En direct
Best of
Best of du 16 au 23 mars 2019
En direct
© Reuters
Atlantico Green
Un nouveau rapport de l’administration Trump prévoit une hausse des températures de 4 degrés d’ici 2100 et préconise… de ne rien faire
Publié le 07 octobre 2018
Le mois dernier l'administration de Donald Trump a rendu un rapport sur le réchauffement climatique. Rapport, qui prévoit une hausse des températures de 3.5 degrés d’ici 2100 si rien n'est fait.
Christian Gollier est économiste à la Toulouse School of Economics et co-auteur des 4e et 5e rapports du GIEC.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Christian Gollier
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Christian Gollier est économiste à la Toulouse School of Economics et co-auteur des 4e et 5e rapports du GIEC.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Le mois dernier l'administration de Donald Trump a rendu un rapport sur le réchauffement climatique. Rapport, qui prévoit une hausse des températures de 3.5 degrés d’ici 2100 si rien n'est fait.

Atlantico : Comment expliquer une telle hausse ? Est-ce réaliste ? Quelles en seraient les conséquences ? 

Christian Gollier : C’est ce à quoi il faut s’attendre en effet. Avant l’ère industrielle on était en dessous de 300 ppm de concentration de CO2, aujourd’hui nous sommes à 410 ppm et pour éviter de passer au dessus de 2 degrés (d’augmentation des températures) il faut rester en dessous de 450 ppm. Si rien n’est fait, on sera à 800 ppm d’ici la fin du siècle. Ainsi, l’augmentation de 3.5 degrés depuis 1988 ou de 4 degrés depuis le début du siècle, est très probable. 

De ce point de vue, ce rapport n’a rien d’exceptionnel. L’idée principale reste la même : il faut agir rapidement et efficacement. Ce qu’il a d’intéressant, c’est qu’il donne une idée de l’intensité des enjeux : si rien n’est fait la situation sera catastrophique. Or, nous avons de gros efforts à faire afin d’empêcher que cela n’arrive. 

A l’échelle française, pour éviter de passer le cap des 2 degrés il faudrait supprimer toutes les émissions de CO2. D’ici 2050 à 2060, la France doit être neutre. Ceci est faisable, on pourrait compenser la pollution provoquée par les voitures, par exemple, en plantant davantage d’arbre ou en séquestrant le carbone. 

Si cette technique n’est pas encore applicable -il ne s’agit aujourd’hui que de recherches- elle permettrait, dans des centrales à gaz, de capter le carbone, puis de le liquéfier et de l’injecter dans vieilles mines à charbon, par exemple. 

Mais encore une fois, il ne s’agit aujourd’hui que d’expérimentations, cette technique est encore loin d’être développée. D’autres sont bien plus prometteuses tels que le solaire ou l’éolien mais ne sont pas, non plus, totalement abouties (lorsqu’il y a ni soleil ni vent on ne peut pas produire d’électricité). 

Ainsi, aucune solution réelle  n’a  encore été trouvée mais les efforts, eux, ne peuvent plus attendre. Non seulement, si nous ne faisons rien, nous observerons un grand nombre d'événements extrêmes tels que des ouragans mais les conséquences économiques seront tout aussi désastreuses. Au rythme actuel du réchauffement climatique, les économistes prédisent une perte du PIB mondial de 30% d’ici 2 200.

Comment réagir à un tel rapport ? Quels mesures prendre afin d'éviter une telle hausse des températures ? 

Il faut que l’ensemble des êtres humains, des entreprises et des gouvernements se rendent compte des conséquences des dommages qu’ils génèrent lorsqu’ils émettent du CO2. 

Or, la seule solution est de leur faire payer ces dommages. C’est-à-dire d’instaurer une taxe ou un permis d’émission qui ferait que quiconque émettrait un kilos de CO2 devrait payer en conséquence. Les chercheurs et économistes évoquent un prix du carbone autour de 50euros la tonne de C02. Prix qui augmenterait au fur et à mesure des années -si la situation empire- pour arriver autour de 300 à 400euros la tonne d’ici 2050, représentant ainsi une augmentation de 5% par an.

En France, dans les semaines à venir, la commission Quinet 2 va remettre son rapport au gouvernement et probablement aboutir à la même conclusion. Bien que cette “amende” n’est pas encore été mise en place, elle influence, par exemple, la taxe que l’on paye à la pompe à essence. 

Le prix du carbone se répercute donc déjà sur les consommateurs qui payent les dommages qu’ils génèrent. C’est donc une solution incitative et la seule qui permettra réellement de faire une différence. 

