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Grand large

Sept jours au Tibet

Publié le 20 juin 2015
Sept jours, sept monastères, pour une découverte exclusive du Tibet.
Président fondateur de Peplum, créateur de voyages sur-mesure de luxe, Quentin Desurmont agit activement pour l’entreprenariat. Il a fait partie de la délégation du G20 YES à Moscou en 2013 et  à Mexico en 2012, est membre de Croissance + et des...
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Sept jours, sept monastères, pour une découverte exclusive du Tibet.

Pour en savoir plus sur le Tibet, rendez-vous sur le site de Peplum.

Au faîte d'un imposant bâtiment, deux daims encadrent une roue en or, la roue du dharma, symbole de l'enseignement bouddhique. Le toit est lui-même tapissé de tuiles en bronze. Bienvenue au monastère de Jokhang (alias monastère de Tsuklakang), à Lhassa, point de départ d'un séjour exceptionnel au cœur de la Chine. De Pékin à Hong-Kong, soit du nord au sud, le pays est jalonné de temples, forts d'une architecture et d'une histoire différentes. On est bientôt dépassé par quelques groupes priant en choeur. Ce sont des pèlerins venus se recueillir dans le tout premier temple jamais érigé au Tibet (en 657), région autonome depuis 1965.


On prend de la hauteur. Perché à plus de 4 300 mètres d'altitude, le monastère de Ganden compte parmi les trois grandes universités monastiques de l'ordre de Gelupa créé - ainsi que l'avait prédit le Bouddha en personne - par un certain Lama Tsong Khapa, dontle site abrite les effets personnels. Il a visiblement fait l'objet de plusieurs restaurations, dues aux bombardements de l'armée chinoise lors du soulèvement tibétain de 1959. Aujourd'hui, deux cents moines et novices cohabitent en ces lieux. On les reconnaît notamment à leur crânes rasés et leurs tuniques rouge bordeaux.

A quelques kilomètres de Lhassa, capitale historique du Tibet, le monastère de Drepung (qui signifie « tas de riz ») occupe le pied d'une montagne immense. Avant les échauffourées de 1959, c'était le plus grand monastère du monde (200 000 mètres carrés). Les deuxième, troisième et quatrième dalaï-lamas y ont été enterrés. Fondé en 1416 par Jamyang Chojey, un émule de Je Tsongkhapa, le site accueillait à l'origine 15 000 moines. Aujourd'hui, il n'en reste plus qu'une centaine.


Après un rapide coup d'oeil à la salle des prières, dominée par des tissus rouges, jaunes et oranger, on se met doucement - mais sûrement - en route pour le monastère de Tashilhunpo (traduction : « toute la fortune et le bonheur rassemblés ici » ou « monceau de gloire »). Cette prochaine étape se confond également avec le flanc d'une montagne, la montagne de Drölma, à l'ouest de Shigatsé. Le corps de Gendun Drub, l'ancêtre des dalaï-lamas, y repose. C'est le seul, avec le sixième de la lignée, à ne pas avoir été inhumé à Lassha. On s'arrête un instant pour apprécier l'architecture du site, ses façades rouges, ses toits mordorés... L'ensemble est daté du XVe siècle et délimité par une muraille, censée protéger la descendance des panchen-lamas, à la tête de la région de Shigatsé. A l'inverse, chaque dalaï-lama se veut le dirigeant spirituel et politique du Tibet tout entier.

Sur la route de Gyantsé, on rencontre un style radicalement différent. Marquées par les esthétiques néwar, pala et sino-mongole, le monastère de Shalu, arbore des peintures étonnamment bien conservées. Rien qu'à l'extérieur, la gamme de couleurs tranche avec les architectures précédemment observées. C'est derrière cette façade grise, coiffée de tuiles vert bouteille, que le grand encyclopédiste Buton Rinchen Drub (1290-1364) compila une kyrielle de textes d'origine indienne.

Arrivé à Gyantsé, on se presse vers le Grand Monastère de Palcho, également connu sous le nom de monastère de Pelkor Chode, ou encore de Shekar Gyantsé. Ce monument ressemble à une pièce montée géante. Sa structure en strates superposées est caractéristique des stüpas tibétains, structures architecturales commémorant la mort du Bouddha. On nomme cette espèce de temple Kumbum. Il se compose de cinq niveaux, peuplés de 73 chapelles, toutes décorées à l'effigie des divinités et des maîtres de la religion bouddhiste. Le site a, bien entendu, lui aussi subi les foudres des gardes rouges chinois.


La route des monastères s'achève sur la visite de Yumbulagang, premier palais de l'histoire du Tibet. Fondé au IIe siècle av. J.-C. pour le roi Nyatri Tsenpo, à 12km de la ville de Zedang, il est niché sur une petite colline dont les courbes évoquent la silhouette d'une biche (yumbu, en tibétain). Résidence d'été du souverain Songtsen Gampo, le 33e de la dynastie Yarlung, et de la princesse Wencheng, au VIIe siècle de notre ère, il se vit progressivement détrôné par le palais de Lhassa. Débarrassé de son aura politique, Yumbulagang fut converti en monastère sous le cinquième Dalaï Lama de l'ordre Gelupa. La révolution culturelle causa sa démolition intégrale. Reconstruit en 1982, il se divise en deux parties, une aile de trois étages, à l'avant ; et une grande tour, à l'arrière.

Sept jours paraissent si courts qu’il faudrait peut-être, comme Brad Pitt, envisager de passerSept ans au Tibet.

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