En direct
Best of
Best of du 5 au 11 janvier
En direct
© Flickr/Xavier Micora
Revue de blogs
"Barrez-vous", qu’ils disaient : le parcours du combattant de ces Français de retour au pays après être allés vivre à l’étranger
Publié le 10 mai 2016
Les donneurs de leçon de mondialisation heureuse ne sont pas les payeurs : quitter la France est à la mode, mais revenir est compliqué. Le témoignage d'une jeune expat' revenue en France provoque beaucoup de réactions, et pose des questions.
Claire Ulrich est journaliste et fan du Web depuis très longtemps, toujours émerveillée par ce jardin aux découvertes, et reste convaincue que le Web peut permettre quelque chose de pas si mal : que les humains communiquent directement entre eux et...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Claire Ulrich
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Claire Ulrich est journaliste et fan du Web depuis très longtemps, toujours émerveillée par ce jardin aux découvertes, et reste convaincue que le Web peut permettre quelque chose de pas si mal : que les humains communiquent directement entre eux et...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Les donneurs de leçon de mondialisation heureuse ne sont pas les payeurs : quitter la France est à la mode, mais revenir est compliqué. Le témoignage d'une jeune expat' revenue en France provoque beaucoup de réactions, et pose des questions.

"Barrez-vous !" est l'injonction à la mode, mais les problèmes de visas, les parcours professionnels, et le ressentiment anti-France n'étant pas tous également partagés, on en oublie qu'environ 270 000 personnes (estimation) reviennent en France chaque année.

Après quelques années passées au Canada, Anne-Laure Fréant est revenue en France. De deux ans de marécage administratif et dépressif dûs à une réacclimatation difficile, elle a tiré un livre de conseils aux "impatriés" et même un guide au retour, demandé par le gouvernement enfin sensibilisé à cette population mal connue. Le succès de son post récent sur Médium, "Revenir en France : la galère silencieuse des expatriés" fait toucher du doigt que les "impatriations" sont des activités à hauts risques. Déjà, un autre de ses articles, "le choc culturel inversé, le tablou des expatriés" avait fait mouche sur les réseaux. Une communauté s'est formée autour d'elle, celle des "incompris du retour", des jeunes étudiants ou employés qui accumulent par goût, obligatio ou idéalisme, différentes expériences à l'étranger.

Globalement, on vous ment. Partir est génial, très bien accepté désormais. Mais la France n'aime pas tant que ça ceux qui reviennent. Surtout, elle ne les comprend pas. Hormis les cas de retour en famille "Ricorée", le retour est très dur, d'abord face aux proches. Côté famille, Ninon raconte : ''De mon expérience, les montagnes russes émotionnelles sont souvent provoquées par l'accueil qui nous est réservé : "alors cette fois tu vas peut-être enfin te poser ?" "Qu'est-ce que tu vas encore nous trouver comme prochaine destination ?" "La prochaine fois choisis au moins un pays qui fait envie / moins cher / plus proche / etc." On n'est pas encore rentré et on nous reproche souvent d'être parti par le passé, de potentiellement repartir dans le futur, et on n'est pas ancré dans le présent." David :  Je ne peux que plussoyer...après 3 ans au Japon, le retour (temporaire, je repars bientot) en France a été une horreur...pour dire, pendant les trois premiers mois de mon retour, je n'ai eu droit à aboslument rien, moins d'aide qu'un sans papier, je n'aurai pas eu mes parents, je me serais retrouvé à la rue. Pas le droit de prendre un logement car moins de trois mois sur le territoire, idem pour la secu, idem pour un boulot, bref, une belle galère...sans parler de la mentalité française, ou l'encouragemetn est surtout pour te tirer vers le bas plutôt que vers le haut'. 

Une expérience à l'étranger est valorisante professionnellement ? Pas toujours. Les employeurs optent pour le simple et stable.  Pour les indépendants, bien entendu, l'accueil de l'URSAFF, des propriétaires d'appartements et des impôts vous rappellent que Balzac est français. Elizabeth confirme que les 'revenants' sont incompris même dans les entreprises.  'Bien souvent (la vie d'expatrié) est perçue par la société comme une vie dorée sous les cocotiers... Or les risques auxquels sont exposés ces salariés existent bel et bien. Les entreprises prennent le plus souvent en compte les risques physiques, moins les risques psychosociaux dûs à l'éloignement, les nouvelles organisations du travail...et le choc culturel inversé au moment du retour en fait grandement partie!." Clément acquiesce: "… 2 ans que je suis rentré du Canada, la première pensée qui me viens au réveil est d’y retourner.. gros décalage, limite t’arrives plus à te réintégrer dans ton propre pays".

Anne-Laure en veut aux spécialistes de l'expatriation des entreprises, souvent aveugles. ''Il est malheureux de voir les professionnels du monde de l’expatriation parler "d’ addiction à l’international ": si les personnes qui repartent sont si nombreuses, ce n’est pas parce qu’elles sont « droguées » et qu’elles ont besoin d’une bonne cure de désintox pour rentrer dans le moule. (...) C’est au contraire parce que les personnes avec une intelligence culturelle (et émotionnelle) développées n’ont pas la possibilité de s’exprimer une fois rentrées en France. On leur demande de désapprendre au plus vite tout ce qu’elles sont devenues depuis plusi"eurs années pour les forcer à rentrer dans des cases qui de toutes façons ne les intéressent pas. La société française, très fermée sur elle-même, très conventionnelle, très hiérarchique, ne laisse pas beaucoup de place aux compétences relationnelles, à l’intuition, aux personnes dont l’identité s’est enrichie des nouvelles perspectives dont nous manquons pourtant cruellement.'

