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Culture
Comment 75% des Juifs français ont réussi à échapper à la mort lors de la Seconde guerre mondiale
Christophe Dickès reçoit l'historien et psychologue Jacques Sémelin, spécialiste des génocides et violences extrêmes. Ensemble, ils reviennent sur ce mystère des 75% de Juifs qui ont échappé à la mort en France sous l'occupation
Publié le 09/03/2019
Durée : 42 minutes
Chroniqueur :
Christophe Dickès
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Au mois de juillet 1942, Annette et Léa, deux jeunes filles de 12 et 14 ans sont arrêtées avec leur mère à l’occasion de la rafle du Vel d’Hiv’. Transférées dans un wagon à bestiaux au camp de Pithiviers, les enfants sont séparés de leur mère déportée à Auschwitz le 3 août 1942. Transférées à nouveau, cette fois à Drancy, les deux jeunes filles bénéficient d’une chance extraordinaire: en effet, une cousine de leur mère, assistante du commandant juif du camp,  efface à plusieurs reprises leurs deux noms sur les listes de la mort. Après maintes péripéties, elles finiront par être libérées du camp et reprendront même leur scolarité en octobre 1942, à Paris.

Cette histoire s’inscrit dans des milliers d’autres récits qui aboutissent à un constat : 75% des juifs ont échappé à la mort en France sous l’occupation. Ce chiffre constituait pour l’histoire comme une énigme et  un mystère. Auteur de La Survie des juifs en France 1940-1944, Jacques Semelin lui donne des clés d’explication. Contrairement aux travaux de Paxton, il remet en cause l’idée d’une France antisémite en distinguant d’une part l’opinion publique touchée par la déportation des femmes et des enfants, et d’autre l’Etat français. Dans cet ouvrage aux multiples nuances et préfacé par Serge Klarsfeld, il propose de comprendre comment les juifs de France vont se débrouiller pour survivre. Comment face aux arrestations et aux lois antisémites, ces derniers se sont fondus dans la population, en jouant parfois d’une double personnalité. Enfin et surtout, comment, ils vont bénéficier d’une entraide spontanée grâce à des passeurs, des faussaires, de simples hôtes ou bien même des “anges gardiens” qui, par des petits gestes dans le quotidien ou bien des actes d’héroïsme, vont faire de la France une exception dans le dessein meurtrier du nazisme. Jacques Semelin est interrogé par Christophe Dickès.

L’invité: Historien et psychologue, Jacques Sémelin est spécialiste des génocides et des violences extrêmes. Directeur de recherche émérite au CNRS, il donne des cours à Sciences Po. Il a fondé et dirigé l’Online Encyclopedia of Mass Violence, dont il est président depuis janvier 2011. Il est membre des comités scientifiques des revues European Review of History, Journal of Genocide Research et Vingtième siècle. Il est aussi membre de l’International Association of Genocide Scholars. Il vient de publier La Survie des juifs en France 1940-1944 (CNRS Editions, 372 pages, 25€). Un livre préfacé par Serge Klarsfeld.

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Moreau Jean Luc
- 09/03/2019 - 16:09
Si beaucoup de Juifs étaient protégés
durant la période d'occupation nazi, il semblerait que les soldats Allemands n'étaient pas tous d'accord pour les rafles que les milices françaises s'empressaient de prendre en charge. Cela compliquait les choses car ceux-ci étaient fouineurs et connaissaient bien les us et coutumes des populations locales. Il y a même quelques cas dans le bourg (maintenant grande banlieue qui a augmenté de 10 fois sa population), de soldats Allemands qui se sont cachés dans les fermes et sont restés en France. Certaines femmes qui se sont mariées avec ceux qui se sont dévoilés trop tôt lors de la libération ont subit les affres de la tonte et autres malheurs que les Résistants ont bien essayé d'arrêter mais c'est aussi là que ma mère a découvert l'antisémitisme de la population qui se tenait à carreau pour ne pas dénoncer le "trafic des Résistants" de peur de rétorsion. Très jeune, j'ai pu le constater dans les années 1956-1960, où les gros propriétaires terriens que je côtoyais ne s'en cachaient pas. Mais il n'y a pas que les Juifs qui étaient dans le collimateur, tout ce qui pouvait ennuyer leur pouvoir : Communistes, Protestants, Indochinois, etc. ; j'ai quitté cette région
Moreau Jean Luc
- 09/03/2019 - 15:16
Ma mère postière a concouru
à cacher bon nombre de Juifs pendant cette période… beaucoup n'étaient pas inquiétés et circulaient librement, protégés par les habitants. Par contre, à la libération, il y a eu des crêpages de chignons qui auraient pu tourner à l'exécution pure et simple si elle n'était pas intervenue : ma mère, par sa profession, pouvait témoigner de faits et geste inventés de toute pièce ou non. Le fait d'avoir aidé ces gens Juifs en situation dangereuse, donc avoir parlementé avec les occupants et collaborateurs était le prétexte pour alimenter cette haine. La libération lui a été beaucoup plus difficile à vivre, d'après elle, que l'occupation même. Ma mère est maintenant décédée et c'est à la fin de sa vie qu'elle a confirmé les dires d'un agriculteur d'origine néerlandaise avec qui elle organisait la résistance d'une manière paraitrait-il très minutieuse
cloette
- 09/03/2019 - 11:06
mais oui
la population et l'Etat ce n'est pas la même chose !