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Le problème central de l'éducation à la française (à côté duquel passe Alain Juppé)

Publié le 21 août 2015
Le candidat à la primaire des Républicains Alain Juppé s'apprête à sortir un livre en septembre prochain, "Mes chemins pour l'école" (JC Lattès), dans lequel il développe la réforme dont l’éducation nationale française aurait selon lui besoin. Mais il est bien loin du compte.
Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.
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Le candidat à la primaire des Républicains Alain Juppé s'apprête à sortir un livre en septembre prochain, "Mes chemins pour l'école" (JC Lattès), dans lequel il développe la réforme dont l’éducation nationale française aurait selon lui besoin. Mais il est bien loin du compte.

Dans sa campagne pour les primaires des Républicains, Alain Juppé a présenté son plan de réforme de l'éducation. Rien de bien étonnant. Il propose de réévaluer la rémunération des enseignants (probablement en échange d'une réduction de masse salariale), d'avoir plus d'enseignants en primaire et plus d'autonomie dans les établissements scolaires.

Mais il s'agit bien de préciser que cette autonomie n'est pas une réelle autonomie. Les établissements pourront changer un peu leur emploi du temps, rajouter des options, et ainsi de suite.

Mais, fondamentalement, l'école ne changera pas.

Pour comprendre le problème de l'école aujourd'hui, imaginons le cas suivant : imaginons un chirurgien de 1890 arrivant dans un bloc opératoire de 2015. Il serait complètement perdu. Il ne saurait pas quoi faire, ou comment. Il en reconnaîtrait presque aucun des ustensiles.

Maintenant, imaginons un enseignant de 1890 entrant dans une salle de classe de 2015. Il n'aurait aucun problème à se lancer. Il serait peut être surpris que les élèves ne se lèvent pas en entrant dans la salle, et par leurs vêtements. Le contenu des livres serait différent, mais la manière dont il ferait son travail serait pareil : des rangées de tables et de chaises, des cahiers et des crayons, un tableau noir, un instituteur qui lit dans un livre.

Pourtant, nous sommes au 21ème siècle. De nombreux modèles d'enseignement ont été élaborés depuis la fin du 19ème siècle, où l'école actuelle a été conçue, sur le modèle de la société industrielle de l'époque.

Il y a eu les méthodes Montessori, qui dans de nombreuses études ont montré des résultats formidables. Une enseignante de l'Education nationale, Céline Alvarez, a été mise à pied pour avoir tenté de les appliquer dans une école en ZEP.

Il y a eu la révolution informatique, avec tout ce qu'elle peut supposer de changements dans notre manière d'apprendre, comme il y a eu tant de changements dans notre manière de communiquer ou de travailler.

Il y a l'école Alexandre Dumas, qui tente de créer de l'intégration dans des zones sensibles avec un mode d'éducation plus traditionnel.

En somme, il y a des milliers de manières de penser l'école. En France, on en a une.

Laquelle est la meilleure ? J'ai mes opinions là-dessus, mais elles ne sont pas le sujet de cette chronique.

Car le vrai problème, en France, est justement que chacun considère qu'il y a une bonne et vraie manière d'éduquer tout le monde et qu'il suffirait que les bonnes méthodes soient appliquées à travers tout le territoire pour régler le problème. C'est le point commun des “conservateurs” qui veulent remettre les “fondamentaux” à jour et des “pédagogistes” et de leurs méthodes dites “douces.” La proposition d'Alain Juppé de pouvoir changer un peu l'emploi du temps à l'école n'y change, au fond, rien.

Le fait est que le monde urbain est différent du monde rural, et plus profondément que tous les enfants sont différents. J'ai, comme tout le monde, mes opinions sur l'éducation. Mais ce que je voudrais, ce n'est pas tant qu'on applique mes idées plutôt qu'on permette à des milliers d'approches différentes de fleurir, afin non seulement que nos enfants puissent apprendre, mais que nous puissions apprendre par l'expérience ce qui marche.

Cela demanderait de l'humilité de la part de nos responsables. Ce qui n'a jamais été le fort d'Alain Juppé, ni du reste de notre classe politique.

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l'enclume
- 22/08/2015 - 11:17
Quant on ne connaît pas on ferma sa gueule
vangogo - 22/08/2015 - 02:31 - "elle doit être radicalement désidéologisée, les enseignant doivent revenir au travail, le vrai"
Et une connerie de plus pour monsieur je sais tout. Tout en gueule, comme Marine, c'est plus facile que d'être devant 28 ou 30 élèves. Il se trouve que mes deux filles ont été enseignantes d'anglais. Dieu merci elles se sont barrées de cette pétaudière qu'est l'Education Nationale, avant d'y laisser leur peau. Croyez moi toutes et tous les ex collègues que j'ai rencontré, étaient tout, sauf "idéologisé", leur souhait le plus cher était de faire leur boulot le mieux possible, malgré une hiérarchie qui chiait au froc au moindre petit accroc avec un élève ou un parent.
lexxis
- 22/08/2015 - 10:56
DEMAGOGIE
La rémunération des enseignants doit tenir compte de l'importance de leurs congés et de la réduction continue de leur temps de travail en repoussant un jour de rentrée par ci (c'est chaque année ou presque la même comédie…), en créant un pont par là, en supprimant aussi en passant le jour de carence. En dehors des contrôleurs aériens, quelle profession sérieuse n'occupe son titulaire que l'équivalent de 35 ou 36 semaines par an? Par ailleurs, depuis qu'il est mesuré et comparé, le niveau moyen des écoliers ne procure pas une impression de véritable performance de la part du corps enseignant. Il y a dans ce pays des tas de gens qui travaillent plus longtemps, nettement mieux et pour pas plus cher et dont personne ne parle, n'est-ce pas Monsieur Juppé? Mais c'est vrai qu'électoralement, ils seraient infiniment plus difficiles à convaincre.
Paulquiroulenamassepasmousse
- 22/08/2015 - 09:53
Lire et écrire avant tout..
Un article de plus pour ne rien dire sinon enfoncer des portes ouvertes....Oui, il y a des tas de méthodes différentes qui peuvent marcher suivant les situations. Tout le monde est d'accord pour dire que chaque enfant est différent, c'est un fait ! Malheureusement il y a des faits encore plus remarquables, c'est que pour tout apprentissage, la lecture et l'écriture sont des préalables.. Et la on constate que certaines méthodes fonctionnent et d'autres pas..alors un peu d'humilité chez notre éditorialiste pour admettre qu'il n'y a pas 36 façons d'apprendre la lecture, base de tous les savoirs !