En direct
Best of
Best of du 21 au 27 mars
En direct
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Fonctionnaires en déroute... mais que se passe-t-il dans le secteur public ?

02.

Confinement : petits trucs et astuces pour préserver la rapidité de votre accès Internet par temps de surcharge

03.

Procédures contre les responsables publics : ce qui sera juridiquement possible (ou pas)

04.

Coronavirus : pourquoi votre groupe sanguin a une influence sur votre risque d'être infecté

05.

Attention chiffre choc : et le nombre réel de policiers pour assurer le confinement et l’ordre public dans Paris n’est plus que de...

06.

Les secrets du modèle coréen : des masques et des tests pour tout le monde, mais pas de confinement ni de vie privée

07.

Fermeture des écoles : enseignants et élèves déjà au bord de la crise de nerfs

01.

Que ferons-nous de la France post-coronavirus ?

02.

Covid-19 : l'Aide sociale à l’enfance au bord de l'explosion

03.

Brigitte Macron fait passer des tests à tout le monde (et à Emmanuel); Laeticia Hallyday privée de Pascal pour son anniversaire; Vanessa Paradis défend Johnny contre Amber; Angelina Jolie en furie contre Jennifer Aniston; Un bébé pour Benjamin Castaldi

04.

1050 milliards pour la BCE, 700 milliards de dollars pour le budget américain, 50 milliards d’euros pour le Français… d’où vient tout cet argent ?

05.

Saint-Denis, ville ouverte : ouverte au coronavirus !

06.

Covid-19 et confinement strict : pourquoi une résurgence du virus est inévitable

01.

Coronavirus : la plus grande crise économique de tous les temps… ou pas. Car les armes existent pour la contrer

02.

Aussi inquiétante que le Covid-19, la crise de la raison ? Gourous et boucs émissaires font leur retour

03.

Chloroquine : les doutes qui pèsent sur la rigueur de l’étude du professeur Raoult expliqués par un biostatisticien

04.

Que ferons-nous de la France post-coronavirus ?

05.

Lutte contre le Coronavirus : ces failles intellectuelles qui fragilisent la méthode française

06.

Covid-19 et confinement strict : pourquoi une résurgence du virus est inévitable

ça vient d'être publié
light > Culture
Fin du confinement ?
Olivier Py reste optimiste pour la prochaine édition du Festival d’Avignon en juillet 2020
il y a 10 heures 34 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"La fin de l'amour" d'Eva Illouz : quand Tinder, grand centre commercial de rencontres, détrône la cour amoureuse

il y a 11 heures 53 min
pépites > International
Lutter contre un retour du virus
Covid-19 : la Chine décide de fermer temporairement ses frontières aux étrangers
il y a 15 heures 4 min
light > France
Changement d’heure
Malgré le confinement, n’oubliez pas le passage à l’heure d’été ce week-end
il y a 16 heures 48 min
pépites > Politique
Face à la vague
Covid-19 : Edouard Philippe alerte contre "la vague extrêmement élevée" qui "déferle"
il y a 17 heures 49 min
décryptage > Politique
Ami entends-tu...

Et Didier Guillaume lança un appel à l'armée des ombres !

il y a 19 heures 12 min
pépites > Europe
Nouvelle personnalité
Royaume-Uni : le Premier ministre Boris Johnson a été testé positif au coronavirus
il y a 19 heures 52 min
décryptage > Politique
Conséquences politiques

Philippe Gosselin : "Nous avons refusé que l’équivalent des pleins pouvoirs soient votés pour le Premier ministre. Mais nous devons rester vigilants"

il y a 21 heures 56 min
décryptage > Justice
Responsabilités

Procédures contre les responsables publics : ce qui sera juridiquement possible (ou pas)

il y a 22 heures 23 min
décryptage > High-tech
Utilisation optimale

Confinement : petits trucs et astuces pour préserver la rapidité de votre accès Internet par temps de surcharge

il y a 23 heures 16 min
pépites > International
ONG
SOS Chrétiens d'Orient : libération de trois otages français en Irak
il y a 11 heures 19 min
pépite vidéo > France
Victimes françaises
Covid-19 : "les visages d’une tragédie"
il y a 14 heures 1 min
pépites > Politique
Deux semaines de plus
Coronavirus : Edouard Philippe officialise le prolongement du confinement jusqu’au 15 avril
il y a 15 heures 30 min
pépites > Religion
"Urbi et Orbi"
Vatican : le pape François va présider une prière planétaire et bénir le monde entier face au Covid-19
il y a 17 heures 14 min
rendez-vous > Consommation
Atlantic-tac
Quand le bulldog baille et quand les clous d’or piquent le ciel : c’est l’actualité reconfinée des montres
il y a 18 heures 25 min
pépite vidéo > Santé
Immense tristesse
Julie, 16 ans, est la plus jeune victime du Covid-19 en France
il y a 19 heures 22 min
décryptage > Europe
Commission européenne

