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Ecologie
7 000 milliards de dollars par an : voilà ce que coûteraient les nouvelles technologies vouées à l’extraction du gaz carbonique contenu dans l’atmosphère
Publié le 23 juillet 2017
Même s'il semble techniquement réalisable, l'objectif de purification de l'atmosphère pourrait être économiquement impossible à atteindre.
Christian Gollier est économiste à la Toulouse School of Economics et co-auteur des 4e et 5e rapports du GIEC.
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Même s'il semble techniquement réalisable, l'objectif de purification de l'atmosphère pourrait être économiquement impossible à atteindre.

Atlantico : Le climatologue James Hansen, l'un des scientifiques américains les plus connus, estime qu'une purification de l'atmosphère des émissions de carbone dans l'atmosphère coûterait environ 6,7 trilliards de dollars par an pendant 80 ans. Que penser de cette affirmation? Quelle conclusion peut-on tirer pour le moment?

Christian Gollier : Sur les 250 dernières années, nous sommes passés d’une concentration de CO2 de 280 ppm à 400 ppm aujourd’hui, et la vitesse d’accumulation de ce gaz à effet de serre n’a jamais été aussi rapide que ces dix dernières années. Hansen part du postulat qu’il faut non seulement arrêter complètement d’émettre ce gaz, mais qu’en plus il faudrait retourner à une concentration de 350 ppm, de manière être sûr d’échapper aux conséquences les plus dommageables du réchauffement climatique que ce gaz génère. Dans ce contexte, et avec un objectif aussi ambitieux, oui, cela va certainement coûter très cher. Si on veut transmettre aux générations futures une planète égale à celle que nos ancêtres ont connue depuis que l’être humain existe, il va falloir sacrifier beaucoup de notre bien-être pour faire ce « nettoyage » assez radical. Avec les chiffres de Hansen, en fait, cela veut dire qu’un tel objectif est économiquement impossible à atteindre, même s’il semble techniquement réalisable.

On est en droit de se poser la question de cet objectif de retour à une concentration de 350 ppm. Pour déterminer un objectif de lutte contre le changement climatique, il faut mesurer les coûts et les bénéfices de chaque stratégie possible, et choisir celle qui celle qui a le meilleur rapport coût-bénéfice, compte tenu des risques encourus. C’est comme quand vous déterminez votre vitesse sur autoroute. Vous pouvez décider de rouler moins vite pour réduire votre risque d’accident, mais vous mettrez plus de temps pour arriver à destination ! Tout est une question de dosage entre les coûts supplémentaires de vos efforts de réduction, et les bénéfices en termes de réduction de la probabilité d’accident grave. C’est la même chose pour le risque climatique. Ce que Hansen propose, c’est pratiquement d’arrêter la voiture. Peut-être pouvons-nous accepter de monter encore un petit peu la concentration de CO2, jusqu’à 450 ou 500 ppm. Cela augmente le risque pour les générations futures, mais cela réduit les coûts de transition énergétique pour nous. Ou mettre le curseur dépend de l’attention que nous accordons au futur lointain, et au destin de notre civilisation après notre mort. La plupart des économistes du climat ne pensent pas que l’objectif de Hansen soit économiquement désirable. Un objectif vers 450 ppm est beaucoup plus communément discuté par les experts.

Quelles sont ces technologies dites "d'émissions négatives"?

Il s’agit de renverser la machine que nous avons utilisée depuis la révolution industrielle. Jusqu’à maintenant, on utilisait du carbone (charbon, pétrole, gaz) pour produire de l’énergie, avec comme rejet induit du CO2. Ce que Hansen propose, c’est d’utiliser de l’énergie pour récupérer le CO2 dans l’atmosphère de manière à refabriquer du carbone. Dans la nature, c’est précisément ce que fait la photosynthèse, avec le soleil comme source d’énergie, et le bois et les feuilles comme stockage du carbone.

Les lois de la thermodynamique nous dit que cela va coûter beaucoup plus cher en énergie que celle que nous avons produit pour émettre ce CO2 depuis le début de la révolution industrielle. Il y a donc intérêt à ce que cette source d’énergie, bien sûr non fossile, soit disponible en grande quantité et soit peu chère. On est encore très loin d’une telle situation. Bref, les technologies suggérées dans cet article scientifique n’existent pas encore pour l’essentiel, et les prototypes dont j’ai entendu parler sont très loin d’être économiquement viables.

