En direct
Best of
Best-of: le meilleur de la semaine Atlantico
En direct
Politico Scanner
La France pays modéré en Europe : ce que les Français pensent de l’Islam et des musulmans et pourquoi cela n’est pas la même chose
Publié le 20 juillet 2016
Une étude du Pew Research Center publiée récemment souligne que 29% des Français ont une vision défavorable des musulmans, soit l'un des taux de rejet les plus bas de toute l'UE. Une relative bonne image qui peut s’expliquer par différents facteurs.
Bernard Godard a été fonctionnaire jusqu'en 2008 au ministère de l'intérieur : d'abord officier de police aux RGX jusqu'en 1997, puis chargé de mission en cabinet ministériel (1997-2002) puis au Bureau central des cultes en charge des...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Bernard Godard
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Bernard Godard a été fonctionnaire jusqu'en 2008 au ministère de l'intérieur : d'abord officier de police aux RGX jusqu'en 1997, puis chargé de mission en cabinet ministériel (1997-2002) puis au Bureau central des cultes en charge des...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Une étude du Pew Research Center publiée récemment souligne que 29% des Français ont une vision défavorable des musulmans, soit l'un des taux de rejet les plus bas de toute l'UE. Une relative bonne image qui peut s’expliquer par différents facteurs.

Atlantico : Selon une étude du Pew Research Center publiée la semaine dernière (voir ici), 29% des Français ont une vision défavorable des musulmans, soit l'un des taux de rejet les plus bas de toute l'Union européenne. Comment interpréter ce chiffre ? Que révèle-t-il de la société française au regard du contexte qu'elle traverse ? 

Bernard Godard : Ce chiffre de 29% est à rapprocher du 29% qui considérait que les musulmans représentaient une menace par  le terrorisme (sondage Atlantico/Ifop de novembre 2015) ou du 29% des Français de confession juive qui déclaraient à IPSOS (sondage pour la Fondation du judaïsme) en janvier 2016 qu'ils ont rencontré un problème avec un maghrébin. Il est rassurant en ce que les Français au final considèrent l'appartenance religieuse comme secondaire par rapport à l'adhésion à la République. On avait déjà  appris au travers d'un sondage du Pew en 2006, effectué en Allemagne, au Royaume-Uni et en France que cette dernière était le pays où les musulmans mettaient leur appartenance à la Nation comme prioritaire par rapport à leur  appartenance religieuse. De manière surprenante, on apprend dans ce sondage que les sympathisants du Front  National ne sont "que" 39% à refuser une place pour l'islam en France, alors que 50% des sympathisants de l'extrême droite sont hostiles à l'islam en Allemagne.

En fait, les Français, à l'occasion des attentats ont appris à  faire le distinguo entre  une vague  menace de "remplacement" des natifs d'Europe par une immigration obsédante, d'une part et une menace terroriste aux racines djihadistes ou encore un communautarisme  musulman qui s'imposerait, d'autre part.  Cela dit beaucoup, au travers de l'acceptation du culte musulman, d'une confiance dans notre système laïque qui  permet à  toutes les  religions de coexister. En revanche, cela  ne dit  pas  non plus, par exemple, si on est  pour l'existence d'une mosquée dans une ville,  ou si on supporte difficilement des revendications concernant des  pratiques identitaires au nom de l'islam. Mais, il semble acquis que les Français non musulmans considèrent que leurs concitoyens musulmans sont des victimes eux aussi  du  terrorisme.

Un sondage publié en avril dernier (voir ici) affirmait par ailleurs que la défiance envers la place de l'islam en France progressait parmi les Français. Au vu du contexte actuel, la bonne image relative de l'islam en France (par rapport à ses voisins européens) peut-elle s'effriter dans un avenir proche ? Comment l'image de l'Islam peut-elle différer de celle des musulmans de France ?

Cela paraît contradictoire mais ne l'est pas tant que ça. La circonspection des Français vis à vis le l'islam, qui est une réalité, il ne faut pas s'en cacher, vise avant tout la visibilité de l'islam dans l'espace public mais pas les musulmans eux-mêmes. Les "muslims", catégorie ethno-religieuse dans beaucoup de pays européens, ne l'est pas chez nous. Depuis plus de 50 ans, la France possède la proportion la plus importante de musulmans (de culture et de foi) en Europe. Les Français ont appris à connaître leurs concitoyens de foi musulmane, leur diversité, leurs perceptions de la société dans laquelle ils vivent. Le sondage que vous évoquez avait trait à une comparaison entre  l'Allemagne et la France. La société allemande n'a pas accepté de  plein gré l'afflux d'immigrés venant  de Syrie  ou d'Afghanistan. En outre le mouvement populiste Pegida a essayé de profiter du choc provoqué par les agressions contre des femmes par des demandeurs d'asile durant les fêtes de fin d'année à Cologne. Donc il  faut resituer les sondages dans leur contexte.

Quant à l'image de l'islam en général en France, elle dépendra  des efforts que tous ceux qui  sont concernés par elle, en feront : les cadres religieux,  les  islamologues, les hommes de foi en général, les politiques, les  journalistes et les enseignants bien sûr. La question n'est  pas de minimiser les textes religieux musulmans vis à vis de leur contenu "guerrier", mais  d'affirmer la distance nécessaire à la lecture des textes sacrés, d'affirmer la volonté d'appartenir à la communauté humaine, de mettre en avant ce qui réunit plutôt que ce qui sépare.  Même si 71 % des sondés n'ont pas forcément une opinion défavorable de l'islam, les gens sont inquiets des manifestations de type identitaire. Ils ont surement conscience que ces manifestations (demande de menus halal, port du voile ou, pour une minorité, développement d'un salafisme en rupture de  tout lien social) ne sont pas le fait des musulmans en général qui veulent vivre leur foi paisiblement. De la même manière le djihadisme atteint indistinctement tous les français, musulmans ou pas. Les Français ont malheureusement compris avec tous ces événements que la variable religieuse n'était pas un déclencheur suffisant pour pousser les criminels aux actes terroristes. Le récent drame de Nice nous l'a cruellement appris.