Elle insiste, et les commentateurs approuvent, que les risques psychologiques sont importants, et non pris en compte, d' 'une situation très inconfortable et difficile à gérer sur le plan psychologique: c’est comme retourner vivre chez ses parents à l’âge adulte alors qu’on mène une vie indépendante depuis plusieurs années " L'acculturation, la sensation de double vie très inconfortable, très souvent des dépressions, sont partagés par tous, et semblent faire partie de nouveaux effets collatéraux, encore mal compris de l'éparpillement des vies et des familles. Pierre trouve néanmoins que 'écrire un article sur la difficile réinsertion des expatriés français dans leur propre pays est limite 'obscène' par les temps qui courrent''. Et pour ces nouvelles générations très fournies d'expatriés,  Gaelle in Los Angeles, qui n'est pas encore rentrée, aimerait qu'on pense  à la précarité de son visa et de ses revenus, avant de la voir en princesse expatriée.  "Tous ceux qui disent “tu vis là bas ne te plains pas c’est génial qu’est ce qui pourrait être pire”, demandez-vous deux secondes si vous seriez prêt à partir seul à l’autre bout du monde sans aucun avenir certain. Pour beaucoup la réponse serait non !"

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Wauquiez pousse une colère contre la direction de LR, et Thierry Mariani contre Wauquiez ; L'Obs s'inquiète de la crise financière qui vient ; François-Xavier Bellamy en guerre contre le progressisme ; Ces députés LREM attaqués
02.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
03.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
04.
Sévère répression des gilets jaunes : la justice française est-elle en train de préfèrer l’ordre à la justice ?
05.
Elections européennes : La République en Marche détrône le Rassemblement national selon un nouveau sondage
06.
Oui, il y a “des gens en situation de pauvreté qui déconnent”. Mais voilà pourquoi la question et la solution sont largement ailleurs
07.
Attentat de Strasbourg : la vérité émerge sur la cas de Cherif Chekatt
01.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
02.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
03.
Le Royaume-Uni se prépare à un Brexit sans accord et ne voit plus comment arrêter cette chronique d’un chaos annoncé
04.
Alerte Rouge : après la Chine, Donald Trump entend s’attaquer à l’Europe et voilà pourquoi la France serait bien inspirée de réagir au plus vite
05.
Littéralement explosif : le sondage exclusif qui montre que la condamnation de la violence par les Français... baisse (et que le nombre de ceux qui disent la comprendre augmente)
06.
Inégalités : la France est allée au maximum de ce que la redistribution fiscale permettait. Voilà ce qui pourrait être fait désormais
07.
Robots payeurs : mais que s’est-il vraiment passé sur la cagnotte de soutien aux policiers ?
01.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
02.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
03.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
04.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
05.
Alerte Rouge : après la Chine, Donald Trump entend s’attaquer à l’Europe et voilà pourquoi la France serait bien inspirée de réagir au plus vite
06.
Ce à quoi se condamnent lentement mais sûrement les Gilets jaunes
01.
Grand débat national : l’équation impossible d’Emmanuel Macron
02.
Pourquoi Macron, les populistes et les gilets jaunes sont tous le produit de la même vague (et pourquoi ils seraient bien inspirés de le comprendre réciproquement)
03.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
04.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
05.
Marine Le Pen : vent en poupe mais… tigre de papier ?
06.
Si la France vit un moment révolutionnaire (et voilà pourquoi c’en est bien un), quelle stratégie politique pour éviter le chaos et en sortir par le haut ?
Commentaires (34)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Solaros
- 17/05/2016 - 18:27
Rentrer demande le même effort d'acclimatation que partir
C'est difficile de rentrer. La fonction publique le sait, qui depuis plusieurs années, a mis en place une cellule spéciale pour le retour des expatriés.
Quand on rentre, il faut se dire qu'on est dans la même situation que quand on part : on est nouveau en France, il faut donc faire profil bas, ne pas trop parler de ce qu'on a vécu à l'étranger (ce ne sera pas compris de toute façon, et on passera pour un frimeur), observer, essayer de comprendre les gens que l'on a autour de soi, car on a oublié leur fonctionnement. C'est vrai qu'on se sent plus ouvert et riche d'autres cultures, mais il ne faut pas le montrer. On doit aussi considérer qu'on doit s'enrichir des Français qu'on fréquente à nouveau. C'est vrai qu'on les trouve fermés et nombrilistes. Mais quoi, c'est un peu partout pareil. On le supporte moins bien parce que ce sont nos compatriotes.
Il faut comprendre qu'après une expatriation, on est certes citoyen du monde, mais toujours un peu apatride. C'est une expérience définitive. On devient un individu peu assimilable aux autres. Et ça fait un peu peur, à soi et aux autres.
superliberal
- 13/05/2016 - 14:22
Retour en Souffrance...
Pour un libéral vivant dans un pays libéral revenir en France c'est comme passer à l'Est avant la chute du mur...même les Français de droite sont socialistes...on devrait supprimer "Liberté" du fronton des mairies et la remplacé par "CGT, Egalité, Fraternité"...
ISABLEUE
- 13/05/2016 - 12:15
Kaprate oui
expériences variées : aller chercher de l'eau dans un puits à 20 km, coupures d'eau ou d'électricité..... orages où oueds débordent etc.. bref l'Afrique et sa nature.
DEUDEUCHE : oui maintenant, tous les djeunes vont faire quelques mois de stage en général dans des capitales européennes, pour faire joli sur leurs CV, et pour vivre de la même façon qu'ici , en coloc, etc..