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Portrait-robot des électeurs encore prêts à voter socialiste aujourd’hui

Publié le 16 décembre 2016
Alors que le PS est entré dans une primaire qui pourrait bien être décisive pour son avenir, voici un petit portrait-robot de l'électeur socialiste de 2016.
Bruno Cautrès
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Bruno Cautrès est chercheur CNRS et a rejoint le CEVIPOF en janvier 2006. Ses recherches portent sur l’analyse des comportements et des attitudes politiques. Au cours des années récentes, il a participé à différentes recherches françaises ou européennes...
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Alors que le PS est entré dans une primaire qui pourrait bien être décisive pour son avenir, voici un petit portrait-robot de l'électeur socialiste de 2016.

Atlantico : Au-delà des électeurs susceptibles d'aller voter à la primaire de la Belle Alliance Populaire, quel portrait peut-on dresser de l'électeur socialiste aujourd'hui ? En termes de catégories socio-professionnelles, de valeurs, de niveau de revenus et d'éducation par exemple, comment peut-on décrire l'électeur socialiste moyen ?

Bruno Cautrès : Si l’on raisonne de manière plus large que les électeurs potentiels de la primaire à gauche, on peut regarder la sociologie des sympathisants socialistes, ceux qui se déclarent proches du PS. On peut en donner une description assez fine grâce à la dernière vague de l’enquête électorale réalisée par le CEVIPOF. Dans la vague 9 de cette enquête électorale de taille exceptionnelle (près de 20.000 personnes interrogées), celle réalisée en décembre, on constate que 16.4% des personnes interrogées se déclarent proches du PS, ce qui n’est pas négligeable en fait. A titre de comparaison, dans la même enquête, 20.3% des personnes se déclarent proches de LR alors que tous les signaux sont au vert pour le parti de François Fillon et 15.3% se déclarent proches du FN dont la présidente apparait aujourd’hui en mesure de se qualifier pour le second tour de la présidentielle (21.9% se déclarent proches d’aucun parti).

Une sociologie continue de s’exprimer dans la proximité avec le PS même si elle me semble moins fortement marquée que par le passé, plus indifférenciée qu’à l’époque où les salariés moyens du secteur public constituaient les "gros bataillons" de l’électorat socialiste. Ils sont néanmoins toujours plus présents qu’en moyenne parmi les catégories sociales des cadres supérieurs ou des professions intermédiaires, notamment les retraités de ces deux catégories sociales. En revanche, le PS semble toujours souffrir à présent d’un retard parmi les milieux plus populaires : seuls 13.8% des ouvriers se déclarent proches de ce parti, 16.4% parmi les employés. Les catégories où la sympathie partisane pour le PS s’exprime aujourd’hui le plus se rencontrent parmi la fonction publique d’Etat (21.4%), nettement plus d’ailleurs que parmi la fonction publique hospitalière. Les plus hauts de diplômes continuent de soutenir le PS plus que les niveaux intermédiaires ou bas.  En termes de revenus, la sympathie partisane pour le PS s’exprime parmi les niveaux intermédiaires et intermédiaires-hauts de l’échelle des revenus : ceux dont le foyer gagne entre 2500 et 3500 euros et entre 3500 et 6000 euros par moi. En termes de valeurs, il s’agit d’un électorat davantage présent parmi les sans-religion (18.9%), les musulmans (30%), que parmi les catholiques, notamment pratiquants (10.3%) ; on rencontre également davantage de sympathisants socialistes parmi ceux qui considèrent ne pas avoir de risque de se retrouver au chômage, ou qui déclarent s’en sortir avec leurs revenus. On peut aussi remarquer que 24.2% de ceux qui déclarent  qu’il faut « renforcer les services publics qu’elles qu’en soient les conséquences » se déclarent proches du PS.

Les électeurs du Parti socialiste sont-ils plus enclins à habiter dans certaines zones géographiques plutôt que d'autres ? Pour ce qui est de l'âge ou du sexe, peut-on observer aussi quelques particularités ?