Union européenne : l’intérêt général otage des bien-pensants ?

il y a 20 heures 53 min
décryptage > Social
Impact de la crise sanitaire

Fonctionnaires en déroute... mais que se passe-t-il dans le secteur public ?

il y a 22 heures 12 min
décryptage > Politique
Effet boule de neige

Le gouvernement est-il allergique au principe de responsabilité ?

il y a 22 heures 45 min
décryptage > International
Atlantico Business

Les secrets du modèle coréen : des masques et des tests pour tout le monde, mais pas de confinement ni de vie privée

il y a 23 heures 38 min
© Reuters
Rachida Dati regrette la focalisation du débat sur la ligne "Buisson" qui délimite la droite "dure" au sein de l'UMP.
© Reuters
Rachida Dati regrette la focalisation du débat sur la ligne "Buisson" qui délimite la droite "dure" au sein de l'UMP.
Il reviendra car il n’est jamais parti

La ligne Buisson relève-t-elle d’un jugement moral ou simplement d’une appréciation de son efficacité?

Publié le 18 juin 2013
Dans une tribune parue dans le JDD ce dimanche, Rachida Dati regrette la focalisation du débat sur la ligne "Buisson" qui délimite la droite "dure" au sein de l'UMP. Plutôt que de parler de "buissonisation", il faut selon elle s'intéresser aux Français et à leurs valeurs.
Guillaume Bernard est maître de conférences (HDR) à l’ICES (Institut Catholique d’Etudes Supérieures). Il a rédigé ou codirigé un certain nombre d’ouvrages dont : Les forces politiques françaises (PUF, 2007), Introduction à l’histoire du droit et des...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Guillaume Bernard,Thomas Guénolé et Marika Mathieu
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Guillaume Bernard est maître de conférences (HDR) à l’ICES (Institut Catholique d’Etudes Supérieures). Il a rédigé ou codirigé un certain nombre d’ouvrages dont : Les forces politiques françaises (PUF, 2007), Introduction à l’histoire du droit et des...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Dans une tribune parue dans le JDD ce dimanche, Rachida Dati regrette la focalisation du débat sur la ligne "Buisson" qui délimite la droite "dure" au sein de l'UMP. Plutôt que de parler de "buissonisation", il faut selon elle s'intéresser aux Français et à leurs valeurs.

A lire aussi : les bonnes feuilles du livre de Thomas Guénolé : Oui, c'est certain : Sarkozy veut revenir au pouvoir en 2017 et Nicolas Sarkozy, le seul homme à incarner les quatre droites

Atlantico : Dans une tribune parue dans le JDD ce dimanche (voir ici) , Rachida Dati regrette la focalisation du débat sur la ligne "Buisson" qui délimite la droite "dure" au sein de l'UMP. Plutôt que de parler de "buissonisation", il faut selon elle s'intéresser aux Français et à leurs valeurs. Certains observateurs attribuent la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012 à la ligne Buisson. A l’inverse, d’autres spécialistes soulignent que sa remontée spectaculaire entre les deux tours est due justement au succès de cette ligne. Qu’en est-il exactement ?


Guillaume Bernard : Nicolas Sarkozy est, à l’évidence, une personnalité riche et donc quelque peu ambiguë. Il y a comme plusieurs Nicolas Sarkozy : celui des campagnes électorales qui s’assume résolument de droite (ce qui a été une nouveauté sous la Ve République pour le candidat incarnant le créneau de la droite modérée) et celui qui exerce le pouvoir entouré de personnalités venues de la gauche ou classés à droite mais manifestement marquées par une idéologie du compromis ou compatible avec celle de la gauche. Quel décalage (du moins pour ce qu’en avaient perçu les électeurs peut-être plus portés à être sensibles à l’utilisation de certains mots qu’à l’écoute attentive de l’ensemble des propos) entre sa défense de la nation française à l’occasion de la campagne de 2007 et son éloge du métissage des cultures, par exemple dans son discours de Palaiseau du 17 décembre 2008.

