En direct
Best of
Best of du 16 au 23 mars 2019
En direct
© PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP
"Lepénisme de progrès"
Catalogne : le « bon » nationalisme identitaire ?
Publié le 01 octobre 2017
Une région prospère se propose, au nom de son « identité nationale », de contribuer à la dislocation d’un pays en se séparant des « pouilleux du sud » avec lesquels elle est forcée d’être solidaire. Est-ce vraiment si admirable ?
Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019  
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Hugues Serraf
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019  
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Une région prospère se propose, au nom de son « identité nationale », de contribuer à la dislocation d’un pays en se séparant des « pouilleux du sud » avec lesquels elle est forcée d’être solidaire. Est-ce vraiment si admirable ?

J’ai toujours trouvé mystérieuse la sympathie spontanée de certains progressistes pour la cause catalane. Qu’une région prospère décide, au nom de spécificités culturelles et historiques qui, à y bien regarder, sont celles de la quasi totalité des régions européennes, de contribuer à la dislocation d’un État démocratique en coupant les ponts avec les pouilleux du sud devrait pourtant leur faire au moins hausser un sourcil dubitatif. A fortiori dans un contexte où le nationalisme passe souvent pour le pire des péchés.

 

De fait, on voit mal ce qui distingue l’indépendantisme catalan du séparatisme de la Ligue du Nord en Italie, par exemple, tant les problématiques sont similaires. Mais voilà : les Catalans contemporains, parce qu’ils sont supposés être les héritiers de la lutte contre le franquisme, bénéficient d’un a priori favorable quand les « Padaniens », parce qu’ils ne déguisent pas leur égoïsme mesquin en combat anti-impérialiste, sont renvoyés à leur « fascisme ».

 

L’Espagne est sans doute, de tous les pays européens, celui qui respecte le plus les particularismes de ses régions, leur accordant des compétences fiscales, économiques et juridiques dont leurs homologues françaises ne peuvent que rêver. Ce n’est pas à Madrid que l’on déciderait de supprimer la taxe d’habitation de Barcelone ou de Séville, bouleversant les équilibres budgétaires locaux et plaçant les exécutifs municipaux sous tutelle...

 

D’une certaine manière, la manière dont ce pays est passé, depuis 1978, d’un centralisme castrateur à une « dévolution » presque totale, devrait servir d’exemple au reste de l’Europe et singulièrement à la France. Et c’est même cette approche mesurée et équilibrée qui devrait inspirer les « modernes », plutôt que le repli identitaire pour lequel militent les indépendantistes catalans.

 

C’est sûr, la réaction de Mariano Rajoy qui, en confisquant les bulletins de vote et en envoyant la troupe, n’est pas des plus subtiles et donne surtout du grain à moudre à ceux qui nous le vendent comme une réincarnation de Franco. Pour autant, on voit mal ce que serait une stratégie raisonnable pour un président confronté à une telle menace de désintégration (what next ? Le pays Basque ? La Galice ? Les Canaries ?).

 

