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Antigones vs Femen

Les Femen : infiltrées par une étudiante catholique, qui décrit un mouvement "opaque"

Publié le 28 mai 2013
La jeune militante fait partie des Antigones, un rassemblement qui affirme que "la femme a sa dignité [qui] ne passe ni par l’exhibitionnisme, ni par l’hystérie".
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La jeune militante fait partie des Antigones, un rassemblement qui affirme que "la femme a sa dignité [qui] ne passe ni par l’exhibitionnisme, ni par l’hystérie".

Iseul est son nom d'emprunt. Exaspérée par le mouvement des Femen et en particulier par son action à l’église Notre-Dame, cette jeune étudiante catholique a voulu connaitre avant de critiquer, et voir de l'intérieur à quoi ressemblait le mouvement si médiatique. Et comme l'a révélé Valeurs Actuelles, elle n'est pas tendre avec cette organisation "opaque", à l'organisation très verticale, où l'on ne débat "pas beaucoup d'idées".

L'étudiante en droit de 21 ans raconte comment elle a intégré l'organisation : "Je me suis présentée au Lavoir Moderne Parisien, un ancien squat qu’elles occupent, dans le quartier de la Goutte-d’Or. Quand Oksana, l’une des Ukrainiennes fondatrices du mouvement, m’a signé mon autographe, je me suis lancée, je lui ai dit que je voulais les rejoindre. Elle ne m’a pas posé de questions, elle m’a simplement répondu : "Viens demain à l’entraînement". »

Oui, les Femen s’entraînent. Tous les samedis, les militantes perfectionnent leur endurance physique et sont initiées aux modes d’actions des féministes ukrainiennes. Car la manipulation de l'image médiatique est cruciale pour le mouvement.

"On court en rond en criant des slogans comme « Pope no more », « In gay we trust » ou « Topless Jihad !", raconte-t-elle. "On fait des pompes, des abdos. On apprend aussi comment obtenir des photos spectaculaires : comment tomber au sol, comment disposer les bras, comment se comporter avec les policiers… ", relate Iseul. Sur le terrain, l’intervention de la police est un moment crucial Les militantes ont ordre de demeurer sur le "théâtre d’opération" jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre. "Inna [Chevtchenko, la fondatrice] le répète sans cesse : la police n’est pas notre ennemi mais un partenaire, un moyen de faire des images, du bruit médiatique".

L'étudiante dénonce une obsession de l'image souvent creuse et sans fond intellectuel. "Alors que je venais de participer à mon premier entraînement, que je ne connaissais donc personne, et que personne ou presque ne me connaissait, j’ai dû m’exprimer face à une télévision flamande voir la vidéo, dire pourquoi je menais ce combat, etc. C’était insensé", raconte Iseul. "Elles ont besoin de visages et de paires de seins. Comme ce n’est pas facile de se mettre nues, une sélection s’installe entre les filles qui sont prêtes à le faire, qui pourront donc participer aux actions, et les autres, qui quittent alors le mouvement ou sont cantonnées à des tâches administratives".

Enfin, l'organisation très hiérarchique laisse peu de place au débat et à la discussion. Les seuls décisionnaires étant  le premier cercle, formé par deux des fondatrices ukrainiennes, Inna et Oksana, et trois Françaises. Ces cinq personnes maintiennent un contact permanent avec la "base" restée en Ukraine, qui constitue encore la tête pensante du mouvement, communiquant  très peu avec le second cercle. "Il n’y a pas de dialogue, ni d’échanges d’infos, explique Iseul. Pour une militante, c’est presque angoissant. On ne sait pas ce qui se prépare, ou seulement au dernier moment. Le mouvement est très hiérarchisé et très opaque".

"Ce qui m’a le plus surpris, raconte Iseul, c’est précisément qu’on ne parle pas beaucoup d’idées. Rien à voir avec le féminisme intello auquel on est habitué en France. Elles sont beaucoup plus dans l’action". Elle décrit une ambiance narcissique, marquée par les querelles d’ego et l’autoritarisme presque militaire des meneuses.

Mais la jeune enquêtrice improvisée est critiquée pour sa partialité. Se décrivant comme une "catholique normale", elle est considérée par certains comme une militante. Elle fait en effet partie des "Antigones", un rassemblement de jeunes femmes qui ont mené une première action spectaculaire contre les Femen, devant le Lavoir moderne, affirmant que "la femme a sa dignité [qui] ne passe ni par l’exhibitionnisme, ni par l’hystérie" .

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