Si l’on continue de s’intéresser aux sympathisants et pas seulement aux électeurs potentiels, on constate que les sympathisants socialistes sont aujourd’hui davantage présents parmi les tranches d’âges plus âgées, notamment chez les femmes de 50 à 64 ans (19.2% d’entre elles se sentent proches du PS). Chez les moins de 35 ans, seuls 14.5% se déclarent proches du PS tandis que c’est le cas de 16.8% des 35-64 ans et 17.6% des plus de 65 ans. Au plan géographique les régions Bretagne, Normandie, Rhône-Alpes-Auvergne ou encore Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées comptent davantage de sympathisants socialistes dans notre enquête que les régions plus ouvrières du Nord-Pas de Calais ou que la région Alsace-Champagne  Ardenne-Lorraine

Si l'on ne devait retenir qu'une seule variable-clé pour expliquer qu'un électeur vote pour le PS, quelle serait-elle selon vous ?

Si l’on ne devait retenir qu’une seule variable il s’agirait de la combinaison d’une appartenance aux catégories éduquées du salariat, notamment public, et de valeurs de tolérance culturelle et d’ouverture aux autres.

Au vu de ce portrait-robot et des rapports de force politiques actuels, le PS est-il d'après vous plus menacé à sa gauche par Jean-Luc Mélenchon, ou à sa droite par Emmanuel Macron ?

Le PS est effectivement dans une situation difficile aujourd’hui. Dans le cadre de l’élection présidentielle, son candidat, quel qu’il soit, sera effectivement fortement concurrencé à sa droite par Emmanuel Macron et à sa gauche par Jean-Luc Mélenchon. Mais ces deux candidats vont rencontrer des problèmes de même nature que le PS : ils seront plus concentrés et présents dans certains segments de l’électorat et auront également à souffrir d’un retard parmi les catégories modestes et populaires. Au-delà de l’élection présidentielle, le PS pourrait voir s’ouvrir une période difficile pour lui. Mais il pourrait également mettre à profit son éventuelle présence dans l’opposition pour mettre à plat son agenda et surtout faire émerger de nouveaux leaders, renouveler son image. La non-candidature de François Hollande ne peut prendre son sens que si le PS met les questions de fond au cœur de sa réflexion interne : doit-il toujours s’appeler le PS ou symboliser par un changement de nom une clarification de sa ligne politique ? De quelle manière le parti aborde t’il la question de sa diversité interne sur son rapport au « social libéralisme » ? Quels sont les alliés du PS ? Ces questions n’empêcheront pas le PS de survivre et/ou de renaître : si François Fillon gagne la présidentielle, les thèmes économiques de gauche comme l’égalité et la justice sociale, la redistribution mais aussi les thèmes de société relatifs à la tolérance culturelle, reprendront de l’importance dans les préoccupations et les demandes des électeurs. Les élections intermédiaires, comme les européennes 2019 et les municipales 2020, pourraient donner l’occasion au PS ou au parti qui renaîtra de ses cendres de (re)faire parler de lui….

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Commentaires (13)
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kiki08
- 17/12/2016 - 22:22
portrait
beaucoup d'improductifs .
A M A
- 16/12/2016 - 10:56
Fiel et arlequinade que tout cela.
Gauche socialiste ou Droite LR, même combat révolutionnaire, même marxisme. L'une pour ronger et avilir, l'autre pour dominer et aplatir, jusqu'à l'asservissement. Même sécrétions internes, même fiel, même besoin de détruire. Combien de FR ont eu une jeunesse gauchiste et se sont droitisés par ambition et par opportunité?Chirac en est une illustration magistrale Combien de socialistes , tel Fabius,ont rêvé d'être admis à droite mais y furent refusés par les chanoines de la Chapelle gaulliste? Fiel et arlequinade que tout cela.
Anguerrand
- 15/12/2016 - 17:35
Les LR restent le Parti ou les sympathisants
ont une conviction la plus forte plutôt cadres et niveau intellectuel elevé', après 5 ans de Hollande le PS reste important mais ce parti à toujours acheté son électorat comme les fonctionnaires dont le nombre est le plus elevé des pays riches, les immigrés, et les ouvriers qui ne sont pas passés au FN et qui pensent que l'argent tombe du ciel. La surprise serait plutôt le PEU de conviction pour le FN, qui est donc un vote de protestation peu propice à gouverner.