Donald Trump, on le sait, est climato-sceptique, il prévoit d'ailleurs d'abandonner le “clean power plant” mis en place par Barack Obama. En plus de provoquer la hausse des émissions de CO2 sur le sol américain, quelles pourraient être les conséquences de telles mesures ? A ce rythme, doit-on s’attendre à une hausse encore plus importante des températures ? 

On ne doit pas forcément s’attendre à pire que ce que prévoit déjà le rapport, mais par contre, on peut faire pire que de ne rien faire : rouler plus vite, extraire encore plus de charbon… 

Ce qu’il faut bien comprendre c’est le message même du rapport. Il n’a pas été commandé pour amener à de quelconques mesures. Sur le sujet spécifique des normes d’émission des voitures, il établit que relâcher plus de CO2 dans l’atmosphère n’aurait d’effet guère d’effet sur la hausse de 4 degrés déjà anticipée. A l’échelle américaine, il préconise ainsi de ne rien faire. En somme, la situation est déjà telle que ne nous ne pouvons plus rien faire, semble-t-il dire. 

Or, là est le réel problème. On ne peut utiliser ce même argument pour tout. Pour lutter contre le réchauffement climatique il faut tout mobiliser : réduire les normes d’émission de nos véhicules, réduire la production d’électricité, réduire la mobilité en ville, développer l’éolien, le photovoltaïque… Chacun de ces projets aura, certes un effet minime à lui seul, mais mis bout à bout il permettront d’améliorer la situation actuelle. 

Donald Trump a une stratégie qui est assez standard : l’impact des émissions de CO2 pour les américains, seuls, est assez ridicule mais il semble oublier que ce sont tous les habitants de la planète qui le porteront. L’effort d’un pays bénéficient au reste de la planète, si chacun ne voit que son propre intérêt nous n’irons nulle part. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Ce gouffre spectaculaire qui sépare le vocabulaire de la France du front anti-Macron de celle qui le soutient
02.
Vladimir Poutine est censé quitter le pouvoir en 2024. Certains au Kremlin envisageraient un autre scénario
03.
Irascible, exténué et persuadé d’être le meilleur en tout : ce que la personnalité du président coûte à son quinquennat et à la France
04.
Retraites : ça coince. Santé : ça bloque. Protection sociale : ça n’avance pas. Macron n’aura aucun résultat durable s’il n’a pas le courage d’inviter le privé dans le jeu.
05.
Manifestante blessée : les phrases méprisantes et odieuses de Macron. Mais ce n'est pas vraiment de sa faute. Car il ne peut pas faire autrement.
06.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
07.
Souhait de “sagesse” pour la septuagénaire blessée à Nice : ces dangers que le monopole de la raison que s’arroge Emmanuel Macron fait courir à la stabilité de la démocratie française (même lorsqu’il a effectivement raison...)
01.
Irascible, exténué et persuadé d’être le meilleur en tout : ce que la personnalité du président coûte à son quinquennat et à la France
02.
Dégoût, colère, envie de révolution… : l’étude exclusive qui révèle la très sombre humeur des Français relativement aux autres Européens
03.
“La révolte du public” : interview exclusive avec Martin Gurri, l'analyste de la CIA qui annonçait la crise des Gilets jaunes dès 2014
04.
Grand débat en péril ? Les trois erreurs politiques que semble s'apprêter à commettre Emmanuel Macron
05.
Rokhaya Diallo va (peut-être) nous quitter pour les Etats-Unis
06.
Henri Guaino : « L’Union Européenne attise désormais les violences et les pulsions mauvaises qu’elle prétendait guérir à jamais »
01.
Souhait de “sagesse” pour la septuagénaire blessée à Nice : ces dangers que le monopole de la raison que s’arroge Emmanuel Macron fait courir à la stabilité de la démocratie française (même lorsqu’il a effectivement raison...)
02.
Irascible, exténué et persuadé d’être le meilleur en tout : ce que la personnalité du président coûte à son quinquennat et à la France
03.
Recours à l’armée face aux Gilets jaunes : la dangereuse fuite en avant du gouvernement
04.
Violence inexcusable MAIS aspiration à la justice sociale : la double nature de la contestation des Gilets jaunes dont aucun parti ne parvient à tirer une synthèse convaincante
05.
Profondément convaincus ou en réaction épidermique à Emmanuel Macron ? L’enquête exclusive qui révèle que les Français se disent nettement plus nationalistes et favorables au protectionnisme que les autres Européens ?
06.
Rokhaya Diallo va (peut-être) nous quitter pour les Etats-Unis
Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires