui peut justifier de telles extravagances ?

03.

Les mésaventures d’Erdogan en Syrie

04.

La modernisation de la flotte australienne de sous-marins : un enjeu géopolitique pour la France

05.

Vanessa Paradis seule : son fils va quitter la maison, Samuel n’est pas là; Le nouveau mari de Pamela Anderson effrayé par ses dettes, le compagnon de Laeticia Hallyday pas troublé par ses problèmes financiers; Loana à nouveau dans une relation abusive

06.

Quatre leçons de l’affaire Griveaux : du narcissisme à la sécurité nationale en passant par la politique

07.

Pénurie en vue : le coronavirus menace la production mondiale d’antibiotiques

01.

Les ébats sexuels de Griveaux ? Mais on s'en branle !

02.

Le glyphosate : un coupable (trop) idéal

03.

Pourquoi le GriveauxGate n’est pas qu’une question de sexe

04.

Dissolution de l’ordre public : le vrai procès du siècle que les Français devraient intenter à l’Etat

05.

Mais d’où vient ce mystérieux signal radio émis des profondeurs de l’espace à destination de la Terre ?

06.

Politique arabe : pourquoi la France n’est plus écoutée au Moyen-Orient depuis la fin de la guerre d'Algérie

01.

Les ébats sexuels de Griveaux ? Mais on s'en branle !

02.

Benjamin Griveaux retire sa candidature à la mairie de Paris après la diffusion de messages et de vidéos à caractère sexuel

03.

Bernard-Henri Lévy : “Les élites n’oublient pas les Français qui souffrent mais les Français, eux, oublient souvent ceux qui souffrent ailleurs dans le monde”

04.

Chantage à la vie privée : le vertige orwellien du monde contemporain

05.

La lutte contre le séparatisme en marche… ou pas

06.

Montée de la contestation radicale, aveuglement gouvernemental, l’étau qui asphyxie insensiblement la démocratie française

ça vient d'être publié
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Le fantôme d'Aziyade" de Pierrre Loti : quête initiatique, nostalgique et fascinante sur les rives de l'amour et du Bosphore

il y a 5 heures 55 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Vive la vie" de Thomas Labacher : helvétique, envoûtant et magique !

il y a 8 heures 23 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"A crier dans les ruines" d'Alexandra Koszelyk : un roman féerique et gracieux sur Tchernobyl

il y a 8 heures 58 min
light > Santé
Remède efficace
Coronavirus : Jackie Chan s’engage à donner un million de yuans pour la recherche d’un vaccin
il y a 10 heures 29 min
pépites > Politique
Campagne familiale
Elections municipales : Marie-Caroline Le Pen, la sœur aînée de Marine Le Pen, fait son retour en politique à Calais
il y a 13 heures 6 min
light > Sport
Un pas de plus dans la légende
Biathlon : Martin Fourcade remporte son onzième titre de champion du monde de l’individuel
il y a 13 heures 53 min
pépites > Politique
Rivalités
Affaire Griveaux : Christophe Castaner fait une allusion à la vie privée d’Olivier Faure et provoque l'indignation de l'opposition
il y a 15 heures 18 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Le cas Richard Jewell" de Clint Eastwood : l'histoire vraie d'un héros ordinaire broyé par la machine étatique : un Clint Eastwood grand cru...

il y a 16 heures 49 min
décryptage > Société
Hémiplégie techno

Séparatisme islamique : cette autre dimension du défi qu’oublie Emmanuel Macron

il y a 18 heures 53 min
décryptage > Europe
Recomposition politique

Ce vote Sinn Féin irlandais qui devrait réveiller l’Europe

il y a 19 heures 54 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Français, Le monde vous regarde" de Jean-Christophe Notin : 32 ambassadeurs en poste en France répondent à de nombreuses questions lapidaires, trop de langue de bois, aucun commentaire après les réponses. Aurait pu mieux faire !