 

C’est avant tout la distorsion entre les espoirs qu’il avait suscité parmi ses électeurs de droite et la déception au regard de l’exercice du pouvoir qui explique son recul entre 2007 et 2012. La « ligne Buisson » a donc très vraisemblablement empêché l’hémorragie des votes de droite vers, d’une part, l’abstention et, d’autre part, le Front national (qui a progressé non seulement avec des votes de droite mais aussi avec d’autres venus de la gauche). Sans celle-ci, il n’est pas certain (rappelez-vous les enquêtes d’opinion qui donnaient Marine Le Pen au coude-à-coude avec lui) que Nicolas Sarkozy ait été au second tour ; s’il n’avait pas repris la « ligne Buisson » en 2012 (en rentrant d’ailleurs assez tard dans la campagne), cinq ans après sa victoire de 2007, il aurait sans doute pu être dépassé par la candidate du FN.

 

Sur le plan électoral, le positionnement idéologique de Nicolas Sarkozy peut être qualifié de syncrétique. Sa force est d’avoir su rassembler (notamment par une segmentation du discours) les différentes tendances classées à droite : une grande dose de progresso-libéralisme (économique), une dose moyenne de gaullo-bonapartisme (étatique), une petite dose de national-conservatisme (social). En théorie, il y a deux principales manières de rassembler différentes familles idéologico-politiques ayant des divergences (parfois profondes) : soit déterminer le « plus petit dénominateur commun » (PPDC) et s’y tenir exclusivement, soit tenter une synthèse plus étendue mais étant susceptible de contenir des incohérences. Dans le but de rassembler le plus largement possible toutes les droites dès le premier tour, Nicolas Sarkozy a mis en œuvre la seconde stratégie. Nombre de ses électeurs n’ont pas compris pourquoi il n’avait pas continué à la pratiquer une fois arrivé à la magistrature suprême.

 

Thomas Guénolé : Dire que la droitisation est la condition nécessaire de la victoire de l’UMP en 2017 est totalement faux. Sa remontée entre les deux tours s’explique plus simplement par le réarrimage de l’électorat qui, mis en demeure de choisir entre un candidat de gauche et un candidat de droite, opte toujours pour le candidat de droite. L’enjeu du second tour d’une élection présidentielle, c’est toujours l’électorat de "l'extrême centre", qui décide du vainqueur. Il avait fait gagner Nicolas Sarkozy en 2007. C’est la fameuse phrase que tout électeur a entendue ou prononcée à l’époque : « Nicolas Sarkozy est trop à droite pour moi mais Ségolène Royal n’a pas le niveau ». Il a fait perdre Nicolas Sarkozy en 2012, par rejet viscéral des thèses d’extrême droite.

Les partisans de la ligne Buisson sont donc dans le déni de réalité. Au premier tour de 2007, Nicolas Sarkozy a perdu vers Bayrou ce qu'il avait gagné sur Le Pen : bilan électoral nul. De 2007 à 2012, à force de lepénisation, la droite a perdu toutes les élections intermédiaires, par abstention croissante du centre-droit et par basculement de "l'extrême centre" chez Bayrou voire chez Hollande, tandis que Marine Le Pen reconstituait le socle électoral de son père. Enfin, en 2012, la ligne de lepénisation a conduit l’électorat de "l'extrême centre" à voter au second tour pour François Hollande, ce qui a suffi à faire perdre Nicolas Sarkozy.

De surcroît, évoquer une montée du FN est une erreur d’analyse. La part totale de l’extrême droite dans l’électorat français est stable depuis plusieurs décennies. Ce qui varie, c’est l’abstention des autres électorats : de sorte que le FN connaît des percées, localement ou nationalement, quand l’abstention est très élevée. Quand on imagine une extrême droite en train de grossir et qu’il faudrait donc copier pour l’endiguer, on se trompe. En réalité, l’extrême droite est un bloc peu ou prou stable, qui apparaît plus gros au fur et à mesure que les autres blocs électoraux rétrécissent.

