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Atlantico Green

Toutes ces autres raisons que les pesticides pour lesquelles les abeilles meurent aussi et dont on oublie de parler

Publié le 10 juin 2018
Cette extermination, ils sont nombreux à en témoigner : des apiculteurs professionnels ou amateurs, des sédentaires ou transhumants, des labellisés bio ou conventionnels, qui assistent tous, impuissants, au dépérissement de leurs colonies depuis une bonne vingtaine d'années.
François Lasserre est auteur d'un ouvrage de vulgarisation sur les insectes, J'observe les insectes, édité chez La Salamandre, et vice-président de l'Office pour les insectes et leur environnement. Il est également co-président de Graine Ile...
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François Lasserre
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François Lasserre est auteur d'un ouvrage de vulgarisation sur les insectes, J'observe les insectes, édité chez La Salamandre, et vice-président de l'Office pour les insectes et leur environnement. Il est également co-président de Graine Ile...
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Cette extermination, ils sont nombreux à en témoigner : des apiculteurs professionnels ou amateurs, des sédentaires ou transhumants, des labellisés bio ou conventionnels, qui assistent tous, impuissants, au dépérissement de leurs colonies depuis une bonne vingtaine d'années.

Atlantico : Dans un contexte agricole ultra dépendant de la chimie, on a tendance à directement songer aux pesticides lorsqu'on parle de la mortalité des abeilles. Et même s'il est probablement difficile de rendre compte de la crise apicole sans être pris en tenaille entre les syndicats des apiculteurs et l'industrie agrochimique, quelles sont, selon vous, les autres causes méconnues de cette hécatombe ?

François Lasserre : La cause de cette perte massive est multifactorielle. En plus de l'utilisation massive de pesticides de plus en plus efficaces, les colonies sont beaucoup trop exploitées depuis des millénaires par les humains qui leur retirent leur nourriture, par tous les consommateurs de miel et bien entendu les apiculteurs. Ces éleveurs croisent les espèces et les sélectionnent les rendant plus dociles et non piquantes. Lorsqu’elles sont lâchées dans la nature, elles se retrouvent dans un environnement également surexploités par les humains : sans nourriture variée, très pauvre d’un point de vue fleuristique, sans aucun mosaïque paysagère. Elles ne peuvent plus éviter nos produits issus de la chimies de synthèses qui se multiplient. 

Pour ce qui est des causes secondaires, ces insectes sont aussi confrontés à de nombreux facteurs environnementaux, qui lorsqu'elles sont faiblardes, ont un réel impact sur les colonies : entre autres, les maladies comme la teigne ou les acariens, mites, virus, bactéries... D'autres espèces animales comme les frelons d’europe et asiatique introduits par l’homme, les varroas, acariens, teignes, papillons, piverts attaquent les ruches. 

Selon une étude de l'INRA et du CNRS, 35 % de la production mondiale de nourriture est directement dépendante des pollinisateurs. La valeur du service de pollinisation des insectes a été estimée à 153 milliards d'euros, soit 9,5% de la valeur de la production agricole mondiale. Concrètement comment cette perte se matérialiserait-elle ?

L'abeille domestique fait partie des 10 000 espèces d'insectes pollinisateurs. La disparition de l'abeille représenterait à elle seule une perte de 10 à 15% de la part de pollinisation, ce qui est une énorme partie pour une seule espèce. En effet, les abeilles sont très nombreuses d'où cette part si conséquente.

Mais si jamais l’abeille venait à disparaître à cause de facteurs environnementaux, cela impacterait également les autres insectes pollinisateurs puisqu'ils sont aussi sensibles face aux pesticides, maladies et autres agents extérieurs. 

Existe-t-il en ce moment une alternative technologique ou scientifique permettant de pallier cet hypothétique manque ? Auriez-vous des solutions ou des préconisations accessibles à tous pour permettre la sauvegarde de cet insecte ?

Les apiculteurs reviennent actuellement sur des espèces plus rustiques, moins sélectionnées comme l'abeille noire. De plus, on a déjà imaginé des drones pollinisateurs.

On devrait tout simplement laisser la nature sauvage pour que les pollinisateurs puissent se développer, et soient plus nombreux. Il faut cesser de vouloir dominer le vivant à 100%. Il faut laisser place à la biodiversité, remettre des haies, par exemple, laisser le concept de jardins à la française. Dans les champs, il faudrait laisser les herbes folles et fleurs sauvages pousser. Considérées comme mauvaises herbes, ce sont avant tout de la nourriture pour les abeilles et autres insectes pollinisateurs. Si vous souhaitez conserver un paysage plat et taillé, puisqu'en France c’est culturellement ancré, conservez un coin de balcon ou de jardin en friches et n’y touchez pas ! Il faut le laisser libre et sauvage.

Les consommateurs peuvent rester vigilants et acheter des aliments ou autres qui semblent plus respectueux du vivant et se poser des questions. Quel sera mon impact si j'achète ce produit ? C'est en effet coûteux de sortir de son environnement mais c'est efficace vis-à-vis de ce dernier.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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vieux croco
- 12/06/2018 - 08:06
les apiculteurs
devraient prendre leur retraite . Toutes les activités sont surexploitées en raison d'une demande frénétique des populations humaines toujours aussi contradictoires . Cependant faire croire que les jardins à la française contribuent aux problèmes c'est stupide et de mauvaise foi ,ils représentent 0,1% des surfaces exploitées . On peur être éclairé et aveugle en même temps , c'est bien là le malheur .
kelenborn
- 11/06/2018 - 15:30
mr Lasserre gagne bien sa vie
mr Lasserre gagne bien sa vie, qu'il doit avoir une idée approximative de la manière dont poussent les légumes bio qu'il prélève avec parcimonie sur le dos de Mère Nature! Faudrait lui proposer de ramasser des fraises dans les orties, cela le calmerait !
kelenborn
- 11/06/2018 - 15:28
oui
regardez bien cette île à bobos:https://www.babelio.com/auteur/Francois-Lasserre/36741 Il est probable que