il y a 6 heures 12 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Thérapie de groupe, tome 1. L’étoile qui danse" de Manu Larcenet : l’angoisse de la page blanche ? Une porte ouverte à tous les délires créatifs ?

il y a 8 heures 45 min
décryptage > Media
L’art de la punchline

Un 18 février en tweets : Jean-Sébastien Ferjou en 280 caractères

il y a 9 heures 33 min
pépites > Justice
Dommages et intérêts
L'Assemblée nationale va réclamer plus d'un million d'euros dans le cadre du procès Fillon
il y a 11 heures 15 min
décryptage > Défense
Contrat

La modernisation de la flotte australienne de sous-marins : un enjeu géopolitique pour la France

il y a 13 heures 37 min
pépites > Justice
Enquête de déontologie
Affaire Griveaux : Juan Branco a renoncé à défendre Piotr Pavlenski, suite à la demande du bâtonnier de Paris
il y a 14 heures 45 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Les "anonymes" de la Résistance en France, 1940-1942. Motivations et engagements de la première heure" de Limore Yagil : la Résistance avait commencé bien avant l’appel du 18 juin, une salutaire analyse pour l’honneur des Français

il y a 16 heures 35 min
pépites > Politique
Campagne électorale
Elections municipales à Paris : Rachida Dati devance Anne Hidalgo pour la première fois, selon un nouveau sondage
il y a 17 heures 18 min
pépite vidéo > Environnement
Une page se tourne
Le premier réacteur de Fessenheim, la plus ancienne centrale nucléaire française, sera arrêté samedi
il y a 19 heures 2 min
décryptage > Sport
Haaland fait chuter Paris

Dortmund/PSG: 2/1 Paris passe au travers

il y a 20 heures 15 min
© DR
© DR
Geopolitico-Scanner

Un regard d'Est en Ouest : géohistoire de l'Europe orientale contemporaine

Publié le 25 octobre 2019
Après les élargissements successifs de l'Union européenne à des pays d'Europe orientale et centrale, l'Europe est loin d'être réunifiée. Alexandre del Valle a rencontré l'écrivain, publiciste et stratège franco-russo-hongrois Youri Fedotoff qui vient de publier un roman épique ("Le Testament du Tsar, Chaos 1917-1945").
Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France Soir, Il Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Alexandre Del Valle
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France Soir, Il Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Après les élargissements successifs de l'Union européenne à des pays d'Europe orientale et centrale, l'Europe est loin d'être réunifiée. Alexandre del Valle a rencontré l'écrivain, publiciste et stratège franco-russo-hongrois Youri Fedotoff qui vient de publier un roman épique ("Le Testament du Tsar, Chaos 1917-1945").

Ainsi qu'on peut l'observer depuis les élargissements successifs de l'Union européenne à des pays d'Europe orientale et centrale jadis soumis au joug soviétique et libérés depuis la chute du Mur de Berlin et de l'ex-URSS, l'Europe est loin d'être réunifiée. Plus que jamais, un double rideau de fer géopolitique, idéologique, sociologique et historique divise les pays du Continent européen: tout d'abord la "ligne de front civilisationnelle" (pour paraphraser Samuel Huntington) qui sépare et souvent oppose, l'Europe atlantiste-occidentale et la Russie, et ensuite la ligne de haute tension qui oppose politiquement et sépare psychologiquement les pays de l'Europe orientale et centrale (entrés dans l'UE depuis 2004, marqués par le populisme "illibéral" à la Orban), attachés à leur identité chrétienne et marqués par un fort anti-communisme, et, de l'autre côté, une Europe de l'Ouest historique engluée dans son politiquement correct, hostile à l'identité assimilée aux vieux démons. Malgré ce constat, force est de reconnaître que les lignes bougent. Alexandre del Valle a rencontré pour s'en convaincre l'écrivain, publiciste et stratège franco-russo-hongrois Youri Fedotoff, fin observateur géopolitique qui incarne par ses origines ces divisions continentales et qui vient de publier un roman épique ("Le Testament du Tsar, Chaos 1917-1945"*), où la fiction et le fait historique se conjuguent  pour nous offrir un éclairage historique d’Est en Ouest aux origines de l’Europe orientale contemporaine.

Le constat de cette double division du continent européen reste valable et se vérifie chaque jour. Cependant, force est de constater que rien n'est fixe en géopolitique et que les "temps longs de l'Histoire" chers à Fernand Braudel et aux stratèges restent prégnants. C'est ainsi que depuis la visite du président russe Vladimir Poutine au président français Emmanuel Macron au Fort de Brégançon, en août dernier, le dialogue entre la France et la Russie a semblé se confirmer après des années de mésentente, en particulier sous le quinquennat du très atlantiste et "moraliste" François Hollande entouré de russophobes. Les échanges, cette semaine entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine rapportés à la presse au sujet du conflit Syrien et de l’éventualité de la tenue prochaine d’une conférence sur la question ukrainienne renforcent l'impression que le président français est bien plus pragmatique et adepte des temps longs de l'Histoire de la France, allié traditionnel de la Russie. Ce changement d’orientation de la politique étrangère française semble aussi s’étendre à l’Europe centrale, avec la réception de M. Viktor Orbán, premier ministre de Hongrie à l’Élysée le 11 octobre dernier. Le pragmatisme indispensable à la diplomatie semble prendre le pas sur les incantations idéologiques. Mais cette tendance est-elle durable? Seul l'avenir le dira. Notre expert-romancier russo-hongrois continental a son mot à dire à ce sujet, éclairé qu'il est par l'histoire, outil du passé incontournable pour comprendre le présent et envisager les scénarios d'avenir.

Alexandre Del Valle : Dans votre roman, saga épique qui se déroule sur trois continents, et qui traverse une révolution puis deux guerres mondiales, la fiction et le fait historique se conjuguent et les  personnages dont nous suivons les aventures paraissent servir un véritable éclairage historique concernant une Europe orientale encore très mal connue de l'Occident. Dans votre roman géohistorique, conservateurs, libéraux et révolutionnaires incarnés par les familles Trepchine, de Villeneuve et Boulganov, s’affrontent tout au long de cette période tragique du début du XXe siècle. Quelle est l’originalité de votre point de vue d’Est en Ouest ? 

Youri Fedotoff : A l’origine, il y a une interrogation universelle qui perdure encore et qui a été soulignée à l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale avec le succès considérable de l’essai de Christopher Clarck «Les Somnambules » : Comment l’Europe relativement en paix, pénétrée des espérances du progrès et qualifiée de « belle époque », a-t-elle pu sombrer dans le plus meurtrier des conflits que l'on ait connus depuis les guerres de religions?... 

ADV : Mais votre livre ne se déroule pas seulement sous la Première Guerre mondiale et la révolution russe ? 

YF : Non, et c’est sur ce point que ce regard d’Est en Ouest est différent. Outre-Rhin et jusqu’en extrême orient, le conflit né en 1914 s’est poursuivi jusqu’en 1945 et au delà. A l’Est, l’armistice du 11 novembre 1918 n’a pas ramené la paix civile comme en Occident. Il n’y a pas eu de récréation entre les deux guerres. Les sociétés allemandes, d’Europe centrale et de la Russie, ont été totalement déstabilisées. Elles ont ainsi connu la guerre civile, le chaos économique, la famine puis une insécurité permanente. 

ADV : Vous ne semblez pas prendre un parti idéologique, ni glorifier une nation en particulier, même si l’on ressent parfois une certaine nostalgie des anciennes monarchie russe et austro-hongroise ? 

YF : Mes parents russes et hongrois ont été acteurs de cette époque. Je suis dépositaire de leur témoignage vivant. Cela me place dans une situation différente de mes compatriotes français. Je n’ai pas un point de vue clinique occidental sur cette époque. La volonté de me dégager du chagrin de la névrose et de l’acrimonie qui sont propres à l’exil et au déracinement m’a porté, en tout cas je l’espère, au-delà des idéologies et des nationalismes. 