Tout un pan de l’état-major de l’UMP fait une erreur complète de diagnostic : à les entendre, si Nicolas Sarkozy a perdu en 2012, la leçon à en tirer est d’aller encore plus loin dans la lepénisation, dite "ligne Buisson". C’est faux. Si c’était vrai, au premier tour de 2012, Nicolas Sarkozy aurait pris des voix à Marine Le Pen. Or, au contraire, elle a retrouvé le socle maximal de l’extrême droite accumulé par son père. Bref, les tenants de la lepénisation de l’UMP gagneraient à examiner attentivement les chiffres, car ils sont têtus. Au reste, lorsque Geoffroy Didier lui-même, héraut de la « Droite forte », a fait campagne sur une ligne de lepénisation aux cantonales de 2011, il a fini troisième derrière les candidats du PS et du FN. Bref, on peut adhérer à la "ligne Buisson" par conviction, mais électoralement, c’est une impasse.

Dans votre livre Thomas Guénolé vous opposez la ligne Guaino et la ligne Buisson, les deux principaux conseillers de Nicolas Sarkozy durant la campagne de 2012. En quoi ces lignes sont-elles si différentes ? Ne sont-elles pas plus proches qu’on ne le dit dans leur volonté de prendre en compte les préoccupations des classes populaires ?

Thomas Guénolé : La ligne Buisson est appelée à tort "droitisation". En réalité, c'est une lepénisation de l'UMP. La ligne Guaino, c'est une ligne gaulliste orthodoxe de rassemblement des Français autour de l'homme providentiel pour triompher de la crise. Rien de commun entre ces deux lignes, donc. D'ailleurs, historiquement, ce que représentent la ligne Buisson et la ligne Guaino ont toujours été ennemis, y compris à balles réelles : on peut songer à la lutte à mort entre De Gaulle et l'OAS dans les années soixante.

Dans son interview au Monde la semaine dernière, Patrick Buisson rappelle que « le patriotisme, le protectionnisme, le conservatisme en matière de mœurs sont des valeurs historiques de la tradition ouvrière. » L’erreur de la droite n’est-elle pas justement d’avoir trop longtemps abandonné le monopole de ces valeurs au Front national ?


Guillaume Bernard : Ce que vous mettez en exergue, c’est le décalage entre les électeurs de droite et leurs élus ; dans certains cas, il peut être abyssal. Pour le dire d’une manière quelque peu crue, est-il certain que tous les élus de droite soient vraiment idéologiquement de droite ? Le FN progresse aujourd’hui en attirant à lui des électeurs venus de la gauche ; mais sa première grande poussée s’est faite par un transfert d’électeurs de droite déçus (voire plus) par leurs élus. La nature ayant horreur du vide, le FN s’est développé. Le socle électoral du FN s’est constitué par states successives. Le noyau dur de la droite radicale (lui-même assez disparate) a été rejoint par des électeurs de droite modérée qui n’acceptaient pas une droite « parlementaire » tenant un discours formaté par des idées de gauche et gouvernant, sinon exactement comme l’aurait fait la gauche, du moins sans s’opposer frontalement elle. Ces électeurs pensent que si la gauche n’hésite pas à revenir sur les mesures prises par la droite, l’inverse ne se réalise jamais.

 

L’abandon des idées de droite par les élus de ce camp s’explique par le « mouvement sinistrogyre » (Albert Thibaudet) qui a duré pendant deux siècles : les nouveaux courants politiques sont apparus par la gauche de l’échiquier politique et ont repoussé sur la droite les idées et mouvements nés antérieurement. C’est ainsi que, à l’exception de la droite réactionnaire, le reste de la droite est, en fait, issu de la gauche ou a été intellectuellement colonisée par elle. A cela s’est ajouté que, après la seconde guerre mondiale, la concurrence, au niveau international, entre les blocs de l’Ouest et de l’Est, a conduit toute une partie de la droite à se rallier au libéralisme par opposition au collectivisme soviétique, mettant par stratégie sous le boisseau les idées conservatrices. Seulement, depuis les années 1990, les temps ont changé…

 

Thomas Guénolé : Il y a un patriotisme de droite, fondé sur l’identité républicaine de la France, et un patriotisme d’extrême droite, fondé sur un tri sélectif des racines culturelles de la France pour exclure de l’identité nationale tous ceux qui n’en procèdent pas. Il y a un protectionnisme de droite, soucieux de règles équitables pour le commerce international, et un protectionnisme d’extrême droite, qui veut sortir la France de l’espace Schengen. Il y a une morale des mœurs de droite, attachée aux valeurs traditionnelles d’avant Mai-68, et une morale des mœurs d’extrême droite, homophobe et opposée à l’avortement. Quant à la tradition ouvrière, elle est plurielle : il existe des ouvriers de droite, de gauche, d’extrême droite, d’extrême gauche, et donc, autant de traditions politiques qui traversent cet électorat très divisé. Plaquer des simplifications abusives sur cette complexité, c’est vivre dans le monde abstrait des idées façon Platon, plutôt que dans celui des rapports de forces de la réalité façon Hobbes. A tout prendre, Hobbes est meilleur conseiller politique que Platon.

Patrick Buisson est d’extrême droite. Il défend ses convictions, milite pour ses idées, et c’est son droit le plus strict. Toujours est-il que du lendemain de 2007 à 2012, en suivant sa ligne de lepénisation, Nicolas Sarkozy, et avec lui l’UMP, a perdu élections sur élections, sans exception. Si vous me pardonnez la familiarité de l’expression, à un moment donné, peut-être la droite gagnerait-elle à ne plus remettre cent balles dans la machine.

La droite forte, proche de la ligne Buisson, est aujourd’hui majoritaire à l’UMP. Malgré les critiques, les choix idéologiques imposés par Patrick Buisson lors de la campagne de 2012 sont-ils incontournables ? 

 

Guillaume Bernard : Si l’UMP veut conserver sa place centrale à droite, ce sera le cas ; sinon, en raison de ce que j’ai proposé d’appeler le « mouvement dextrogyre », elle sera inéluctablement poussée vers le centre. C’est ce que les contempteurs de Patrick Buisson n’ont, semble-t-il, pas saisi. Dans le fond, ils lui reprochent d’être un agent d’une forme de « lepenisation des esprits ». Sur quoi repose leur position ? Même s’ils n’en sont pas conscients, ils partent de l’hypothèse que le sinistrisme est encore actif et que la droite devrait se laisser entièrement convertir aux idées venues de la gauche. Il y aurait, là, comme une logique de l’histoire. Ils ont donc trouvé en Patrick Buisson le coupable idéal puisqu’il a conduit Nicolas Sarkozy (et la « droite forte » aujourd’hui) à ne pas jouer le jeu du sinistrisme. Pire, la « ligne Buisson » permettrait à la droite radicale de conserver un espace vital où prospérer puisque le discours droitiste à l’UMP jouerait le rôle de tampon, une sorte de bouclier, entre elle et les idées progressistes. La persistance (et même la progression dans l’opinion) des idées de la droite radicale est une anomalie (celles-ci auraient du être éradiquées) qui ne peut s’expliquer que par une machination, un crime contre le sens inéluctable de l’histoire.

 

Malgré son apparente cohérence, il y a selon moi, dans cette analyse, une erreur quant à l’évolution profonde des forces politiques. Le sinistrisme a vécu ; depuis les années 1990, le mouvement s’est inversé, donnant naissance au « dextrogisme ». Les idées de droite qui étaient, jusqu’alors, comme comprimées sous la pression des idées venues de la gauche, se redéployent à nouveau, reconquièrent du terrain. Par conséquent, la « ligne Buisson » ne va pas contre l’histoire ; elle l’accompagne et en est l’une des illustrations (le populisme en étant la figure actuellement la plus marquante). Elle ne consiste pas en une « droitisiation » du discours de la droite modérée, ce qui reviendrait à dire que celle-ci se déporterait sur la droite ; cette stratégie cherche à maintenir l’UMP sur le même créneau électoral central à la droite (pour être capable de rassembler, au second tour, à la fois des personnes se situant à la fois plus au centre et plus à droite). Sous l’influence de Patrick Buisson, Nicolas Sarkozy ne s’est pas converti à la pensée contre-révolutionnaire ! En revanche, sous la pression du « mouvement dextrogyre », les hommes politiques classés à droite sont confrontés à une alternative : admettre de tenir un discours de droite pour maintenir leur positionnement électoral ou, à l’inverse, accepter de glisser sur leur gauche (vers le centre, dans un premier temps) s’ils entendent conserver leurs idées venues de la gauche. Face à ce choix, la « ligne Buisson » préconise la première solution.

 

Ce qui apparaît, à première vue, comme une radicalisation des idées exprimées à droite n’est, en fait, qu’une réapparition, à droite, du discours de droite. Il est vrai que cela peut surprendre certaines personnes qui se croient, très sincèrement, de droite (parce qu’elles n’ont jamais eu de sympathie ou d’indulgence pour le collectivisme du régime soviétique) mais qui ne le sont pas philosophiquement parlant. Sous le règne du sinistrisme, à l’exception de la droite radicale et de quelques personnalités difficilement classables, les hommes politiques étaient plus ou moins de gauche. Avec le « mouvement dextrogyre », la droite est en train de redevenir la droite et de repousser la gauche… à gauche. Et, ce, pendant que des électeurs de gauche basculent à droite…

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

Fonctionnaires en déroute... mais que se passe-t-il dans le secteur public ?

02.

Confinement : petits trucs et astuces pour préserver la rapidité de votre accès Internet par temps de surcharge

03.

Procédures contre les responsables publics : ce qui sera juridiquement possible (ou pas)

04.

Coronavirus : pourquoi votre groupe sanguin a une influence sur votre risque d'être infecté

05.

Attention chiffre choc : et le nombre réel de policiers pour assurer le confinement et l’ordre public dans Paris n’est plus que de...

06.

Les secrets du modèle coréen : des masques et des tests pour tout le monde, mais pas de confinement ni de vie privée

07.

Fermeture des écoles : enseignants et élèves déjà au bord de la crise de nerfs

01.

Que ferons-nous de la France post-coronavirus ?

02.

Covid-19 : l'Aide sociale à l’enfance au bord de l'explosion

03.

Brigitte Macron fait passer des tests à tout le monde (et à Emmanuel); Laeticia Hallyday privée de Pascal pour son anniversaire; Vanessa Paradis défend Johnny contre Amber; Angelina Jolie en furie contre Jennifer Aniston; Un bébé pour Benjamin Castaldi

04.

1050 milliards pour la BCE, 700 milliards de dollars pour le budget américain, 50 milliards d’euros pour le Français… d’où vient tout cet argent ?

05.

Saint-Denis, ville ouverte : ouverte au coronavirus !

06.

Covid-19 et confinement strict : pourquoi une résurgence du virus est inévitable

01.

Coronavirus : la plus grande crise économique de tous les temps… ou pas. Car les armes existent pour la contrer

02.

Aussi inquiétante que le Covid-19, la crise de la raison ? Gourous et boucs émissaires font leur retour

03.

Chloroquine : les doutes qui pèsent sur la rigueur de l’étude du professeur Raoult expliqués par un biostatisticien

04.

Que ferons-nous de la France post-coronavirus ?

05.

Lutte contre le Coronavirus : ces failles intellectuelles qui fragilisent la méthode française

06.

Covid-19 et confinement strict : pourquoi une résurgence du virus est inévitable

Commentaires (9)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
quesako
- 18/06/2013 - 19:29
L'UMP devrait mieux étudier le Parti Républicain américain !
Apparemment les Républicains ont compris (ou sont en train de comprendre) que pour reconquérir le pouvoir il ne leur faut ni être un Parti Démocrate de droite ni une agrégation de Tea Parties.
Pour l'UMP c'est ni être un Fillon/Barroin ni un Copé/Boutin/...
Actuellement je dois reconnaitre que seul Sarkozy pourra incarner cette ligne.
Espérons que les manigances de la gauche ne l'en empêchera pas.
Vous croyez qu'avec un Sarkozy un Barosso aurait osé s'attaquer à lui ?
Quant à Bayrou sa haine contre Sarkozy me rapproche de plus en plus de Sarkozy !
aghiol
- 18/06/2013 - 17:59
Que valent vraiment l'Udi,Modem,Bayrou ?
R.I.E.N. oui absolument rien !!! l'UMP disparaitra si elle entend et applique les recettes de la droite socialiste dont les pires représentants sont Baroin,Fillon,Nkm et Cie . Il y a dans ce pays une "haine" inexplicable contre toute personne qui évoque des choses qui interessent les Français comme l'insécurité,le communautarisme Pourquoi ? Et pourtant qui ne voudrait pas vivre en paix et en symbiose dans une société où le respect de la loi et de la dignité humaine sont la base ?
fms
- 18/06/2013 - 16:38
sinistrisme et dextrogisme...
franchement comme néologismes, j'adore :o)
par contre avec l'extrême-centre, j'ai un peu de mal avec ce concept non euclidien !