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Le grand bleu

Surpêche : et la Chine vida ses mers et ses rivières… ou comment scier la branche sur laquelle on est assis

Publié le 21 août 2016
La Chine est aujourd'hui le premier consommateur de fruits de mer au monde. Cela tombe bien, elle est aussi la première puissance de pêche, devant l'Europe. Un grain de sable vient pourtant bloquer ces rouages bien huilés : il n'y a quasiment plus de poissons dans les mers de Chine. Explication d'un Empire qui prend l'eau.
Frédéric Le Manach est directeur scientifique de l'association Bloom, qui oeuvre pour le bien commun en mettant en œuvre un pacte durable entre l’homme et la mer.
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La Chine est aujourd'hui le premier consommateur de fruits de mer au monde. Cela tombe bien, elle est aussi la première puissance de pêche, devant l'Europe. Un grain de sable vient pourtant bloquer ces rouages bien huilés : il n'y a quasiment plus de poissons dans les mers de Chine. Explication d'un Empire qui prend l'eau.

Atlantico : Alors que la pêche intensive est un problème mondial, la Chine occupe l'un des rôles principaux sur le banc des accusés : le pays est en effet connu pour investir excessivement les eaux territoriales étrangères, de l’Afrique de l’ouest à l’Antarctique en passant par l’Amérique centrale. Pourtant, la première victime de ses pratiques ne serait autre que la Chine elle-même. La population des poissons dans la mer de Chine méridionale a baissé de 95% depuis les années 1950. Par ailleurs, les 170 espèces que la rivière Yangtze abritait il y a une cinquantaine d’années ont quasiment toutes disparu. Comment expliquer cette impressionnante diminution des ressources halieutiques chinoises ?

Frédéric Le Manach : La diminution des ressources halieutiques n’est en réalité pas seulement un problème chinois. Dans son dernier rapport (1), la FAO souligne qu’à l’échelle mondiale, 89,5% des stocks (2) de poissons sont pleinement exploités (58,1%) ou surexploités (31,4%). Il y a bien sûr des stocks qui sont mieux gérés et qui arrivent à se reconstituer, mais la tendance globale est à la surexploitation. C’est la même chose en Europe : à part quelques gros stocks commercialement importants, la surpêche reste un phénomène indéniable (3).

La surpêche est un coupable évident de cette diminution des populations de poissons, mais elle n’est pas la seule : le bétonnage des côtes (pour les infrastructures portuaires, l’agrandissement des zones urbaines ou… le tourisme), le dragage de sable, la création de barrages hydroélectriques et les pollutions en tout genre (effluents agricoles, fuites d’hydrocarbures…) sont aussi responsables de cette tendance négative (4). Il faudrait donc également y porter beaucoup plus d’attention qu’actuellement.

En Chine, le gouvernement a pris conscience de cette dégradation des ressources marines dans les années 1980 et a pris quelques mesures drastiques : la mise à la casse de nombreux bateaux mais également un fort subventionnement de sa flotte de pêche dite "distante", c’est-à-dire ses bateaux pêchant loin, en haute mer ou dans les eaux d’autres pays, par exemple en Afrique de l’Est (5). Cette stratégie a été exactement la même qu’en Europe : dans les années 1980, nous avons créé tout un réseau d’accords de pêche nous donnant le droit de pêcher dans des eaux étrangères, dans le but de continuer à approvisionner notre demande croissante en produit de la mer tout en donnant un peu d’air aux ressources marines dans nos eaux communautaires (6).

Nous considérons souvent la pêche chinoise comme illégale, mais en fait, ce n’est pas toujours le cas. Ce qui fait peur avec la Chine, c’est l’échelle et la manière : tout est démesuré et obscur. Mais dans de nombreux cas, les activités de pêche sont légales (pas forcément éthiques) et les flottes chinoises ne sont pas pires que, par exemple, les flottes européennes d’un point de vue du respect des normes internationales (7). Cependant, il est vrai qu’il y a souvent des accrocs avec les populations locales à cause de pêches plus ou moins légales, voire carrément illégales (8), mais les Européens ne sont pas en reste. Cette tendance à la pêche illégale, quelle que soit la nationalité, s’explique aisément : les États mettent peu de moyens en œuvre pour surveiller et contrôler leurs eaux. Quand un bateau pêchant illégalement se fait, par hasard, prendre, les sanctions sont la plupart du temps si dérisoires qu’elles ne sont pas du tout contraignantes pour l’armateur du bateau (9). Et ces "bateaux illégaux" sont souvent assurés…(10)

 

En 1999, puis en 2002, des réglementations avaient été instaurées par le gouvernement chinois pour restreindre la surpêche dans la mer de Chine méridionale et dans la rivière Yangtze . Pourquoi ces mesures n’ont-elles pas fait preuve d’efficacité ? Quelles solutions efficientes peuvent être apportées pour limiter la destruction de leur écosystème ? Est-ce qu’une pêche durable, comme celle prônée par l’éditorialiste Adam Minter sur le site Bloomberg (17 août 2016) est envisageable dans un pays dont l’exploitation des ressources maritimes représente un drainage de 260 milliards de dollars en moyenne par an ?