Se pose ensuite la question de savoir qui va payer. Les difficultés sévères de financement du Fonds Climat promis à la Conférence de Copenhague nous montrent que personne ne veut payer. D’autant plus que l’objectif  de ce fonds n’est que de 100 milliards par an, un objectif 70 fois plus faible que le coût annuel estimé par Hansen !

L'avenir de l'environnement est-il pour autant condamné ? Quelles sont les solutions restantes?

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’homme est maitre de son destin. Il a identifié un risque potentiellement létal pour sa civilisation. Pourra-t-il coordonner 7 milliards d’êtres humains vivant actuellement et les deux ou trois générations qui suivront pour éviter le pire du changement climatique ? Franchement, je n’en suis pas sûr. Le retrait des Etats-Unis des Accords de Paris sont un très mauvais signal. Les Accords de Paris sont eux-mêmes très en-deçà des enjeux : Ils conduisent au mieux à un arrêt de la croissance des émissions d’ici à 2030, autour d’une hausse de la concentration autour de 2 ppm par an. Même avec Paris, on continue à filer vers le précipice à grande vitesse.

Le changement climatique est un problème de passager clandestin : Tout le monde bénéficierait d’un effort collectif de réduction des émissions, mais chacun préfère ne rien faire, en espérant que l’autre fera l’effort à sa place. La solution, on la connait. Pour coordonner nos efforts de réduction, il faut fixer un prix mondial du carbone, sans doute autour de 40  euros par tonne de CO2 dès aujourd’hui, et de faire croître ce prix autour de 200 euros la tonne d’ici 20 ans. De cette façon, dans l’esprit du principe pollueur-payeur, chacun sera incité à intégrer dans ses décisions les coûts qu’il fait porter à autrui en émettant du CO2. Et chacun sera incité à faire les efforts de réduction des émissions qui lui coûte moins que ce prix. En fait dans ce cadre, chacun fera cette comparaison des coûts et des bénéfices des efforts de prévention que James Hansen n’a pas voulu faire !

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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jipebe29
- 24/07/2017 - 09:48
Raison vs idéologie
Si Christian Gollier avait pris la peine de se renseigner, il saurait qu’il n’y a plus de réchauffement global significatif (le « hiatus » du GIEC) depuis le début des années 2000, que, sur cette période, nous avons émis près de 40% de toutes nos émissions de gaz satanique depuis le début de l’ère industrielle, et que les projections des modèles numériques divergent de plus en plus des observations, ce qui confirme que ces modèles n’ont aucune crédibilité, tout comme les thèses du GIEC qui en sont le socle. Mais, comme il fait partie de l’establishment giecqien, il ne prend pas en compte ces informations dérangeantes et reste un fidèle serviteur de la Très Sainte Eglise Réchauffiste.
jipebe29
- 24/07/2017 - 09:41
idéologie vs éthique
James Hansen est un climatologue perverti qui place son idéologie réchauffiste au-dessus de son éthique scientifique. Ce qu’il raconte n’a donc aucun intérêt et aucune valeur. Tout comme cet article...
jipebe29
- 24/07/2017 - 09:37
Encore du delirium carbonum ...
Il n'y a aucune preuve scientifique que le CO2 ait une action mesurable sur la température, d'autant qu’il il s'agit d'une affirmation "idéologique", préconfigurée dans les statuts du GIEC/IPCC. Un minimum de bon sens montre que le CO2, gaz de la vie, nécessaire à la photosynthèse, n'a en fait aucune action mesurable sur T. En effet, dans le passé, depuis 600 Ma, le taux moyen fut de 2000 ppm, alors que le taux actuel est faible : 400 ppm. Si le CO2 avait une action réchauffante, les 2000 ppm auraient dû engendrer un réchauffement cataclysmique et irréversible, mais cela ne s'est à l'évidence pas produit. Enfin, selon le rapport AR5 du GIEC, page 471, figure 6.1 : http://imagesia.com/echanges-co2_10hg0 nos émissions anthropiques ne représentent qu’environ 5% du total des émissions, et donc vouloir dépenser par idéologie des milliers de milliards d’euros pour les réduire est parfaitement absurde. Usque tandem, delirium carbonum, abutere patientia nostra ?