En 2006, le Pew Research Center (voir ici) indiquait que la proportion de français musulmans se considérant comme citoyens nationaux avant d'être des musulmans était la plus élevée des pays européens. Comment a pu évolué cette tendance depuis ces 10 dernières années ? 

L'enquête de 2006 avait effectivement mis en exergue le plus grand sentiment d'appartenance des musulmans français à leur pays. En dix ans, est que les choses ont tant changé que ça ? Deux phénomènes ont changé un peu la donne : 
 
- la mise en place à partir de 2007 de l'affirmation d'une "identité nationale" qui sommait tous les français de se couler dans un moule de type "maurassien" qui plaçait les musulmans, entre autres,  un peu trop "visibles"  de se faire plus discrets. Si la sécularisation des musulmans - celle de l'islam en France se fera, mais plus lentement - est un phénomène irréversible, les sommations de ce type ne font que ralentir le processus.
 
- une sorte d'affirmation identitaire dont certains aspects ne sont pas forcément une preuve de refus d'intégration (généralisation du port du voile chez certaine jeunes filles) mais dont d'autres (fondamentalisme salafiste ou refus de la laïcité au travail ou à l'école) sont inquiétants.
Cela a pu entre autres développer des sentiments de non appartenance à la nation française, c'est une réalité  qui peut être inquiétante. Le sentiment du "eux" (les "Français")  et nous (les "muslims") est porteur de rupture qui peut complètement à la marge verser dans le djihadisme. Le sentiment de victimisation, réel ou supposé et la popularité des thèses conspirationnistes font le reste. Mais il ne faut pas tout de même verser dans le pessimisme.

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Charlotte Casiraghi &Gad Elmaleh n’ont pas la même (idée de l’)éducation, Meghan Markle &son père non plus; Laeticia H. se dé-esseule avec un Top chef, Karine Ferri &Yoann Gourcuff se marient en vivant chacun seul; Jennifer Aniston : ses 50 ans avec Brad
02.
Fake news indétectables : GPT2, le programme développé par l’équipe d’intelligence artificielle d’Elon Musk auquel ses concepteurs préfèrent renoncer tant il leur fait peur
03.
Agression contre Finkielkraut : certains Gilets jaunes voudraient que les Juifs portent l'étoile jaune
04.
Inde : à peine inauguré, le train le plus rapide du pays heurte une vache et tombe en panne
05.
Alain Finkielkraut sur son agression : " je n’aurais pas subi ce même genre d’insultes sur les ronds-points"
06.
Acte XIV : les Gilets jaunes entre infiltration par l’extrême-gauche et envie de retour aux sources
07.
Primaire ligue : rions de bon coeur avec la ligue du LOL
01.
Christine Lagarde, la directrice du FMI, prévient d’un risque grave de tempête mondiale mais personne ne semble l’entendre
02.
Condamnations de Gilets jaunes : la curieuse approche quantitative de la justice mise en avant par Édouard Philippe
03.
Comment Alain Juppé s’est transformé en l’un des plus grands fossoyeurs de la droite
04.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
05.
L’étrange manque de recul d’Alain Juppé sur sa part de responsabilité dans l’état « délétère » du pays
06.
Novethic et autres promoteurs forcenés de la transition écologique : en marche vers un nouveau fascisme vert ?
01.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
02.
L’étrange manque de recul d’Alain Juppé sur sa part de responsabilité dans l’état « délétère » du pays
03.
Novethic et autres promoteurs forcenés de la transition écologique : en marche vers un nouveau fascisme vert ?
04.
Derrière le complotisme, l’énorme échec de 50 ans d’égalitarisme et de progressisme à marche forcée impulsés par l’Education nationale comme par la culture dominante
05.
Flambée d’antisémitisme et de violences politiques : ces erreurs politiques et macroéconomiques à ne pas reproduire pour enrayer la crise
06.
Condamnations de Gilets jaunes : la curieuse approche quantitative de la justice mise en avant par Édouard Philippe
Commentaires (22)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
marie06
- 23/07/2016 - 23:41
Religion ou identité culturelle ?
Pas besoin de lire le coran. L'essentiel étant de montrer le nombre (et donc la force) par la culture communautariste ils ont bien profité et en profite encore et encore de la c....ie de nos dirigeants depuis VGE et Chirac avec le regroupement familiale qu'il faut arrêter. La religion n'est qu'un prétexte. Quant à ceux qui n'ont pas la volonté de reconquérir les territoires perdus et de recomposer un califat peut être un jour seront-ils obliģés de suivre car tous n'auront pas le courage des Harkis qui n'avaient pas eu peur de se faire égorger par leurs frères au nom de leur pays la France. Il y a 55 ans en Algérie.
schmurtz
- 21/07/2016 - 19:37
@The World Conference on Islam
totalement irréaliste, c'est les muzz vs le restant du Monde. Le meilleur moyen de résoudre un problème c'est de l'éliminer, tout le reste c'est l'apanage de Bisounours
schmurtz
- 21/07/2016 - 18:49
cornand ras le bol
ils nous pompent l'air avec leur cornand à la c.. leurs mosquées et tout le toutim. Faut nettoyer tout ça au superkarcher