La surexploitation des ressources marines est une bêtise sans nom. Nous détruisons les habitats marins et surexploitons leurs habitants. Alors que la diversité marine et son abondance était exceptionnelle il y a encore quelques décennies, on ne se retrouve à certains endroits, comme en Chine (11) ou en Namibie (12) qu’avec des méduses. L’océan ne sera jamais vide, mais il sera peut-être plein d’espèces non consommables ou sans intérêt pour nos papilles. Et que deviendrons les centaines de millions de personnes qui dépendent des poissons pour leur alimentation et leur emploi ? Voilà ce à quoi nous devons réfléchir. D’un point de vue biologique, nous savons que si nous pêchions moins, il y aurait plus de poissons, plus gros et plus variés. Nous pourrions donc, paradoxalement, créer plus d’emplois et de richesses en réduisant au maximum les pratiques de pêche les plus destructrices et intense.

Pour cela, nous pourrions commencer par repenser notre modèle de subventionnement de la pêche avec de l’argent public : pénaliser les mauvaises pratiques et encourager les bonnes (13). Demandons également aux assurances d’arrêter de protéger les bateaux dont les activités illégales sont avérées (14). Protégeons également les zones sensibles et d’importance en créant des aires marines protégées sensées. Encourageons les gouvernements à investir dans la surveillance et le contrôle de l’océan. Enfin, intégrons nos différentes activités : la pêche est certainement l’un des coupables, mais pas le seul. C’est toute notre société de consommation que nous devons repenser si nous voulons préserver notre océan et les emplois et richesses qui vont avec.

(1) FAO (2016) The state of world fisheries and aquaculture - Contributing to food security and nutrition for all. Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), Rome (Italy). x + 190 p.

(2) Un stock correspond à la fraction exploitable d’une population de poisson. C’est une unité de gestion. Par exemple, le bar en Mer du Nord correspond à un stock différent de celui du bar en Mer Celtique, mais les deux stocks font partie de la même population. À chaque stock est alloué un quota de pêche différent.

(3) AFH (2016) Pêches durables en Europe : le compte n’y est pas - Une note d’analyse de l’AFH. Association française d'halieutique (AFH), Rennes (France). 5p.

(4) Le Luherne et al. (2016) Fish community responses to green tides in shallow estuarine and coastal areas. Estuarine, Coastal and Shelf Science 175: 79-92.

(5) Mallory (2012) China as a distant water fishing nation. Testimony before the U.S.-China Economic and Security Review Commission. Hearing: China‘s Global Quest for Resources and Implications for the United States, Panel V: China‘s International Fisheries.

(6) Le Manach (2014) Past, present and future of publicly-funded European Union's fishing access agreements in developing countries. PhD thesis, University of University of British Columbia, Vancouver (Canada). xiii + 174 p.

(7) Pauly et al. (2014) China's distant-water fisheries in the 21 st century. Fish and Fisheries 15: 474-488.

(8) Greenpeace (2015) Africa's fisheries' paradise at a crossroads. Greenpeace East Asia and Greepeace Africa, Beijing (China) and Dakar (Sénégal). 62 p.

(9) Sumaila et al. (2006) Global scope and economics of illegal fishing. Marine Policy 30: 696-703.

(10) Miller et al. (2016) Cutting a lifeline to maritime crime: marine insurance and IUU fishing. Frontiers in Ecology and the Environment: n/a-n/a.

(11) Pauly and Le Manach (2015) Tentative adjustments of China's marine fisheries catches (1950-2010). Fisheries Center Working Paper #2015-28, University of British Columbia, Vancouver (Canada). 16 p.

(12) Cury and Miserey (2008) Une mer sans poissons. Calmann-Lévy. 270 p.

(13) Le chercheur de l’Ifremer Benoît Mesnil a dressé un portrait au vitriol de la gestion française de la pêche : Mesnil (2008) Public-aided crises in the French fishing sector. Ocean & Coastal Management 51(10): 689-700.

(14) Ibid. Millier et al. (2016)

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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valencia77
- 24/08/2016 - 14:34
beaucoup d'analyses
Tiens en voila une juste et simple a comprendre: Il ya trop de monde sur la planete.
Anouman
- 21/08/2016 - 20:12
Chine
La population des poissons a baissé mais celle des Chinois a augmenté de 900 millions depuis les années 50. Il faut bien les nourrir... Et encore, ils ont essayé de limiter la croissance démographique...
langue de pivert
- 21/08/2016 - 13:51
BRAVO !
Rien à ajouter ! Hélas tout le monde s'en fout. Ça intéresse qui ? Les Français comptent leurs médailles aux J.O. ! Sur les continents ça vaut pas mieux ! Tous les états se valent pour pourrir la planète ! Les cocos, les démocraties, les dictatures, les pétromonarchies ! Pas un pour racheter l'autre !