ADL : Pourtant, vos personnages sont des incarnations idéologiques puissantes ? 

YF : Les deux confits totalisent environ cent millions de morts. Il faut bien qu’il y ait eu quelques forces idéologiques pour arriver à ce résultat monstrueux. 

Selon le camp des vainqueurs ou des vaincus, naturellement, chacun a ses raisons. Trepchine, le filleul du Tsar, veut rétablir la monarchie en Russie. Son ami Boulganov, adjoint de Trotsky, combat pour le triomphe de la révolution rouge. 

Les de Villeneuve, associés de la banque Morgan, sont des ardents militants pour la démocratie libérale. Ce qui m’a intéressé ici, c’était par conséquent de placer chacun de ces personnages face à l’Histoire et à leurs contradictions en écartant tous manichéismes et tout lieux communs. 

ADL : Identifiez-vous des ressorts historiques fondamentaux ? 

YF : Après le chaos de la première guerre mondiale, la nécessité de rétablir un ordre civil précaire au delà du Rhin a finalement entraîné la dictature Stalinienne en Russie puis Hitlérienne en Allemagne. Le totalitarisme rouge ou brun n’est pas tombé de la lune. Impuissant à vaincre la Russie bolchévique, l’Occident a fini par la reconnaître en 1924 et a commercé avec elle. Après les échecs des démocraties libérales en Allemagne, l’Occident a même un temps considéré Hitler comme un pis allié pour contenir la menace d’une extension bolchévique et n’a pas hésité pas à le soutenir. 

ADL : Malgré le constat de l’échec du traité de paix à la fin de la première guerre mondiale, vous n’accablez pas les figures libérales de votre roman. 

YF : Le banquier Julius Bauman et son associé Pierre de Villeneuve, le diplomate américain, sont des figures mercuriennes. Bauman ne fait pas l’Histoire, il la traverse. Depuis la nuit des temps, sous tous les régimes, aux côtés du souverain, vous trouverez toujours un banquier. Dans le roman, l’optimisme de Villeneuve et la neutralité de Bauman sont bousculés par la contradiction entre leur vision matérialiste angélique du progrès et la réalité du chaos. Ce roman est aussi une interrogation sur le progrès qui reste entière à nos jours. 

ADL : Comment expliquez-vous l’échec de la révolution russe ? 

YF : Le paradoxe c’est qu’en réalité l’échec de la révolution communiste est apparu très tôt, du vivant même de Lénine. Mon parrain, qui était d’une famille d’artistes bien vus par les Bolchéviques, l’a vécu personnellement. Ils étaient restés en Russie. Il m’expliquait qu’il n’y avait rien à manger et que, dans les villes, on était contraint de bruler les meubles pour se chauffer l’hiver... En 1921, face à la famine, Lénine chef du parti bolchévique, a été obligé de recourir à la NEP (Nouvelle Economie Politique). Il s’agissait tout simplement du rétablissement du commerce qu’il avait initialement supprimé par principe en tant que ressort fondamental du capitalisme. Du jour au lendemain, les étals des marchés se sont couverts de victuailles.  

ADV : Vous faites un parallèle entre les dictatures Staliniennes et Hitlériennes ? 

YF : Le fait est que les deux régimes ont collaboré. Dans l’Entre Deux guerres, l’armée allemande s’exerçait en Russie. Par la suite, cette collaboration a été renforcée par le pacte germano-soviétique. Durant deux longues années, de 1939 à 1941, Hitler et Staline se sont partagés l’Europe. Outre les exactions commises de concert en Pologne et en Lituanie, la tentative désastreuse de conquête de la Finlande par Staline a coûté la vie à environ 400.000 soldats russes. Ce pacte a en outre évidemment contribué à faciliter l’invasion de l’Europe de l’Ouest par Hitler. Pour les citoyens d’Europe orientale, les plaidoyers pro domo, qui subsistent encore à propos de ce pacte, sont incompréhensibles. Il s'agit d'une fracture historique et idéologique majeure entre l'Europe de l'Ouest traumatisée par le seul hitlérisme et l'Europe de l'Est traumatisée par les deux, car alors prise en sandwich, d'où l'anticommunisme bien plus viscéral d'un Orban (ou de son homologue polonais Jarosław Aleksander Kaczyńsk) inexistant parmi les dirigeants ouest-européens politiquement corrects.