Au bout du bout, la volonté des Catalans, ou du moins d’une partie d’entre eux, est bel et bien de construire un mur trumpien sur ses frontières et d’arrêter de casquer pour des « flemmards » qui ne parlent pas la même langue et ne dansent pas la sardane de la même manière. Pas littéralement le « J’aime mieux mes filles que mes cousines » d’un borgne bien de chez nous, mais pas loin... On a connu progressisme plus progressiste.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Irascible, exténué et persuadé d’être le meilleur en tout : ce que la personnalité du président coûte à son quinquennat et à la France
02.
Vladimir Poutine est censé quitter le pouvoir en 2024. Certains au Kremlin envisageraient un autre scénario
03.
Souhait de “sagesse” pour la septuagénaire blessée à Nice : ces dangers que le monopole de la raison que s’arroge Emmanuel Macron fait courir à la stabilité de la démocratie française (même lorsqu’il a effectivement raison...)
04.
Jean Arcelin : “Une large majorité des 700 000 personnes en Ehpad mangera, pour le reste de sa vie, des repas à 1€”
05.
Soirée arrosée en boîte : Christophe Castaner filmé en train d'embrasser une inconnue
06.
De crypto-macroniste à Paris à orbaniste à Budapest, où va le Nicolas Sarkozy d’aujourd’hui ?
07.
Acte 19 des Gilets jaunes : victoire sur le terrain pour le gouvernement, incertitude politique maximale
01.
Irascible, exténué et persuadé d’être le meilleur en tout : ce que la personnalité du président coûte à son quinquennat et à la France
02.
Dégoût, colère, envie de révolution… : l’étude exclusive qui révèle la très sombre humeur des Français relativement aux autres Européens
03.
“La révolte du public” : interview exclusive avec Martin Gurri, l'analyste de la CIA qui annonçait la crise des Gilets jaunes dès 2014
04.
Grand débat en péril ? Les trois erreurs politiques que semble s'apprêter à commettre Emmanuel Macron
05.
Rokhaya Diallo va (peut-être) nous quitter pour les Etats-Unis
06.
Electricité : le record de production par les éoliennes battu le 14 mars est un faux espoir
01.
Irascible, exténué et persuadé d’être le meilleur en tout : ce que la personnalité du président coûte à son quinquennat et à la France
02.
Recours à l’armée face aux Gilets jaunes : la dangereuse fuite en avant du gouvernement
03.
Souhait de “sagesse” pour la septuagénaire blessée à Nice : ces dangers que le monopole de la raison que s’arroge Emmanuel Macron fait courir à la stabilité de la démocratie française (même lorsqu’il a effectivement raison...)
04.
Violence inexcusable MAIS aspiration à la justice sociale : la double nature de la contestation des Gilets jaunes dont aucun parti ne parvient à tirer une synthèse convaincante
05.
Rokhaya Diallo va (peut-être) nous quitter pour les Etats-Unis
06.
Profondément convaincus ou en réaction épidermique à Emmanuel Macron ? L’enquête exclusive qui révèle que les Français se disent nettement plus nationalistes et favorables au protectionnisme que les autres Européens ?
Commentaires (8)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Helveticosuisse
- 02/10/2017 - 04:31
Falsification
Les Catalans, se basent sur une falsification de l'Histoire pour justifier leur indépendantisme. Il s ont inventé un royaume de Catalogne ! Depuis le début de son histoire, dès la période wisigothique, elle n'a été qu'une marche puis un comté dépendant de la couronne d'Aragon. Ce dernier a été incorporé au royaume d'Espagne avec le mariage de Ferdinand et Isabelle la Catholique. Par la suite lors de la guerre de succession, ils prirent le parti ds Habsbourg trouvant les Bourbon trop centralisateurs. Cette mentalité, nourrie au cour des siècles s'exprime aujourd'hui par un nationalisme saugrenu dans la fusion européenne. Ceux qui soutiennent la Catalogne sont les premiers à critiquer la montée de nationalismes un peu partout en Europe.
Almotasim
- 02/10/2017 - 00:47
Qu'est-ce que vient fou*** le Menhir dans ce billet???
J'etas a peu près d'accord avec la simplification proposee ici, qui n'abord néanmoins pas le sujet crucial de la deconstruction des nations européennes (au profit de qui et finance par qui?). Mais pourquoi citer le Menhir a la fin?? Ca sent le scribouillard qui veut son certificat de bonne conduite: fayot!
vangog
- 01/10/2017 - 20:22
L'Identité régionale doit se soumettre à la volonté
nationale. Ce que l'histoire espagnole a construit ne peut être détruit par des volontés égoïstes et rétrogrades. La Nation espagnole a progressé dans son identité, et la Catalogne doit accepter le verdict du suffrage universel, même s'il est opposé à une majorite catalane plutôt écolo-réactionnaire et gauchisante...