ADL : En 1939, votre héros Michel Trepchine rencontre un personnage à Paris qui ressemble fort à Arthur Koestler.

YF : Koestler est un témoin inestimable de cette époque. Juif Hongrois, ancien communiste, journaliste, légionnaire, écrivain. Il ressemble au personnage de Zekely dans mon roman. Je souligne que les juifs ont aussi été des combattants et des acteurs importants de cette époque pas seulement en tant que victimes. On croise aussi Joseph Roth et Stéphan Zweig qui avec Romain Rolland font partie du cercle pacifiste d’Antoinette, la mère de Trepchine. Zekely incarne aussi les origines et les valeurs du sionisme de cette époque. Rappelons qu'en France surtout, l'intelligentsia de gauche, à commencer par les adeptes de Sartre, a complètement occulté l'oeuvre et les témoignages concrets et vécus de Koestler, notamment dans son ouvrage majeur, Le zéro et l'infini.

ADL : La Seconde Guerre mondiale vous permet d’élaborer un scénario stupéfiant mais dont les faits reposent sur des faits historiques réels.  

YF : L’opposition d’une partie de l’état major allemand à Hitler est connue. La faiblesse de l’armée rouge au début du conflit aussi. En revanche, peu de gens savent que les Etats-Unis ont aidé matériellement et économiquement la Russie durant le conflit contre l’Allemagne. Cette contribution a été déterminante pour le succès de la Russie soviétique qui, en contrepartie, a payé le plus lourd tribu humain.  Je rappelle à ce propos qu'il existe de réels intérêts objectifs inavoués entre l'Occident et les Soviétiques, dont l'Europe de l'est n'a subi hélas que les conséquences négatives, ce que l'Europe de l'Ouest a du mal à comprendre.

ADL : Vous ne portez pas de jugements moraux ? 

YF : Qui sommes nous pour juger nos parents ? Il m’a semblé plus intéressant de révéler les contradictions dans la politique ou la psychologie des personnages de tous bords que de prendre la posture d’un « procureur de vertu » (pour reprendre la belle expression de Robert Badinter). Dans mon roman, la morale est un domaine réservé au sacré dont j’exprime, du reste, plusieurs  manifestations. Elle n’est pas de nature profane, même si mes héros sont, je l’espère, vertueux au sens antique du terme. Les diamants du Tsar, cachés par Trepchine, servent l’intrigue d’une chasse au trésor tout au long du roman. Ils incarnent la figure morale du caractère à la fois sacré et incorruptible d’une Russie éternelle. 

ADL : Votre roman n’est pas seulement un récit martial, vos personnages incarnent une transition brutale entre le passé et la modernité. 

YF : Il faut bien comprendre que toute la société européenne se délite. La Russie sort de la féodalité, la transition compromissoire entre l’aristocratie terrienne et la bourgeoisie « Biedermayer » patiemment construite par les Habsbourg en Europe centrale s’écroule. Les rêves de puissance de Bismarck aussi. 

En France, la troisième république, pourtant si prodigue, s’effondre lamentablement. Les hommes et les femmes qui ont vécu cette époque ont tous dû affronter de terribles changements. Ils sont écartelés entre des traditions désuètes et des espérances irréalistes. Antoinette est pacifiste mais elle soutient le combat de son fils. La princesse Tin incarne une hyperpuissance féminine revêtue d’une armure guerrière. Les femmes combattent dans l’armée rouge, tel Marina et Irina. A l’inverse, Ilona la pianiste, tente de s’évader dans la musique avec son amant chef d’orchestre mais est rattrapée par l’enfer concentrationnaire. 

ADL : En quoi se roman peut-il aider à comprendre l’Europe orientale et la Russie d’aujourd’hui ? 

YF : Les cents millions de morts des deux guerres du XXe siècle, sans compter les guerres coloniales, sont le produit d’affrontements idéologiques. La politique, comme le rappelait Talleyrand, doit répondre aux nécessités. L’Europe orientale et la Russie en particulier sont fatiguées du messianisme idéologique de l’Occident pour lequel elles ont payé un tribu incomparable au XXe siècle. La Russie et l’Europe orientale sortent d’un très long parcours douloureux. Elles ont davantage besoin de considération que de leçons. Pour cela, il faut d’abord étudier l’histoire des pays européens et leur culture. C’est l’effort nécessaire pour éviter des lieux communs et des jugements excessifs. Il faut d'abord apprendre à dialoguer, il est urgent d'arrêter d'insulter les leaders de l'Europe orientale, le terme de "populisme" étant selon moi une insulte.

Youri Fedotoff vient de publier un ouvrage majeur: Le Testament du Tsar, Chaos 1917-1945 (Editions Y&O).

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Elles lynchent Macron en chantant (mal) et en dansant (très mal)…

02.

Les gros salaires de plus en plus gros... Mais qu'est ce qui peut justifier de telles extravagances ?

03.

Les mésaventures d’Erdogan en Syrie

04.

La modernisation de la flotte australienne de sous-marins : un enjeu géopolitique pour la France

05.

Vanessa Paradis seule : son fils va quitter la maison, Samuel n’est pas là; Le nouveau mari de Pamela Anderson effrayé par ses dettes, le compagnon de Laeticia Hallyday pas troublé par ses problèmes financiers; Loana à nouveau dans une relation abusive

06.

Quatre leçons de l’affaire Griveaux : du narcissisme à la sécurité nationale en passant par la politique

07.

Pénurie en vue : le coronavirus menace la production mondiale d’antibiotiques

01.

Les ébats sexuels de Griveaux ? Mais on s'en branle !

02.

Le glyphosate : un coupable (trop) idéal

03.

Pourquoi le GriveauxGate n’est pas qu’une question de sexe

04.

Dissolution de l’ordre public : le vrai procès du siècle que les Français devraient intenter à l’Etat

05.

Mais d’où vient ce mystérieux signal radio émis des profondeurs de l’espace à destination de la Terre ?

06.

Politique arabe : pourquoi la France n’est plus écoutée au Moyen-Orient depuis la fin de la guerre d'Algérie

01.

Les ébats sexuels de Griveaux ? Mais on s'en branle !

02.

Benjamin Griveaux retire sa candidature à la mairie de Paris après la diffusion de messages et de vidéos à caractère sexuel

03.

Bernard-Henri Lévy : “Les élites n’oublient pas les Français qui souffrent mais les Français, eux, oublient souvent ceux qui souffrent ailleurs dans le monde”

04.

Chantage à la vie privée : le vertige orwellien du monde contemporain

05.

La lutte contre le séparatisme en marche… ou pas

06.

Montée de la contestation radicale, aveuglement gouvernemental, l’étau qui asphyxie insensiblement la démocratie française

Commentaires (2)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
TPV
- 26/10/2019 - 08:25
@Ollyteus
Des armes, des vehicules, des avions, pas de soldats, via la mer du nord et Mourmansk le fameux prêt bail.
OLYTTEUS
- 25/10/2019 - 22:00
fracture de l' Europe
je viens d'apprendre par l'auteur que les USA ont aidé la Russie dans le combat contre le nazisme, mais à quelle hauteur?
on sait que l'oncle Sam a envoyé quelques dizaines de divisions pendant que l'ogre russe a engagé des centaines de divisions.
je ne comprends pas que la Russie et l'Europe de l'Est sont fatiguées du messianisme de l'Occident? Quel messianisme?
très intéressant article.